Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | May 7, 2018

La langue gauloise: débris

La langue gauloise : débris

Grüß Gott !

La langue gauloise, orale et rurale, est en petite partie à l’origine du français.

Vikidia.org / Encyclopédie des 8-13 ans / Gaulois / Langue / Internet:

« Le gaulois est une langue qu’on parlait en Gaule (territoire correspondant un peu près à l’actuelle France). Elle était parlée par les Gaulois, qui faisaient partie pour la plupart des peuples Celtes. C’est une langue qui est en petite partie à l’origine du français. » (…)

« Après l’invasion de la Gaule par les Romains, le gaulois disparait peu à peu jusqu’à s’éteindre au Ve siècle. Il donnera certains mots au latin de Gaule puis au français. Plus de 300 mots français viennent du gaulois, par exemple : alouette, bijou, bouleau, bruyère, galant, fol. »

Wikipedia.org / Gaulois / Langue / Internet:

« Le gaulois est considéré comme éteint depuis le Ve siècle, mais de nombreux mots subsistent dans certaines langues d’Europe et surtout dans la toponymie. » (…)

« Alors que le latin est la langue de l’élite romaine ou romanisée, et la langue littéraire, juridique et administrative de la Gaule, le gaulois, de tradition orale puisqu’il ne s’écrivait pas ou peu, continue d’avoir une fonction de langue d’échange jusqu’au IIIe siècle dans les centres urbains qui ont connu un essor rapide sous les Romains et encore postérieurement comme langue quotidienne dans les milieux ruraux, notamment ceux éloignés des grands centres de romanisation que sont les villes et la Méditerranée. On ignore jusqu’à quel point la langue gauloise a pu influencer le français. Son apport lexical se réduirait à une centaine de mots courants, dont une partie proviendrait d’emprunts du latin au gaulois. Il se manifeste surtout par des mots attachés au terroir (tels que char/charrue, arpent, auvent, bâche, béret, borne, alouette, bruyère, bouleau, chêne, if, druide, chemin, suie, caillou, galet, marne, mégot, soc, etc.), aux produits qui intéressent peu le commerce romain (tels que ruche, mouton, crème, raie, tanche, vandoise, tonneau, jarret, etc.) ou aux toponymes. »

La langue gauloise / Grammaire, textes et glossaire / Georges Dottin / Paris / 1918:

« Issue de l’idée que la romanisation de la Gaule avait dû pourtant laissé subsister, à côté de la langue officielle, les parlers populaires, et que ces parlers, lorsque l’enseignement des écoles romaines fut en décadence, étouffèrent de leur floraison vigoureuse le latin classique, idée raisonnable et juste pour une petite part, la théorie des partisans de l’origine gauloise du français ne pouvait s’appuyer sur des faits suffisamment nombreux qu’en attribuant au gaulois tous les mots et toutes les formes françaises que le latin n’explique point. » (…)

« Les écrivains de Gaule, comme Ausone de Bordeaux et Fortunat évêque de Poitiers, qui ont pu connaître directement le gaulois, n’y font guère d’allusions dans leurs ouvrages. Virgile le grammairien, de Toulouse, ne nous a guère laissé plus de deux mots gaulois. Marcellus de Bordeaux, outre une douzaine de noms de plantes… » (…)

« L’origine de ces mots n’est pas également certaine ; indépendamment des erreurs d’attribution et de transcription inexactes, 150 environ sont expressément donnés comme gaulois par les auteurs anciens ; environ 40 sont vraisemblablement donnés comme gaulois ; on a de bonnes raisons pour assigner une origine gauloise à une vingtaine d’autres mots. » (…)

« Les druides gaulois, dans les comptes publics et privés, se servaient de lettres grecques. (…) Mais le druide Diviciacus ne savait pas le grec, puis qu’il ne peut s’entretenir avec César sans l’aider d’un interprète. » (…)

« Il faut donc seulement conclure que le premier alphabet des Gaulois fut l’alphabet grec et que c’est par les Grecs de Marseille que la connaissance de l’alphabet s’était répandue en Gaule. » (…)

« Comme nous l’avons vu, les inscriptions gauloises sur pierre sont écrites soi dans l’alphabet grec, soit dans l’alphabet latin. » (…) Sur les monnaies gauloises, les caractères grecs furent employés jusqu’à la fin de l’indépendance. » (…)

« On a trouvé en Gaule plus de dix mille inscriptions latines, dont plus de six mille en Narbonnaise, sans compter les marques de fabrique qui sont innombrables. Les inscriptions gauloises jusqu’ici découvertes ne sont au nombre que d’une soixantaine. Le latin submergea donc le gaulois, qui déclina de jour en jour et finit par disparaître presque complètement. » (…)

« Dès 21, des jeunes gens appartenant aux plus nobles familles gauloises étaient réunis dans l’école romaine d’Autun pour y faire leurs études. Au temps de Strabon, la plupart des Cavares de Gaule avaient appris le latin. » (…)

« Le système de dénomination des personnes ayant été complètement renouvelé en Gaule après la conquête romaine et l’introduction du christianisme, iI est impossible de trouver dans les noms français de personnes des traces de gaulois. »

« Les misérables restes de conjugaison que l’on trouve dans les textes gaulois ne permettent pas de dresser un tableau comparé du vieux-celtique et de la conjugaison gauloise. » (…)

« Si l’on met à part le Glossaire gaulois de Vienne, le premier recueil des mots gaulois conservé par les Anciens fut composé par l’historien Camdel (1586) ; il contient une cinquantaine de mots. » (…)

« L’ouvrage de Cluvier sur la Germanie ancienne offre un chapitre consacré à l’étude d’une trentaine de mots gaulois. Bochart, dans un chapitre de sa Géographie sacrée, relève environ quatre-vingts mots gaulois. Boxhorn a donné dans son livre sur les origines gauloises une étude sur le gaulois où il donne l’étymologie galloise et hébraïque d’environ 80 mots. » (…)

« Le premier recueil de mots gaulois conservés par les Anciens fut composé par l’historien Camden (1586) ; il contient une cinquantaine de mots. » (…)

« Les débris de la langue gauloise qui sont parvenus jusqu’à nous se répartissent sur plusieurs siècles. » (…)

Franceinter.fr / Culture / Plus d’arabe que de gaulois dans la langue française / Jean Pruvost / Internet:

„ – En fait, les Français parlent arabe ? “

« Oui, ils parlent arabe beaucoup plus que gaulois… Le gaulois, c’est à peine un centaine de mots. Pour l’arabe, on est à 500 mots et même davantage si l’on compte les mots savants du côté de la faune et la flore. Un enfant qui part faire de l’algèbre et de la chimie dans son collège est dans le monde arabe. »

L’école des cadavres / Louis-Ferdinand Céline / Paris / 1938:

« Nous disparaîtrons corps et âme de ce territoire comme les Gaulois, ces fols héros, nos grands dubonnards aïeux en futilité, les pires cocus du christianisme. Ils nous ont pas laissé vingt mots de leur propre langue. De nous, si le mot « merde » subsiste, ça sera bien joli. »

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« en petite partie »

Claire GRUBE

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Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | April 27, 2018

Glières: ravitaillement

Glières : ravitaillement

Grüß Gott !

Les maquisards français, assoiffés et affamés, quittent le plateau, pour se ravitailler.

Monuments aux Glières / Pierre Golliet / La Haute-Savoie / Cahiers des mais / 1994:

« En février, l’évacuation de ce matériel vers les « sédentaires » de la région n’aurait pas été beaucoup plus difficile que l’acheminement du ravitaillement en sens inverse, tel que le lieutenant Bastian avait pu l’assurer avec l’aide de gens du pays, réussissant ainsi à nourrir normalement pendant plus de six semaines un bataillon de jeunes gens dont la vie au grand air aiguisait l’appétit. Mais peu à peu le blocus du Plateau s’était resséré. »

Glières / Mars 1944 / Michel Germain / Siloe / 1994:

« Le ravitaillement nous l’avons vu est un problème préoccupant. » (…)

« Pour Bastian, le problème du ravitaillement se pose avec une acuité grandissante. »

« A partir du 18 mars, le blocus fait par les forces de l’ordre empêche un ravitaillement important, en tout cas à la mesure des nécessités, et les rations alimentaires s’épuisent. »

« Un gars se souvient. « Mais le froid très rude, la faim, l’inquiétude ne sont rien en comparaison de la soif. Cette soif est insatiable. Manger de la neige glace la bouche. Pour se désaltérer, on remplit le quart de neige que l’on chauffe avec une bougie. Bientôt, il n’y a plus de bougie. Il faut chercher l’eau, sans se faire repérer, cent cinquante mètres plus bas. »

Le bataillon des Glières / Claude Antoine / Cabédita / 1998:

« Bayart à Navan – Message du 21 mars » :

«« Ravitaillement. – Un effort sérieux est à faire de bas en haut pour nous faire monter en particulier farine, légumes secs, sucre, riz, – on peut encore faire monter soit par N. D. des Neiges, soit par Uzillon. Il y a bien entendu des précautions à prendre mais je vous demande de pousser au maximum à la roue… »»

« Parachutages. Je compte sur vous pour relancer la chose pour que dès que possible nous recevions vivres, munitions, médicaments -Habillement. Je joins d’ailleurs une note à ce sujet vous précisant mes besoins immédiats. » (…)

« Harassés de fatigue par les veilles et les combats, le froid et la faim, certains s’écroulent dans la neige ; il faut les arracher à la torpeur qui les envahit, en les giflant pour les obliger à reprendre leur marche silencieuse d’automates haletants. » (…)

« (…) tous ont connu une épreuve extraordinaire d’endurance avec la faim, le froid, la menace du feu et, pour la plupart la traversée de rivières glacées ainsi que l’immobilité forcée sous les barres rocheuses à l’abri des épicéas. »

Le maquis des Glières / Claude Barbier / Mythe et réalité / Perrin / 2014:

« La question du ravitaillement fut bien évidemment cruciale. Pourtant la littérature n’est guère loquace à ce sujet. On sait peu de chose également sur les « ravitailleurs » qui opéraient les réquisitions et le convoyage des vivres. »

