Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | February 17, 2017

Résistance: hécatombe allemande

Résistance : hécatombe allemande

Grüß Gott !

Les résistants français, habiles et pugnaces, par des combats héroïques, déciment les soldats allemands.

Combats oubliés / Dominique Lormier / L’artilleur / 2014:

„ La bataille de Saint-Marcel, qui a permis d’immobiliser un dizaine de milliers de soldats ennemis (en comptant la 3e division parachutiste) représente un incontestable succès tactique pour la Résistance. Les pertes sont également à la hauteur de la victoire : 42 Français tués, dont 6 parachutistes, une soixantaine de blessés et une quinzaine de prisonniers. Les pertes allemandes sont beaucoup plus lourdes : 300 tués et un millier de blessés.“ (…)

„ Dans le seul département des Côtes-du-Nord, entre le 10 juillet et le 4 août 1944, les FFI obtiennent des résultats spectaculaires : 2.500 soldats allemands hors de combat, 300 coupures de lignes téléphoniques et de lignes à haute tension, 200 sabotages de lignes de chemins de fer, 40 déraillements, 50 embuscades dirigées contre les convois, au cours duquel deux cents véhicules furent capturés. “ (…)

„ Les maquisards du Limousin (…) multiplient les embuscades et les sabotages forçant l’occupant à ralentir considérablement. (…) La guérilla mobile des maquis du Limousin désoriente la division Das Reich qui ne peut mener un combat frontal. “

„ De toute façon, la dislocation complète du réseau ferroviaire, par les terroristes, interdirait probablement un embarquement plus rapproché. “

„ Le 7 juin, une de ses compagnies attaque un train blindé à Noailles: 16 Allemands et 7 maquisards sont tués. Le 18, l’embuscade à Lonzac contre une colonne de 90 camions se termine par la mort d’une quarantaine d’Allemands, pour la perte de 2 résistants.“

„ D’après un document allemand retrouvé à la Libération, le bilan des combats du Mont Gargan (17 au 24 juillet 1944) a été très lourd pour l’occupant : 342 tués ou blessés, dont 7 officiers morts. Du côté des FTP : 38 tués, 5 disparus et 54 blessés. “

„ Le combat de Javerlhac du 24 juillet 1944, le plus meurtrier soutenu par l’armée allemande en Périgord, est à la gloire des FFI de la SSS qui, peu nombreux (environ 80 saboteurs), repoussent avec héroïsme 800 soldats allemands disposant de nombreuses armes automatiques, de canon de 20 mm, d’une automitrailleuse et d’un avion de reconnaissance. “

„ Au camp de La Galaube, le 20 juillet 1944, le CFMN doit résister à une véritable offensive de l’occupant, alignant six bombardiers, 1.500 fantassins, appuyés par des blindés et de l’artillerie. Les 900 maquisards repoussent non seulement les assaillants mais parviennent à déjouer une tentative d’encerclement. Le lendemain, en faisant le bilan de cette journée, le commandant Mompezat pourra se montrer très satisfait de son unité, qui ne compte que 4 tués, alors que l’occupant déplore la perte de trois avions, de quatre blindés et d’une trentaine de soldats. “ (…)

„ Au même endroit, dans l’après-midi, une compagnie du 171e régiment de la Luftwaffe est anéantie par une centaine d’hommes du CFMN, auxquels se sont joints les maquis Latourette, Saint-Vincent et Valentin. Le bilan est important : une centaine d’Allemands tués, vingt-huit prisonniers et un important matériel capturé dont quinze camions, trois autocars, deux mortiers. Les FFI ne comptent que des pertes légères, dont un seul tué pour le CFMN. “ (…)

„ Près de 5.000 soldats allemands sont engagés, appuyés par 45 blindés et une puissante artillerie. (…) La bataille du mont Mouchet se solde par la mise hors de combat de 400 soldats allemands contre 260 résistants. “

„ Le 29, le même maquis engage le combat contre l’occupant à Manlay et ne décroche, au bout de six heures, que sous la pression de renforts ennemis venus de Dijon. Les Allemands auraient déploré la perte de 37 tués et une quarantaine de blessés. Le maquis y laissa un mort et trois blessés. “

„ Les 2 et 3 août 1944, le maquis Montcalm, fort d’un millier d’hommes, soutient une véritable bataille près de Mussy-sur-Seine. Il parvient à se disperser, après avoir infligé de lourdes pertes à l’occupant. Les Allemands perdront 250 hommes dont 128 le premier jour. Quarante-six FFI seront tués. “

„ Ce maquis, qui compte un effectif de 232 hommes, met hors de combat près de 600 soldats allemands, revendique la destruction d’un avion, d’un char, de vingt-quatre camions et de douze voitures de tourisme. Il a pris à l’ennemi, en quelques jours, dix-huit mitrailleuses légères, seize FM, près de deux cents fusils, vingt-deux voitures de tourisme… Il a perdu au combat 11 hommes. “

„ Le lendemain matin, les chars et les FFI attaquent. Dès qu’ils entendent le bruit des chenilles, les Allemands prennent la fuite. Ils laissent sur le terrain 200 morts, 70 véhicules, dont 54 camions.“ (…)

„ Les combats sont meurtriers : les FFI comptent 900 tués et 1.500 blessés, la division Leclerc a perdu 28 officiers et 600 sous-officiers et soldats, tués ou blessés. La libération de Paris coûte aux Allemands 3.200 tués et 14.500 prisonniers.“ (…)

„ Dès le 1er septembre, les FFI du maquis de Coussey, dirigés par le capitaine Flack, se lancent, malgré l’insuffisance de leur armement, à l’attaque d’une colonne allemande de deux cent cinquante hommes. Quatre maquisards et une trentaine d’Allemands sont tués.“ (…)

„ Le mardi, la lutte se poursuit à l’intérieur de Charmes. Le lendemain, les Allemands se livrent aux pillages et déportent cent-cinquante-sept personnes. (…) Le bilan est lourd, écrit Henri Noguères, mais numériquement positif :

– Pertes du maquis : douze tués, dix-sept blessés, trente-six déportés.

– Pertes ennemie : cent cinquant tués. ”

„ Le 4 septembre, dès 16 h30, l’encerclement de Viombois par 6.000 soldats de la Wehrmacht est complet. (…) La plupart des maquisards peuvent s’échapper, mais le GMA a perdu dans cette affaire 80 hommes. Les Allemands comptent 134 tués.“

„ Contre la Piquante-Pierre… La résistance des FFI est héroïque. Le combat se solde du côté des FFI par 33 tués, 17 blessés et 48 prisonniers que l’ennemi passera par les armes. Les Allemands auraient perdu 700 hommes tués ou blessés. “

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„ Le bilan est lourd… mais numériquement positif. “

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | February 13, 2017

Féminisme: imbroglio conceptuel

Féminisme : imbroglio conceptuel

Grüß Gott !

Priscille, féministe anthropologue, rigoureuse et vigoureuse, pense la question du concept du Sexe et du Genre.

Sup-numerique.gouv.fr / Colloque / Jeunes chercheuses / Femmes, féminisme, recherches / CNRS / Priscille Touraille / Vidéo / 2012 / Internet:

„ (…) Sexe et Genre, aujourd’hui, des concepts à clarifier, à repenser, et je vais m’adresser, tout d’abord, à Priscille Touraille qui a souhaité intervenir prioritairement sur cette question, puisqu’elle mène un travail d’épistémologie critique qui porte sur l’usage des concepts de Sexe et de Genre en sciences sociales, mais aussi en sciences du vivant, et donc on a pu l’entendre, à l’occasion des ateliers, prôner une redéfinition plus rigoureuse des concepts, et donc on va discuter avec elle de la manière dont on peut sortir de ce qu’elle a appelé, je cite un titre d’un de vos articles : l’imbroglio conceptuel.“

