Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | January 7, 2019

Traite des Négres: servitude humaine

Traite des Négres : servitude humaine

Grüß Gott !

Selon l’Evangile, le commerce négrier, permis et légitime, améliore le sort des esclaves.

Dissertation sur la traite et le commerce des Négres / J. Bellon de Saint-Quentin / 1764:

«  Les chaleurs accablantes du Climat Américain, ne permettant point aux Européens qui le furent habiter, de soutenir les fatigues de la Culture des terres, à contraint les premiers hommes qui ont habité les Isles fertiles de cette nouvelle Partie du monde, à chercher ailleurs des bras propres à ce travail. Quelque recherche qu’on ait pu faire, on n’en a pas trouvé de plus convenable, que ceux des Africains, & nous connaissons ces hommes, sous le nom de Noirs ou de Négres. »

« Pour parvenir à se procurer ces secours forcés, il a donc été question d’établir un commerce avec ces Nations Barbares ; & ce trafic a été appelé, Traite & Commerce de Négres. » (…)

«  L’achat de Négres aux côtes d’Afrique, pour les transférer & les revendre ensuite dans nos possessions de l’Amérique, est-il un commerce légitime, & peut-on le faire en conscience ? » (…)

« On peut licitement avoir des Esclaves & s’en servir ; cette possession & ce service ne sont ni contraires à la loi naturelle, ni à la Loi Divine écrite, ni même à la loi de l’Evangile. (…) Si on consulte l’Histoire des différens peuples, même les plus anciens & les mieux policés ; on y verra, que par-tout & en tout tems, il a été d’usage d’avoir des esclaves : l’Histoire Sainte elle-même, nous en fournit bien des exemples. » (…)

« Or l’espéce d’esclaves dont est question, quand on demande si le commerce des Négres que l’on tire de Guinée, est permis & légitime, sont dans ce cas. Ce sont des hommes nés esclaves ou qui le sont devenus par une suite inévitable des guerres continuelles que leurs Chefs se font entre eux. On ne les fait point esclaves en les achetant ; mais on les trouve tels retenus dans les fers, réduits à la servitude la plus cruelle, & la plus intolérable… (…) où ils se trouvent à portée de parvenir à la connaissance de J.C. & de son Evangile. » (…)

« L’usage d’avoir des esclaves en sa possession, n’est pas plus contraire à la Loi de l’Evangile, ni a l’esprit du Christianisme, qu’il ne l’étoit à la loi donnée aux Juifs par le Ministère de Moïse. » (…)

« Le but de la mission de J.C. ne fut jamais de remettre les hommes au même niveau & de les rendre tous égaux sur la terre , il n’est point venu confondre la différence des conditions, ni détruire la juste & nécessaire subordination, qu’il avoit plû à la Divine Providence de mettre entre elle. Il n’est point venu apprendre aux hommes à mépriser l’autorité, & à résister aux puissances instituées de Dieu : ni autoriser les serviteurs à se soustraire au droit légitime que le ciel a donné à leurs Maîtres sur eux. Son intention ne fut jamais de troubler le repos de la société, ni de renverser l’ordre civil & politique établi dans les états. Son Evangile est un Evangile de paix : il ne nous y prêche par-tout que l’humilité, la douceur, la subordination, la soumission & l’obéissance. » (…)

« Prétendre que la Religion Chrétienne rend tous les hommes égaux & exclut toute subordination entre-eux, c’étoit une des erreurs des Gnostiques. Erreur que S. Pierre & S. Jude relèvent avec force dans leurs Epitres ; en leur reprochant de mépriser toute Domination, & de parler mal des Puissances. » (…)

« Saint Pierre : soiez soumis par Religion & et pour l’amour de Dieu, à tout homme qui a du pouvoir sur vous. Esclaves, obéissez à vos Maîtres avec toutes sortes de respects. Non seulement à ceux qui sont bons & doux, mais à ceux qui sont rudes & fâcheux. Car ce qui est agréable à Dieu, est que, dans la vue de lui plaire nous endurions les peines qu’on nous fait souffrir injustement. En effet, quelle gloire aurez-vous, si c’est pour vos fautes que vous endurez les coups de vos Maîtres ? Mais si en faisant bien vous souffrez de mauvais traitemens, c’est-là ce qui est agréable à Dieu. » (…)

« Il [Saint Paul] les exhorte à la soumission, au respect, à la fidélité envers leurs Maîtres ; à une ponctuelle exactitude à s’acquitter avec zèle & ardeur de toutes les obligations qui concernent leur services : Le tout par conscience & par esprit de religion. – Esclaves, obéissez à ceux qui sont vos Maîtres, selon la chair, avec crainte, avec respect, dans la simplicité de votre coeur, comme à J.C. même. Ne les servez pas seulement lorsqu’ils ont l’oeil sur vous, comme si ne pensiez qu’à plaire aux hommes : Mais faites en cela de bon coeur la volonté de Dieu, comme étant serviteurs de J.C. Servez-les avec affection, regardant en eux le Seigneur & non les hommes. » (…)

« Que tous les esclaves qui sont sous le joug de la servitude, sachent qu’ils sont obligés de rendre toute sorte d’honneur à leurs Maîtres ; afin de n’être pas cause que le nom & la doctrine du Seigneur soient blasphêmés. Que ceux qui ont des Maîtres fidèles ne les méprisent pas, parce qu’ils sont leurs frères. Mais qu’ils les servent encore mieux ; parce qu’ils sont fidèles & plus dignes d’être aimés, comme étant participans de la même grace. » (…)

« Donc le commerce que l’on fait des esclaves, n’est pas en soi illégitime, ni contraire aux Lois du christianisme. » (…)

« Nous l’avons déja observé, en achetant des Négres en Guinée, on ne leur ôte point leur liberté, ils n’en jouissent plus, on ne les fait point esclaves, on les trouve tels. Et tout ce qui résulte de cet achat, est d’améliorer leur sort ; d’où il suit, que loin de leur faire injustice & de leur causer aucun tort, on les sert au contraire & on leur procure un très grand avantage, tant pour le bien être du corps, que pour le salut de l’ame, en les faisant passer à une servitude incontestablement plus douce & plus supportable que celle dont on les tire. » (…)

« Définitivement c’est un bien que la providence est permis que le besoin qu’on a eu de Négres, dans nos colonies, pour la culture des terres, ait engagé les Européens ces sortes de traites. Ils épargnent par là la vie à quantité de malheureux, qui sont tués par leurs maîtres, quand ils ne trouvent pas à les vendre, & qu’ils se lassent de les nourrir. » (…)

« dans la vérité du fait, on n’aggrave point le joug des esclaves Négres, & on ne leur cause aucun mal en les transférant dans nos Isles. Au contraire, c’est un très-grand service qu’on leur rend, & un office de charité très-réel que l’on exerce à leur égard. Non seulement on adoucit de beaucoup leur servitude corporelle, mais on les met à portée d’apprendre à connaître Jésus-Christ & son Evangile, & par-là de sortir d’un esclavage spirituel, incomparablement plus funeste, qui est celui qui les asservit au démon & au péché. De façon qu’il n’y a aucun de nous qui instruit du bien qui en résulte, pour ces pauvres esclaves, s’il se trouvoit à leur place, ne s’estimât fort heureux, que l’on en fît autant pour lui. » (…)

« les maîtres, communément, les ménagent autant qu’ils le peuvent, les nourissent bien, & ont grande attention à ce qu’ils ne manquent d’aucun des secours nécessaires à la vie. Ils ont même de bonnes raisons pour cela ; quand ils ne se porteroient pas des vûes d’humanité & de religion ; il y va de leur intérêt, & leur fortune en dépend. » (…)

« Quant au mauvais traitemens dont on reproche aux Maîtres d’user envers eux, il est rare qu’on les frappe ; si ce n’est pour les corriger quand ils ont fait des fautes ; ou les relever de leur paresse, quand ils travaillent lâchement. Et on se trouve forcé d’en user ainsi, car c’est une espéce d’homme naturellement lourds & engourdis, enclins à l’inaction & portés à la revolte, qui demandent à être pousés & contenus dans le devoir. Le Saint-Esprit le dit en termes formels, au 33e Chapitre du Livre de l’Ecclésiastique. L’Esclave a besoin d’être aiguillonner par la verge & matté par le travail ; il est dangereux de le laisser oisif, Lâchez lui la main, & il cherche à vous échapper par la fuite. » (…)

« Le plus grand malheur qui puisse arriver à ces pauvres Africains, seroit la cessation de ce trafic ; ils n’auroient alors aucune ressource pour parvenir à la connoissance de la vraie Religion dont on les instruit en Amérique, où plusieurs se font Chrétiens, au lieu qu’en Afrique ils sont totalement abandonnés ; car je ne sache pas qu’il y aille aucun Missionnaire. (…) On les achete pour les faire passer d’une servitude barbare à une servitude humaine. » (…)

« Si la Loi naturelle défendoit de posséder des esclaves, seroit-il possible qu’on l’eût ignoré dans les siècles les plus éclairés de l’Eglise ? Que les Apôtres n’eussent point interdit aux Chrétiens une possession qui étoit si fort en usage parmi eux ? » (…)

« Quant au fait qui concerne le transport des Négres en Amérique, & la manière dont on les y traite quand ils y sont arrivés ; s’ils sont abusifs il faut les corriger. J’ignore absolument si ceux qui concernent le transport sont vrais ou faux. Il peut se faire qu’on mette pour un tems par punition quelques mutins au fond de cale, comme on met un soldat au arrêt ; en cela quel mal y auroit-il ? (…) Quant aux autres faits concernant la manière de les nourrir, le travail qu’on exige d’eux, je suis persuadé qu’on les a exagérés… (…) & d’ailleurs le propre intérêt des Maîtres me persuade assez qu’ils n’en usent pas ainsi. » (…)

***********************************

« Donc le commerce que l’on fait… »

Claire GRUBE

Advertisements
Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | December 31, 2018

Résistance: Compagnons de la Libération

Résistance : Compagnons de la Libération

Grüß Gott !

Les femmes françaises, courageuses et vertueuses, sont récompensées à la Libération.