« Pourtant le ravitaillement représente un élément d’autant plus essentiel que le site n’offrait d’autres ressources que « du bois vert, des pommes de terre gelées et quelques vaches ». Pendant pratiquement six semaines (31 janvier-13 mars), vivres, équipement, médicaments et courrier furent acheminés, avec toutefois des difficultés croissantes. »

« Les hommes qui avaient rejoint le Plateau le 31 janvier et dans les jours suivants avaient amenés avec eux tous les vivres qui étaient dans leurs chalets d’origine. Mais la concentration des effectifs modifiait considérablement la donne. Du fait de l’éloignement entre les lieux de production et le lieu final de consommation, il fallait mettre sur pied une organisation efficace capable de collecter puis de convoyer vers Glières. »

« Trouver l’alimentation nécessaire n’était pas mince affaire, dans la mesure où les hommes devaient à la fois éviter de prélever trop souvent l’alimentation aux mêmes sources sous peine de tarissement et se prémunir des investigations menées par les forces du maintien de l’ordre.  »

« Qui plus est, les besoins en vivres s’accroissaient en raison de l’augmentation des effectifs, passés de 200 maquisards environ au début février à plus de 500 vers la mi-mars, GMR prisonniers compris. Pour nourrir convenablement, à raison de trois repas par jour, des hommes dans la force de l’âge, il fallait compter environ une demi-tonne d’approvisionnement quotidien – une mission quasiment impossible. »

« Tout d’abord, en fin d’hiver, nulle production, sauf laitière, ne pouvait remplacer les vivres prélevés : les paysans autour du Plateau voyaient eux-mêmes fondre leur stock de nourriture. Du fait de l’épuisement des ressources locales, il fallait en prélever de plus en plus loin. Or, les routes, surveillées de manière de plus en plus étroite au fur et à mesure que l’on s’approchait du Plateau, étaient devenues dangereuses pour le maquis. »  (…)

« Le resserrement du dispositif policier compliqua l’affaire. En somme, les ravitailleurs avaient de plus en plus de mal à livrer la nourriture alors que le nombre de bouches à nourrir augmentait.

Après la mort du commandant de GMR Lefèbvre, dans la nuit du 9 mars au 10 mars, et l’intensification des contrôles qui en résulta, le ravitaillement devint pratiquement impossible. »

« Le 13 mars, Pierre Bastian, qui était monté pour la cérémonie de sépulture de Théodose Morel, se fixa définitivement à Glières, preuve que plus rien ne pouvait être fait en matière d’approvisionnement. »

« Les parachutages, prévus pour subvenir aux besoins en armes mais non en vivres, n’avaient fourni des aliments que pour une durée de deux à trois jours. Dès le 15-16 mars, la nourriture vint à manquer, et huit jours avant l’ordre de repli, il n’y avait plus de pain. Dans les derniers jours les hommes n’eurent pour se sustenter que des pommes de terre gelées et de la viande de vache. (…) Les bombardements des chalets et donc des vivres qu’ils contenaient compliquaient une situation déjà précaire. »

« De fait, si Glières n’avait pas été attaqué le 26 mars, les hommes auraient sans doute dû redescendre dans la vallée, faute de ravitaillement. »

« Enfin, Paul Lan rapporta que nombre d’hommes furent atteints de coliques du fait de la consommation de pommes de terre gelées : l’état sanitaire des combattants de Glières ne devait pas être brillant à la fin du mois de mars. »

« L’affaiblissement des organismes facilita la tâche des forces répressives qui purent aisément arrêter des hommes affamés, fatigués et pour beaucoup, sans doute, démotivés. C’est également ainsi que peut s’expliquer le départ du Plateau, sans ordre, de plusieurs partisans. »

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« Pourtant la littérature n’est guère loquace à ce sujet. »

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | April 20, 2018

Psychologie: fragilité féminine

Psychologie : fragilité féminine

Grüß Gott !

Deux femmes fragiles, contraintes et forcées, se laissent masser, par un odieux fétichiste.

Leparisien.fr / Faits divers / Eva Loubrieux / Video / 2011 / 2014 / Internet:

« Harcèlement sexuel pendant plus de deux ans et demi, harcèlement moral, abus de pouvoir. » (…)

«  J’étais très gênée, et en même temps, euh, tout le discours par rapport à mes compétences, par rapport à ma mise en avant, euh, le côté très séducteur, euh, je ne pouvais que, que,… être très troublée. Et pis les choses ont, ont, ont vite, euh, dégénérées. Des pieds, les choses ont évoluées. Et pis ensuite, c’était en lieu clos, euh, dans son bureau, euh, où il fermait la porte à clé, et la recherche du « qi » entre les seins, euh, ça me semblait étrange. Il a quitté au fur et à mesure mes pieds, euh, pour, euh, ensuite en venir à des choses beaucoup plus intimes, sans jamais, euh, en venir à un acte, euh, on va dire, euh, de pénétration. »

« – A quel moment, justement, vous êtes passée de cet état où la séduction qu’il vous renvoyait vous faisait un peu de bien, à…  mais ! qu’est-ce que cet homme me fait faire ? » (…)

« (…) Je me suis dit que j’allais plus ou moins m’en accommoder, que j’allais essayer d’esquiver, et que j’allais être plus forte que ça, – et que j’allais peut-être en jouer, – ce qui était insensé de ma part. » (…)

Youtube.com / Direct 5 / Eva Loubrieux / Vidéo / Internet:

« – On va entendre l’une d’elles, Eva, qui a reconnu avoir eu des relations consenties avec le maire avant son embauche. Et ensuite, elle dit avoir subi une sorte de rituel. Voici le témoignage qu’elle a livré à France 3 :

« Très rapidement, ce n’était plus des massages de pieds, il s’agissait de mon mollet et de ma cuisse, me détendre au niveau de mon torse, de mes seins. Il me demandait d’écarter les cuisses pour me détendre et laisser passer l’énergie. Je refuse, donc il le fait… Il s’agit d’avoir subi des agressions et des actes sexuels, contrainte et forcée. Ce sont des viols. Je passais même pas le pas de la mairie, que déjà, euh, snif, déjà j’étais… je me sentais mal, euh, je me sentais, slurp, dans l’état de soumission, d’objet sexuel… »

RTL.fr / Actu / Société-faits-divers / Fogiel / J’ai été prisonnière / Eva Loubrieux / Video / 2017 / Internet:

« dans une sorte de fragilité (…) une fragilité psychologique » (…)

« Ça a commencé par des, heu, des massages de pieds… Mais un mode opératoire s’est mis en place, chaque fois il répétait les mêmes gestes, euh, je rentrais dans son bureau, il me faisait souvent appelé par sa secrétaire, donc pour des raisons professionnelles, j’étais convoqué dans le bureau du député-maire. J’arrivais, il fermait la porte du bureau, euh, le bureau était capitonné, il déposait la clé, et ensuite il, euh, approchait, euh, il s’approchait de moi, il s’asseyait, et ensuite les choses débutaient, où là je n’avais pas le droit, ni de parler, ni d’ouvrir les yeux, et je devais m’exécuter. »

« – Et ça allait très loin, pour le coup (…) ça dépassait les pieds, pour être clair. Il y a eu des attouchements, des pénétrations digitales, clairement. C’est ce que vous dites avoir subi ? »

« Tout à fait ! (…) Dans la mesure où vous êtes dans un état de grande fragilité personnelle, j’ai cru un instant que, il était, euh, – tombé sous mon charme -. J’ai eu, euh,… il a fait en sorte que je le crois. Mais, très rapidement, en rencontrant une autre jeune femme, euh, qui m’explique qu’elle avait vécu les mêmes choses, je me suis rendu compte que, à la virgule près, le discours était le même, le geste était identique… »

« – Les caresses sur les jambes, les épaules, la poitrine… ? »

« La préparation, la façon de poser la chaise, la façon de parler, les mots employés, tout était absolument identique, – et là, je, je, j’ai été terrifiée ! » (…)

« Avec le ménage à trois qui s’est installé avec madame Gruel, très rapidement,… (…) piège dans lequel j’ai été, euh, complètement prisonnière. »

« – Sans aucun consentement ? (…) ce n’était pas votre volonté …? (…) vous étiez carrément abusée ? On est d’accord ? »

« Ils me faisaient énormément boire, également, euh, pendant les repas professionnels. Et mon état, avec le temps, empirait, empirait, ma consommation devenait de plus en plus importante, puisqu’il m’était de plus en plus difficile de supporter l’insupportable, de me supporter moi, d’être, d’être, tout simplement d’être » (…)

« Tout a été fait pour que je sois dans la perte de conscience, pour que je sois désincarnée, je n’existe plus comme individu, je n’aie plus ni libre arbitre, ni même une capacité intellectuelle, je n’avais plus l’ombre d’une existence normale. » (…)

Leparisien.fr / Faits divers / Procès / Journée éprouvante / Virginie Faux / Video / 2017 / Internet:

« C’est pas évident de faire comprendre à quelqu’un qui n’a pas vécu, effectivement, cette sidération, le fait de pas pouvoir bouger. Même moi, hein, j’étais la première avec mes croyances, hein, de me dire, bah, un femme, elle est battue, elle s’en va, heu. Mais en fait, on se rend compte que ça n’a rien à voir, en fait, avec ce qui vous arrive. Je culpabilise encore, même si je suis suivie et – qu’on m’explique. – » (…)

« – Pour le viol du 4 janvier 2010, qu’elle affirme avoir subi au domicile de Brigitte Gruel, elle raconte la même scène et une absence implicite de consentement : « Par mon inactivité, j’ai montré que je n’étais pas consentante. » Dans sa déposition, elle ajoutait : « J’étais un morceau de viande, une poupée gonflable ». A la barre, elle confirme ces propos. »

Bfmtv.com / J’étais incapable de réagir / Virginie Faux / Video / 2017 / Internet:

« Le président reprend alors la lecture de la plainte de l’ex-employée. Après le départ des convives, Brigitte Gruel a fermé la porte à clé, puis caressé les épaules de Virginie Faux avant de la déshabiller. Pourquoi ne manifeste-t-elle aucune réaction, s’interroge la cour de manière brutale. »

„ Je n’ai pas compris ce qu’il se passait, j’étais incapable de réagir, j’étais choquée “, s’explique-t-elle. »

« L’adjointe se serait chargée d’enlever le haut de l’employée pendant que Georges Tron lui aurait retirée sa jupe. ” J’étais là, mais je n’étais plus là. J’étais complètement paralysée, je suis devenue toute molle “, répond-elle encore aux interrogations du tribunal sur son absence de réaction. »

« Passés les attouchements sexuels, le président de la cour d’assises demande à la plaignante de préciser le viol dont elle accuse le maire. ” Je suis désolé de vous poser la question : vous aviez des collants, une culotte, un string ? Allons-y (…) parce qu’après, vous dites qu’il y a eu pénétration “, lance-t-il à la quadragénaire. Elle raconte qu’elle portait des bas en raison d’une opération récente. A la question de savoir si George Tron a ” introduit ses doigts ” dans son sexe, Virginie Faux réplique : pas ” plusieurs ” mais ” un doigt “. ” Il m’a caressé le sexe à travers ma culotte, l’a poussée, et a écarté mes lèvres “, poursuit-elle. ” Il a mis son doigt à l’intérieur de votre vagin ? “, presse le président du tribunal. ” Oui “, répond la plaignante avant de s’effondrer en larmes. » (…)

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« Mais ! qu’est-ce que cet homme me fait faire ? »

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | April 14, 2018

Féminisme: inégalité culinaire

Féminisme : inégalité culinaire

Grüß Gott !