„ Merci Thérèse. Euh, effectivement, moi, je, euh, je vais principalement parler de cette, euh, enfin, premières trois questions, je vais, je vais, peut-être un peu plus longuement, donc, c’est, c’est pour moi la question prioritaire, et je vais essayer de répondre, euh, à la fois, à cette, euh, à cette question sur les notions de sexe et genre, est-ce qu’on doit, euh, les utiliser, euh, l’un pour l’autre, ou l’un avec l’autre, ou que l’un doit disparaitre au profit de l’autre ; et, et en même temps, j’ai envie de traîter de la question, euh, de la Table ronde, de la question générale qui est, euh, le genre, et après, et, et voilà, et de, d’essayer à travers, enfin, de, de montrer quelles, quelles seraient pour moi les questions qui manquent un petit peu dans le champ des études de genre actuellement ; et j’ai, j’ai envie de rebondir sur ce qui a été dit ce matin, dans la première Table ronde, à propos de, euh, ce, de cet, de ce problème avec le concept de genre, notamment l’idée qu’il effacerait les rapports de, les rapports de pouvoir, hein, et moi la question que, euh, bien évidemment, moi j’suis très très sensible à cette question, hein, je viens du féminisme, enfin, j’ai été formée au féminisme matérialiste, mais, euh, je me demande euh, de plus en plus, si c’est les rapports de pouvoir qu’il faut penser en priorité, ou est-ce, est-ce que c’est les moyens de, de ces rapports de pouvoir qu’il faut penser, à savoir la catégorisation elle-même, c’est-à-dire, euh, l’idée que, euh, qu’il y a des hommes et des femmes, des filles et des garçons, des fils et des filles, des pères et des mères, et cetera ; et, parce que pour moi penser la catégorisation, c’est penser, euh, l’obligation, euh, à se définir, euh, par son sexe, hein, l’obligation à se définir par sa fonction de reproduction, et là je dis – obligation, donc je marque, je marque, euh, le problème, donc, qui se pose, à mon avis, dans les sciences sociales, par rapport à la pensée commune, qui, euh, qui affirme que, justement, ce n’est pas une obligation, et que ce serait donc une catégorie nécessaire, issue, issue de la nature, et cetera ; et donc, pour moi, penser le, penser le genre, c’est, euh, en priorité, penser le biologique, donc penser le sexe ; qu’est-ce qui est, euh, qu’est-ce c’est que cet, euh, que ce biologique qui rend, justement, pour la pensée commune, les catégories, euh, homme ou femme, euh, nécessaire ; alors bon, moi je me suis intéressée à des questions, euh, à des questions sur, effectivement, questions dont j’ai parlées hier sur les caractères, très sexués, mais là, je pense de plus en plus que le biologique important dans la question pour la pensée commune, c’est, euh, c’est la question comme il a été évoqué tout-à-l’heure dans la table ronde, euh, sur l’atelier, dans l’atelier-école primaire à l’école du genre, c’est la question de l’origine biologique des comportements, c’est-à-dire que pour la plupart des gens, euh, l’hétérosexualité, euh, c’est quelque chose de normal, parce que les gens sont naturellement, euh, les hommes sont naturellement attirés par les femmes et inversement, à cause justement du phénomène de la reproduction, et, et donc, les catégories homme-femme, je pense que le coeur de la, le coeur de la catégorisation du genre, c’est que, c’est que les hommes et les femmes sont légitimés par la, par le fait qu’il faut se reproduire, et ça c’est une question qui est, euh, qui est pas posée dans les sciences sociales, la question de la reproduction, pourquoi il faut se reproduire ?… voilà, et c’est un peu, euh, (rire) … oui, on la trouve jamais cette question, hein ? on pense, ah ben, c’est l’espèce, c’est machin, enfin, on a des raisonnements finalement très, très, dans les sciences sociales et dans les études de genre, qui sont quand même à la pointe du raisonnement critique, euh, on n’a pas, euh, on n’a pas, on ne pose pas cette question, et, et, je, je pense donc qu’il faut, euh, remettre cette, euh, cette heu, cette croyance en question avec un, une, une étude et puis un dialogue avec les sciences de la vie qui pensent aussi ces questions, c’est-à-dire qu’il faut voir ce que la pensée commune pense que ce que c’est que le biologique, et ce que c’est que les sciences de la vie pensent ce que c’est que le biologique, et, et notamment le rapport entre sexualité et procréation, quelles sont les théories des sciences de la vie sur ces questions, et c’est, cest pas du tout ce qu’on en dit, euh, enfin, dans, par exemple, dans le manuel des études de genre, c’est beaucoup plus compliqué que ça, et je pense qu’il y a des leviers à l’intérieur même des sciences de la vie pour penser ces questions ; et, heu, et une question qui est, qui est aussi singulièrement absente du questionnement dans les études de genre ; moi j’ai travaillé sur le dimorphisme sexuel, donc les différences de couleurs, enfin, dans le monde vivant, et une question qui m’apparaît, euh, très, enfin, qui moi me taraude, et qui, qui là non plus, n’est pas, euh, n’est pas posée par, par les études du genre, c’est : qu’est-ce que c’est, pourquoi il y a cette différence d’apparence, euh, pourquoi on construit cette apparence différenciée entre les hommes et les femmes, ne serait-ce qu’au niveau du vêtement ? alors, bon, on va répondre, oui, c’est pour marquer le sexe, hein, mais est-ce que c’est pas plus compliqué que ça ? est-ce que c’est pas, justement, pour, euh, enfin, ça c’est la question que je me pose en ce moment, est-ce que ce serait pas pour, justement, créer des érotiques différenciés, donc créer finalement cette attirance entre les hommes et les femmes ? donc, on, on dit, effectivement, euh, euh… (soupir) … je perds un peu le … , oui, parce qu’il y avait, je voulais parler de Godelier, euh, un problème de, de, de la, de le, la, le, le, l’intervention, euh, écrite de, de Maurice Godelier, bon, qui est un grand patron dans l’anthropologie, dont j’admire beaucoup les premiers travaux, enfin ce qu’il a dit, quand même, hier, dans sa communication, c’était pour moi, quand même assez énorme, il a dit : oh, ben, les différences entre les hommes et les femmes, c’est très bien ; donc, qu’elle est sa critique de, qu’elle est sa critique de, de, de, du dispositif de genre comme dispositif d’obligation à la procréation, et donc qui passe évidemment par l’hétérosexualité, et euh, et euh, dans un, dans une émission de, de radio le jour d’avant que que, où il parlait, il disait que l’hétérosexualité, mais bon, c’est une stratégie argumentative pour lui, évidemment, pour soutenir quand même les, les projets de loi actuels, mais, euh, il dit que l’hétérosexualité va durer, enfin ce sera toujours là… (rire)… donc, oui, il disait ça à la radio ; donc, voilà, les, je vais m’arrêter là, parce que, évidemment, je prends du temps aux autres, mais je pense que, voilà, l’une des questions, l’une des questions je pense cruciales dans les études, euh, que toutes les sciences sociales – sociologie, anthropologie, science de l’éducation, histoire, enfin, tous, prendre à bras-le-corps, et, euh, avoir beaucoup d’interdisciplinarités dessus, c’est cette question de : comment on construit, euh, comment on construit le, les érotiques différenciés, et donc, c’est un moyen pour contrer justement les sciences de la vie, euh, pour que, qu’on le, qu’on le montre de manière très fine et très rigoureuse, comment ça se construit, et là il y avait des ateliers magnifiques sur la construction dans la France, et, et c’est, c’est, je pense, en, en montrant très finement, comment, comment ça se fait qu’on peut contrer justement l’argument biologique de l’attirance, entre guillemets naturelle, entre les hommes et les femmes. Voilà, excusez moi, j’suis un p’tit peu, euh… “

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„ merci beaucoup “

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | February 5, 2017

Prisons françaises: aujourd’hui

Prisons françaises : aujourd’hui

Grüß Gott !

Les prisons françaises, dans le pays des Droits de l’Homme, sont vétustes, délabrées, et déshonorantes.

Ministre de la justice / Vichy 1941-1943 / Mémoires / Joseph Barthélemy / Pygmalion / 1989:

« Je me suis toujours appliqué à faire honnêtement le métier qui m’était confié. J’étais ministre des prisons. J’ai voulu voir les prisons. J’en suis encore épouvanté. Les constructeurs d’édifices pénitentiaires antérieurs au XXe siècle semblent avoir eu deux ennemis particuliers qu’ils ont pourchassés avec un soin jaloux : l’air et la lumière. La prison de Clermont-Ferrand offre un exemple curieux de cette double préoccupation. Ce vice originel s’est aggravé par l’entassement, au cours de années, de la poussière, de la crasse, par toutes les suites de la vétusté. La IIIe République a dessiné un effort de redressement : elle a bâti Fresnes qui était regardée en son temps comme la prison modèle ; elle a poussé juqu’à son avant-dernier point d’achèvement la prison des Baumettes, dans la banlieue immédiate de Marseille, et qui s’annonce comme devant être la perle pénitentiaire. Mais ce n’étaient là que des efforts spasmodiques, à peine un échantillonnage. Dans l’ensemble, l’état des prisons restait déshonorant. »

« La crise de 1940 l’a rendu catastrophique. D’abord, les Allemands ont pris une part importante et croissante des prisons, pour leurs propres prisonniers, français ou allemands. (…) Il y avait 18.000 emprisonnés par justice en mars 1940, il y en avait 50.000 deux ans après. » (…)

« Le problème le plus grave était celui de l’alimentation de ces prisonniers. Certes ils avaient leurs cartes de l’alimentation. Mais la ration stricte, sans aucun supplément, devait être insuffisante à soutenir un homme. On a beaucoup accusé le personnel de surveillance d’avoir rogné sur ce minimum. J’ai traqué ces indélicatesses graves, sans arriver à me persuader qu’elles avaient une influence décisive sur l’état sanitaire des prisons.

« Il était effroyable. Dans une vieille bâtisse sombre, humide, comme la Centrale de Riom, on était arrivé à des résultats rappelant ceux de la famine aux Indes. Le fameux docteur Carrel me répondit par la doctrine, chère à quelques médecins bien nourris, que nous mangeons trop et il me donna l’assurance que ces prisonniers, régénérés par ces cures de restrictions, seraient rendus à la liberté avec une vigueur nouvelle. Il est possible que certains mangeaient trop ; les prisonniers ne mangeaient pas assez. L’amaigrissement était effrayant. La mortalité était alarmante : à cette Centrale de Riom où la mortalité moyenne était de trois à quatre par an, il y eut 120 morts dans un semestre. (…)

« Mes récriminations, mes plaintes, mes réclamations ne trouvaient pas d’échos dans le milieu gouvernemental : « Vos clients ne sont pas intéressants », me répondait le ministre des Finances. « Fusillez-les », me conseillait ironiquement Darlan. A qui je répondais que mon métier n’était pas de tuer, que c’était le sien. Et une autre fois : « Envoyez quelques bouffées de gaz asphyxiants. » »

« (…) Je remis au Maréchal une lettre dans laquelle je déclarais: « La IIIe République nous a légué un régime pénitenciaire qui est une honte pour un pays qui se prétend civilisé. » Le Maréchal fut ému. Il apporta la lettre au conseil des ministres ; il en donna lecture lui-même ; j’appuyai en faisant circuler autour de la table des photographies horrifiantes prises par le médecin de Riom. Le Conseil décida une enquête. (…)

« D’ailleurs, tout se bornait à des critiques. Comme effort positif d’amélioration, comme crédits, rien ! »

Le blog de Christine Delphy / Nouvelles questions féministes / Internet:

« Cette mégalomanie, cette nostalgie de l’ère de Louis XIV, où la France jouait dans le monde un rôle important, pousse nos hommes politiques à se comporter de façon à la fois ridicule et contre-productive : à donner, partout où ils vont, des leçons aux autres pays. Ils devraient plutôt, avant de poser aux défenseurs des droits humains, commencer à les appliquer en France : (…) réduire la détention préventive – avant jugement – dont la durée moyenne est de un an et demi, cesser d’entasser 4 détenus dans une cellule de 9 m2 – quand chaque prisonnier est censé disposer de 4m2. (…) car la liste est longue des réformes du système judiciaire et pénal qui seraient nécessaires pour mettre la France en conformité avec ses engagements internationaux et avec ses propres lois. »