Les Françaises de la Gauloise à la pilule / Françoise Giroud / Fayard / 1999:

« La Résistance a eu ses martyres : Bertie Albrecht, Danielle Casanova, Simone Michel-Lévy, légitimement honorées. Mille cinquante-trois résistantes ont été faites Compagnons de la Libération (et mille six cent vingt-quatre hommes), mais on voudrait surtout rendre hommage ici aux femmes obscures qui en ont tant fait. Les Françaises qui ont participé à la Résistance ont gagné l’estime de leurs compagnons pour des vertus qu’elles ont toujours eues : le courage et la force d’âme. Mais, à se disputer comme on le faisait depuis des décennies sur leur « nature », et leur « vocation », on avait fini par l’oublier. » (…)

Wikipedia.org / Liste des compagnons de la Libération / Internet:

« Mille trente-huit personnes, cinq communes et dix-huit unités combattantes ont été nommées compagnons de la Libération car elles se sont « signalées dans l’œuvre de libération de la France et de son Empire » durant la Seconde Guerre mondiale. »

« Parmi ces 1 038 compagnons, 271 l’ont été à titre posthume, soixante n’étaient pas Français au moment d’être nommés et six sont des femmes. »

Ordredelaliberation.fr / Compagnons de la Liberation / Internet:

„ Lorsque le 23 janvier 1946 est signé le décret de forclusion de l’ordre de la Libération, le nombre des compagnons de la Libération s’élève à 1 036 personnes auxquelles il faut ajouter cinq communes françaises et dix-huit unités combattantes. “ (…)

„ L’Ordre et les Femmes “

« Six femmes seulement ont reçu la croix de la Libération. »

Memoresist.org / Les Amis de la Fondation de la Résistance / Internet:

„ Les femmes « Compagnon de la Libération » “

„ A l’occasion de la « journée internationale des femmes », sous le patronage du Maire de Paris, à l’auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris, Christine Levisse-Touze directrice du Mémorial Leclerc/Musée Jean Moulin organisait, avec l’Ordre de la Libération et le Musée de la Résistance de Champigny-sur-Marne, un colloque sur « Les Femmes Compagnon de la Libération ».

«  Le général de Boissieu, Grand Chancelier de l’Ordre de la Libération, qui présidait cet après-midi, a rappelé qu’avant le départ du général de Gaulle, en janvier 1946, un nombre important de femmes étaient susceptibles d’être nommées dans cet Ordre, c’est son brusque départ qui interrompra ces nominations. Ce n’est donc que six femmes qui seront « Compagnon de la Libération » pour s’être distinguées « dans cette haute et âpre campagne, pour la libération de la France ».

Collectifhistoirememoire.org / Les femmes compagnons de la libération / Internet:

„ Parmi les 1038 membres de l’ordre de la Libération, 65 ont été tués avant le 8 mai 1945, alors qu’ils étaient déjà Compagnons, et 271 ont reçu cette distinction à titre posthume. Si bien qu’un peu plus de 700 seulement ont survécu à la guerre.“

« Sur 1059 Compagnons de la Libération, six femmes seulement ont reçu la croix de la Libération. »

Journals.openedition.org / L’oubli des femmes dans l’historiographie de la Résistance / Internet:

« Mentionnons aussi, à ce titre, le rôle de la Cimade, en particulier de Madeleine Barot, qui avait déjà aidé les réfugiés du IIIe Reich avant-guerre, de Laure Diebold, agent du réseau Mithridate, affectée en octobre 1942 au secrétariat de Jean Moulin, arrêtée et déportée à Ravensbrück, l’une des six femmes Compagnons de la Libération. »

Lemonde.fr / Les décodeurs / Qu’est-ce que l’ordre de Libération / Internet:

„ Six femmes seulement “

„ Seules six femmes recevront la croix de la Libération, dont quatre à titre posthume. Elles sont résistantes, et certaines ont été déportées par les Allemands. Elles ne représentent qu’un pourcent de l’Ordre, alors que les femmes dans la Résistance étaient beaucoup plus nombreuses proportionnellement.“

Defense.gouv.fr / L’ordre de la Libération et les douze derniers compagnons / Internet:

« Deuxième ordre national français après la Légion d’honneur, l’ordre de la Libération a été institué pendant la Seconde Guerre mondiale par le général de Gaulle, chef des Français libres. L’ordonnance n°7 instituant l’ordre a été signée à Brazzaville (Congo) le 16 novembre 1940. Ne comportant qu’un seul grade, il est destiné « à récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l’œuvre de libération de la France et de son Empire ». Ses titulaires ont droit au titre de compagnon de la Libération. Le général de Gaulle, fondateur de l’ordre en a été le seul grand maître. »

« La création de l’ordre de la Libération »

« Au total, ils sont 1 032 hommes et 6 femmes à s’être vus décerner la Croix de la Libération ainsi que 18 unités combattantes et 5 villes. »

Etre femmes en politique / Elisabeth Guigou / Plon / 1997:

« Dans la Résistance, les femmes furent nombreuses et certaines se distinguèrent par des actions d’une audace inouïe. (…) Pourtant, se furent les hommes qui récoltèrent les honneurs. Sur les 1.053 compagnons de la Libération, on compte 6 femmes. »

Un train en hiver / Le train des femmes pour Auswitz / Caroline Moorehead / Le Cherche-Midi / 2014:

« Sur les 40.760 résistants politiques qui rentrèrent chez eux, 8.872 étaient des femmes. Mais sur les 1.053 qui reçurent le titre de compagnon de la Libération, seules 6 étaient des femmes. »

Il était des femmes dans la Résistance / Ania Francos / Stock / 1978:

« Et pourtant combien de femmes sur les 1.059 compagnons de la Libération ? Six ! »

„ Madame, vous vous étonnez qu’il n’y ait eu que 6 femmes sur 1 059 compagnons de la Libération ! “ s’exclame en 1978, au téléphone, le secrétaire général de l’Ordre des compagnons, un vieux monsieur, sans doute couvert de médailles. „ Mais c’est normal : elles n’ont pas été au feu ! „

******************************

Les femmes « Compagnon de la Libération » étaient donc:

a.  1053 ?

b.       6 ?

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | December 22, 2018

Excision: barbarie matriarcale

Excision : barbarie matriarcale

Grüß Gott !

Les mères, insensibles et insensées, pratiquent sur leur filles, des amputations barbares.

Toutpourlesfemmes.com / Excision / La barbarie pour tradition / Internet:

„ Un acte de barbarie, une mutilation qui va à l’encontre des droits humains : voilà ce qu’est l’excision. Encore souvent perçue comme une pratique d’un autre temps, ou du moins assez lointaine pour être ignorée, l’excision est toujours largement sous évaluée. Pourtant, c’est un phénomène qui aujourd’hui encore, concerne plus de 200 millions de femmes et de filles dans le monde et pas moins de 60.000 en France.“

Rfi.fr / L’excision est une amputation barbare / Halimata Fofana / Video / 2018 / Internet:

„ Pour moi, je dis que c’est un acte de barbarie, c’est un acte très brutal (…) c’est fait à vif, sur des corps de petites filles. Je dirais, il y a deux choses : il y a, un, – une personne qui a l’outrecuidance de mettre sa main dans ce que vous avez de plus intime. C’est donc, dans un premier partie, un viol. Et après, on ampute. C’est deux choses qui sont extrêmement dures, que la petite fille subit. Et en plus, ce qui est encore plus difficile, parce qu’elle le subit de la part de ceux qui sont censés la protéger.“ (…)

„ L’excision est un acte de barbarie. (…) Comme c’est fait de manière très barbare… (…)

Femmezine.fr / Excision / Une pratique traditionnelle barbare / Internet:

„ Pourquoi l’excision est-elle pratiquée ? “

„ L’excision, qui est perçue comme un acte de barbarie par les occidentaux, est une tradition pour les communautés qui la pratiquent, censée aider à la petite fille de s‘intégrer à la société.“

„ L’excision permettrait d’avoir un vagin plus esthétique et plus propre, étant libéré de son organe érectile, qui rappelle le sexe de l’homme. Dans la croyance traditionnelle, le clitoris est considéré comme un organe impur et nuisible.“

Nawaat.org / Excision / Une barbarie injustifiée et injustifiable / Internet:

„ Cette jeune femme, aujourd’hui étudiante à paris, raconte son traumatisme subit lorsqu’elle habitait encore au Sénégal avec ses parents.“

« Ma mère a été l’initiatrice de ce traumatisme, elle a voulu que cela m’arrive. Elle m’a emmenée chez une dame dans un coin reculé de (Sénégal). Quand j’étais allongée, elle m’a demandé pardon et elle a ajouté : « Je fais ça pour toi, pour améliorer tes chances de faire un bon mariage ». Elle ajoute : « Il ne faut pas croire que cela arrive qu’aux personnes issues de milieux défavorisés, au contraire, ma famille fait partie des plus grands de ce pays. »

Youtube.com / De la barbarie à la vie possible / Halimata Fofana / Video / Internet:

„ – Votre message s’adresse à celles qui, comme vous, ont subi l’excision. Mais pas seulement, finalement à celles qui ont été trahies, parce que c’est un acte qui est considéré comme barbare de notre point de vue (…) Comment on se sent trahi par les siens parce que, finalement, ceux qui font ça, sont des gens en qui on a le plus confiance. Et quand vous parlez de trahison… “ (…)

„Pourquoi a-t-elle fait ça ? Elle qui dit aimer sa fille. Elle a fait ça, déjà vous comprenez qu’elle l’a fait parce que, elle, elle l’a subie, et que ça se fait de génération en génération. (…)

„ Et que la peur première, c’est que ses enfants ne leur ressemblent pas…“ (…)

„ – A cinq ans, elle part pour le Sénégal, en vacances, insouciante. Elle va alors y connaître une torture pratiquée au nom des traditions. ” (…)

„ Ma grand-mère est rentrée du village jusqu’à Dakar. Ça, je m’en souviens encore, de cette phrase. Elle disait : „ Il va falloir que ça se fasse ! “ C’est une phrase qui se répétait de la part de ma grand-mère. Ma mère disait : „ Ben, c’est prévu ! “ (…)

„ Et je me souviens, il y a une tante que j’aimais beaucoup. Et ben, ils se sont peut-être dit, ça va être plus simple. Alors, cette tante est venue me voir. Elle m’a dit : ” Et ben, viens, on va partir ensemble.“

„ On arrive dans un lieu (…) et je vois une dame, une femme âgée, hein : “A ton tour, viens ! “

„ Et il y a des femmes qui vous tiennent les bras, tout ça, (…) La peur commence quand elle sort un couteau (…) on vous écarte les jambes. Cette femme prend le clitoris avec la main, et prend un couteau, et le coupe. Et elle le coupe pas d’un coup…” (…)

„ – C’est-à-dire que vous sentez les allés et venus du couteau. Et à vif, il n’y a pas d’anesthésie, y a rien ?! “

„ Et elle coupe, elle coupe, elle coupe. Alors, elle coupe un morceau…“ (…)

„ – Cette tante, pour laquelle vous avez de l’affection, elle fait partie de l’opération. “ (…)

„ Et je retourne voir ma mère (…) je comprends qu’elle est au courant…“ (…)