Les femmes, par tradition, font la cuisine domestique. Les hommes, par création, font la cuisine gastronomique.

Sup.numérique.gouv.fr / Fille et garçon / L’égalité / Video / Internet:

« La cuisine, qui est fortement associée à une activité feminine, devenait une activité des enfants et fortement investit par les garçons dans la perspective d’une insertion professionnelle future avec cette dichotomie qui est assez classique entre la grande cuisine domestique, qui est plutôt une activite féminine, et la grande cuisine, la gastronomie, qui est plutôt investit par les hommes. Et, y a qu’à regarder au guide Michelin le nombre de restaurants trois étoiles qui sont tenus par des femmes, il doit y en avoir à peu près… un ! euh, voilà. » (…)

Restaurant.michelin.fr. / Magazine actualités / Femmes étoilées / 2015 / Internet:

„ On souhaiterait une totale parité femmes/hommes, on se console en dégustant leur belle cuisine… En attendant que la question ne se pose plus, faisons les comptes : sur les 609 tables étoilées du guide Michelin France 2015, 16 sont portées par des femmes. Oui, cheffes ! ”

« Certaines sont très discrètes, d’autres sont de véritables figures dans leur région, et l’une est même une star de la gastronomie française – Anne-Sophie Pic, avec trois étoiles à Valence et une étoile à Paris. Toutes honorent le grand art de la cuisine à égalité avec les hommes… mais est-il nécessaire de le préciser ? »

Gaultmillau.fr / Actu / Chefs / 30 femmes qui comptent dans la gastronomie française / Internet:

„ La restauration, milieu machiste ? La réalité est sans doute plus complexe, mais les statistiques sont formelles. Sur les 370 meilleurs restaurants de France (ceux que nous notons entre 3 et 5 toques), seuls 3% sont dirigés en cuisine par une femme, alors que 25% environ des cuisiniers professionnels sont des cuisinières. Le constat est à peu près équivalent en pâtisserie, et à peine meilleur en sommellerie. Et pourtant, d’Anne-Sophie Pic à Ghislaine Arabian, de Noémie Honiat à Reine Sammut, de Claire Heitzler à Michèle Vétélé, les femmes prouvent qu’elles ont, évidemment, toute leur place dans la restauration haut de gamme. Découvrez avec nous celles qui, aujourd’hui, comptent le plus dans la gastronomie française.“

Lebonbon.fr / La food / Nouvelle arme des féministes / Internet:

„ En France, 94% des chefs sont des hommes. Dans un couple (avec ou sans enfants), les femmes consacrent en moyenne 50 à 59 minutes à la cuisine contre 15 à 18 minutes pour la gent masculine. Le guide Gault et Millau, créé par deux hommes, n’a jamais attribué cinq toques à une femme, ni ne lui a décerné le prix de “cuisinier (sic) de l’année” depuis 1980.“ (…)

„Tout comme l’idée que c’est naturel qu’une femme soit plus petite qu’un homme, la société aurait instauré cette pensée que faire la cuisine est réservée à la gent féminine. Un rôle pris à cœur par la plupart des femmes (encore aujourd’hui), et qu’elles ont même étendu à d’autres activités : en plus d’assumer les repas à la maison, elles ont des blogs culinaires, écrivent des bouquins de recettes, postent sur Insta leurs créations… Pourtant cette “floraison culinaire” ne s’élève pas jusqu’au restaurant où le mâle reste largement dominant. Les cheffes ne sont que 6% en France. “ (…)

„ Les femmes, grandes absentes des fourneaux renommés.“

„ Pourquoi les femmes n’ont-elles pas leur place dans les grandes cuisines ? Il s’agit de faire «la distinction entre le privé et le public, l’amateurisme et la professionnalisation», explique Nora.”

« Tout ce qui est de l’ordre du professionnel est attaché à un prestige masculin. Les hommes sont des critiques culinaires, des critiques gastros, ils font partis des jurys (…) les femmes, elles, ne sont pas dans la lumière, elles tiennent des blogs, certes lus, mais pas reconnus comme étant remarquables ». Un parallélisme que l’on peut appliquer à la haute gastronomie. « Les femmes sont dans la restauration, mais elles ne sont pas dans les établissements prestigieux, d’une part parce qu’il y a une culture machiste qui perdure en cuisine et d’autre part parce que la société ne les aide pas non plus à embrasser une carrière dans ce domaine qui est très pénible. »»

Madame lefigaro.fr / Cuisine / Gastronomie / Les femmes arrivent, lentement mais sûrement /2017/ Internet:

„ Alors qu’en 2015, une étude Crédoc pointait du doigt que 93% des femmes en couple s’occupaient de la cuisine au quotidien, elles sont bien moins nombreuses à la tête de grands restaurants. En effet, seuls 25% des cuisiniers professionnels sont des cuisinières et seulement 10% d’entre elles exercent dans la restauration gastronomique. “

„ De plus, sur les 616 tables primées par le guide Michelin en 2017, seules 16 sont tenues par des femmes, Anne-Sophie Pic étant l’exception trois-étoiles qui confirme la règle ainsi que Fanny Rey, seule femme parmi les nouveaux étoilés du guide rouge 2017. Les cuisinières n’ont-elles finalement pas leur place à la direction de tables d’exception ? ” (…)

Lexpress.fr / Styles / Saveurs / A la recherche des femmes chefs / Documnetaire / Internet:

„ Il n’y a eu qu’une femme nouvellement étoilée au guide Michelin 2017. Sur 70 nouveaux primés. Le monde de la gastronomie semble avoir longtemps refusé de donner leur place aux femmes chefs. Est-ce encore la réalité ? Y a-t-il un manque de représentation dans les médias ? ” (…)

„ La réalisatrice pose sans cesse la même question: pourquoi parle-t-on si peu des femmes en gastronomie ? Des cuisines aux bancs d’école de cuisine, les réponses fusent avec passion. Car c’est surtout ce qui se dégage de ce documentaire: la ferveur des ces femmes pour leur univers, leur métier, leur rôle dans ce milieu et dans la société. “

Academiedugout.fr / Gastronomie / Où sont les femmes / 2018 / Internet:

„ En 2018, sur 621 restaurants étoilés au Guide Michelin, seuls 17 sont tenus par des femmes. Un chiffre symptomatique de la situation des femmes chefs dans la haute gastronomie : rares sont celles qui arrivent au sommet. “

„ Dans les foyers, la cuisine est bien souvent une affaire de femmes. Mais dans les cuisines professionnelles, la tendance s’inverse : seul un cuisinier sur quatre est une femme. Un chiffre qui se réduit à peau de chagrin lorsqu’il s’agit de chefs triplement étoilés au guide Michelin : sur 26 restaurants ayant reçu cette prestigieuse distinction en France en 2014, Anne-Sophie Pic est la seule femme dans le classement. Première et seule femme chef trois étoiles depuis 1933 avec la Mère Brazier ou la Mère Bourgeois, elle ne veut pas être le porte-étendard des femmes chefs. “ (…)

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„ mais les statistiques sont formelles. “

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | April 9, 2018

Allemagne: travail & fidélité

Allemagne : travail & fidélité

Grüß Gott !

La Nation allemande, laborieuse et vertueuse, étoit bien appréciée du peuple français.

Voyage d’un Allemand à Paris et retour par la Suisse / Johann Georg Heinzmann / Lausanne / 1800:

« Livre assez piquant, écrit par Heinzmann ; il trace avec quelque vérité l’aspect de la capitale de la France à la fin du règne du Directoire, et il contient de bonnes observations. » « Montataire, 1858 »

« Paris, le 3 Septembre » [1798]

« Le tems s’approche où je dois quitter Paris. Oh ! que je suis content de sortir de ce tumulte, de respirer de nouveau le grand air, et de réfléchir sur ce que j’ai vu. Je n’en perdrai jamais le souvenir, car il m’en a couté assez d’argent et de peine pour parcourir le cercle des objets qui étoit ouvert devant mes yeux comme une vaste mer. »

« J’ai vu plusieurs Allemands qui ont fait ici leur fortune ; leur accent, leur mine franche et ouverte, leur air sans prétention, leur amour pour le travail, leur fidélité à tenir leur parole, les ont rendus chers aux Parisiens ; il paroît qu’ils ont été moins trompés par mes patriotes, que par des Nations plus célèbres et qui forment de plus grandes prétentions. »

« Je te félicite Nation allemande – de tes vertus ! Et vous autres, qui avez deshonoré le nom Germain par des infidélités, par vos imitations serviles et votre dégénération – vous qui foulez aux pieds la couronne d’honneur de notre Nation, que le brave et modeste citoyen de la Germanie sait acquerir dans l’étranger par sa naïveté et sa sincérité, qualités qui forment son plus bel ornement. »