20 minutes.fr / Europe 1 / La mesure du surpeuplement des prisons / Video / Internet:

« La moyenne de la surpopulation dans nos prisons en France, c’est à peu près 130%, 135%, mais ça peut aller jusqu’à 180% , 200% Outre-Mer, avec non seulement des cellules surpeuplées, mais même avec des matelas par terre. » (…)

« Les pourcentages sont spectaculaires, mais ils correspondent à la réalité. Un chiffre, pour bien comprendre, ce qu’on appelle la densité carcérale en France, et bien cette densité est de 116,6 détenus pour 100 places. » (…)

« Combien de personnes actuellement sous les verrous ? 66.761 ! Pour combien de places ? 57.902. (…) 8.859 détenus sont actuellement en surnombre. » (…)

« En Outre-Mer (…) la surpopulation peut dépasser les 180 % dans les maisons d’arrêt, jusqu’à 372 % : c’est pour la Polynésie française. » (…)

« En région parisienne, la densité est également très élevée. En région parisienne la densité, 139 %, et difficile aussi à Marseille. »

« On met des matelas par terre dans nos prisons en France. (…) Un peu plus d’un millier de matelas au sol en 2014. » (…)

« Cette situation est indigne du pays des Droits de l’Homme. »

Lemonde.fr / Police-justice / Prison de Fresnes / Traitment inhumain / 12. 2016 / Internet:

« A la prison de Fresnes, alerte sur le « traitement inhumain » et « dégradants des détenus » »

« Promiscuité, violences, prolifération de rats, absence de soins : le constat adressé par la contrôleure des prisons au gouvernement est sans précédent. »

« C’est une lecture édifiante qu’offre mercredi 14 décembre le Journal officiel. La contrôleure générale des lieux de privation de liberté fait usage de la procédure d’urgence pour alerter publiquement le gouvernement sur la situation de la maison d’arrêt des hommes de Fresnes. »

« Promiscuités, violence, prolifération de rats, absences de soins. Le constat adressé par la controlleure est sans précédent de punaises et rats. On pourrait penser qu’il s’agit d’un rapport sur les geôles d’un pays peu recommandable. Cela se passe dans le Val-de-Marne, à 7 km des portes de Paris, dans la seconde plus grande prison de France. »

« Entre la surpopulation carcérale, la prolifération des punaises et des rats, le délabrement des locaux, le « climat de violence constant qui règne » et un « usage de la force [à l’égard des détenus] ni maîtrisé ni contrôlé », on pourrait penser qu’il s’agit d’un rapport sur les geôles d’un pays peu recommandable. Cela se passe dans le Val-de-Marne, à 7 km des portes de Paris, dans la seconde plus grande prison de France. »

« A l’issue d’une visite effectuée dans cet établissement par douze contrôleurs du 3 au 14 octobre, « un nombre important de dysfonctionnements graves » ont été constatés. Adeline Hazan, la contrôleure générale, estime ainsi que « les conditions de vie des personnes détenues constituent un traitement inhumain ou dégradant au sens de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme ».»

„ Le garde des sceaux assure que les choses sont aujourd’hui prises en main. Pour la dératisation, « une prestation exceptionnelle » confiée à une entreprise extérieure a démarré le 2 novembre, écrit-il. Quant aux punaises et cafards, les opérations de « désinsectisation » menées par des détenus spécialement formés ont été jugées « très insuffisantes », souligne M. Urvoas qui précise qu’un marché pour tous les établissements d’Ile-de-France sera notifié en mars. Parmi les investissements prévus à Fresnes, le ministre affirme qu’un programme de rénovation des parloirs est inscrit sur trois ans, de 2017 à 2019 pour 400.000 euros. “

„ A court terme, rien ne devrait changer à Fresnes.“

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« Cette situation est indigne du pays des Droits de l’Homme. »

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | January 28, 2017

Marie-Louise O’Murphy: favorite

Marie-Louise O’Murphy : favorite

Grüß Gott !

Prostituée de grande beauté, modèle du peintre Boucher, corps douillet et potelé, par le roi est engrossée.

Wikipedia.org / Marie-Louise O’Murphy / Internet:

« Marie-Louise O’Murphy, née le 21 octobre 1737 à Rouen, morte le 11 décembre 1814 à Paris, connue comme le modèle d’un tableau de François Boucher, est l’une des petites maîtresses de Louis XV. »

« Les sœurs de Marie-Louise O’Murphy sont également connues pour s’être adonnées à la prostitution. »

« Daniel Morfi [père] et sa femme Marguerite [mère] sont connus des services de la justice. L’un s’est illustré dans une affaire d’espionnage et de chantage, l’autre pour prostitution et vol. »

« C’est sans doute à partir d’informations similaires que le marquis d’Argenson notait, dès le 1er avril 1753, dans son journal à propos de Marie-Louise O’Murphy :

« le Roi a une maîtresse en règle… elle est de l’ordre des putains par famille et par état. »

Journal et mémoires du marquis d’Argenson / Tome 7 / 1751-1753 / Gallanar / 1865:

« Il est certain que le Roi a présentement pour concubine une petite fille de quatorze ans qui servait de modèle à Boucher peintre ; il l’a vue chez Lebel, son valet de chambre; il lui a demandé si elle le connaissait ; elle a dit qu’elle avait vu son portrait sur des écus. Sa Majesté a donné 10 000 livres à sa mère qui est pauvre, et on lui porte à manger de la Bouche, par épargne. Ainsi voilà la marquise dégottée de ses principales fonctions.“

„ Le crédit de la marquise de Pompadour se soutient encore par habitude de confiance, mais, pour le certain, elle n’est plus concubine. J’ai parlé de la petite fille de quatorze ans qui a servi de modèle à des peintres ; il est certain que le Roi l’entretient dans une petite maison à Versailles. Cette petite maison était probablement celle que, dès cette époque, Barbier et d’Argenson désignent sous le nom de Parcaux-Cerfs, qui en réalité indiquait tout un quartier. Elle occupait les n.os 2 et 4 de la rue Saint-Médéric, à Versailles, ne pouvait guère contenir à la fois plus d’une jeune fille et restait souvent vacante. Elle fut louée par l’huissier Vallet, pour le compte du Roi, le 25 novembre 1755; mais il est probable que cette maison, ou quelque autre du quartier, avait déjà servi aux plaisirs de Louis XV. Tels sont les détails authentiques que nous fournit sur le Parc-aux-Cerfs sous Louis XV, M. le Roi, auteur des Curiosités historiques sous Louis XIII, etc., 1864, in-8. “ (…)

„ On voit que la légende les a considérablement amplifiés et que Sa Majesté disparaît chaque jour quelques heures, sans qu’on sache ce que devient le monarque. C’est ce qui donne aujourd’hui au Roi plus de goût pour résider à Versailles. Etant las de la marquise, il a voulu avoir une fille très-neuve, craignant avec raison la v…. Il a eu le p…. de celle-ci ; elle n’était pas même réglée quand il l’a eue et il l’a rendue grande fille. »

« 1er avril. L’on m’a conté ces amours secrets de notre monarque, où l’on verra qu’il tombe de plus en plus de la houlette à la chaumine. Mme d’Etiolés, devenue marquise de Pompadour, était une grande dame au prix des deux dernières amourettes. Cet hiver, il a joui quinze jours d’une petite fille qui servait de modèle à des peintres. Par ce passage et celui qui suit, cette jeune fille servant de modèle à des peintres est représentée comme distincte de la petite Murphy, avec laquelle MM. de Goncourt l’ont confondue. »

„ Maitresses de Louis XV. A présent il a une maîtresse en règle d’un ordre encore inférieur à celle-là s’il se peut : elle est de l’ordre des p…. par famille et par état. La nommée Morfi ou plutôt Murphy, d’origine irlandaise. [Horace Walpole ajoute que le père avait été garde du corps, puis cordonnier.] était revendeuse et tenait une petite boutique au Palais-Royal, il y a dix ans ; mère de quatre filles, elle a vendu leurs p…. l’un après l’autre, quand ils sont venus en maturité. L’aînée de ces sœurs se nomme Mme de Saint-Gratien, et est aujourd’hui entretenue par un conseiller ; les deux autres ont joué à l’Opéra-Comique, sans autre talent que leur figure.“

„ La cadette, qui est aujourd’hui sultane favorite, a travaillé chez une couturière nommée Mme Fleuret qui procure des amants à ses ouvrières. Elle les élève en règle, et, celle-ci venant de faire sa première communion dans un couvent, cela a fait croire qu’elle était plus sûre qu’une autre. Or le Roi craint la v…. avec grande raison ; lassé de la marquise, il a résolu de se servir ainsi de petites filles, les plus neuves qu’on pourra trouver, et il a envoyé son premier valet de chambre Lebel, à Paris, pour y marchander un nouveau p…. Celui-ci a été à la dame Fleuret, qui l’a abouché avec la dame Morfi ; il a vu la petite Morfi qui a quatorze ans six mois, et qu’il a trouvée bien. Il a dit que c’était pour un seigneur de Versailles ; il l’a envoyée par un pot-de-chambre. On sait que c’était le nom donné aux petites voitures telles que celles qui menaient de Paris à Versailles. Il a donné mille écus à la mère et cent louis à la couturière appareilleuse. La petite fille a de l’esprit et a plu beaucoup au monarque ; elle a actuellement une jolie maison au Parc aux cerfs, une gouvernante, une femme de chambre, une cuisinière et deux laquais.“

„ Le Roi va mardi à Choisy pour deux jours. Madame Infante, duchesse de Parme, a ordre de partir le mois prochain, son époux la redemandant à grands cris.“

„ Sa rivale, la petite Morfi, commence à venir chez le Roi et a ne se plus cacher de sa faveur. Elle a de l’esprit et une volonté décidée ; elle prétend chasser la marquise ; elle a seize ans. Plus haut, l’auteur a dit quatorze ans et demi. »