„ Moi, je lui ai pardonné, parce que j’ai compris que cette femme, qui a fait à sa fille, elle l’a fait pour son bien. C’est-à-dire que, on a du mal à le comprendre, elle était conditionnée pour ça, voilà. Et elle, elle l’a subie. Et la génération d’avant, elle l’a encore subie. (…)

„ Et il y a une dame qui m’avait interpellée, parce que j’avais parlé de barbarie. Elle n’avait pas apprécié que je parle de barbarie. Elle m’a dit : „ Pourquoi tu dis barbarie ? Tes parents ont pensé faire bien quand ils t’ont fait ça. T’as pas le droit de dire ça ! “ (…)

„ Et le fait qu’il y a des hommes, d’un certain nombre d’années, et qui écoutent… Y’en a un qu’est venu me voir et qui m’a dit : „C’est bien ce que tu fais, c’est bien ce que tu fais !“ (…) C’est-à-dire qu’il y a des hommes qui sont contre ça, mais ils ne vont pas oser dire non, parce que il y a la maman, y a l’oncle, la tante…“ (…)

Lanouvellerépublique.fr / Vienne / Poitiers / L’excision : un acte barbare / 2018 / Internet:

„ A quatorze ans alors qu’elle ne connaissait rien à la vie, Hadja Diaby a été excisée par les vieilles dames de son village. Témoignage d’un traumatisme à vie. “ (…)

„ Ce n’est plus pour elle qu’elle lutte, cette grand-mère de soixante-huit ans, contre la barbarie commise sur les jeunes filles, pas encore pubères pour certaines, « mais pour toutes les autres femmes » et sa petite-fille qu’elle a confiée à une amie, dans son pays, la Guinée, en lui faisant « promettre » qu’elle ne passera pas entre les mains des « vieilles sorcières ». “ (…)

„ La douleur insupportable dépasse l’entendement. « Tu as les jambes écartées, on te tient. » A cet instant précis de cette opération barbare, « la tueuse » s’empare « d’un canif non stérilisé pour me couper le clitoris ». « On me l’a rasé. J’ai saigné abondamment. Je n’ai pas de mots pour qualifier cette douleur inouïe. »

Lamarseillaise.fr / Héraut / Société / L’excision : cette barbarie intime / 2017 / Internet:

„ Reste l’incontournable question : pourquoi ? Pourquoi infliger une telle barbarie aux femmes ? “ (…)

« J’ai récolté beaucoup de témoignages, rapporte-t-elle. Outre la douleur physique, inimaginable, le plus terrible pour ces femmes c’est de se dire : comment ma mère, ma tante, ma sœur a pu me faire souffrir de cette façon ? C’est traumatisant. »

„ Pourtant, de nombreuses enquêtes menées dans les pays concernés font état, bien souvent, d’une majorité de femmes excisées souhaitant que cette pratique perdure. ”

« C’est quelque chose d’ancré. Et même si c’est au service des hommes, c’est une histoire de femmes. “

************************************

„ Et il y a une dame qui m’avait interpellée… “

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | December 16, 2018

Birkenau: sous les cendres

Birkenau : sous les cendres

Grüß Gott !

Des condamnés à mort, aux fours crématoires, cachent des manuscrits, dans des récipients.

Paroles d’étranger / Elie Wiesel / Seuil / 1982:

« Dans l’enceinte des Sonderkommandos à Birkenau – même là – , il y avait des témoins. Ces hommes, plus malheureux que tous les autres, plus à plaindre aussi, avaient atteint le sommet de la démence et les limites de la souffrance : leur tâche était de brûler leurs frères, jour après jour, nuit après nuit, ils alimentaient les flammes. En général, ils ne vivaient que deux mois ; puis, à leur tour, on les brûlait. Et pourtant. Je ne saurai jamais comment, mais ils ont trouvé la force de vouloir déposer aussi. Ils se mirent à écrire, à décrire, à raconter. Je dois dire que, pendant des années, j’avais entendu qu’il existait des documents de ce genre ; je n’y avais pas cru, je ne pouvais pas croire que ces hommes avaient encore assez de foi en eux et en nous pour transformer une expérience de cette nature en paroles. On a retrouvé certains de ces documents sous les montagnes de cendre, à Birkenau, et, depuis des mois, je les lis et les relis et je sens la folie, la folie qui me guette. Avec le temps, j’ai commencé à apprendre qui étaient ces auteurs ; maintenant, je les connais. J’entends leurs voix, je sens leurs regards. »

« Il y avait parmi eux un juge rabbinique nommé Aryé-Leib Langfus. Zalmen Lewenthal. Zalmen Gradowski. Le manuscrit de celui-ci comporte plusieurs débuts, des avertissements au lecteur qu’il ne comprendra pas, qu’il ne pourra pas croire… » (…)

« Maintenant, grâce à eux, nous connaissons les détails. Le comportement des victimes déjà entassées dans les chambres à gaz : maintenant, nous les connaissons. Certains criaient, d’autres se recueillaient, d’autres encore se jetaient sur les assassins pour les maudire, d’autres encore se mettaient à prier, à chanter. Commentaire de Zalmen Gradowski : Serai-je encore capable de pleurer un jour ? »

« Je le dis : ce sont les pages les plus vraies et les plus graves que j’ai lues de ma vie sur cette période, et je crois les avoir toutes lues. (…)

Robertfaurisson.blogspot.com / Les tricheries de L’Album d’Auschwitz / Internet:

„ Thursday, December 1, 1983 “

« J.-C. Pressac cite quelquefois le témoignage dit « du Dr Nyiszli ». Il y a beau temps que Paul Rassinier a démontré le faux. Les trois grands témoins de J.-C. Pressac sont d’une part Leib Langfus et Zalman Lewental et, d’autre part, Filip Müller. Le lecteur français peut se faire une idée de la valeur de ces témoignages en se reportant à l’ouvrage suivant : Ber(nard) Mark, Des Voix dans la nuit. Ce livre a été traduit et adapté du yiddish ; son titre original est : Meggillat Auschwitz. »

„ L’avertissement nous dit que l’ouvrage fut écrit par Ber Mark, en yiddish, en 1965. Ce dernier était depuis 1949 directeur de l’Institut historique juif de Varsovie. Il est mort en 1966. En 1962, son compatriote et coreligionnaire Michel Borwicz, devenu citoyen français après la guerre, a laissé entendre que le professeur Ber(nard) Mark pouvait être un fabricateur de manuscrits.“

« Dans Des Voix dans la nuit, Ber (nard) Mark présente six manuscrits miraculeusement découverts à Birkenau. Ils sont attribués par lui à un Zalman Gradowski, à un « Auteur inconnu » (devenu, on ne sait trop comment, Leib Langfus) et à un Zalman Lewental. Le mot de « miracle » s’impose. Par exemple, pour trouver le manuscrit de Lewental, on n’a pas eu à remuer beaucoup de terre. On a creusé le sol et juste à l’endroit creusé on a découvert une boîte métallique qui contenait le manuscrit. » (…)

Des voix dans la nuit / La résistance juive à Auschwitz / Bernard Mark / Plon / 1977 / 1982:

« Les « rouleaux d’Auschwitz » et leurs auteurs » (…)

« Le groupe de résistants du Sonderkommando fit preuve de divers mérites : il passait aux internés du camp des médicaments, de la nourriture et de l’argent ; il subventionnait le Mouvement général de Résistance ; il expédiait à l’extérieur des documents pour alerter le monde en faisant connaître les atrocités commises par les nazis, surtout celles de Birkenau. »

« Il incita également ses membres à écrire leurs mémoires et à tenir un journal pour enregistrer au jour le jour les événements du temps, puis à enterrer ces documents que nous appelons désormais les « rouleaux d’Auschwitz. » (…)

« Toutes ces activités se déroulaient en secret. Seuls, quelques membres du Sonderkommando étaient mis dans la confidence. Pami eux figuraient les auteurs des textes que nous présentons et quelques amis d’autres Kommandos, tel le Polonais Henryk Porebski, membre du kommando des électriciens, qui venaient aux crématoires pour entretenir l’installion électrique. Il portait sur lui un petit plan indiquant les endroits où des documents étaient enterrés. »

« On n’en connaît pas la quantité exacte. D’après les déclarations d’Henryk Porebski, le nombre de boîtes ou autres récipients contenant des documents devait s’élever à trente-six. On peut douter que Porebsky ait été au courant de tous les dépots ; de toute façon il faut dire que la majeure partie des objets enterrés n’a pas été retrouvé à ce jour. » (…)

« Sur les dizaines de documents enfuis, on n’a découvert, jusqu’en 1966, que six manuscrits, attribués respectivement, après recherches minutieuses, à trois auteurs : Zalman Gradowski, Leib Langfus (dit l’Anonyme) et Zalman Lewental. »

« Ses manuscrits furent les premiers a être déterrés, le 5 mars 1945, tout juste deux mois après la libération d’Auschwitz par les troupes soviétiques. » (…)

« Les écrits de Zalman Gradowski »:

« Ses écrits furent les premiers à être déterrés, le 5 mars 1945, tout juste deux mois après la libération d’Auschwitz par les troupes soviétiques. » (…)

« Le manuscrit « anonyme » (Leib Langfus, auteur présumé) »:

« A peu près sept ans plus tard, c’est-à-dire en 1952, on déterra dans l’espace du crématoire 2 un cahier de notes quotidiennes en yiddish. » (…)

« Les notes de Zalman Lewental »:

« D’autres documents furent déterrés le 17 octobre 1962, sur le terrain du crématoire 2. »

« Dans un pot de verre, d’une contenance d’un demi-litre, on trouva deux manuscrits. » (…)

*****************************

« Le mot de « miracle » s’impose. »

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | December 9, 2018

Résistance: petits malins

Résistance : petits malins

Grüß Gott !

Les résistants français, futés et furtifs, trompent les soldats allemands, bêtes et disciplinés.