« J’ai vu un maitre-tailleur allemand, Hessois d’origine, qui s’est établi ici depuis plus de trente ans. Il est possesseur de plusieurs maisons et d’un grand magazin de marchandises et d’habits. Son langage annonce encore son extraction. Je lui demandai un jour, comment pendant un si long séjour à Paris il n’avoit pas mieux appris la langue française ? Il me répondit ! « C’est précisement ce qui m’a procuré du crédit. On a appris à me connoître comme étranger et Allemand. Je n’ai jamais été fier de mon origine, mais ici à Paris, j’ai trouvé qu’elle m’étoit utile. On m’accorda, dès le commencement, plus de crédit que je n’en demandois ; et tel que vous me voyez à présent, même dans les plus grandes villes d’Allemagne, de tirer un aussi grand parti de mon industrie. La gêne servile des maitrises n’existe-t-elle pas chez nous ? Quand un homme fait bien ses affaires, l’envie et la jalousie de métier ne sont-elles pas prêtes pour l’écraser ? Il n’en est pas de même en France, on laisse à chacun la liberté de faire valoir son industrie comme il l’entend, chacun peut lui-même employer tous les moyens permis pour se tirer d’affaire, et cette liberté enflamme le courage. »

« Voilà ce que me dit cet homme. Mais me disois-je en moi-même, j’ai vu d’autres personnes qui ont cherché ici leur fortune sans y réussir ; ils ont donc été bien trompés dans leur attente. La raison en est, que les Français ont besoin d’ouvriers assidus, n’étant pas eux-mêmes forts assidus à leurs atteliers, et abandonnants volontiers la peine aux autres, sans leur envier le profit qu’ils en tirent. Les Allemands leur paroissent être plus laborieux ; delà nait leur prédilection et leur attachement pour les artisans de cette Nation. » (…)

Par contre, lorsqu’un faiseur de projets vient ici, on le siffle, ou il se perd dans la foule de ses pareils, on ne fait aucune attention à lui, et le plus souvent il tombe dans la classe des gagne-deniers, des mendians et des commissionnaires subordonnés. »

« Mais au contraire, celui qui exerce un métier utile, ne fut-ce que celui de décroteur ou de porteur d’eau peut, y gagner sa vie. Tout ouvrier utile venu d’Allemagne y trouve de l’ouvrage. (…)

« J’ai aussi appris dans voyage en France, que plusieurs Prussiens, qui dans l’expédition de Champagne étaient restés en arrière, se sont étabis et mariés dans ce pays. Des Allemands possèdent à présent de beaux ateliers, que les jeunes qui ont été obligé de partir pour l’armée, ont été forcés d’abandonner. Des parens ou des tuteurs ne sauroient veiller mieux aux intérêts de leurs pupilles, qu’en les remettant à des Allemands. J’en ai vu à la tête des forges, des cabarêts, des domaines, qu’on leur avoit en partie donnés à ferme, ou qu’ils avoient acquis par des mariages.

On cherche par tous les moyens possibles à attacher les étrangers à ce pays, et on facilite leurs établissemens. Je remarque aussi que les indigènes, au lieu de leur porter envie, comme on fait dans beaucoup d’autres pays, vivent en véritables frères avec eux. On paye mieux les ouvriers allemands que les nationaux mêmes. (…) L’idée générale qu’on a ici des Allemands les fait préférer à d’autres Nations. » (…)

« Allemagne-France »

« Je fais part ici à mes lecteurs d’un parallèle que je me suis fait entre l’Allemagne et la France. L’Allemagne me paroît plus riche, plus puissante, moins endettée, plus peuplée que la France. – On compte en France 43 mille villages, et en Allemagne 82 mille. Les villages en Allemagne sont presque généralement mieux bâtis, surtout ceux des pays protestans. L’Allemagne renferme donc pres du double de village que la France. Dans ce dernier pays on voyage souvent pendant plusieurs, heures, sans rencontrer une seule maison, au lieu qu’en Allemagne un village touche presque l’autre… (…) L’Allemagne renferme près de de six mille grands et petits bourgs et villes ; la France n’en a que sept cents, mais il y a dans ce nombre plusieurs villes qui contiennent quelques cents mille habitans. » (…)

« Il règne en France un esprit national, un caractère communicatif chez le peuple, une langue nationale ; la Nation est plus vive, plus hardie pour entreprendre, plus patiente pour endurer les privations pour les grandes entreprises, et plus fortement enthousiasmée. (…)

« L’Allemagne est gouvernée par trois cents Princes ou Gouvernemens differens, qui font du peuple allemand autant de nations disparates. »

« En Allemagne le bourgeois protestant est plus éclairé, plus laborieux, le paysan a plus d’ordre dans son économie, plus d’amour pour l’ouvrage, et plus d’empressement pour acquérir de l’aisance, que le François, (car partout le Catholique est en comparaison du Protestant de plus d’un siècle en arrière !) »  

« S’il y avoit en Allemagne un esprit national ferme, une confédération entre les voisins, une religion simple et des loix d’état conformes, les Allemands seroient le peuple le plus puissant, le plus heureux, et celui qui surpasseroit en prospérité nationale ! – Alors un esprit national, une force nationale, – un dévouement national, – une magnanimité nationale se manifesteroit hautement. – Mais cette misérable fureur de l’imitation des moeurs étrangères doit disparoître parmi nous ; il faudroit que nous fussions tous Allemands ; et que nous trouverions des raisons d’être fiers de l’être ! il faudroit que nous fussions unis comme les François le sont, lorsqu’il s’agit de l’honneur et de la défense nationale ; ô alors nous serions invincibles ! » (…)

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« il contient de bonnes observations. »

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | April 2, 2018

1914-1918: l’avant & l’arrière

1914-1918 : l’avant & l’arrière

Grüß Gott !

Les mobilisés, à l’avant, font la guerre. Les embusqués, à l’arrière, font la fête.

Les poilus ont la parole / Lettres du front / 1917-1918 / Jean Nicot / Complex / 1998:

« L’arrière ne se rend vraiment pas compte des souffrances exigées des soldats, et trop de civils mériteraient « un stage dans les bourbiers de la Somme et des Flandres avec les obus sur la gueule pour les ramener aux réalités de la guerre qu’ils oublient trop facilement. » (…)

« Il y a trois sortes d’heureux mortels que la guerre laisse indifférents. C’est d’abord la nombreuse caste des industriels que la guerre enrichit, ensuite ce sont les vieillards, anciens combattants de 1870 qui n’ont personne au front et parlent patriotisme. Enfin, en troisième lieu, ce sont des femmes que je ne veux pas qualifier et dont les maris sont au front et qui ont près d’elles des amants recrutés parmi les embusqués ou des jeunes gens imberbes. » (…)

« Vous dirai-je que les théâtres sont combles à Paris et qu’il faut y retenir ses places au moins cinq jours à l’avance, il en est d’ailleurs de même dans tous les cinémas et dans tous les concerts. » (…)

« Pendant ce temps, des centaines de milliers d’hommes sont dans les tranchées avec de la boue jusqu’aux genoux, avec un froid de plusieurs degrés au-dessous de zéro… Mais qu’est-ce que cela peut faire à la belle société qui s’amuse ; elle s’en moque bien, ou plutôt elle ne s’en inquiète guère. On rigole, peu importe que d’autres se font tuer. Quoi de plus naturel ? » (…)

« Sans doute le spectacle de l’arrière oublieux de la guerre trouble plus d’un poilu : « Pendant que, chaque jour, jeunes et vieux tombent, nous voyons dans la nuit, comme un rêve, les autres faire la fête. Alors, il vous prend des envies de partir, laisser le poste, la mitraille, tout le bazar. » (…)

Paroles de poilus / Jean-Pierre Gueno / Yves Laplume / Tallandier / A vue d’oeil / 1998:

„ Je suis bien rentré de permission et j’ai retrouvé mon bataillon sans trop de difficultés. Je vais probablement t’étonner en te disant que c’est presque sans regret que j’ai quitté Paris, mais c’est la vérité. Que veux-tu, j’ai constaté, comme tous mes camarades du reste, que ces deux ans de guerre avaient amené petit à petit chez la population civile, l’égoïsme et l’indifférence et que nous autres combattants nous étions presque oubliés, aussi quoi que de plus naturel que nous-mêmes nous prenions aussi l’habitude de l’éloignement et que nous retournions au front tranquillement comme si nous ne l’avions jamais quitté.“

„ J’avais rêvé avant mon départ en permission que ces six jours seraient pour moi six jours trop courts de bonheur, et que partout je serais reçu les bras ouverts ; je pensais, avec juste raison je crois que l’on serait aussi heureux de me revoir, que moi-même je l’étais à l’avance à l’idée de passer quelques journées au milieu de tous ceux auxquels je n’avais jamais cessé de penser. Je me suis trompé ; quelques-uns se sont montrés franchement indifférents, d’autres sous le couvert d’un accueil que l’on essayait de faire croire chaleureux, m’ont presque laissé comprendre qu’ils étaient étonnés que je ne sois pas encore tué.“

„ Aussi tu comprendras, ma chère mère que c’est avec beaucoup de rancœur que j’ai quitté Paris et vous tous que je ne reverrai peut-être jamais. Il est bien entendu que ce que je te dis sur cette lettre, je te le confie à toi seule, puisque, naturellement, tu n’es pas en cause bien au contraire, j’ai été très heureux de te revoir et j’ai emporté un excellent souvenir des quelques heures que nous avons passées ensemble.“

„ Je vais donc essayer d’oublier comme on m’a oublié, ce sera certainement plus difficile, et pourtant j’avais fait un bien joli rêve depuis deux ans. Quelle déception ! Maintenant je vais me sentir bien seul. Puissent les hasards de la guerre ne pas me faire infirme pour toujours, plutôt la mort, c’est maintenant mon seul espoir. “

Femmes dans la guerre / 1914-1918 / Entre ombre et lumière / Marie-Pierre Souchon / Sutton / 2008:

« Une amertume que l’on retrouve assez souvent sous la plume des permissionnaires. La permission qu’ils ont attendue, espérée et qui les fait s’en retourner pleins de désillusions. Qu’ont-ils vu pendant leur courte escale à l’arrière ? Une vie normale, qui rassure ; une vie qui ne dédaigne pas les plaisirs et l’insouciance, avec ses femmes frivoles et ses embusqués repliés dans des emplois protégés. » (…)