« Cependant le Roi s’occupe de choses bien plus agréables que cela. Le sieur Lebel, son premier valet de chambre, vient de lui acquérir un nouveau p…. de la nièce d’une coiffeuse, nommée Mme de Saint- André. Cela a fait plus de difficulté que les précédentes acquisitions; mais, avec de l’argent, on a ébloui la tante revêche, et on a amené la petite fille jeudi dernier à Versailles, après lui avoir fait raccommoder les dents, l’avoir baignée et lui avoir fait un trousseau honnête ; maison louée au Parc-aux-Cerfs, et la petite Morfi dont nous avons parlé a dû être ramenée à Paris. Ceci confirmerait l’opinion émise par Mme du Hausset et M. le Roi, que la maison dite du Parc-aux-Cerfs ne pouvait guère renfermer plus d’une jeune fille à la fois. Ainsi voilà notre prince blasé et se recherchant tant qu’il peut par des nouveautés où le coeur n’a aucune part. Il se fait acheter des esclaves inconnues sans les avoir désirées par la vue avant de les avoir réunies dans son sérail. »

„ Certes la marquise de Pompadour paraît bien complice dans tout ceci ; car le sieur Lebel n’oserait sans sa permission vaquer ainsi ouvertement à ces sortes de négociations. Cette maîtresse comédienne se regarde comme surintendante des plaisirs du monarque et prétend que l’État lui a grande obligation en pour voyant ainsi à des nouveautés dans chaque genre pour recueillir son goût bilieux, noir, mélancolique et paresseux. »

19 avril. Le Roi ennuyé de tous les plaisirs, même des plus vifs, abhorre le travail ; conséquemment les ministres ne peuvent obtenir de lui une heure de travail. D a défiance de tous, et ne se plait avec aucun, D a toujours gardé sa petite favorite, la demoiselle Morfi, et paraît l’aimer; il est faux qu’on lui en ait donné une autre depuis huit jours. »

„ L’amour du Roi pour la petite Morfi continue et augmente, mais cela se pratique avec un grand mystère, chacun cherche à la connaître, et l’on prétend aujourd’hui qu’elle est fille de grande condition, quoiqu’il soit vrai que sa mère ne soit qu’une revendeuse à la toilette. »

„ Le Roi aime de plus en plus la petite Morfi qui l’amuse beaucoup : voilà les amours volages et constants dont est capable le monarque ; il quitte durement, et la marquise est menacée d’un renvoi prompt, si elle ne le prévient après quelques dégoûts comme ceux-ci. »

„ Le duc d’Ayen est le seul des courtisans à qui le Roi ait encore fait voir la petite Morfi. Cela lui donne un grand air de faveur, il s’en cache en le divulguant.“

„ Les ministres parlent avec respect de cette nouvelle maîtresse ; on lui attribue présentement une origine irlandaise : il y a véritablement plusieurs officiers de ce nom dans les régiments de cette nation. Elle a de l’esprit, et on voit que c’est elle qui rompt le voyage de Bellevue, ce qui marque une jalousie vive de l’ancienne sultane. Bientôt elle ne voudra plus la supporter à la cour, et elle gouvernera comme celle qui l’a précédée. Ces petites grisettes prennent des noms de guerre : c’est ainsi que la sœur aînée s’appelle Mme de Saint-Gratien. Leur mère a été certainement revendeuse à la toilette. »

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« tout étoilé de fossettes »

P1060467 (4)

O’Murphy / Copy / Canvas / 60×50 / Oil / Claire GRUBE

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | January 26, 2017

Nguyen Thi Minh Khai: héroïne

Nguyen Thi Minh Khai : héroïne

Grüß Gott !

Minh Khai, résistante vietnamienne, lutte pour l’indépendance de son pays, contre les colonialistes français.

Executedtoday.com / Nguyen Thi Minh Khai / August 28th / Internet:

“ On this date in 1941, Vietnamese Communist cadre Nguyen Thi Minh Khai was shot as an anti-France insurrectionary. ”

“ Arrested by the French late in 1940, she was tortured and condemned to death. She was shot with other cadres, shouting last words that the decades yet to come would pretty well vindicate. ”

Wikipedia.org / Nguyễn Thị Minh Khai / Internet:

“ Nguyễn Thị Minh Khai (Vinh, 1910–1941) was a Vietnamese revolutionary and a leader of the Indochinese Communist Party during the 1930s.”

“ From 1931 to 1934, she was jailed by the British administration in Hong Kong. In 1934, she and Lê Hồng Phong were voted to be attendees in the Seventh Congress of Comintern in Moscow. Later she married Lê.”

In 1936, she returned to Vietnam and became the top leader of the communists in Saigon. She was seized by the French colonial government in 1940 and was executed by firing squad the next year. Her husband Lê had been jailed in June 1939, and later died in the tiger cages at Poulo Condore prison in September 1942.”

Liberation.fr / Planète / Viet Nam / Giap / L’assaut final / Internet:

« Militantes anticolonialistes, sa belle-sœur et sa femme sont arrêtées, torturées, exécutées. « Au dire de ceux qui l’avaient connu auparavant, s’il devint le Giap qu’il fut dans les années suivantes, il ne le doit pas seulement à son nationalisme ou à sa croyance fervente dans le communisme, mais au désir de venger sa famille », avance son biographe américain. »

Chroniques secretes d’Indochine / 1928-1946 / Volume 2 / Gilbert David / La cardinale / Internet:

« Arrêté lors des rafles opérées par la Sûreté française en 1930 à la suite des jacqueries de Nghé-An et de Ha-Tinh, le jeune Vo-Nguyen-Giap avait été détenu à la prison de Hué durant trois ans. En mai 1941, alors qu’il s’était réfugié en Chine, son épouse restée à Vinh, fut « démasquée comme communiste » et arrêtée par le S.I.S. ; condamnée à quinze ans de travaux forcés, elle mourut deux ans plus tard en prison. Entre-temps, sa belle-soeur, Nguyen-Thi-Minh-Khai, arrêtée à la suite de « la révolution d’octobre 1940 » et membre du FB3 depuis février 1937, avait été guillotinée à Saïgon. »

The Encylopedia of the Vietnam war / A political, social, and military history / Spencer C. Tucker / Abc-Clio / 2011:

« Nguyen Thi Minh Khai, 1910-1941 »

« Prominent female revolutionary and activist in the Indochinese Communist Party who fought against French colonial rule in Viet-Nam. » (…)

“ In Februar 1935 Khai completed her studies at the Stalin School in Moscow and returned to Hong Kong, where she continued to work for the Communists. She then went to Saigon, where she was secretary of the Saigon Party Committee. She was also heavily involved in the struggle against the French. In July 1940 she was arrested by the French authorities, who found incriminating documents in her house. In March 1941 she and several communists were found guilty in a military court convened in Saigon and were sentenced to death. All were executed soon therafter by firing squad in Saigon. Her husband Le Hong Thong died in prison 18 month later. ”

Vietnamese Tradition on Trial / 1920-1945 / David G. Marr / University of California Press / 1981:

« Early in 1939, Nguyen-Thi-Minh-Khai was selected Secretary of the Saigon-Cholon Party branch, where she apparently had to cope with considerable desunity as a result of local Trotskyist successes and the rapidly changing international situation. Early in 1940 she bore a daugther, whom Le Hong Phong was never able to see, for he had been jailed soon after the outbreak of war in Europe, and was destined to die from torture in 1942. Nguyen-Thi-Minh-Khai herself was captured in late July 1940, tried on charges of attempting to overthrow the colonial regime, and executed on 28 August 1941. »

Theses.univ-lyon2.fr / Documents / Viet Nam / 1918-1945 / Internet:

„ Début 1940, Minh Khai accoucha de sa fille dans une maternité privée tenue par la sage-femme Trinh, ancienne élève des Tuniques violettes. Le bébé fut confié à madame Duong Bach Mai 1009 , détail que seule Lê Minh a fourni dans sa biographie. Lê Hông Phong était à ce moment-là en prison à Sai Gon et sept mois après, le 30 juillet 1940, Minh Khai elle-même fut prise dans un guet-apens tendu par la police et amenée au Poste central rue Catinat, connu pour sa cruauté. Sur le mur de la geôle, elle laissa, écrit de son sang un poème composé dans le style classique de la poésie des Tang où s’affirmaient avec force sa conviction et sa volonté inébranlables.“

„ Battue, pendue, je n’en suis que plus déterminée “ „ Malgré pinces et tenailles, je ne violerai pas mon serment “ « Me dévouer et me sacrifier pour mes missions », C’est ce que j’accomplirai radicalement jusqu’au dernier soupir. “

“ Un deuxième poème fut composé quand elle était en détention criminelle avant sa condamnation à mort prononcée par le tribunal militaire le 25 mai 1941. Minh Khai fut exécutée le 28 août 1941 et s’est montrée intrépide jusqu’à la dernière minute. Seule femme fusillée avec d’autres dirigeants communistes à Hôc Môn dans la répression qui suivit l’insurrection de 1940 en Cochinchine, refusant d’avoir les yeux bandés, elle cria en français l’innocence de ceux qui, comme elle, avaient combattu pour la juste cause de l’indépendance du Viêt Nam, puis, en vietnamien, lança à ses compatriotes un appel à « l’extermination de l’impérialisme et de la féodalité pour le bonheur du peuple. »

“ Hông Minh, née en 1940, vit discrètement à Hô Chi Minh Ville après 1975 mais a peu témoigné sur elle-même et sur ses illustres parents, qu’elle n’a d’ailleurs pas véritablement connus, car Minh Khai fut fusillée par les Français en 1941 et Hông Phong périt au bagne de Poulo Condor en 1942. Leurs noms sont donnés aux deux grandes rues, aux deux plus grands lycées de Hô Chi Minh Ville ainsi qu’à des rues et des lycées d’autres villes du Viêt Nam. ”

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“ Minh Khai fut fusillée par les Français en 1941 ”

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | January 16, 2017

Algérie: répression française

Algérie : répression française

Grüß Gott !

La répression française, à Philippeville, pendant la guerre d’Algérie, dépasse la sauvagerie algérienne.