Michel Hollard / le Français qui a sauvé Londres / Florian Hollard / Le cherche midi / 2005:

« Des militaires allemands sillonnaient le site. De nombreuses sentinelles montaient la garde à l’entour. »

« Sans laisser-passer, l’espoir d’accéder à cet espace si fortement protégé paraissait chimérique.  Impossible de manifester de la simple curiosité. Un brusque retour en arrière eût même fait naître des soupçons. Il fallait impérativement aller de l’avant. »

« La Providence mit à la disposition du marcheur une brouette abandonnée au bord de la route. Après avoir prestement dissimulé sa musette dans la végétation, il s’empara de l’engin et le poussa, d’un pas tranquille, vers l’intérieur du chantier. Les sentinelles le virent entrer sans réagir. »

« Traversant un réseau compliqué de chemins et d’aires cimentés, il observa plusieurs ébauches de fortins ou de casemates de dimensions variées. Il s’approcha d’un groupe de manoeuvres qui transportaient des parpaings, et leur prêta main-forte sans qu’ils parussent s’en étonner. S’adressant à l’un d’eux, il se risqua à lui demander s’il connaissait la finalité de l’ouvrage. » (…)

« Le visiteur clandestin s’aventura près de l’installation, malgré la présence de plusieurs gardiens allemands qui veillaient à distance, et d’une équipe de maçons à l’oeuvre aux alentours. » (…)

« Animé d’une subite intuition, il prit l’une de ses initiatives les plus follement audacieuses. S’accroupissant comme s’il avait à refixer une chaussure délacée, il resta une bonne dizaine de secondes dans cette position, le temps nécessaire pour relever, à la boussole, l’orientation magnétique de l’agencement. »

« Avant de chercher à battre en retraite, le prétendu manoeuvre se rendit à l’espace aménagé en W.-C. Il y rencontra un contremaître à qui il posa les mêmes questions qu’à son précédent interlocuteur. »

« C’est un mystère pour moi aussi, reconnut l’autre. Nous travaillons dans le vague, sans plan d’ensemble, les ingénieurs allemands, méfiants et laconiques, donnent leurs instructions « au compte gouttes ». En plus, ils nous obligent à accélerer sans cesse la cadence. »

« – Connaissez-vous d’autres chantiers, semblables à celui-ci ? »

« – Vous ne savez donc pas que ces constructions pullulent ? »

« – Où y en a-t-il précisément, par exemple ? »

« Sans défiance, l’homme cita quelques noms de lieux. Malgré tout, les questions commençaient à intriguer le travailleur un peu naïf. L’investigateur jugea qu’il était grand temps de s’éclipser. Saisissant la précieuse brouette, il quitta les lieux sans encombre, retrouva sa musette et, poussant un soupir de soulagement, prit le chemin du retour. » (…)

——————————

« Pour suppléer le personnel militaire, presque tous les services techniques essayaient d’embaucher des Français. Ce faisant, ils couraient le risque de ne pas pouvoir protéger suffisamment certaines données confidentielles. » (…)

« A l’écoute de la suggestion de ses aînés, le nouveau venu [André Comps] fut épouvanté. Jusque-là, il se consacrait entièrement à son métier qui le passionnait. Cependant comme beaucoup de ses semblables, il s’était résigné à l’exercer pour le compte des Allemands. » (…)

« Après avoir longtemps tergiversé, l’ingénieur finit par se laisser convaincre et alla déposer sa demande de mutation. »

« Le brillant résultat des épreuves techniques auxquelles il fut soumis lui valut une proposition d’affectation presque immédiate. On le désigna pour occcuper « un poste important de dessinateur industriel, attaché à un établissement situé en Picardie ». (…)

« Le lieu, appelé Bois-Carré. était voisin du village Yvrench, proche d’Abbeville. » (…)

« Cependant le document majeur, à savoir le tracé qui décrivait l’élément terminal de l’installation, restait inaccessible. Soigneusement plié dans la poche intérieure du manteau ou de l’imperméable de l’Allemand, ce dessin ultrasecret exerçait sur l’ingénieur une fascination qui devenait obsessionnel. »

« Le détenteur du « trésor », officier dépourvu d’imagination mais parfaitement discipliné, accomplissait les moindres mouvements sans jamais déroger à un rituel immuable. L’employé français, admiratif autant qu’ironique en son for intérieur, ne cessait d’observer discrètement le personnage. » (…)

« L’observateur ne tarda pas à noter que le monsieur, lors de ses sorties hygiéniques, négligeait parfois quelque peu son apparence et gagnait le lieu d’isolement en tenue décontractée. Quand aucun caprice du ciel ne l’en dissuadait, il lassait souvent au bureau le pardessus qui contenait le précieux plan, inconscient des conséquences que pouvait entraîner un petit relâchement de sa vigilance. » (…)

« Un matin, quasi certain de l’invariabilité de ces pratiques routinières, André Combs pris la décision de subtiliser le plan à la prochaine occasion. Ce jour-là un temps doux et sec invita l’Allemand à effectuer sa promenade traditionnelle en tenue légère. (…) Projeté soudain par une irrésistible impulsion, il se précipita dans la pièce voisine et, tremblant à peine, se saisit du document. (…) L’ingénieur réussit à tracer, sur une feuile de papier-calque, les contours du dessin dont personne, hormis les spécialistes ennemis, n’avait eu connaissance jusqu’alors. » (…)

« Lorsque le militaire réapparut, il se trouvait encore à distance suffisante du bureau pour que le plan retrouvât sa cachette en temps opportun. » (…)

—————————–

« Peu après, un matériel suspect atteignit subrepticement la Normandie. André Bouguet, chef de gare de Roue-Rive-Droite et agent du réseau Agir,… » (…)

« Ayant noté que ces colis étaient enregistrés à destination d’Auffay, le chef de gare se hâta d’en informer Michel Hollard. » (…)

« Se risquer à entreprendre seul une manoeuvre d’approche d’un matériel certainement placé sous bonne garde eût été insensé. Mais Michel Hollard savait qu’il pouvait compter sur l’aide d’un astucieux adjoint, Pierre Carteron. » (…)

« Ce bâtiment, indépendant des installations de la SNCF mais relié au réseau ferré, avait été réquisitionné par l’armée ennemie qui le faisait surveiller jour et nuit. »

« Pierre Carteron possédait les talents de ruse, de présence d’esprit et d’espièglerie qu’exigeait la situation. Faisant appel à ses médiocres notions d’allemand, il joua intelligemment son rôle:

« Guten Tag ! (Bonjour !) » (…)

« La durée de cet échange élémentaire suffit à Michel Hollard pour franchir prestement le passage interdit. » (…)

« Une brutale différence de luminosité l’empêcha de distinguer immédiatement autre chose qu’une masse sombre au milieu du local. Peu à peu l’accoutumance visuelle lui révéla un wagon plat chargé de gros objets noirs. Plusieurs silhouettes fantomatiques, enfermées dans des caisses à claire- voie, émergèrent tour à tour de l’obscurité. Des contours et volumes variés, tantôt cylindriques, tantôt partiellement tronconiques, ces éléments paraissaient conçus pour former ensemble, après montage, un long fuselage aéronautique. » (…)

« Le visiteur en traça des croquis sur son bloc-notes. Puis, à l’aide d’un mètre ruban emprunté à la trousse de couture d’Yvonne Hollard, il releva les principales cotes de chacun des composants. »

« Pendant ce temps, le compère avait réussi, par des boniments débités alternativement dans les deux langues, à continuer la conversation avec le gardien sur un ton humoristique. Lorsque la glace fut tout à fait rompue, les deux bavards abordèrent joyeusement certains sujets polissons. »

« Leurs galéjades se prolongèrent une heure durant, délai convenu avec Michel Hollard. Ce dernier ne pouvait s’échapper de la souricière que si son coéquipier parvenait à détourner l’attention du surveillant quelques instants de plus. » (…)

« Le complice, en prenant bien soin de faire face au hangar, obligea le factionnaire à se tourner en sens opposé. Voyant par un interstice que l’ennemi regardait ailleurs, le captif n’attendit même pas l’arrivée des causeurs au bout de leur ciruit pour écarter furtivement la portière de toile et s’enfuir. » (…)

« En hâte il gagna son modeste quartier général parisien voisin de la gare de Lyon. (…)

« Le 22 décembre 1943, en dépit de l’omnipresence et de le redoutable efficacité de la FLAK, les bombardiers de la Royal Air Force fondirent sur leurs cibles. » (…)

« La base de Bonnetot-le-Faubourg, voisine d’Auffay, que Michel Hollard avait découverte et explorée, comptait parmi les plates-formes les plus atteintes. De celle d’Yvrench-Bois-Carré, également démolie, seule subsitait à peu près intacte, la maisonnette à usage de bureau où travaillait André Combs. » (…)

***********************************

« La Providence »

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | December 1, 2018

Rwanda : mass murder

Rwanda : mass murder

Grüß Gott !

Women, innocent by nature, are often portrayed as the main victims of genocide.

Genocide / A comprehensive introduction / Adam Jones / Routledge / 2006:

„ Are men more genocidal than women ? “

„ The most cursory examination of classical and contemporary genocides shows that the overwhelming majority of genocidal planners, killers, and rapists are men, just as men predominate as architects and wagers of war. There is also the lesser, but still striking, disproportion of men among murderers worldwide (especially mass and serial murderers). One wonders, in fact, whether for many people, a sufficient explanation of genocide (and war, and murder) would not be simply: “Boys will be boys.” Likewise, when we focus on disproportionate male victimization, at least for genocide’s most lethal strategies, patterns of intra-male competition and conquest seem significant. They are evident not only in most human societies, as anthropologists have shown, but among the higher primates that are humanity’s closest relatives.“

„ Explanations for these tendencies and uniformities have spawned enduring, interdisciplinary, and so far inconclusive debates. There is no space to deal with these in detail here; I offer only a few observations. “

„ First, male dominance among killers’ ranks is the result of global patriarchy – “rule by the fathers,” that is, rule by men as heads of family units and by older and more powerful men within communities, rather than rule by men as an undifferentiated gender class. It is usually the patriarchs who decide to wage war and genocide. To this end, they must mobilize younger, subordinate males to inflict the actual violence. In addition, they, assisted by women as mothers and nurturers, must educate, train, and prepare younger generations of males to serve as soldiers, génocidaires, and cannon-fodder. This rite of passage qualifies them, if they survive, to join patriarchal ranks. “

„ Men must thus be shaped and often coerced to perform violent tasks. The long, little-studied history of masculine resistance to military conscription, and the brutality of the “basic training” to which conscripts are generally exposed, suggest that a more peaceable disposition must be broken down and reconstructed for warlike or genocidal purposes.“

„A second question then presents itself : What happens when women are similarly mobilized, forced, encouraged, allowed to participate in genocide and other violence ? Readers’ minds might leap to the revelations from Abu Ghraib prison near Baghdad, where female guards were prominent as agents of abuse. The scholar of genocide, moreover, encounters the direct involvement of women at many points in history : torturing and executing prisoners-of-war (as was standard in Native American civilizations) ; joining men in attacking and pillaging refugee convoys (as Kurdish women did in the Armenian genocide) ; and actively involving themselves in “euthanasia” killings and concentration-camp atrocities under the Nazis (female camp guards “murdered as easily [as men]; their sadism was no less,” notes James Waller).“

« This does not reckon with more diffuse and indirect forms of participation : providing moral and material support to male combatants and génocidaires ; ostracizing males who seek to evade involvement in slaughter ; and providing political support, sometimes exceeding that of men, for violent and dictatorial leaders. »

« There is, finally, a “Rwanda test” to apply to female participation in genocide. In the holocaust of 1994, Hutu women, uniquely in recorded history, were mobilized en masse as participants in genocide. “I had seen war before, but I had never seen a woman carrying a baby on her back kill another woman with a baby on her back,” said a stunned officer with the United Nations Assistance Mission for Rwanda (UNAMIR). Women also assumed leadership positions at national, regional, and local levels – as with Pauline Nyiramasuhuko, indicted by the International Criminal Tribunal for Rwanda (ICTR) for “personally direct[ing] squads of Hutu men to torture and butcher Tutsi men, and to rape and mutilate Tutsi women.” In light of this evidence, it may be that “the challenge for future research is to transcend our gendered expectations that women are basically innocent by nature, so that their actsof cruelty are viewed as deviant and abnormal, and approach their perpetration of extraordinary evil the same way we have men – as ordinary people influenced by dispositional, situational, and environmental factors.”