« Les hommes partent, les femmes restent. C’est un fait attesté. Pour autant, comment expliquer que cet éloignement que l’on espérait de courte durée non seulement s’installe, fige les hommes dans une guerre qui s’enlise, mobilise les femmes hors de leurs foyers, change progressivement de nature ? La séparation vire à l’incompréhension mutuelle entre l’avant et l’arrière. »

« Les hommes qui partent à la guerre y ont été appelés. Ils troquent contre leur gré un présent familier contre un avenir incertain. Quelque chose qui s’apparente à un destin collectif à accomplir selon des règles nouvelles qui consument leur liberté individuelle. » (…)

« La France que retrouvent les soldats démobilisés confirme l’amertume, les agacements et les craintes des permissionaires d’hier. La société a vécu sans eux, s’est accommodée de leur absence, a développé sa propre vision d’un ordre des choses que l’on voulait croire intangible. Les femmes, omniprésentes, efficaces, autonomes reçoivent des hommes fatigués, recrus d’épreuves qui n’aspirent qu’à la paix et à la tranquillité domestique. Forts du sentiment d’avoir été exclus de la vie pendant quatre ans… » (…)

« Alors que partout les hommes s’évertuent à reconquérir les territoires perdus, elles s’affichent avec audace dans la mode, dans le spectacle, cultivent l’exotisme du goût pour affirmer leur toute nouvelle liberté. Devenir frivoles, légères, inconsistantes … »

Journal de route / 1914-1918 / Victorin Bes / Société culturelle du pays castrais / 2010:

„ Jusqu’au bout ! “, clament les journalistes, et nous acceptons passivement ce jusqu’au bout qui n’est qu’un cri d’extermination. A l’arrière l’ouvrier regorge d’argent, les ouvrières encaissent des salaires astronomiques. Les cafés regorgent de monde. La vie est facile. Les commerçants n’ont jamais autant vu une clientèle aussi prodigue. Tout le monde se lamente si on vient à parler de la guerre, mais la vie facile noie toute pitié. Le pactole coule sous la forme de billets de banque. Les épouses reçoivent des allocations lorsque le mari est au front et le cocufient avec un patriotique entrain. Jusqu’au bout ! “ (…)

La peur / Gabriel Chevallier / Librairie Stock / 1930:

„ Je tourne dans la ville, désoeuvré, et sans grand espoir. Je commence à comprendre que la vie ici a pris un rythme nouveau, dont nous sommes exclus, et qui ne laisse pas de place pour une de ces aventures dont j’avais rêvé. Les femmes sont belles, ont l’air plus décidé qu’autrefois, et ne portent pas sur leur visage la trace de chagrins secrets. Où sont donc les amantes que la guerre a désespérées ? “ (…)

„ Les gens de l’arrière aiment à se représenter la guerre comme une fameuse aventure, propre à distraire les jeunes hommes, une aventure qui comporte bien quelques risques, mais compensés par des joies : la gloire, des bonnes fortunes, l’absence de soucis. Cette conception commode tranquillise les consciences, légitime les profits, et permet de dire en outre : notre coeur souffre, en se tenant les pieds au chaud.“ (…)

«  Je vois la ville, énorme et calme, qui s’endort – la ville peuplée de gens qui ne sont pas en danger, de gens heureux et de jeunes femmes fraîches et élégantes, qui ne sont pas pour les soldats. Je distingue des trainées lumineuses qui situent les grandes artères du centre où l’on s’amuse comme s’il ne se passait rien d’anormal. » (…)

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« Qu’ont-ils vu pendant leur courte escale à l’arrière ? »

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | March 24, 2018

Inquisition: relaxe espagnole

Inquisition : relaxe espagnole

Grüß Gott !

Les inquisiteurs espagnols, économes et modérés, relaxent les délinquants hérétiques.

Histoire critique de l’Inquisition d’Espagne / Tome premier / Juan Antonio llorente / Paris / 1818:

« Article IV – Calculs des victimes de Torquemada. »

« Jean de Mariana prétend, sur la foi des anciens manuscrits, que, pendant la première année de l’Inquisition, on brûla à Séville deux mille personnes. » (…)

« André Bernaldez, historien de cet âge, dit que, depuis le commencement de 1482 jusqu’en 1489 inclusivement, il y eut à Séville sept cents personnes livrées aux flammes. » (…)

« D’après cette hypothèse, il y eut chaque année de la période indiquée, l’une portant l’autre, quatre- vingt-huit individus condamnés aux flammes. » (…)

« En 1524, on mit à l’Inquisition de Séville une inscription, de laquelle il résultait que depuis l’expulsion des juifs, arrivée en 1492, jusqu’à ce temps-là, il y avait eu près de mille personnes brûlées. » (…)

« On peut établir, pour les trois années 1490, 91 et 92, qui se sont écoulées entre le récit de Bernaldez et l’inscription de Seville, le même système que pour les huit années de cet historien ; toutefois, afin de prouver que je ne cherche pas à exagérer, je m’en tiendrai au nombre porté par l’inscription, comme plus modéré. D’après ces données, je vais présenter le compte des victimes immolées par Torquemada, premier inquisiteur général pendant les dix-huit années de sa cruelle administration. »

« En 1481, il y eut, devant l’Inquisition de Séville, deux mille individus brûlés en personne » (…)

« Dans l’année 1482, il y eut dans la même ville quatre-vingt-huit individus brûlés en personne. » (…)

« L’année 1483 offre un nombre pareil de victimes à Séville, (…) En partant de l’hypothèse établie, nous trouvons pour chacun de ces tribunaux deux cents condamnés brûlés en personne, (…) lesquels, ajoutés à ceux de Séville, donne un effectif de six cent quatre-vingt-huit individus brûlés en personne. » (…)

« En 1484, les choses se passèrent à Séville comme l’année précédente. A Cordoue, Jaen et Tolède, nous comptons quarante-quatre victimes brûlées en personne » (…)

« En 1485, la conduite des Inquisitions de Séville, Cordoue, Jaen et Tolède fut la même. Les tribunaux qui furent établis cette même année dans l’Estremadure, à Valladolid, Calahorra, Murcie, Cuenca, Saragosse et Valence, nous offrent chacun deux cents condamnés de la première espèce (…) et, pour total, mille six cent vingt des premiers. » (…)

« Séville, Cardoue, Jaen et Tolède présentent encore le même résultat pour l’année 1486 ; les six autres tribunaux nous donnent, d’après le terme de quarante-quatre personnes, pour la première classe (…) un total de cinq cent vingt-huit individus livrés aux flammes. » (…)

« En 1487, les onze Inquisitions qui existaient déjà en jugèrent un nombre pareil à celui de l’année précédente. Celles de Barcelonne et de Majorque, qui commencèrent la même année, en firent brûler en personne deux cents, (…) Les treize Inquisitions immolèrent dans cette année huit mille sept cent trente-sept personnes, dont neuf cent vingt-huit de la première classe. » (…)

« En 1488, les onze Inquisitions les plus anciennes se comportèrent comme auparavant ; nous trouvons pour le compte de celles de Barcelonne et de Majorque, quarante-quatre justiciés de la première espèce, (…) en résumé général, nous comptons, pour les treize tribunaux, six cent seize des premiers » (…)

« Même résultat l’année suivante 1489 dans les treize Inquisitions. » (…)

« Nous commençons, en 1490, à nous servir, pour suivre notre calcul, de l’inscription de Séville, mise au château de Triana. Il y eut dans cette ville, la même année, trente-deux personnes brûlées, (…) L’ensemble des treize tribunaux nous offrira trois cent vingt-quatre condamnés de la première espèce. » (…)

« En 1491 et pendant les années suivantes, jusqu’en 1498 inclusivement, nous comptons le même nombre de victimes pour chaque année, et nous trouvons pour total des premières, deux mille cinq cent quatre-vingt-douze (…) En réunissant tous ces produits on a trente-huit mille quatre cent quarante personne qui, pendant ces huit années, ont été jugées et condamnées, par l’Inquisition, à la peine du feu en personne ou en effigie, ou à d’autres châtimens, tels que la prison perpétuelle, la perte des biens, l’infamie, etc. »

« Il s’ensuit que Torquemada, pendant les dix-huit années qu’à duré son ministère inquisitorial, a fait dix mille deux cent vingt victimes qui ont péri dans les flammes. » (…)

Les victimes de Torquemada / Gérard Dufour / Université de Rouen / 1975:

« Le calcul des victimes du Saint-Office établi par Llorente donne donc un résulat exagéré – et il suffit de le comparer avec les renseignements fournis par Lea ou Kamen pour s’en convaincre. » (…)

« Le nombre total des victimes de Torquemada auquel aboutit Llorente est de 10.220  « relajados en persona » … 10.220 condamnés au bûcher, en 18 ans, c’est énorme et affreux. Mais ce n’est pas plus émouvant que 5.000 ou 20.000. C’est un ordre de grandeur sans plus. » (…)

« Tout en luttant contre l’Inquisition et en cherchant à sensibiliser l’opinion de son lecteur par la dénonciation des crimes du Saint-Office, il s’est méfié des exagérations si tentantes et si faciles. Ses conclusions sont fausses ; elles n’en sont pas pour autant malhonnêtes. »

L’inquisition espagnole / XVe-XIXe siècle / Bartolomé Bennassar / Hachette / 1979:

« Cruautés des peines d’abord. Rappelons les points fondamentaux du droit pénal qu’applique le Saint-Office. (…) On peut brûler quatre classes d’hérétiques : 1) les pertinax, ceux qui refusent de se dénoncer en période de grâce ou qui, arrêtés en dehors de cette période, restent fermes dans leurs errreurs. 2) les relaps, ceux qui ont été antérieurement réconciliés, en période de grâce ou non, et qui retombent dans l’hérésie. Ces deux catégories sont brûlées en personne, «relaxés en personne» en termes techniques. 3) Les suspects en fuite. 4) Les suspects défunts. » (…)

Historiquement correct / Pour en finir avec le passé unique / Jean Sévillia / Perrin / 2003:

« L’Espagne des rois catholiques. »

« Se déroulant une fois par an, l’autodafé est une grande fête religieuse et populaire, qui comprend veillée de prière, messe, prêche, profession de foi de l’assistance, publication des peines prononcées, expression de repentir de condamnés. C’est à son issue que les récalcitrants sont remis au bras séculier, qui les envoie au bûcher. » (…)

« Fernand Braudel estime que le nombre de victimes de l’Inquisition a été « relativement limité. » Depuis le XIXe siècle, des chiffres ont couru (…) tous remontent à l’histoire critique de l’Inquisition d’Espagne publiée, en 1817, par Juan Antonio Llorente. (…) D’après lui, en trois siècles et demi d’existence, l’Inquisition aurait prononcé 341.021 condamnations, dont 39.671 remises au bras séculier. »

« Pierre Chaunu, quant à lui, considère que les chiffres de Llorente doivent être divisés au moins par deux : « Les 10 à 12.000 exécutions capitales en trois siècles doivent être rapprochées des 50.000 sorcières brûlées en trois ou quatres décennies dans le reste de l’Europe au début du XVIIe siècle. Cette comparaison prouve que la répression inquisitoriale a été relativement économe en vies humaines. »

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« relativement économe »

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | March 17, 2018

1940: des vainqueurs impressionnants

1940 : des vainqueurs impressionnants

Grüß Gott !