Youtube.com / Philippeville / 20 août 1955 / Roger Vétillard / Video / Internet:

„ 200, 1.200, 12.000 morts algériens : les chiffres valsent en une macabre comptabilité. La férocité de la répression dépasse en démesure la sauvagerie des massacres. Comme dix ans plus tôt à Sétif, la loi du talion est démultipliée : dix, cent Arabes sont exécutés pour un Européen assassiné.“

„ 71 Français d’Algérie sont enterrés à Philippeville. La stratégie de Zighoud Youcef, chef régional du F.L.N., a réussi. Désormais, entre les deux communautés, la fracture entre les deux communautés est irrémédiable. La guerre d’Algérie a dépassé un point de non-retour. “

Saint Michel et le Dragon / Souvenir d’un parachutiste / Pierre Leulliette / Editions de Minuit / Paris / 1961:

„ Philippeville “

„ Depuis plusieurs semaines le bruit courait que les rebelles allaient tenter un grand coup. Nous, on n’y croyait pas, ne les ayant jamais vus qu’en montagne “ (…)

„ On était donc bien tranquille, le matin du 20. Et nous dormions encore tous à la caserne – étant rentrés d’opération dans la nuit -, alors que les premiers groupes rebelles descendaient sur la ville, arme à la main ! A leur signal, tous les Arabes de Philippeville, qui les attendaient depuis des semaines, sortent en même temps de leur maison… “ (…)

„ Imagine-toi. C’est le matin : les casernes sont consignées. Il n’y a peut-être pas trois soldats dans les rues. Par contre, beaucoup de civils européens, comme tous les jours où il fait très chaud. Soudain, déchaînés par les cadres rebelles descendus de la montagne, tous les Arabes de la ville – tous, tu m’entends tous ! entreprennent le massacre général de tous les Européens, quels qu’ils soient : hommes, femmes, enfants !… A coups de fusil, de mitraillette, de grenade, de couteau, de pierre, de serpe et de bâton, complètement enragés, ils se mettent à tuer. Persuadés que la ville est à eux, ils vont massacrer à en perdre le souffle pendant plus d’une heure ! Tout ce temps, ils vont être, en effet, les seuls maîtres de Philippeville ! “

„ Nous, au fond de notre caserne, à l’écart du centre, on ne sait toujours rien. On dort. La foule est si bien prise en main par les rebelles qu’aucun civil ne peut nous atteindre… C’est au cours de cette heure que tombe le plus grand nombre de ceux qu’on retrouvera dans les rues l’après-midi, mitraillés, égorgés, poignardés, quelques-uns même mutilés au bas-ventre, à la faucille ! Très vite, les corps jonchent littéralement la ville qui s’éveillent. Les enfants arabes, transportés d’enthousiasme – pour eux, c’est une immense fête – courent en criant parmi les adultes. Ils achèvent les agonisants. Dans une ruelle, nous en surprendrons trois qui écrasaient la tête d’une vieille dame à coups de pied ! Oui, à coups de pied ! Il faudra les tuer sur place : des enragés !… Partout, sur la grand’place que tu as devant toi, dans les rues, dans les escaliers des maisons, dans les cours et jusqu’au fond des jardins, c’est le massacre aveugle, des cris de douleur, de fureur, d’hystérie et de rage. “ (…)

(…) Il n’y a plus que des morts dans la rue ! Je n’en avais jamais vu tant ! Il faut marcher là-dedans, enjamber des corps allongés pêle-mêle, qui saignent encore mais qui bourdonnent déjà de mouches ! Le premier cadavre que je vois est le gardien du marché. Son crâne a éclaté, probablement sous un coup de hache, tellement la blessure est large… Des cadavres de jeunes femmes à demi déshabillées traînent jusqu’au milieu de la chaussée qui monte vers le jardin public… Dans les maisons, c’est encore pire. Certaines femmes sont encore dans leur lit, toutes nues, tuées à coup de serpe, et de „douk-douk“, dans leurs draps. Il y aussi des enfants qu’on a étranglés, tout blancs. Aucun blessé. Rien que des morts ! Il ne reste de vivant dans les rues que des chiens qui lèchent tout le sang qu’ils peuvent, l’air effrayé. “ (…)

„ A cent mètres devant nous, les rebelles qui nous ont vu fondre sur eux se replient précipitamment : nous n’aurions dû normalement ne rentrer d’opération qu’à midi, et ils le savaient sûrement. Ils entraînent avec eux tous les civils qui, ayant participé au massacre, ne peuvent plus que prendre la fuite. Mais ces derniers ont peine à les suivre, empêtrés dans leur djellabah. “

„ Nous ouvrons le feu, dans la masse, au jugé. Puis, comme plus on va, plus on découvre de morts, les commandants de compagnie finissent par nous donner l’ordre d’abattre tous les Arabes qu’on rencontre. Tu aurais vu le travail !… La plupart des rebelles en uniforme ont le temps de se disperser. Ils ont trop d’avance sur nous. Par contre, ceux de la ville, sont vite rattrapés. Pendant deux heures, on ne va entendre que le crachement de nos mitraillettes, dans le tas !… En dehors d’une dizaine de fellaghas retardataires qu’on descend les armes à la main, il y a, là, au moins cent cinquante boukaks. Certains ont du sang frais plein leur robe. Leur compte est réglé sur place. “

„ Pendant que la moitié d’entre nous continue la chasse vers les montagnes avec l’appui de l’aviation, l’autre moitié redescend nettoyer la ville encore pleine d’Arabes, qui n’ont pas eu le temps de prendre la fuite et se cachent… On en trouve dans le fond des passages, dans les coins des mechtas, accroupis sous des tas de couvertures, soudain très peureux, même dans les haies de cactus, malgré les épines. „ C’est pas nous ! “ qu’ils crient en nous voyant arriver… Tu parles ! Tous à la casserole !… Le canon de mon F.M. en deviendra tellement chaud que je ne pourrai même plus mettre la main dessus !… “

„ A midi, nouvel ordre : faire des prisonniers ! Ça complique tout. Tant qu’il ne s’agit que de tuer, c’est facile. Mais prendre les gens un par un, et les attacher, c’est tout un travail ! Ça va durer jusqu’au soir… Par camions entiers, on les transporte dans la cour de la caserne de France. Vers dix-neuf heures, on se retrouve avec plusieurs centaines de prisonniers. Rien que des hommes, mais de tous les âges. Ils vont dormir sur place. Mais on ne leur donnera rien. Nous n’avons que deux jours de ration devant nous. De toute façon, ils doivent y passer : les aurait-on gardés trop longtemps, les Européens échappés au massacre ne nous l’auraient pas pardonné : ils ne nous pardonneront déjà pas d’être descendus les secourir trop tard… Ils seraient plutôt venus les abattre eux-mêmes.“

„ A six heures, le lendemain matin, tous les fusils-mitrailleurs et les mitrailleuses du régiment sont alignés devant la masse des prisonniers, qui commencent aussitôt à hurler. Mais on ouvre le feu : dix minutes après, c’est pratiquement fini !… Il y en a tant, qu’il faut les enterrer au bull-dozer ! “

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„ La loi du talion est démultipliée. “

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | January 8, 2017

Vercingétorix: chef ambitieux

Vercingétorix : chef ambitieux

Grüß Gott !

Vercingétorix est un grand visionnaire, stratégique et politique, qui veut chasser les Romains. Et refaire un empire.

Youtube.com / Europe 1 / Vercingétorix / Franck Ferrand / Danielle Porte / Audio / Internet:

„ César est en période de difficultés, il a très bien compris que l’ensemble de la Gaule allait se soulever, et il va se heurter à un petit jeune, comme on dit, mais un petit jeune qui a des dons de stratégie que l’on ne soupçonne pas. En effet, c’est lui qui va pousser César vers l’Est en lui interdisant le couloir de la Saône au moment où il va vouloir rejoindre la Provincia. Il va allumer l’incendie et la révolte au fond du couloir de la Saône, ce qui fait que César va être proprement coincé. “ (…)

„ Et c’est là qu’on voit que ce n’est pas une action au hasard, ce n’est pas des coups de main ponctuels, si vous voulez, mais c’est quelque chose de mûrement réfléchi, c’est un plan qui a été mûri très longtemps à l’avance. “ (…)

„ Il était très jeune, il n’avait pas 30 ans, il n’avait pas une connaissance complète de la géographie gauloise non plus. Politiquement parlant, il fallait qu’il connût aussi les dispositions de toutes les tribus alentour, qu’il ménageât des alliances et tout le reste… “

„ Donc, c’était véritablement quelqu’un qui était capable d’avoir des ambitions, et qui était capable d’avoir des vues grandioses. Et non seulement cela, mais il escomptait bien chasser les Romains de Gaule et continuer son grand rêve, c’était de refaire Brennus (…) – et même d’aller conquérir Rome, hein – (…) et même plus loin, parce qu’il pensait qu’il pourrait remonter jusqu’à l’origine des Celtes, c’est-à-dire vers la mer Noire : il rêvait donc de refaire l’Empire celtique. “ (…)

„ Ce que vous nous dites, c’est que c’est un très grand personnage, avec une vision politique et l’ambition d’un empire universel, en vérité, hein !? “

„ Et il avait l’ambition de refaire le grand empire celte qui, avec Ambigat, il y avait déjà pas mal de siècles, avait couvert pratiquement la totalité du monde connu, jusqu’au Danube, et même on peut penser qu’il aurait voulu recommencer donc les expéditions de Brennus, et, plus que cela, couvrir la totalité de l’Italie, la totalité de la Grèce, (…) c’est une ambition à grande échelle et à grande dimension. Et là, il montre des dons, si l’on peut dire, de visionnaire.“ (…)

„ Alors, ce personnage de Vercingétorix (…) comment s’est formé sa conscience politique, avant évidemment, qu’il ne prenne la tête de toutes ces tribus gauloises, et qu’il, j’allais dire, qu’il les mène quasiment jusqu’à la victoire. “ (…)

„ La montée au pouvoir de Vercingétorix ressemble comme deux gouttes d’eau à celle de Romulus. (…)