Gendercice and genocide / Adam Jones / Vanderbilt University Press / Nashville / 2004:

« Genocidal women »

« I had seen war before, but I had never seen a woman carrying a baby on her back kill another woman with a baby on her back, » said a UNAMIR officer, interviewed in 1996. »

« As noted in the introduction to this chapter, the Rwandan holocaust is unique in the annals of genocide for the prominent role that women played as organizers, instigators, and followers. »

« The major source on this phenomenon is the African Rights report Rwanda – Not So Innocent: When Women Become Killers, published in August 1995. The organization – bravely, it must be said – countered the standard trend of portraying women as inherently or automatically the « main » victims of the genocide. This stereotype, it claimed, had contributed to « obscuring the rôle of women as aggressors. » »

« It is clear that many women were coerced into participating in the genocide by the « wide array of policies with (developed by the extremits)… to cajole and frighten the population into a killing frenzy. » But as the African Rights investigators noted, « when it came to mass murder, there were a lot of women who needed no encouragement. » Indeed, one can speculate that a greater proportion of women than men participated voluntary in the killings, since it was men, almost exclusively, who were forcibly conscripted into the « work » of the roadblock killings, and who were exposed to suspicion or violent retribution if they did not take part. Evading direct participation was probably much easier for Hutu women (and children) than for Hutu men. »

« Perhaps the most notorious case of a female génocidaire is Pauline Nyiramasuhuko who, in a grotesque twist, served as minister for women and family affairs in the Hutu Power regime. Nyiramasuhuko « regularly visited places where refugees had been congregated and personaly supervised the selection of hundreds of Tutsi men for the slaughterhouse.» Among the other female architectes of the genocide were :

« Rose Karushara, a councilor in Kigali, who « took an extremely active role in the genocide, wearing military uniform throughout. A tall and physically strong woman, she used to beat up the refugees herself before handing them over to her interahamwe for the final kill… At least five thousand people were killed, all thrown into the Nyabarongo river under orders from Karushara. »

« Odette Nyirabagenzi, « the terror of Rugenge » (a sector of Kigali ): « As soon as the genocide began, Odette sent her militia in pursuit of the Tutsi men of Rugenge. Her thugs hunted for Tutsi men in St. Famille and St. Paul’s (parishes), as well as the missionary language centre of CELA. She was physically present on every occasion when men were taken out of these churches and CELA and massacred. She took an active part in selecting the men who were to die. »

« Athanasie Mukabatana, « a teacher at the School of Nursing of Kaduha (Gikongoro prefecture). When this girl saw the attack arrive near the hospital, she quickly jumped over the gate of the hospital to get into the compound. She didn’t wait for the gate to be opened. You could see the enthousiasm this girl had for finishing off these sick Tutsis. She had a machete and went into the hospital with the other assassins. She made all the sick Tutsis go out, often dragging them out. And once outside, she killed them with a strike from the machete. She made several trips and all the dead were on the hospital grass. »

« Sister Julienne Kisito, one of a number of nuns who played key roles in genocidal atrocities. She was « accused of working directly with the killers, standing in their midst while they massacred refugees, handing out jerrycans of petrol which were used in her presence to burn peope alive. »

« These cases of female leaders represent only a small part of the story of women’s participation in the genocide. At the grassroots, « very often, groups of women ululated their men into the « action » that would result in the death of thousands of innocent men, women and children, many of them their own neighbours. » (…)

*********************************

« There were a lot of women who needed no encouragement. »

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | November 24, 2018

Tulle: drapeau blanc

Tulle : drapeau blanc

Grüß Gott !

Les soldats allemands, drapeau blanc et mains en l’air, se rendent aux partisans français.

Youtube.com / Tulle / 9 juin 1944 / La mémoire des vivants / Lucien Toty / Video / Internet:

„ Ils sont sortis, et certains d’entre eux ont levé les mains. Ils étaient peut être pas d’accord entre eux. Certains voulaient peut-être se rendre, d’autres pas.“ (…)

„ La plupart des Allemands tentèrent de fuir par le lacis des vieilles ruelles. D’autres ouvrirent le feu par-dessus les groupes qui se rendaient. Les FTP rispostèrent. 40 Allemands furent tués. A 17 h 15, les autres capitulaient.“ (…)

Youtube.com / Tulle / Le massacre de Tulle / 9 juin 1944 / Video / Internet:

„ La violence des combats fait que dans l’après-midi l’école finit par prendre feu. Les Allemands n’ont plus que deux possibilités : soit se rendre, soit tenter une sortie.“

„ Pierre Pranchère, résistant FTP : „ Les Allemands sont sortis les armes à la main pour s’en servir ! ““

„ Les maquisards qui sont mieux placés, prennent cible sur ces Allemands qui sortent, et c’est ça qui fait que le grand nombre de tués allemands.“

„ Parmi la troupe qui finit par se rendre, les Résistants isolent onze hommes de la Gestapo, dont des miliciens français, qui sont immédiatement fusillés. “ (…)

” Et ils étaient 40 soldats morts. “

Gloumouth1.free.fr / Tulle / Témoignage / Jean-Paul Reb / 10 juillet 2005 / Audio / Internet :

« Les maquisards les ont assiégés. Ils les ont assiégés, ils étaient dans toutes les rues, tout autour, ça tirait dans tous les coins. Moi je n’y étais pas, on entendait la fusillade au loin, c’est tout. Et puis, je n’y étais pas, mais je peux raconter un peu comment ça s’est passé, en ce sens qu’on l’a su après, et que moi j’y suis allé, aussitôt, une fois que ces Allemands là se sont rendus:

« Un maquisard s’est précipité contre l’Ecole normale de jeunes filles pour qu’ils ne puissent plus l’atteindre, puisqu’ils pouvaient à peine mettre le nez aux fenêtres, hein. Ils tiraient au travers de leurs matelas, et là, il est grimpé le long du chéneau, il est grimpé sur la toiture de l’Ecole normale de jeunes filles et, c’est ce qu’on nous a raconté, il a jeté des grenades incendiaires dans toutes les cheminées, si bien que les grenades incendiaires sont arrivées à tous les niveaux, des cheminéees, et à tous les planchers, et ont foutu le feu à l’intérieur. Les Allemands ont donc été enfumés complètement là-dedans. Le feu a pris partout, ils pouvaient pas l’éteindre, ils avaient pas ce qu’il fallait, hein, et voilà qu’ils se sont rendus. Donc, quand ils se sont rendus, ils sont sortis torse nu, parce qu’il y avait une chaleur là-dedans pas possible, puisqu… de se faire cramer, hein, et enfumer, ils en pouvaient plus. »

« Ils se sont donc rendus avec les bras en l’air, mains sur la tête, et leur chemise qu’ils avaient emportée, puisqu’ils étaient torse nu. Mais les derniers Allemands qui sont sortis, ils sont sortis, et dans les chemises, ils avaient gardé les mitraillettes, si bien que, quand ils se sont rendus, tous les maquisards qui étaient autour se sont rassemblés, et à ce moment-là, les maquisards qui étaient là, les derniers Allemands qui sont sortis, avec leurs mitraillettes, se sont mis à tirer dans le tas des maquisards qui s’étaient tous démasqués et qui étaient venus pour les faire prisonniers. Alors là, les maquisards ont fait, ont pas fait de quartier : ils les ont tous bousillés. » (…)

Tulle / Jean-Jacques Fouché / Gilbert Beaubatie / Editions Lucien Souny / 2008:

« Les hommes de la 8e compagnie, poussés par l’incendie à l’intérieur du bâtiment, tentèrent une première sortie, puis un autre, en vain. A chaque fois des fusils-mitrailleurs des FTP les empêchaient de progresser. Il y eut une ultime sortie avec un drapeau blanc improvisé, porté par une résistante captive de la police SS. Confusion, feinte et désordre : des soldats allemands auraient conservé des grenades sur eux. La riposte des FM fut impitoyable. Les tirs hachèrent les soldats. D’autres se sont jetés dans le vide avec des grenades qui explosèrent au sol… Lorsque les soldats allemands sortirent, poussés par les flammes et la peur, ils n’avaient plus d’autre issue que de se rendre. » (…)

« Une note des RG indique la présence du drapeau blanc lorsque les Allemands sortirent du bâtiment et précise : « Les maquisards les massacrent. » Ils ont « farci les Boches » avec du plomb. (…) Les assiégés tentent une percé en masse. Ils sautent par-dessus le mur, où beaucoup sont abattus par des fusils-mitrailleurs postés en face dans un jardin et à l’Inspection académique. D’autres s’écrasent au sol, ayant à la ceinture leurs grenades amorcées qui les déchiquettent en explosant, ce qui a donné naissance à de bruits de mutilations. » (…)

« Un soldat mort tient encore dans une main un bâton avec un chiffon blanc alors que d’autres, également morts, tiennent encore des grenades. Les soldats ont-ils exhibé le signal de la réddition sans abandonner leurs armes ? Auraient-ils tendu un piège aux maquisards ? C’est ce que déclare un FTP à Bourdelle : (…) on a cru qu’ils voulaient se rendre (…) Ils nous ont balancé des grenades, alors on a tiré dans le tas. » (…)

La Das Reich / 2e SS Panzer Division / Guy Penaud / La Lauze / Perigueux / 2005:

« 8 juin 1944 »

« Enfin, vers 17 heures, les premiers assiégés étaient sortis de l’Ecole normale, tentant de se frayer un chemin. Un groupe de soldats était même apparu, drapeau blanc en tête. » (…)

« Soudain, vers 16 heures, les cadres allemands, sans galons, tentent une sortie en force par la porte de service de l’école donnant sur l’avenue Bournazel. Ils sont une quarantaine, couchés sur la route essayant de progresser vers le « belvédère ». Aucun abri ne les protège et leur feu ne peut nous atteindre. Ils sont cloués sur place par les feux croisés du fusil-mitrailleur tenu par le F.T.P. Jacques et de nos tireurs à la mitraillette surplombant d’une dizaine de mètres cette avenue… »

« Tout à coup nous apercevons un grand drapeau blanc, porté par une jeune fille sortant de l’école et se dirigeant vers le portail d’enceinte. »

« Elle est accompagnée de quelques personnes en civil et derrière viennent les soldats allemands, sans armes, mains en l’air. »

« Aussitôt tous nos cadres crient : « cessez le feu ». Mais ces commandements dominés par le bruit de l’incendie et dans une excitation bien compréhensible, ne s’exécutent pas immédiatement partout. Bon nombre d’assaillants postés à l’opposé de nous ne peuvent voir la scène et ne cesseront le feu que lorsque les liaisons dépêchées immédiatement seront arrivées à eux. (…)

**********************************

« Aussitôt tous nos cadres crient : « cessez le feu ». Mais… »

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | November 17, 2018

Kadhafi: mort accidentelle

Kadhafi : mort accidentelle

Grüß Gott !