La population française, soumise et conquise, admire les soldats allemands, puissants et séduisants.

Histoire.fr / Amours et sexe sous l’Occupation / Inédit / Internet:

« Réalisé par Isabelle Clarke et Daniel Costelle, sur une idée de Patrick Buisson, Amour et sexe sous l’Occupation interroge le mystère brûlant des relations intimes, hétérosexuelles et homosexuelles, en temps de guerre ; et explore ces années de chaos où la proximité avec la mort a renforcé l’aspiration au bonheur individuel, au plaisir et à la transgression. »

« Juillet 1940 : les Allemands s’installent en maîtres dans la France vaincue. Les soldats allemands impressionnent avec leur puissance et leur aura de vainqueur. L’opération séduction bat son plein. Soucieux d’encadrer les débordements, l’état-major de la Wehrmacht réquisitionne les maisons-closes. Les bordels les plus chics deviennent des officines du marché noir gérées par les profiteurs de guerre. C’est la cohue dans les cabarets et les boîtes de nuit. Les conquêtes allemandes ne sont pas seulement féminines. »

2000 ans d’Histoire / La sexualité sous l’Occupation / Patrice Gelinet / Patrick Buisson / Internet:

« – En fait, cette vie très érotique, seuls les Allemands y trouvaient leur compte, dès le début de l’occupation, (…) des soldats allemands qui, d’ailleurs, vous le dites Patrick Buisson, qui dès leur arrivé, inspirent moins la crainte que la curiosité, parfois même l’admiration. »

« Ben, incontestablement, il y a ce que j’appellerais, pas sur toute la population, mais une population féminine quand même assez importante, un choc érotique. C’est une métaphore courante que de comparer l’invasion à une pénétration sexuelle. C’est bien de ça dont il s’agit. Parce que les Nazis font du corps, des soldats de la Wehrmacht, l’ambassadeur de leur idéologie. Il y a une culture nordique qui déferle, qui débarque sur la France, à la grande surprise des Français. Les Allemands sont toujours nus. Nus évidemment pour faire du sport, nus pour nettoyer leurs fusils, nus pour se promener dans les villages. Et en France, les milieux ruraux ne sont pas du tout habitués à ce qu’on montre le corps de l’homme nu. On prend une douche une fois par semaine, une fois par mois. Eux, tous les jours. Il y a une exhibition du corps allemand qui impressionne beaucoup les mentalités, et crée incontestablement un choc érotique. Parce que c’est vrai, ces corps sont plutôt beaux, bien faits, et il faut se rappeler que, en France, dans les campagnes, on portait encore la grande ceinture de flanelle. Il y a un éminent universitaire Louis Chevalier qui raconte qu’à la Fosse-sur-mer, le grand spectacle, c’était de voir ces espèces de centaures, les Allemands nus, monter leur cheval sur la plage. Et toutes les filles étaient là, toutes les filles viennent ! »

TV 5000.org / Les mémoires de guerre / Deuxième Guerre mondiale / Internet:

« On a vu arriver un premier side-car avec un Allemand en tenue militaire, avec la mitraillette en bandoulière, suivi de quelques voitures qui ont passé la place de Brest et qui sont allés stationner place de la mairie, à Quimper (…) et là, le premier acte, moi, que l’on a vu, c’est la descente du drapeau français, et remplacé par le drapeau à croix gammée. Alors, ils se sont donc placés là. Nous les enfants, ils nous ont appelés, et il y a eu distribution de bonbons, de plaques de chocolat. Enfin, ce n’est pas une armée qu’est arrivée en force. L’Occupation a été faite sans exaction de la part des civils qui se trouvaient là, qui ont accepté d’une façon assez passive, d’ailleurs, leur arrivée. »

« Effectivement, quelques jours après, et bien, les Allemands sont arrivés. Et j’ai souvenir de les voir passer, défiler en ville avec leurs camions, tous bien rangés. Et ils étaient impeccables, impressionnants, oui. Ils défilaient en descendant la rue Jean Jaures. »

« Et petit à petit, la routine s’est installée. On a commencé à voir les débrouillards, les trafiquants, ceux qui sympathisaient avec des Allemands. Et puis, il y avait ceux qui carrément les admiraient. Bon, ils n’étaient pas nombreux, effectivement, mais ça contrastait quand même beaucoup avec la débâcle de l’armée française, quelques temps avant, qui avait été décimée en très peu de temps. Et puis, de voir une armée organisée, des hommes très disciplinés, très bien habillés, rasés de près, et qui donnaient l’impression de chevaliers teutoniques qui débarquaient, et puis qui impressionnaient vraiment la population. Alors c’était la crainte, en général, mais aussi, certains ont eu une sorte de sympathie en disant : « Au moins, ceux-là, s’ils ont gagné la guerre, et ben, c’est pas pour rien. (…) Donc, certains, oui, avaient une certaine admiration. »

La France à l’heure allemande / Serge de Sampigny / Video 1 / Internet:

„ J’vais vous dire quelq’chose… je ne vous dirais pas qu’on avait une certaine admiration… le mot est… mais on regardait ça (…) mais c’était quand même très impressionnant… si vous voulez, c’était comme, entre guillemets, comme au cinéma… de voir ces gens, là, propres, pas un bouton qui manquait, pas un poil qui dépassait l’autre,… et qui défilaient, là ! “

„ Sonné, et comme beaucoup de Français, intrigué, troublé même, par la puissance allemande.“

„ Ils donnaient l’image quand même d’une grande discipline. Alors ça, ça impressionnait beaucoup. Et puis, le fait qu’ils arrivaient progressivement à dominer l’Europe. Donc, ça voulait dire qu’ils avaient quand même des qualités d’organisation, de commandement, de stratégie, que nous, nous n’avions pas eu. Alors, il y avait forcément un sentiment d’admiration. Tout en désapprouvant, on pouvait que se dire:   “Et bien, on sait pas si les Français auraient été capables de ça, quoi.””

„ Ils sont beaux, bronzés, détendus. Sur leurs films privés, les vainqueurs qui s’installent, à l’été 1940, sont désarmants de jeunesse et de décontraction. Pour eux, la guerre est terminée. Ils ont vaincu en six semaines. Un miracle. Et c’est en touristes qu’ils découvrent leur ennemi héréditaire. “

„ Je me disais, finalement, on a été battus, on est occupés, c’est de bonne guerre, si j’ose dire. Ils sont là, ils sont vainqueurs, ils nous ont battus à plate couture, ben, tant pis pour nous. “

„ On les tolère, pis après on s’habitue, pis après bon, ben, si vous en aviez un qui habitait chez vous, (…) pis après on l’invitait au café, il faisait… presque partie de la famille,… ils nous montraient des photos de leurs enfants,… ils étaient très gentils avec nous, très très gentils,… et donc les échanges avec notre hôte étaient positifs, du moins corrects, et même très agréables par la suite.“

„ La séduction des Allemands semble durablement s’exercer sur une partie des Français. La séduction allemande touche même les enfants:

„ Moi, j’ai un souvenir des Allemands,… mais c’était le haut niveau !… ils avaient des chevaux, et ils avaient des superbes bottes noires, ils étaient beaux comme tout. Moi, j’étais en admiration devant les Allemands, oui, ils avaient des costumes extraordinaires. (…) pour nous c’était magnifique, quoi.“

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« Il y avait forcément un sentiment d’admiration. »

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | March 11, 2018

Psychologie: influençabilité féminine

Psychologie : influençabilité féminine

Grüß Gott !

Une jeune femme innocente, abandonnée et influencée, est victime d’un pervers narcissique.