„ Il voulait rétablir le principat (…) ça veut dire qu’il rêvait peut-être, justement, de rétablir principatus, c’est la première place, c’est la première tête, – il voulait redevenir le roi – , même le sur-roi, si vous voulez, puisqu’il y a eu un empire arverne (…) et donc, il y avait eu un grand empire arverne qu’on pouvait rêver de reconstituer. “ (…)

„ On connait dans le détail les opérations, et l’on sait quel a été là le rôle stratégique et politique majeur de Vercingétorix (…)

„ Vercingétorix va menacer les garnisons afin de pouvoir faire monter César. Alors César va bien monter pour délivrer les légions du nord (…) il va se montrer vers Gergovie, le fief de Vercingétorix, ce qui fait que Vercingétorix est obligé de redescendre, mais bien sûr. Ce sont deux stratèges, on peut dire, à part égale. “ (…)

„ Et c’est là que Vercingétorix va commencer à donner toute la mesure de son génie militaire en utilisant la double stratégie qui est la stratégie toujours des peuples opprimés, c’est-à-dire : terre brûlée et guerilla, en vérité. On affame l’adversaire et on l’attaque par petits coups d’aiguillon, à défaut d’aller l’affronter. “ (…)

„ Il y a d’abord la victoire de Gergovie, qui modifie complètement la physionomie des choses, c’est-à-dire que, à partir de là, on pense que les Gaulois, on comprend que les Gaulois peuvent être vainqueurs des Romains. “ (…)

„ Donc, c’est le moment ou jamais de tenter le tout pour le tout, – et donc de les mettre à genoux, pour ensuite, éventuellement, nous dites-vous, aller plus loin, et pousser en direction de Rome (…) Vercingétorix avait probablement des ambitions plus grandes encore. “ (…)

„ Vercingétorix l’attaque (…) il avait fait fortifier Alésia (…) il l’avait fait fortifier, Alésia, il l’avait fait garnir d’une quantité de bétail, – tout était preparé, tout était prévu, mais bien sûr – et en plus, c’était la capitale religieuse de toute la Celtique. “ (…) “

„ Donc, il va avoir fait préparer Alésia, et il va déclencher un combat de cavalerie (…) et donc, il avait prémédité tout cela (…) donc, il y a cette colonne qui ne s’attend à rien, qui se fait attaquer par trois escadrons de cavaliers, qui attaquent, alors là, „ à la gauloise “, c’est-à-dire en hurlant et en frappant les boucliers et tout le reste, c’est très impressionnant, cela. Malheureusement… (…) “

„ Il se retire, il se place en position de force, nous dites-vous, dans ce piège qu’il a armé à Alésia. Et César n’a pas d’autres possibilités que d’aller coller le siège devant Alésia, il ne peut pas faire autre chose. “ (…)

„ Donc, César est coincé, si je puis dire, devant Alésia. Et alors là, ce qui est extraordinaire, c’est que pendant que César mène les impressionnants travaux de siège de la citadelle, Vercingétorix envoie ses cavaliers dans les quatre coins de la Gaule chercher, non pas des renforts, mais cette énorme armée qui doit venir écraser les légions romaines sur l’enclume d’Alésia, en vérité.“ (…)

„ Donc, il les envoie chercher cette fameuse armée de secours “ (…)

„ Donc, toute la Gaule doit venir écraser César qui est pris entre le marteau et l’enclume, ça bien sûr. Malheureusement, les chefs éduens n’en ont pas décidé ainsi, et iIs ne vont qu’envoyer 264.000 personnes – ce qui est déjà considérable… “ (…)

„ Donc, là, il pensait que César allait être laminé, exterminé, si je puis dire. Et, évidemment… ça faisait combien de légions romaines qui disparaissaient d’un coup ? – Ça en faisait dix ou douze “ (…)

„ Vercingétorix, avec sa petite centaine de milliers de combattants, s’est en quelque sorte sacrifié pour fixer César, en attendant que toute la Gaule vienne l’écraser. C’est ça que vous nous dites ? – Mais bien sûr ! “ (…)

“ Il y a une disproportion, on est à un contre quatre, ou un contre cinq même. Normalement, les Romains devraient être laminés. Plutarque dit que César passe à deux doigts de sa perte. Et malgré tout, avouez quand même que ça c’est un retournement, un coup de théâtre invraisemblable, ce sont les Romains qui l’emportent, et c’est Jules César qui est vainqueur. Comment expliquer ça ? “

Ça a été un coup de génie de César, naturellement, mais dicté, là, par le hasard “ (…)

„ et ça a été vraiment à deux doigts de réussir, parce que les premières lignes romaines du camp nord ont été enfoncées. Là, c’était vraiment, ça se joue au coup de dé. Et c’est là que César est descendu dans son grand manteau rouge, et qu’il a jeté la panique parmi les Gaulois. “ (…)

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„ Et donc… “

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | January 2, 2017

1940: le pillage français

1940 : le pillage français

Grüß Gott !

Les soldats français, en l’an 1940, devant les troupes allemandes, plient, se replient.  Et pillent.

La Seconde Guerre mondiale / Pierre Miquel / Fayard / 1986:

“ Les soldats ont évité les barrages en fuyant à travers champs. Ils se retrouvent nombreux dans Vouziers abandonnée par ses autorités. Ils campent dans la ville, pillent les maisons avant de repartir vers le sud parmi le flux des civils. Comment le général Huntziger pourrait-il faire parvenir des renforts en première ligne alors que les routes sont désormais noires de réfugiés.”

“ Après Vouziers, la foule des refugiés gagne Rethel ou Saint-Menehould, qui est abandonnée et pillée de fond en comble. Ils arrivent à Reims, où les commerçants font déjà leur bagages pour partir vers la Bretagne. Les réfugiés pillent les magasins afin de trouver des vivres. ”

Clio-cr.clionautes.org / La cliothèque / Exode / Un drame oublié / Eric Alary / Internet:

„ Les normes morales ont éclaté le temps d’un voyage, au rythme des aiguillages et des changements de train. L’exode permet à certains individus noyés dans la masse d’acquérir un anonymat inespéré autorisant le « débraillement des sens ». Certains habitants se mettent à tout vendre : l’eau, l’essence, le lait pour les enfants. Des dizaines de milliers de pillages et de vols sont alors effectués. Les pillards sont visibles et nombreux : ce sont les réfugiés eux-mêmes ou simplement des voisins qui profitent de leur absence. Des trains bloqués ou abandonnés en pleine voie sont pillés.“

L‘impardonnable défaite / 1918-1940 / Claude Quetel / JC Lattes / 2010:

« Livrés à eux-mêmes, épuisés, révoltés par cette guerre qui ne ressembe à rien et surtout pas à celle d’avant, dans une atmosphère de sauve-qui-peut, des dizaines de milliers et bientôt des centaines de milliers de soldats cheminent sans but. Des soldats sortent du village, prennent la route vers le Sud devant nous. Il arrivent par petits paquets ou isolés. On dirait l’évacuation d’un dépôt d’éclopés. Sans armes, sans casques, s’appuyant à des bâtons, pas de sacs, mais des musettes. Certains ont quitté leurs godillots, et les porte attachés autour du cou par les lacets. Ils marchent en savates, les ceinturons défaits, la vareuse déboutonnée, poussiéreux et suants. Mais leurs visages étonnent plus encore que leur tenue. Des faces flétries, élimées, ahuries par la fatigue. »

« De telles cohortes ne se privent pas de piller. Les mises à sac sont de toutes les guerres, mais là, ce sont des Français qui pillent des Français. (…) Le pillage, qui commence par un entrepôt de vins et spiritueux, dure toute la journée. Tout ce qui ne put être bu ou emporté est saccagé, les maisons sont fouillées, les meubles fracassés. (…) Des réfugiés pillent de leur côté, sans réfléchir ou peut-être justement en pensant qu’au même moment leur maison abandonnée subit le même sort. »

Youtube.com / L’exode de juin 1940 / Pillage / Mézilles / Ardennes / Internet:

« (…) et quand il est arrivé à Mézilles, y avait des gens qui étaient en train de, avec des charrettes, qui étaient en train de charger tout notre mobilier. Alors les gens, ils avaient habité dans notre maison, ils avaient bu tout ce qu’on avait dans la cave, ils avaient pris tout ce qu’on avait… et là ils terminaient en emmenant tout, tous les meubles,… et c’était ça à peu près le 30 juin… » (…)

« et bon, ben, quand je voulais mettre une robe, ah ! y avait plus de robe. Enfin, ils avaient pris tout ce qu’ils avaient pu emporter. On a trouvé des choses mélangées. Y a eu des gens, par exemple au châlet saint Hubert, (…) ça a été complètement saccagé. Nous, la maison n’a pas été saccagée. Enfin on a été complètement pillé de ce qu’on avait, mais ça n’a pas été saccagé. »

Youtube.com / Exode 1939-1940 / Pillage / Nouart / Yonne / Internet:

“ (…) et puis après, on est revenu à pied. On a retrouvé la maison, mais sans carreaux, sans rien du tout, hein. Sans lit, sans rien. Les premiers gens du village qui étaient rentrés, ben, ils allaient piller dans les autres maisons, hein. Alors, ils enlevaient matelas, couvertures et meubles, et ce que vous voulez. Que nous, on a rien retrouvé, au bout d’un an et demi. Il a fallut racheter comme on a pu, hein. On s’est débrouillé, oui.”