Le chef libyen, cible non visée, bombardé par hasard, est renversé accidentellement.

La vérité sur notre guerre en Libye / Jean-Christophe Notin / Fayard / 2012:

„ La suggestion revient chaque fois plus vite avec les semaines de combat qui s’accumulent : et pourquoi ne pas tout accélérer en tuant Kadhafi ? (…) Les Britanniques n’ont jamais fait mystère de leur tentation de l’éliminer. Mais Nicolas Sarkozy ne varie pas non plus. Selon son proche entourage, il n’a de cesse de répéter : „ Kadhafi n’est pas une de nos cibles. Nous ne le viserons pas personnellement. Je ne suis pas un assassin. “ L’amiral Rogel, sous-chef opérations, le confirme : „ Nous n’avons jamais fait des Kadhafi des cibles ; même si, par exemple, nous avons eu des preuves que les fils commandaient au front.“ (…)

„ Nous avons joué franc jeu ” explique XE, en affirmant que, à cette heure-là, nous ne pouvions confirmer la présence d’un VIP et que donc cela ne pouvait être notre motivation à frapper ce convoi. La raison était que celui-ci était armé et représentait un danger manifeste pour les populations civiles.“ (…) toutes les chaines de télévision diffusent les videos prises par les rebelles montrant Kadhafi suffisamment alerte pour marcher, puis d’autres où il est inanimé. La preuve par l’image que, certes l’OTAN a bombardé son convoi, mais qu’elle n’est pas l’auteur de sa mort. “ (…)

„ Le convoi se prépare dans la nuit, sous les yeux de l’OTAN: „On a vu converger, relate le général Tesnière, un tas de vehicules qui jusqu’alors se cachaient dans des garages, des écoles, etc.““ (…)

„ Le Predator largue un missile Hellfire au milieu du convoi pour le disloquer. Trois voitures sont détruites. Une partie s’oriente vers le nord, l’autre continue vers le sud-ouest, mais se rendant compte qu’elle se dirige droit dans un guêpier, elle fait halte et ses véhicules forment un cercle, comme autrefois les pionniers de l’Ouest assaillis par les Peaux-Rouges. Selon le général Dhao, des échanges de tirs nourris auraient alors eu lieu ; de son côté, craignant que les occupants ne réussissent à prendre la fuite, l’OTAN, un quart d’heure après le drone, ordonne une frappe au centre. Or les véhicules, garés très près l’un de l’autre, sont remplis à ras bord d’essence et de munitions : 11 sont endommagés par une seule bombe de 250 kilos. “

„ Les Français sont particulièrement au fait du déroulement des derniers instants pour en avoir été à la fois les observateurs et les acteurs. Après avoir fait feu, le Prédator a en effet laissé la place au drone Harfang qui a filmé la seconde frappe, permettant ainsi de vérifier la conformité aux règles d’engagement : l’appareil a visé des véhicules armés, manifestement kadhafistes, puisqu’ils ferraillaient avec des troupes du CNT ; ils auraient même attendu que les passagers s’éloignent après avoir fait halte pour déclencher sa bombe. Mais le commandant français dispose de personnels encore plus impliqués puisque l’auteur de la dernière frappe est un pilote de l’escadron 3/3 Ardennes, escorté par un Mirage F1. L’Histoire est joueuse, qui aura donc voulu que la France ait délivré en Libye la première et la dernière bombe, et à chaque fois avec un Mirage 2000-D. D’autres, plus rationnels, n’y verront que le résultat du hasard, voire de la banalité puisque les Français patrouillaient vingt-quatre heures sur vingt-quatre depuis des jours au-dessus de Syrte.“

„ Le film du drone s’avère en tout cas des plus utiles pour répondre à la première question qui agite les rédactions mais aussi les états-majors, jusqu’au plus haut niveau : l’OTAN savait-elle que Kadhafi se trouvait dans le convoi ? “ (…)

„ Derrière l’interrogation sur la présence connue ou non du colonel, se cache celle, plus compromettante, de la volonté de le tuer. Un convoi si dense quittant le dernier réduit de Syrte toutes armes sorties : de Paris à Naples, en passant par Poggio, tout le monde pouvait parier sans risque sur l’implication du colonel ou de Mouatassim. “ (…)

„ Le général Tesnière, adjoint au commandant des opérations aériennes à Poggio, le confirme : „ Nous ne savions pas que Kadhafi se trouvait dedans.““ (…)

„ En l’occurence, Kadhafi n’est pas tombé par la faute d’une coalition qui ignorait sa présence, mais parce que le sort a voulu que son convoi se dirige vers le pire endroit pour lui, un barrage tenu par les combattants de Misrata qui ont vengé les mois infernaux qu’il avait infligés aux leurs.“ (…)

Eclipse sur l’Afrique / Fallait-il tuer Kadhafi / Jean Ping / Michalon / 2014:

„Après moult hésitations, Kadhafi donne finalement l’ordre de mettre le cap au sud en direction de Sabha en passant par Wadi Aljarif (son vrai village natal) et Bani Walid, toujours aux mains de ses partisans. Mais le convoi, visiblement en fuite, est aussitôt intercepté et attaqué par un Mirage 2000 puis stoppé net et „pulvérisé“ par un drone. Ce n’est quasiment plus qu’un amas de ferrailles et de corps calcinés. (…) Kadhafi est atrocement battu et finalement tué, comme à l’accoutumé, “d’une balle dans la tête“.“ (…)

„ Et puis on découvrit, au fur et à mesure de son déroulement, que la „guerre humanitaire“, présentée sous les bons et nobles sentiments du nouveau principe adopté en 2005 de la „responsabilité de protéger“ n’était, en réalité, qu’une ruse (la ruse nietzschéenne ) et apparaissait plutôt comme une simple politique de puissance classique visant à renverser un régime et à assassiner un chef d’Etat étranger avec, cette fois-ci, le feu vert de L’ONU.“ (…)

„ Bref, ce fameux samedi 19 mars 2011, les premiers chapelets de bombes „humanitaires“ et „intelligentes“ sont lâchés sur la Libye avec des frappes dites „chirurgicales“ qui savent parfaitement discerner, sans la moindre bavure, les bons Libyens des mauvais, les civils des militaires, les enfants des adultes, les femmes des hommes, les islamistes radicaux et terroristes des démocrates, etc.“ (…)

„ 21 août 2011. Kadhafi est déja en fuite. Il se dirige vers Syrte en passant par les bastions encore loyalistes de Turhuna et Bani Walid sous l’escorte de son fils Muatassim et du général Mansour Daw. Conscient de sa chute, raconte le général Daw, „ il (Kadhafi) attendait la mort et ne passait plus son temps qu’à lire le Coran.“ (…)

„ 20 octobre 2011. Nouvelle tentative de fuite. Mais il est capturé et liquidé sans jugement non loin de Wadi Aljarif, l’endroit même où il naquit 69 ans auparavant, et où il souhaitait aussi se faire inhumer. “ (…)

Les tueurs de la République / Vincent Nouzille / Fayard / 2015:

„ 20 octobre 2011, 8h30. Un mirage 2000-D français plonge sur un convoi de plusieurs dizaines de véhicules arrêtés au bord d’une route à la sortie sud de Syrte, sur la côte libyenne. La cible a été désignée au pilote par les états-majors de l’OTAN. Un drone américain a donné l’alerte. A l’intérieur d’une des voitures se trouve Mouammar Kadhafi, l’ancien guide libyen, qui depuis la chute de Tripoli, fin août, se cache dans sa ville natale avec une poignée de fidèles.“ (…)

„ L’avion de chasse français, qui patrouillait au-dessus de syrte avec un Mirage F1CR de reconnaissance, ne tarde pas à arriver sur les lieux. Il largue deux bombes de deux cent cinquante kilos chacune guidées par laser GBU-12. L’une d’elles pulvérise le convoi.“

„ Les ravages sont énormes : la plupart des voitures qui transportaient des munitions et des bidons d’essence, prennent feu. Le Mirage 2000-D a rempli sa mission. Il quitte les lieux. On dénombrera sur le site plus d’une cinquantaine de cadavres, dont vingt-huit totalemant carbonisés.“

„ Le chasseur français a largué des bombes surpuissantes. L’intention meurtrière de la frappe ne fait pas de doute. Sans l’avouer publiquement, la France et ses alliés de l’OTAN mènent bien une guerre clandestine visant à éliminer l’ex-dictateur libyen et ses proches. Mais Kadhafi en réchappe miraculeusement.“ (…)

„ Des écoutes téléphoniques auraient permis de le localiser. Discrétement déployés, des commandos de forces spéciales américaines et françaises apportaient leur aide aux rebelles. L’objectif était de traquer l’ex-dictateur et ses proches. „ Il n’y a pas eu de consigne formelle donnée par Sarkozy pour l’éliminer, confie un expert militaire fin connaisseur des opérations spéciales. Mais peut-être que tout le monde s’est compris.“ Un proche de l’ancien leader libyen avance sa version de l’issue finale : „ Les Américains et les Francais l’ont trouvé grâce au téléphone. Ils lui ont fait miroiter qu’il pourrait quitter Syrte indemne. Ils l’ont piégé.“ (…)

„ Selon le Canard enchaîné, dans l’après-midi du 19 octobre, un responsable du Pentagone a joint l’un de ses correspondants au sein des services secrets français : il lui a indiqué qu’il était impossible de „manquer“ Kadhafi dans son fief de Syrte, et que le laisser en vie serait l’équivalent d’une „bombe atomique“, vu les foucades dont il était capable et les secrets qu’il détenait. (…)

„ En l’absence de preuves formelles, il est difficile d’affirmer que l’OTAN savait que Kadhafi était dans le convoi quand elle a déclanché ses raids aériens. Mais visiblement alertée, la flotte des drones et des avions de chasse veillait non loin de là. Cette sortie matinale d’un convoi surarmé de soixante-quinze voitures pouvait difficilement passer inaperçue. Il était plus que probable que le leader libyen en fuite s’y trouvait. La frappe de l’OTAN n’ayant pas suffi, les miliciens accourus sur place ont, semble-t-il, achevé le dictateur déchu.“ (…)

„ Au-delà de la protection des populations civiles, qui a servi de justification publique pour le déclenchement de l’opération avec un aval de l’ONU, il s’agissait bien de renverser le régime et de liquider le dictateur et ses proches. “ (…)

„ Plusieurs frappes aériennes ont spécifiquement visé les sanctuaires du despote et de sa famille. L’une d’elles, dans la nuit du 30 avril au 1er mai, l’a raté à quelques minutes près, mais a tué l’un de ses fils, Seïf el-Arab, et trois de ses petits-enfants. Un autre de ses fils, Khamis, qui commandait la 32e brigade de l’armée libyenne, est mort lors d’un raid de l’OTAN le 29 août alors qu’il fuyait Tipoli. “ (…)

*********************************************

« Nous ne savions pas que Kadhafi se trouvait dedans. »

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | November 10, 2018

1914-1918: infidélité horizontale

1914-1918 : infidélité horizontale

Grüß Gott !