Purepeople.com / Catherine Ringer / violée durant des années / C à vous / France 5 / Video / 2017:

«  Moi, j’ai été victime, pendant très longtemps, disons de 13 ans et demi à 20 ans à peu près, d’un pervers narcissique qui m’a entraînée dans les zones pornographiques, dans le viol, dans, euh,… et cetera. J’étais une petite jeune un peu abandonnée, euh, par des parents qui connaissaient rien à ça, et qu’étaient vraiment loin de tout ça. Et en plus, faut dire qu’on vivait une époque, dans les années 70, où je suis pas la seule comme ça à avoir vécu ça, euh, on disait : on va se libérer, vive l’amour libre, donc vas-y, t’as 15 ans, mais tu vas, je vais te… tiens, lis donc Emmanuelle !… et ben, on va faire comme dans Emmanuelle, et vas-y, tu vas te faire, euh (…) tu vas devenir l’esclave d’un mec qu’a 45 ans, et cetera. Enfin bon… moi je me suis laissée faire aussi, et j’en ai beaucoup souffert, j’ai beaucoup pleuré, j’ai beaucoup de séquelles, euh,… et heu, bon ! » (…)

Youtube.com / Entrée libre / Portrait et interview de Catherine Ringer / Video / 2017 / Internet:

« Revenons un peu en arrière, Catherine Ringer : vous quittez assez tôt la famille, j’allais dire le cocon familial pour faire du théâtre, de la danse, de la musique. Est-ce que vous êtes convaincue, à ce moment-là, d’avoir des dons, d’avoir des envies ? »

« Ecoutez,… en fait, quand je suis partie, vers 13 ans et demi, euh, j’étais… puisque tout le monde en parle, là, en ce moment… et fait un gros déballage de, de harcèlement et compagnie,… euh… en fait, j’ai été emmenée par un pervers, euh, comme on dit, narcissique, beaucoup plus âgé que moi, qui m’a… – faut dire, j’avais aussi envie de quitter le nid familial, j’étais pas facile facile quand j’avais eu 13-14 ans, heu, j’ai tout fait, un peu chez moi, c’était difficile, – mais finalement, je me suis mise à vivre avec un type comme ça qui, – lui-même avait eu des problèmes dans sa jeunesse, avec des curés, d’ailleurs, – mais, euh, disons qu’il m’a entraînée à faire pas mal de choses, euh, dont j’ai souffert, dont la pornographie, dont voyez, euh,… il m’a fait lire Emmanuelle quand j’avais 14 ans, et c’était une époque dans les années 70, où on disait que, euh… et ben, que c’était la liberté sexuelle, qu’il fallait découvrir des nouvelles choses… oui, c’est l’aventure moderne, et cetera. En fait, j’en ai beaucoup souffert, c’était trés pénible, rien que dans parler… de nouveau… slurp… on va se calmer, snif… quand même se… mais disons, c’était pas si facile…  » (…)

Femmesplus.fr / Catherine Ringer évoque son passé d’actrice X / 2011 / Internet:

„ Catherine Ringer, l’inimitable voix des Rita Mitsouko n’a pas toujours été chanteuse. Sur son CV, on trouve également une vingtaine de films pornographiques. Une expérience d’actrice que la chanteuse déjantée évoque dans les pages du magazine VSD.“

“”J’étais entourée de gens un peu intellos qui disaient que ça allait être quelque chose d’artistique. Je ne l’ai pas fait pour m’éclater, comme on pourrait l’imaginer, mais parce que j’étais sous influence.””

« Cette mauvaise expérience lui avait vallu un échange musclé en 1984 avec Serge Gainsbourg sur le plateau de “Mon Zénith à moi”, présenté par Michel Denisot. Elle s’y faisait traité de “pute” par le génie de la chanson française. »

Youtube.com / Catherine Ringer / Sexy Folies / Mireille Dumas / Video / 1986:

« Le premier que j’avais fait, j’avais dix sept ans. Je m’étais fait passer pour plus vieille. Disons que j’avais pas encore le droit d’aller les voir. »

« – Pourquoi vous, vous avez eu envie de faire du film pornographique ? C’est quoi ? c’est pour chasser les fantasmes ? »

« Mes fantasmes sexuels ? Oh non, parce que vraiment, le seul phantasme qu’on peut faire dans le porno, c’est de faire du porno. Y a que ça quoi, y a que l’orgasme, l’orgasme avec ces espèces de mécanique qui se secouent et qui se tendent vers un orgasme vachement simple, comme ça. C’est des situations violentes, difficiles, euh, où son image personnelle est complétement, euh, écrabouillée, réduite à néant, où on est vraiment un paquet de viande. »

« – C’est quelque chose de morbide, non ? »

« Peut être, un peu morbide, mais je le prenais vachement comme un… d’y arriver, quoi, aussi. (…) pour faire ça, et personne m’obligeait à faire ça, et puis j’ai fait ça pendant des années, de loin en loin, comme ça, une ou deux fois par an, un film d’un jour ou deux jours. Donc, si chaque fois je replongeais là-dedans, à le refaire, c’est que ça me plaisait. Personne ne m’a jamais obligée. Faut avoir un caractère un peu bizarre pour faire ça, c’est sûr. Faut ravaler ses rancoeurs, peur de pleurer… il faut du courage. Peut-être que le porno, c´était mon service militaire. » (…)

« C’est peut-être des gens qui sont un peu tordus dans la tête qui peuvent faire des films pornos, comme moi, par exemple. (…) Oui, j’étais déjà tordue pour y arriver. Faut dire qu’en plus, j’avais même pas l’excuse d’avoir besoin de manger… c’est par pur vice à la limite, quoi. »

« – Qu’est-ce qui vous séduit chez un homme, qu’est-ce qui vous attire ? »

« J’ai plusieurs facettes, quoi. Donc, je peux être séduite par quelqu’un qui est très brillant, intelligent ou, euh, drôle. Et puis je me suis rendu compte aussi que, des fois, j’étais attirée par quelqu’un qui avait une position sociale forte : un directeur, un P.D.G., un homme politique, n’importe quoi, j’ai tout de suite une attirance… ah ça, ça me fait rigoler de moi-même, hein… et puis, aussi, j’aime bien, euh, les gros camionneurs,… des types comme ça, avec qui j’ai pas forcément une relation de, j’sais pas, des stéréotypes d’hommes, quoi. »

« – Dans les rapports amoureux, est-ce que vous aimez les violences ? »

« Ouais, j’aime bien, ouais ! » (…)

« – Les gens qui vous plaisent, vous êtes capable de leur dire facilement ? »

« Oh, oui ! Quand j’étais petite, c’était terrible, j’arrêtais pas. Par exemple, la première fois que j’ai fait l’amour avec un type, j’étais au lycée, comme ça, j’avais 13 ans à peu près, je voulais absolument faire l’amour avec quelqu’un. En même temps, les garçons qui me plaisaient vraiment physiquement m’envoyaient ballader, ce qui fait que je me retrouvais avec d’autres. Et je leur demandais souvent : je voudrais bien faire l’amour, est-ce qu’on pourrait pas pas faire l’amour ensemble, après être sortie deux trois fois à s’embrasser, … et en général ils refusaient. » (…)

Dailymotion.com / Catherine Ringer / actrice X / Video / 1984 / Internet:

« Catherine Ringer:

« Mais, baiser… mais vous savez comment on baise dans un hardcore ? On vous dit, tenez-vous…, alors voilà le plan, la fille est en levrette, le mec est comme ci, et vous faites tant de… (…) Ah, que ce soit dégueulasse, c’est possible, ben oui c’est dégueulasse… (…) c’est vrai que c’est dégueulasse… (…) ben oui, ça c’est l’aventure moderne, hein… on arrive à faire des trucs dégueulasses. » (…)

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« parce que j’étais sous influence.”

Claire GRUBE

Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | March 3, 2018

La querelle du Filioque: clarification

La querelle du Filioque : clarification

Grüß Gott !

Anselme, clairement et simplement, d’un texte argumenté, explicite le mystère trinitaire.

La procession du Saint-Esprit / S. Anselme de Cantorbery / L’oeuvre / Tome 4 / Michel Corbin / Cerf / 1990:

„ Les Grecs nient que l’Esprit Saint procède du Fils tandis que nous, les Latins, nous le confessons. (…) “

„ Ils croient, en effet, que Dieu est Un, seul et parfait, qu’Il n’a nulle partie, mais qu’Il est tout entier tout ce qu’Il est. Ils confessent aussi que ce Dieu est Père et Fils et Saint Esprit, en sorte que si l’on dit seulement le Père ou le Fils ou l’Esprit Saint, ou bien deux en même temps : le Père et le Fils, ou le Père et l’Esprit Saint, ou le Fils et l’Esprit Saint, ou bien les Trois ensemble : le Père et le Fils et l’Esprit Saint, c’est le même Dieu tout entier et parfait qui est désigné, bien que que le nom de Père, ou de Fils, ne signifie pas la même chose que le nom de Dieu. Ce n’est pas la même chose, en effet, qu’être Dieu ou être Père, ou Fils. Le nom de „Saint Esprit“, lui, est posé comme nom relatif pour cette raison que l’Esprit Saint est reconnu Esprit de quelqu’un. Car, bien que le Père soit Esprit et saint, le Fils Esprit et saint, le Père n’est pourtant pas l’Esprit de quelqu’un, ni le Fils l’Esprit de quelqu’un, comme le Saint Esprit est Esprit de quelqu’un. Il est Esprit de Dieu et Esprit du Père et du Fils. Et, quoique les Grecs nient qu’Il procède du Fils, ils ne nient pas toutefois qu’Il soit l’Esprit du Fils.

„ Ils croient aussi et confessent que Dieu est de Dieu en naissant, que Dieu est de Dieu en procédant, parce que le Fils est Dieu en naissant de Dieu le Père, l’Esprit Saint, Dieu en procédant de Dieu le Père ; et ils ne pensent pas que Dieu qui naît soit un autre Dieu que celui de qui Il naît et celui qui procède ; bien que selon les noms qui signifient – il y a celui de qui naît quelqu’un, il y a celui qui procède de quelqu’un -, [Dieu] admette la pluralité selon laquelle Père, Fils et Saint Esprit sont plusieurs et autres l’un par rapport à l’autre. Car, lorsque Dieu est dit être Père, on signifie qu’Il est celui de qui naît quelqu’un ; lorsque le Fils est nommé, on entend qu’Il est celui qui naît de quelqu’un ; et quand l’Esprit Saint est appelé, Lui que nous n’entendons pas Esprit au sens absolu mais Esprit de Dieu, on montre qu’Il est celui qui procède de quelqu’un. Mais, lorsqu’on dit que le Fils est du Père, et que le Saint Esprit est du Père, on entend que cela même qu’est le Fils ou le Saint Esprit, Ils le tiennent du Père. Et l’on entend d’une manière que le Fils est du Père, et autrement le Saint Esprit. En effet, le Fils est de son Père, c’est-à-dire de Dieu qui est son Père ; le Saint Esprit, au contraire, n’est pas de Dieu son Père, mais seulement de Dieu qui est Père. Le Fils, donc, selon qu’Il est de Dieu, est dit son Fils, et celui de qui Il est, son Père. Mais le Saint Esprit, selon qu’Il est de Dieu, n’est pas son Fils ; et celui de qui Il est n’est pas son Père.“