Chtimiste.com / Carnets de guerre 39-40 / Ferdinand Gillette / Internet:

Mercredi 12 juin 1940

„ Je passe le reste de la nuit dans la chapelle d’Ornes dont un angle a été abattu par une bombe. Les Allemands ont passé la Seine et sont à Vernon. Toute la nuit sur la route Gremilly – Ornes – Bezonvaux, ce n’est qu’un défilé ininterrompu de troupes de toutes armes qui se replient en toute hâte (infanterie, artillerie,…) On sent que c’est la débâcle ; c’est à qui fuira le plus vite.“

Jeudi 13 juin

„ Dans la soirée, le repli des troupes s’accélère encore, c’est la fuite précipitée, la débâcle. Il paraîtrait que les Allemands se trouvent à moins de 5 km d’ici. Nous allons donc nous trouver demain matin en 1ère ligne et cela à peu près sans armement. Quelle honte ! Comme le commandement de l’armée s’est montré incapable ! “

Samedi 15 juin

„ Arrivée à Troyon à 21h. Repas, puis repos. À 23h ½, on vient nous prévenir qu’il faut de nouveau partir à 24h. Quelle cohue dans la route ! La fuite continue. Quelle triste chose que cette débâcle ! “

Dimanche 16 juin

„ Retour à Lavignéville 7h ½. Je suis écœuré par le pillage systématique de Saint-Mihiel par les soldats français. Quelle honte ! Vu à Lavignéville, capitaines Lhuillier et Bodenan du 132ème que j’ai connus à Vezon.“

Lundi 17 juin

„ Après le départ de la forêt d’Âprement nous empruntons la grande route de (*) à (*) route encombrée par les troupes qui fuient et les habitants des localités voisines qui abandonnent leurs demeures.“

Mardi 25 juin

„ Je crois que dans l’histoire du monde jamais un peuple n’avait subi une défaite aussi humiliante. Quelle tristesse et quelle honte pour notre pauvre pays !! (…)

„ Voilà la France à bas pour longtemps et je crains bien que jamais nous n’assisterons à son relèvement. “ (…)

Jeudi 27 juin

„ C’est un armistice honteux pour notre malheureux pays, mais dans les circonstances actuelles ce Maréchal Pétain était bien forcé de se soumettre. Pauvre France ! Quelle chute ! Adieu le prestige de notre pays dans le monde !“

„ La France va être réduite à l’état de pays secondaire. Ah ! si nos dirigeants ont une conscience, quel remords ils doivent avoir !! Ce sont nos maudits politiciens qui ont ainsi conduit la France à sa ruine. Quelle responsabilité ! “

Vendredi 5 juillet

„ Nous n’avons toujours aucun tuyau sur ce qui se passe en France et à l’étranger. Pauvre France ! Jamais dans le cours de l’histoire elle n’a subi une pareille défaite. Quelle humiliation pour tous ceux qui ont encore dans le cœur l’amour de la Patrie.“

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„ Quelle tristesse et quelle honte “

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | December 27, 2016

Prisons françaises: hier

Prisons françaises : hier

Grüß Gott !

Les prisons françaises, dans le pays des Lumières, sont très sombres, obscures, et ténébreuses.

Rapport sur les prisons / Mémoires de Lavoisier / Louvre / 1780:

« Croiriez-vous, madame, que tandis que les prisons qui sont en quelque sorte ouvertes à tout le public, nous avons essuyé des difficultés pour les visiter. Notre mission avait paru d’abord porter ombrage à quelques magistrats. » (…)

« (…) pièces tellement distribuées que l’air et la lumière n’y ont qu’un accès difficile, et qu’elles puisent les unes dans les autres un air infecte et vicié ; des ouvertures extrêmement étroites et mal placées ; des grabats où les prisonniers sont plutôt entassés que couchés ; de la paille, souvent pourrie, qui leur sert de lit ; des latrines et des conduites d’urine qui traversent la plupart des réduits ; des égouts, dont la vapeur infecte se répand dans les habitations ; des cachots, où l’eau filtre à travers la voûte, où les vêtements des prisonniers pourrissent sur leur corps, où ils font tous leurs besoins ; le sol et le carreau, inondés presque partout d’une eau croupie, parce que souvent elle ne peut s’écouler ; de toutes parts la fange, la vermine et la corruption. Tel est le spectacle horrible qu’offrent les trois prisons qu’il est question de détruire et de réformer ; spectacle dont il nous aurait été difficile de nous former une idée, si nous n’en eussions pas été témoins. » (…)

« Un tableau si affligeant pour l’humanité (…) »

« Il y a continuellement dans les prisons des gens attaqués de la gale, du scorbut et de maladies vénériennes : sur cent criminels, on en compte communément environ soixante d’affligés de cette dernière maladie. Les crachats, les urines, les excréments répandus sur le carreau, le pénètrent lorsqu’il est poreux, s’insinuent dans les joints, et donnent insensiblement lieu à un fonds de putridité, qui se développe avec le temps, et qui produit des effets funeste. » (…)

« Cette nécessité de renouvellement fréquent de la paille nous conduit à faire observer que l’économie sur ces fournitures est une des principales causes de pourriture, de corruption et de puanteur dans les prisons ; au moins faudrait-il que les hommes fussent traités avec autant d’humanité que les animaux, dont on renouvelle souvent la litière. » (…)

« (…) que les prisons cesseront d’être des habitations dangereuses, et que ceux qui seront condamnés à y séjourner pourront y vivre sans être aussi sujets, qu’ils l’ont été jusqu’ici, aux maladies putrides et pestilentielles ; sans être en proie aux rats ni aux insectes vermineux de toute espèce ; sans courir autant de risques d’y contracter la gale, le scorbut, des ulcères. » (…)

« Prisons étrangères »

« Dans les prisons de Hollande et de Flandre, les prisonniers couchent tous séparément, ils sont ensemble sur les préaux et dans les ateliers de travail. On compte 992 chambres séparées dans la nouvelle prison bâtie depuis peu d’années à Vilvorde, près de Bruxelles, pour tout le Brabant. Cette attention s’étend même aux criminels ; ils logent tous séparément. »

« Travaux dans les prisons. »

« On voit de grands ateliers de travail dans les prisons des villes de Hollande et d’Allemagne. On y peigne, on y file des laines, on y fabrique des draps, même des draps fins. » (…)

Source Library / Goldsmiths’ Library, University of London / France. Corps législatif (1795-1814). Conseil des cinq-cents. Motion faite par Delaporte, relative à l’état des prisons & à celui des prisonniers / Séance du 29 prairial an 6 / Paris / 1798 / The Making Of The Modern World. Web:

« Dans presque tous les départemens, les prisons, restes impurs de l’ancienne féodalité, sont des lieux infectes, de véritables cloaques, des antres immondes, sans air, sans étendue, où les rayons du jour ne pénètrent qu’avec peine, où les prévenus comme les condamnés, où les femmes comme les hommes, où le viellards comme les enfans, sont entassés sur un fumier pourri, où ils languissent consumés par la misère, la famine & le désespoir, & d’où ceux qui y sont entrés innocens, ou coupables de délits légers, ne peuvent sortir qu’avec le germe de maladies incurables, & la propension la plus forte aux crimes de toute espèce, avec lesquels ils n’ont eu que trop le temps de se familiariser. Je ferois frissonner, continue le citoyen Thierriet, si j’entrois ici dans les détails, si je mettois sous les yeux du lecteur l’effroyable tableau des prisons ; si je comptois les victimes des épidémies qui y règnent ; si je présentois l’image d’un moribond abanbonné, sans secours, sur une paille hachée & remplie de vermine, exhalant au milieu de ses camarades le dernier soupir, & achevant d’empoisonner, même avant sa mort, l’air déjà corrompu d’un cachot étroit qu’il partage avec plusieurs infortunés. » (…)

« Et vous, mes collègues, représentans d’une nation bienfaisante, ne sera-t-il pas plus satisfaisant pour vos coeurs paternels, de savoir que des hommes, que des Français forment des ateliers d’ouvriers utiles à leur patrie, que de savoir qu’ils sont à demi-nuds, couverts de vermine, entassés dans des cachots, respirant un air impur, & méditant souvent la destruction de leurs semblables ? »

Des prisons telles qu’elles sont… / Villerme Louis-René / Méquignon-Marvis / Paris / 1820:

« Quand on voit ces pièces si insalubres où l’on entasse, disons mieux, où l’on enterre tout vivans la plupart des prisonniers, on dirait que la justice en faisant enfermer un homme, a voulu qu’il mourut dans un air empoisonné. » (…)

« Dans beaucoup de prisons, les fenêtres, quand elles existent, sont si petites, si élevées, que le soleil n’y peut jamais pénétrer. » (…)

« Le lecteur lira, avec intérêt, les détails suivants sur une prison de Paris où presque aucun des nombreux habitants de cette ville ne peut se promettre de n’être jamais renfermé. On voit déjà qu’il s’agit de la prison de la préfecture de police. »

« L’air ne s’y renouvèle jamais, car les portes ne restent ouvertes que l’instant de pénétrer dans la chambre. Les exhalaisons des personnes qui se trouvent ainsi réunies, les odeurs que répendent les alimens, tout contribue à augmenter l’insalubrité de l’air. Mais ce qui est beaucoup plus nuisible encore, c’est qu’il existe, à demeure dans chaque chambre, une chaise d’aisance qui n’est jamais enlevée que toutes les vingt-quatre heures. Que penser du reste de la prison, quand on sait qu’ici on a décrit les chambres de ceux qui paient pour être moins mal que les autres ? »

« On a trouvé les moyens de priver les prisonniers de l’air. »

« Il suffirait peut-être de rappeler que beaucoup de prisons sont remplis de détenus qui s’incommodent, se gênent dans leurs mouvemens, et empoisonnent mutuellement l’air qu’ils respirent. »

« A Paris, il faudrait que les bâtimens servant de prison fussent au moins un tiers plus grand qu’ils ne sont, et les cours ou préaux le double. » (…)

« Cependant la pièce tout-à-fait obscure, humide et privée d’air, servant de cachot à la Grande-Force, ou les cachots actuels de Bicêtre, doivent exciter encore, dans cette capitale ou à sa porte, l’indignation de tout ami de l’humanité. »

« Dans les prisons, comme dans les hospices et hôpitaux, les latrines sont presque toujours des foyers d’infection : on peut les appeler la peste de ces établissemens. »

« On appelle griaches, en terme de prison, les seaux ou baquets qui servent aux détenus pendant qu’ils sont enfermés dans leurs chambres pour y déposer tous leurs excréments. Très souvent découvertes, quelques fois à demeure, jamais vidées plus d’une fois dans la journée, ces griaches sont une des principales causes d’insalubrité, surtout pour ceux qui sont placés immédiatement à côté. On ne peut se faire une idée de la mauvaise odeur qu’elles répandent dans les dortoirs ou il y a beaucoup de personnes, et où, par conséquent, les matières qu’elles contiennent sont presque continuellement remuées ; elles transforment alors la chambre des prisonniers en latrines infectes. » (…)