Les hommes, au front, font la guerre. Les femmes, à l’arrière, font l’amour.

1914-1918 / Combats de femmes / Evelyne Morin-Rotureau / Autrement / 2004:

« La guerre a séparé les sexes et creusé parfois jusqu’à l’incompréhension le fossé entre l’avant et l’arrière, entre les hommes et les femmes. » (…)

« Malgré la censure, leurs lettres disent souvent la nostalgie du foyer, la crainte d’être trompé par les femmes et de perdre l’autorité sur les enfants. Lorsqu’ils viennent en permission ou après la démobilisation, les soldats ne reconnaissent par toujours leurs femmes – leur allure, l’indépendance de leur regard : « Je n’ai pas reconnu ses yeux »… (…) alors que l’après-guerre voit la croissance des divorces à demande masculine. »

Femmes dans la guerre / 1914-1945 / Carol Mann / Pygmalion / 2010:

« Pour les autorités militaires, les sentiments ont la réputation de freiner l’ardeur au combat. L’accès libre à la sexualité brute doit servir à faire oublier aux soldats les relations avec leurs épouses et leurs fiancées et affaiblir tout tentation homosexuelle. Et pourtant, l’infidélité conjugale potentielle obsède les soldats qui se jurent de revenir au foyer sans prévenir afin de les surprendre. »

Carnets de guerre / 1914-1918 / Edouard Coeurdevey / Un témoin lucide / Terre humaine / Pocket / Plon / 2008:

« Petit à petit on glisse à la question à l’ordre du jour, à celles des permissions ; et à celles qui s’y rattachent : les femmes infidèles. Celles-ci sont légion. « Ah elles s’en payent, dans ces pays-ci où il y a de la troupe. Jamais on n’aurait cru ça de tas de jeunes femmes. Les filles, ma foi, sont excusables de chercher à s’amuser, mais les femmes mariées ! C’est elles les plus enragées. Ce sera du beau quand les hommes reviendront. » Et comme la vieille a l’humeur joyeuse, elle ajoute : « Il y aura de tout dans le pays : des petits dragons, des petits Arabes, des nègrillons et des Anglais. »

« Et c’est à Saintines, ici, à côté, qu’il est arrivé une drôle d’histoire à une jeune femme. Elle était courtisée par un dragon pendant que son mari est au front. Mais le dragon dût s’en aller, appelé ailleurs. Pourtant l’amour continuait, puisqu’un jour elle devait envoyer un billet de cent francs à son cavalier, pendant que d’autre part elle écrivait à son mari qu’elle ne pouvait rien lui envoyer. Seulement la maladroite a simplement fait le confusion des deux enveloppes. Elle a glissé dans l’enveloppe du mari la lettre et le billet destinés au dragon… Celui-là n’avait pas besoin de rentrer pour être fixer. » (…)

« A Verberie un brave artilleur père de famille obtient, parmi les premiers, une permission. Il y avait un an qu’il était parti, laissant avec sa femme une fillette de deux ans. Maintenant elle en à trois, et c’est un petit diable à la langue bien pendue. Le père arrive un soir au crépuscule, le coeur gonflé de la joie d’apporter une douce surprise. Il trouve la petite devant la porte. Il l’embrasse. Elle ne le reconnait pas. »

« – Tu ne connais pas ton papa-soldat ? »

« – Cest toi mon papa-soldat ? »

« – Mais oui, mon petit »

« – C’est drôle, tu es habillé tout comme mon autre papa ! »

« – ??? Ton autre papa ? tu as un autre papa ? »

« – Mais oui, celui qui vient tous les soirs. »

« – Tu as un papa qui vient tous les soirs ? et qu’est qu’il vient faire ? »

« – Pardi, il vient se coucher un moment avec la maman, et pis il s’en va. »

« Le malheureux comprit. Un des artilleurs en cantonnement au village l’avait remplacé. Pâle comme un mort, il prit la petite dans ses bras, la serra de toutes ses forces, et lui dit : « Adieu, ma pauvre petite. Tu ne reverras jamais ton papa. » Et sans renter chez lui, sans un mot, sans une explication avec l’infidèle, il tourna le dos à sa porte et s’enfonça dans la nuit, vers la gare, vers le front. » (…)

« Le sergent Petit est rentré lui, ce matin, heureux d’avoir revu les siens, dans sa maison. A Besançon il y a les mêmes scènes. Il m’a rapporté le récit d’un homme de Beure qui, ayant retrouvé sa place prise, a tué sa femme d’un coup de hache. » (…)

« Autre chose édifiante dans un autre ordre d’idées. Un artilleur est venu en permission de quatre jours à Givry, au titre exceptionnel : originaire des localités reconquises. Il apporte sa permission au bureau. Physionomie sympathique. Je l’ai fait causer. Je cite son nom à table, et cela déclenche un récit de notre hôtesse sur la femme de l’artilleur et le vaguemestre de la Kolonne 4. La jeune femme, une jolie blonde a eu, en deux ans, deux petits Boches. « Le premier ç’a été peut-être un peu forcé », mais après ça s’était bien arrangé. C’est le vaguemestre qui délivrait les laisser-passer, il les portait toujours au domicile de la belle blonde. Les deux enfants sont morts chacun au bout de trois mois. D’ailleurs, dit l’hôtesse, il n’y a guère que les maladroites qui avaient des enfants boches. Il en est beaucoup plus mort qu’il n’en est né. Il y avait ici une faiseuse d’anges qui ne manquait pas d’ouvrage. Elle est encore là. Et vous pouvez être sûr qu’il ne naîtra pas plus de Français qu’il n’est né de Boches… Elle cite les jeunes filles de bonne famille… une héritière, une institutrice, etc., du pays ou des environs, qui se sont données à des Boches, qui ont eu des enfants – sans viol – des envahisseurs… » (…)

Voyage au bout de la nuit / Louis-Ferdinand Céline / Folio / 1932:

„ Pour être bien vus et considérés, il a fallu se dépêcher dare-dare de devenir bien copains avec les civils parce qu’eux, à l’arrière, ils devenaient à mesure que la guerre avançait, de plus en plus vicieux. Tout de suite j’ai compris ça en rentrant à Paris et aussi que leurs femmes avaient le feu au derrière, et les vieux des gueules grandes comme ça, et les mains partout, aux culs, aux poches.“

„ On héritait des combattants à l’arrière, on avait vite appris la gloire et les bonnes façons de la supporter courageusement et sans douleur. “ (…)

„ Pendant des funérailles soignées on est bien tristes aussi, mais on pense quand même à l’héritage, aux vacances prochaines, à la veuve qui est mignonne, et qui a du tempérament, dit-on, et à vivre encore, soi-même, par contraste, bien longtemps, à ne crever jamais peut être… Qui sait ? “

Le poids de la guerre / Les poilus et leurs familles après 1918 / Dominique Fouchard / Rennes / 2013:

« Pour les hommes, ce sentiment d’incompréhension, lié à l’éloignement, à la crainte que leur absence soit comblée et qu’au bout du compte on s’en accommode, se manifeste parfois par une jalousie terrible et douloureuse, qui traduit la peur d’être oublié, de perdre la place, et la frustration sexuelle qu’impose le front, frustration d’autant plus forte que la relation amoureuse, nous l’avons vu, prend une place absolument majeure dans le quotidien de soldats en leur offrant un raison de tenir, en leur permettant de s’imaginer un avenir et en leur donnant le sentiment qu’ils maîtrisent encore, même à distance, leur rôle d’amant, de mari, de père. Cette jalousie prend parfois un caractère obsessionnel et la peur de l’infidélité féminine… »

« Un permissionnaire:

« J’ai trouvé tout changé chez moi (…) : les gens et les choses. Ma femme semblait embarrassée, gênée de ma présence ; mes enfants me regardaient drôlement, comme un étranger (…) ma femme m’hypnotisait. Elle m’avait trompé pendant mon absence. »

« La suspicion qui pèse sur la fidélité des femmes durant le conflit n’est donc pas atténuée par le retour au foyer car les changements qui s’y sont opérés, la personnalité qu’un certain nombre de femmes se sont découvertes, alimentent en interrogeant la place et le rôle de l’homme dans le cercle familial. »

Divorces:

année 1913   Demandes faites par la femme : 12.351

année 1913   Demandes faites par l’homme :   9.232

année 1919   Demandes faites par la femme :  9.588

année 1919   Demandes faites par l’homme :  15.037

« Avant la guerre et de 1922 à 1938 (…) la demande des divorces est formulée majoritairement par les femmes qui en sont majoritairement les bénéficiaires. C’est exactement l’inverse qui prévaut pendant les années 1919 à 1921, années durant lesquelles ce sont alors les hommes qui sont les plus nombreux à réclamer le divorce et à l’obtenir en leur faveur. En 1920, date à laquelle le nombre de divorces est le plus fort, celui-ci est prononcé dans 56% des cas au profit du mari. Et lorsqu’on ajoute à ce constat l’analyse des motifs qui ont conduit à la demande, on observe que, si la majorité de celles-ci demeure motivée par la première catégorie (excès, sévices ou injures graves), la proportion des demandes motivées par le soupçon d’adultère est en très forte augmentation, jusqu’à atteindre par exemple en 1920, 27% des demandes. »

« Les données chiffrées semblent donc bien confirmer la persistance après le conflit de l’angoisse masculine d’avoir été ou d’être trompé, le sentiment d’humiliation qui découle et le soutien par les instances judiciaires qui sanctionnent fermement un comportement féminin jugé d’autant plus inacceptable qu’il blesse les héros qui ont souvé la patrie… (…) »

*********************************

« un comportement féminin … »

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | November 5, 2018

Reichshoffen: la retraite

Reichshoffen : la retraite

Grüß Gott !

Les cavaliers français, en l’an 1870, galopent vers Berlin, s’arrêtent à Metz, et retournent à Paris.

La journée de Reichshoffen / Eugène de Monzie / Editions Palme / Paris / 1876:

„ La France semblait autorisée à croire qu’elle était redevenue la grande nation.“ (…)

„ Tandis que, dans les rues de Paris, la foule imbécile, surexcitée par des articles de journaux, comme par l’alcool d’un liquide frelaté, criait : „ A Berlin ! à Berlin ! “ (…)

„ La situation était critique, mais non désespérée. Le plan de l’Empereur était tellement rationnel, tellement juste, il s’adaptait si bien aux conjonctures, qu’en modifiant son caractère offensif…“ (…)

„ L’avantage remporté par les Allemands à Wissembourg, leur avait ouvert l’entrée du Rhin et la route directe sur Strasbourg. “

„ Après cet échec… (…) On entre à six heures du soir dans Haguenau, où l’on recueille de la bouche des premiers fuyards, accourus jusque-là, les détails de la défaite du matin.“ (…)

„ Grâce à l’heureuse intervention de notre cavalerie, et au mouvement rétrograde qu’elle avait partout imprimé à la vingt-deuxième division prussienne, nos soldats avaient pu regagner le terrain promptement déblayé, et reprendre leur ligne primitive d’opération. Mais…“ (…)

„ Après une lutte indécise et plusieurs retours offensifs de part et d’autre, l’infanterie française est dans la nécessité de lâcher prise, et l’édifice hâtif et encore assez mal affermi de nos combinaisons défensives s’écroule de toutes parts sous l’énorme poids qui l’écrase.“ (…)

„ Malgré la redoutable efficacité de nos mitrailleuses, malgré l’emploi bien dirigé de nos autres ressources d’artillerie, le nombre l’emporte, les progrès de l’ennemi s’accentuent, et notre ligne fléchit partout ; l’aile droite française toute entière est refoulée dans le bois appelé le Niederwald, la division Conseil-Dumesnil à l’ouest, du côté d’Eberbach, et la divison de Lartigue à l’est, dans la partie du bois qui longe et domine la vallée de la Sauer. Avant de se résigner à ce commencement de retraite, c’est l’ennemi lui-même qui l’a reconnu, nos troupes résistèrent à toute extrémité ; „ elles ne se replièrent dans l’intérieur du Niederwald qu’au moment où l’assaillant n’était plus qu’à cinquante pas de la lisière de la forêt.““ (…)

„ L’intervention de notre cavalerie de réserve a échoué ; mais un autre rôle lui reste encore, et, si elle n’a pas pas pu changer la fortune, elle assurera du moins le salut de l’armée, en gagnant sur l’ennemi le temps necessaire pour qu’elle prépare sa retraite désormais inévitable.“ (…)

„ Cependant il n’avait pas fallu moins d’une demi-heure à l’artillerie et à l’infanterie prussienne pour avoir raison des deux derniers régiments ; leur résistance, ou plutôt cette sanglante consommation d’hommes avait assez duré pour doner le temps à nos troupes de l’aile droite c’est-à-dire au débris des divisions Lartigue et Conseil-Dumesnil, de se replier sans précipitation sur le village de Froeschwiller, leur dernier point d’appui, et de commencer une retraite dont toutes les voies demeuraient libres, malgré les efforts et les manoeuvres de l’ennemi pour nous la couper.“

„ Pendant ce premier mouvement rétrograde, il y eut des officiers, passionnés amis de leur art, qui s’arrêtèrent en gravissant les hauteurs, oubliant la gravité du péril, pour contempler les dernières péripéties du spectacle guerrier se déroulant dans la plaine, et accorder un dernier regard d’admiration et de sympathie à ces braves, dont le dévouement et la mort assuraient leur propre salut.“ (…)

„ Aussitôt que Mac-Mahon avait appris l’insuccès de l’offensive tentée par ses cuirassiers, il s’était dit qu’il n’y avait plus d’autre parti à prendre que celui de la retraite; (…) et que l’urgence de la retraite devenait à chaque instant plus extrême.“ (…)

„ La retraite devait s’effectuer par la grande route de Froeschwiller à Reichshoffen, puis de là par Niederbronn sur Saverne, point final de repos et de ralliement.“ (…)

„ Elles ne se retirèrent pas cependant sans être d’abord vivement inquiétées.“ (…)

„ Il n’y avait plus à prolonger le combat ; ce qu’il faut admirer, c’est que la poignée d’hommes dont ce composait le corps du maréchal de Mac Mahon, malgre sa surprise réitérée de voir l’ennemi non seulement se refaire de ses pertes, mais offrir à chaque instant critique, le spectacle d’un surcroit inépuisable de renforts, ait pu se dérober à sa poursuite, à son immense et irrésistible étreinte.“ (…)

„ Tandis que les divisions Lartige et Conseil-Dumesnil, fortement éprouvées par une lutte de douze heures, ramassent leurs débris épars, et filent à travers bois vers la grande route de Reichshoffen.“ (…)

„ Grâce à cette opportune et habile manoeuvre, notre aile droite ne laissa aux mains du vainqueur ni trophées, ni bagages, ni matériel d’aucune sorte, ni prisonniers ; ou du moins, s’il y en eut, ce fut en très-petit nombre .“ (…)

„ La résistance de la brigade Lefevre aurait peut-être duré plus longtemps, si l’attaque combinée de l’ennemi n’avait rendu la position absolument intenable et, (…) obligé ces troupes à faire retraite en bloc par la route de Reichshoffen.“ (…)

„ Une situation pourtant désespérée semble empirer encore : ces débris de nos régiments à qui leur concentration utile et nécessaire pour la défense, devient funeste pour la retraite, veulent se préciter pêle-mêle sur la route de Reichshoffen, déjà obstruée par les troupes de notre aile droite qui les y précèdent.“ (…)

„ Le centre de l’armée française, enfoncé et rompu, et les Prussiens déjà maîtres de la plus grande partie du champ de bataille,…“ (…)

„ Cette retraite de notre aile gauche fut une retraite de lions, mais de lions qui, jusque dans leurs bonds impétueux et dans leurs fières saillies, demeurent assujettis à une forte discipline. (…) La division Ducrot, même en reculant, conserve son entrain et sa tenue, et, par un effort qui caractérise l’excellent esprit de ses troupes, transforme sa défensive en une attaque continuelle.“ (…)

„ les régiments de la division Ducrot se séparent en laissant sur ce point leur arrière-garde, et au moyen d’une dispersion qui a pour motif, non le découragement mais le bon ordre, ils se replient, les uns par les chemins qui passent à travers bois, les autres par la grande route….“ (…)

„ Ainsi, ses ordres donnés pour la retraite, le duc de Magenta surveille en personne leur exécution,…“ (…)

„ si le deuxième corps, aux ordres de général Hartman, eut été conduit par un chef plus habile, (…) peut-on douter que, tombant sur notre flanc ou, mieux encore, sur nos derrières par la route de Neehwiller, il nous eût coupé la retraite, et qu’il n’eût obligé la plus grande partie de l’armée française à mettre bas les armes.“

„ La Providence, ce jour-là, même dans ses rigueurs, nous fut clémente en nous opposant un général négligent ou incapable, qui ne sut pas prendre tous les avantages qui lui étaient offerts.“ (…)

„ Le général de Lespart resta trois heures sur ses positions, et il ne les quitta qu’à la nuit close, lorsque l’obscurité assura à nos derniers bataillons la sécurité de leur retraite. “ (…)

„ Ainsi l’on voit, par ces diverses raisons, cette armée triomphante, à qui il était si facile de pousser à bout cette victoire, tout à coup s’arrêter comme saisie d’une invincible torpeur, et la main de Dieu, toujours miséricordieuse et paternelle, même quand elle châtie, s’étendre sur ces flots soulevés et dire à cette mère en furie : „ Tu n’iras pas plus loin !“ (…)

„ La retraite s’effectua sans désordre ; il y eut seulement cet inévitable pêle-mêle d’hommes de diverses armes et de divers régiments, qui résulte fatalement des circonstances et des hasards de la lutte.“ (…)

„ La colonne de retraite entra dans Saverne vers huit heures du matin… (…) Cette retraite de l’armée vers la Champagne fut longue (…) et le départ s’effectua avec une précipitation si grande…“ (…)

„ Mac Mahon ne ramenait avec lui guère plus de vingt-cinq mille hommes (…) c’était donc environ douze ou treize mille hommes que nous avaient coûtés les journées de Wissembourg et Reichsoffen ! “ (…)

„ L’Empereur, immédiatement après son arrivée, reçut le maréchal. Il y avait juste un mois qu’ils ne s’étaient vus depuis le jour où, à Paris, dans le tête-à-tête, il lui avait fait part des combinaisons projetées, qui devaient vraisemblablement nous ouvrir la route de l’Allemagne.“ (…)

„ Que de tristes évènements survenus depuis lors, auxquels on était loin de s’attendre ! Et comme les choses avaient tourné tout autrement qu’on ne pensait ! L’armée française refoulée sur ses deux ailes, après deux batailles perdues le même jour ; l’ennemi couvrant de ses nombreuse armées la plus grande partie de l’Alsace et de la Lorraine…“ (…)

„ Il y a peu de victoires après lesquelles on ait distribué plus de médailles et de croix d’honneur qu’après la défaite de Reichshoffen ; mais on conviendra que jamais aussi elles ne furent mieux placées que sur la poitine de tous ces braves.“

„ Telle fut cette grande action militaire, que l’on a eu raison d’appeler, non moins justement que celle de Waterloo, à la fois glorieuse et funeste.“ (…)

„ Par le gain de cette bataille, les Prussiens devenaient entièrement maîtres de la vallée du Rhin, et se trouvaient en mesure d’investir Strasbourg ; toute l’aile droite de notre armée d’opération était débordée, et obligée de reculer jusqu’en Champagne, peut-être même sous les murs de Paris, pour trouver une solide base de résistance.“

„ Mais l’effet du devoir magnifiquement accompli est si grand, qu’il console de tout, même des revers qu’il n’a pu empêcher, même des crises douloureuses que ces revers préparent.“ (…)

*******************************

„ La France semblait autorisée à croire… ”

Claire GRUBE

Older Posts »

Categories