« Il y a des prisons qui n’ont point de latrines, d’autres où les griaches ne sont vidées qu’à des intervalles très-éloignés ; d’autres enfin où c’est dans un coin de la cour, à l’air, que les prisonniers rendent leurs excrémens. »

« Prison de Reims, 1818 : « Oserai-je dépeindre ici le spectacle affreux qui s’offrit à mes regards à l’ouverture d’un dernier cachot ? Je crois me sentir encore suffoqué par l’horrible puanteur qui se précipita au dehors aussitôt que j’y entrai. Je jetai les yeux sur sa noire profondeur, et je n’y découvris qu’un amas de paille infecte, sur lequel je n’aperçus aucun être vivant. (…) Je vis sortir du fumier lui-même une tête de femme qui, n’étant qu’à peine soulevée, m’offrit l’image du tête coupée, jetée sur ce fumier ; tout le reste du corps de cette malheureuse était enfoncée dans l’ordure, et ne pouvait s’apercevoir. (…) et j’appris que cette malheureuse avait été condamnée pour vol, et que le manque de vêtemens l’avait contrainte à chercher dans son fumier un abri contre la rigueur de la saison. » (…)

« Il y a peu de temps que M. Cottu a vu, à Reims, des détenus coucher pêle-mêle sur de la paille dégénérée en fumier. » « C’était sur quelques brins de paille pourrie, répandue à terre, que couchaient, à Boulogne-sur-Mer, les malheureux dont j’ai tâché de dépeindre le logement. »

« En mettant ainsi les soldats deux à deux, on s’oppose à l’habitude de la mastupration; mais que l’on considère la différence des circonstances, et l’on verra que cet usage, loin d’avoir un résultat aussi avantageux, contribue même à faire naître chez le prisonnier un vice contre nature. »

« On était étonné, en août 1818, en visitant les prisons de Paris, de voir à Sainte-Pélagie et à la Petite-Force, des dortoirs et des escaliers, dont les murs, couverts de taches, de crachats desséchés, étaient presque aussi sales que ceux des latrines les plus dégoûtantes de cette capitale. » (…)

« Mais que dire du Dépôt de la préfecture ? C’est là qu’au sein de l’administration chargée de la police hygiénique, j’ai vu entassés (janvier 1819) dans un local mal aéré, empoisonné par des latrines d’une saleté affreuse, et sans autre distinction que celle du sexe, tous ceux qu’on avait arrêtés depuis quelques jours. » (…)

« En France, les cachots sont encore communs ; mais les fers sont rares. (…) C’est avec une profonde douleur que dans la maison centrale de Melun, prison digne de servir d’exemple sous plus d’un rapport, on voit pour cachots de petites cabanes de bois, qui ont une forte chaine et un énorme collier de fer qu’on met au cou de celui qu’on veut punir. Quand ces cabanes sont ouvertes, on les croirait destinées pour les plus redoutables des bêtes féroces. » (…)

« Dignes des temps où l’épreuve du feu, du sort des armes, etc., était appelé un jugement de Dieu, les horribles supplices de la torture ne sont plus en usage que dans les pays du fanatisme, de l’ignorance et de la barbarie. » (…)

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« Un tableau si affligeant pour l’humanité. »

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | December 18, 2016

Excision: violence féminine

Excision : violence féminine

Grüß Gott !

Les vieilles femmes, vicieuses et exciseuses, mutilent les petites filles, confiantes et innocentes.

Youtube.com / Egypte / Elle dit non à l’excision / Vidéo / Internet:

« C’est à des sages-femmes que les Egyptiens s’adressent principalement pour faire exciser leurs filles. Une opération simple pratiquée par Oum Mahmoud (sage-femme exciseuse) depuis quinze ans. » (…)

« Pour Oum Mahmoud, l’excision est une tradition qui protège la vertu des jeunes filles : « Les gens excisent leurs filles pour qu’elles soient respectables, qu’elles ne soient pas excitées et accepter de coucher avec n’importe quel homme. »

Histoire des Fohobélé de Côte d’Ivoire / Tiona Ferdinand Ouattara / Editions Karthala / 1999:

« Les Sénoufo, en particulier les Fohobélé, ont recours à cette pratique parce qu’ils considèrent que la femme excisée a une vie affective modérée, rangée, car l’appétit sexuel s’en trouve amoindri, atténué. L’excision rend donc la femme plus femme et plus fidèle à l’homme. Par contre, la femme non excisée est considérée comme étant un homme. Comme telle, elle est la risée des excisées. A sa mort, elle n’a pas droit aux honneurs funéraires. »

« Au demeurant, l’excision, dans cette société, a une importance symbolique de très grande portée. En effet, les parties clitoridiennes coupées entre dans la composition des éléments qui témoignent du système matrilinéaire d’une famille. Séchées, elles sont conservées dans le panthéon familial et mises sous la surveillance de la femme gardienne de tous les éléments qui fondent le matriclan. »

Youtube.com / Débat / De fait la violence / Florence Montreynaud / Video / 7 février 2015 / Internet:

« C’était hier la „Journée internationale contre l’excision“. Et ça, c’est une barbarie qui n’a pas d’équivalent, qui me fait pleurer chaque fois que j’y repense. J’ai lu des dizaines et des dizaines d’autobiographies de petites filles, de femmes qui en petites filles, ont subi cette torture, que peut- être vous ne savez pas, mais je vais vous redire, au cas où vous ne savez pas précisement, il s’agit d’enlever cet organe, qui ne fait de mal à personne, et qui ne sert qu’au plaisir,… vous voyez ce que je veux dire, vous voyez où il est, vous voyez, vous voyez à quoi, ce que ça veut dire de vous charcuter, là ! Alors, comme ce sont des vieilles qui font ça en général, et qu’elles n’ont pas de lunettes, autre problème de la pauvreté, elles charcutent. Et c’est horrible, et c’est des hémorragies, et c’est des morts, et c’est des amputations. C’est des femmes qui restent estropiées, à vie, c’est vraiment atroce. (…) Et quand est-ce que ça va s’arrêter, cette boucherie ? » (…)

De l’alcôve à l’arène / Nouveau regard sur les Françaises / Michèle Sarde / 2010:

« A l’autre bout du spectre, Florence Montreynaud s’étonne du nombre de femmes « qui n’ont pas compris la valeur de la dignité et l’importance de la solidarité » et note que les premières victimes des machistes sont partie prenante dans le système de la violence machiste. De même que, dans d’autres sociétés, ce sont les femmes qui pratiquent les excisions, en France, il y a toujours des femmes pour rire des blagues sexistes. Complicité ou collaboration ? » (…)

Violences faites aux femmes / Le témoignage de Norah excisée à 6 ans / Internet:

„ J’allais bientôt avoir 7 ans. C’était la saison des pluies. On jouait avec ma copine, dehors, dans la rue. Une voisine et ma tata sont venues nous trouver. Elles nous ont amenées au dispensaire, en nous disant qu’une de leurs copines avait accouché. On les a suivies en toute confiance.“

„ Quand on est arrivées, il y avait au moins une dizaine de filles allongées par terre. Des ados déjà opérées qui ne pouvaient pas tenir dans un lit et qui hurlaient de douleur. Parce que, bien sûr, tout ça, c’est sans anesthésie. Quand j’ai vu ça, j’ai pris peur. J’ai essayé de m’enfuir, mais ma tata et plein d’autres voisines m’ont rattrapée.“

„ C’était un véritable guet-apens. Comme j’étais très agitée, je suis passée la première sur la table. Il y avait six adultes qui m’appuyaient de tous les côtés pour que je ne bouge pas. Je hurlais. J’avais peur. La sage-femme a pris une lame et m’a dit de serrer les dents fort.“ (…)

„ Quand je suis rentrée à la maison, mes parents étaient sous le choc. Mon papa a porté plainte, mais ils l’ont pris pour un fou. Le lendemain, la sage-femme est revenue pour me donner une douche et enlever la compresse qui couvrait ma plaie.“ (…)

„ La tata qui m’avait tendu le guet-apens est revenue me voir. Elle m’a demandé ce que je comptais faire pour ma fille. Je lui ai expliqué que j’étais contre et que je risquais 20 ans de prison en France si ma fille se faisait exciser. Je lui ai dit qu’elle, elle aurait aussi des problèmes avec l’ambassade de France. Et aussi que si j’allais en prison, je ne pourrais plus envoyer d’argent pour aider la famille. “

« Je n’en veux pas à ma tata. Mais j’en veux aux parents de maintenant. Ils savent que l’excision laisse des séquelles à vie, que c’est un cauchemar. Et même si, officiellement, c’est interdit, tout le monde le fait. » (…)

Icl-fi.org / Excisison / Femmes et Révolution / 80 millions de femmes mutilées / Le crime de l’excision / Internet:

« Mais dans l’ensemble, ces efforts n’ont pas été couronnés de succès. Pour commencer, tout le processus est lié à la question de la sexualité. Les coutumes et les tabous sexuels touchent au plus profond de l’être ; le fait d’en discuter, sans parler de les remettre en cause, provoque les angoisses et les peurs les plus sombres. En outre, ces rites jouent un rôle significatif dans les lignages familiaux et dans les relations tribales au sein du village. »

« Triste ironie du sort, la pratique de l’excision est défendue le plus jalousement par les femmes elles-mêmes. Les vieilles sage-femmes, qui constituent une couche puissante dans la structure sociale villageoise, dépendent pour leurs ressources des revenus qu’elles tirent de ces opérations. Dans une société où il n’y a pas de droits et peu de privilèges, les anciennes traditions considérées comme faisant partie du « domaine des femmes » sont souvent le seul moyen d’exercer un pouvoir auquel une femme peut accéder. Et surtout, les mutilations sexuelles féminines sont liées de façon tellement étroite aux réalités économiques et sociales de la vie quotidienne que leur éradication exige une transformation fondamentale des sociétés où elles existent. »

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« Triste ironie du sort, la pratique de l’excision … »

Claire GRUBE

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