„ Il est certain que Dieu n’est Père, Fils ou Esprit de personne sinon de Dieu, et que nulle chose n’est Dieu sinon le même Père, Fils et Esprit Saint ; et de même que Dieu est Un, de même un seulement est le Père, un le Fils et un le Saint Esprit. D’où il se fait qu’il n’ y a, dans cette Trinité, de Père que de ce même Fils, de Fils que de ce même Père, et d’Esprit Saint de quelque Esprit que de ce même Père et Fils. Aussi la seule cause de pluralité est-elle en Dieu, de sorte que Père, Fils et Saint Esprit ne peuvent être dits l’un de l’autre, mais sont l’un par rapport à l’autre, parce que Dieu est de Dieu par les deux modes susdits.“

„ Tout cela peut être dit relation. Puisque le Fils existe en naissant de Dieu, et l’Esprit Saint en procédant, c’est par la diversité même de la nativité et de la procession qu’Ils sont référés l’un envers l’autre, de sorte qu’Ils sont divers et autres l’un par rapport à l’autre. Et, quand une substance tient l’être d’une substance, se font alors deux relations incompatibles, si les noms de la substance sont posés selon ces relations. En effet, lorqu’un homme est engendré d’un homme, l’homme de qui est l’homme est dit père, et l’homme qui est de l’homme, fils. Impossible donc que le père soit ce fils dont il est père, et que le fils soit ce père dont il est fils ; quoique rien n’empêche que le père soit fils et que le fils soit père, puisqu’un seul homme est père et fils, père envers l’un, fils envers l’autre. Ainsi, quand Isaac est père de Jacob et fils d’Abraham, le père est fils et le fils est père sans contradiction, puique le père est dit père envers un autre que son père, et fils envers un autre que son fils ; mais, dans le cas de ce même Isaac, que le père soit ce fils dont il est père, ou que le fils soit ce père dont il est fils, cela n’est pas possible.“

„ Ainsi donc, en Dieu, comme Dieu est Père et Fils et Saint Esprit, et qu’il n’est de Père que de ce même Fils, de Fils que de ce même Père, et d’Esprit Saint de quelqu’un que de ce même Père et Fils : le Père n’est pas le Fils ou l’Esprit Saint, le Fils n’est pas le Père, et l’Esprit Saint n’est pas le Père. Assurément, puisque le Fils est du Père, et l’Esprit Saint du Père, ni celui de qui est quelqu’un ne peut être celui qui est de lui, ni celui est de quelqu’un n’est capable d’être celui de qui Îl est, ainsi qui a été dit : c’est pourquoi ni le Père n’est le Fils, ou l’Esprit Saint, ni le Fils, ou l’Esprit Saint, n’est le Père. Et pour dire provisoirement un autre principe – puisqu’il est n’est pas encore établi que l’Esprit Saint est et procède du Fils – , si le Fils n’est pas l’Esprit Saint, ni l’Esprit Saint le fils, c’est parce que le Fils tient du Père l’être en naissant, l’Esprit Saint au contraire non pas en naissant mais en procédant : ni le Fils ne peut être son Esprit, ni l’Esprit Saint n’est capable d’être celui dont il est l’Esprit.“

„ Cela mis en évidence, recherchons comment l’unité indivisible et la pluralité incompatible se tiennent en Dieu l’une envers l’autre. Puisque nous qui disons l’Esprit Saint procéder du Fils et les Grecs qui n’ont pas le même sentiment que nous à ce propos, croyons pareillement sans en douter et confessons ce qu’a été dit, nous devons accueillir, sans aucune ambiguïté et d’un seul assentiment, ce qui s’ensuit nécessairement.“

„ En effet, selon la propriété de l’unité de Dieu qui n’a nulle partie, il suit que tout ce qui est dit de Dieu Un, lequel est tout entier tout ce qu’Il est, est dit de Dieu le Père tout entier et du Fils et du Saint Esprit, parce que chacun est Dieu seul, tout entier et parfait. Mais l’opposition susdite de la relation, laquelle naît de ce que Dieu est de Dieu par les deux modes susdits, empêche que Père, Fils et Saint Esprit soient dits l’un de l’autre, et que le propre de chacun soit attribué aux autres. Ainsi les conséquences de cette unité et de cette relation se tempèrent- elles mutuellement, de sorte que ni la pluralité qui suit la relation ne passe vers ce en quoi résonne la simplicité de l’unité susdite ni l’unité n’empêche la pluralité là où se trouve signifiée la même relation. De la sorte, ni l’unité ne laisse parfois sa conséquence s’échapper, là où quelque opposition de relation ne fait pas obstacle, ni la relation ne perd ce qui est sein, si ce n’est là où l’unité inséparable fait opposition.“

„ Si nous le considérons à l’aide d’exemples, tout cela apparaîtra plus clairement. De quelle manière, en effet, la simplicité de l’unité exclut par soi la pluralité qui est dans la signification des noms relatifs, il est facile de le connaître. Nous confessons que le Père n’est pas le Fils ou l’Esprit Saint, que le fils n’est pas le Père ou l’Esprit Saint, et que l’Esprit Saint n’est pas le Père ou le Fils. Il suit donc que le Père, le Fils et l’Esprit Saint sont autres l’un par rapport à l’autre et plusieurs. Mais le Père est Dieu, le Fils est Dieu, et l’Esprit Saint est Dieu. Si donc la pluralité susdite des personnes garde sa propriété, qu’y a-t-il de plus conséquent que ceci : le Père, le Fils et l’Esprit Saint sont plusieurs dieux et autres l’un par rapport à l’autre ? Mais ce n’est d’aucune manière admis par l’inviolable simplicité de la déité, que nous croyons être un seul Dieu. Ainsi l’unité de l’essence divine repousse-t-elle la conséquence des noms relatifs.“

„ Il faut aussi considérer comment la pluralité des relations fait obstacle à la conséquence de l’unité, en posant tout d’abord certaine assertion qui découle de celles où nulle opposition de relation ne fait obstacle. Nous disons que le Dieu Un est Père, qu’Il est Fils, qu’il est Esprit Saint, et qu’Il est un seul et même Dieu, que les trois personnes soient dites une par une, par couple ou les trois ensemble. Si Dieu est éternel, il suit nécessairement, en raison de l’unicité de la déité, qu’éternel est le Père, éternel le Fils, éternel l’Esprit Saint. Et, puisqu’Ils sont – soit un par un soit plusieurs ensemble – un unique Dieu, il n’y a qu’un unique Eternel. La conséquence est semblable si Dieu est dit créateur ou juste ou quelque chose d’autre en quoi ne s’entend aucune relation susdite.“

„ Voyons maintenant comment la relation restreint cette conséquence de l’unité de Dieu. Nous disons que Dieu est Père. Puisqu’un unique Dieu est Père, Fils et Saint Esprit, l’unité de Dieu exige que le Fils soit le Père et que l’Esprit Saint soit le Père, mais la relation y fait obstacle en interdisant que le Fils ou le Saint Esprit soient Père. Assurément, ni la nature ne permet, ni l’intelligence ne saisit que celui qui existe de quelqu’un soit celui de qui il existe ; ou que celui de qui existe quelqu’un soit celui qui existe de lui. Or, le Fils et l’Esprit Saint existent du Père. C’est pourquoi ni le Fils ni l’Esprit Saint ne peuvent être Père, quoique Dieu soit Père et qu’un unique et même Dieu soit Père, Fils et Saint Esprit. La même chose est reconnue si Dieu est dit Fils. La conséquence de l’unité de Dieu veut, en effet, que le Père et l’Esprit Saint soient Fils. Mais le Père de qui est le Fils ne peut être celui qui est de lui. Quant au Saint Esprit qui existe en procédant du Père, Il n’est pas celui qui est en naissant du Père. De même quand on dit : Dieu est Esprit Saint, l’unité susdite requiert que le Père et le Fils soient aussi Saint Esprit. Mais ni le Père de qui est l’Esprit Saint ne peut être celui qui est de lui ; ni le Fils qui existe en naissant du Père n’est celui qui est en procédant du même Père, c’est-à-dire l’Esprit Saint. En outre, quand il apparaîtra que l’Esprit Saint est du Fils, alors il sera évident, pour cette raison aussi, que le Fils ne peut être Esprit Saint ni l’Esprit Saint, fils.“

„ Considérons encore comment les oppositions susdites font obstacle à la conséquence de l’unité susdite. Dieu est de Dieu. J’accepte pour une fois ceci : puisque le même Dieu est Père, Fils et Saint Esprit, il suit, selon cette identité, que Dieu le Père est Dieu, et Dieu de qui est Dieu ; semblablement, que le Fils est Dieu de Dieu, et Dieu de qui est Dieu ; et mêmement l’Esprit Saint. Mais chercher si chacun est Dieu de qui est Dieu, ce n’est autre que considérer si chacun, pris singulièrement, est Dieu de Dieu. De Dieu, en effet, ne peut être Dieu que le Père ou le Fils ou l’Esprit Saint, et que du Père ou du Fils ou du Saint Esprit. Examinons donc si chacun est Dieu de Dieu, et il apparaîtra si chacun, pris singulièrement, est Dieu de qui est Dieu. Mais le Père ne peut être de Dieu en raison de l’opposition déja dite. Comme Dieu, en effet, n’est qu’ou bien Père ou bien Fils ou bien Esprit Saint ou bien deux d’entre eux ou bien les trois ensemble, Dieu le Père ne peut être de Dieu qu’en étant ou bien du Père, c’est-à-dire de lui-même ou bien du Fils ou bien du Saint Esprit, ou bien de deux ou bien de trois. De lui-même, Il ne peut pas être, puisque celui qui existe de quelqu’un et celui de qui existe quelqu’un, ne peuvent être le même. Du Fils, Il n’est pas, parce que le Fils est de lui et que, pour cette raison, Il ne peut être du Fils. De l’Esprit Saint, Il n’est pas, parce que l’Esprit Saint est de lui, et qu’Il n’est pas capable d’être celui qui est de lui. De deux ou de trois ensemble, le Père ne peut pas être pour la même raison d’opposition. Quant à Dieu le fils, il est nécessaire qu’Il soit de Dieu le Père, parce que le Père n’est pas de lui. Mais du Fils, c’est-à-dire de lui-même, il ne peut être, parce que celui qui existe de quelqu’un n’est pas le même que celui de qui il existe. Est-il, d’autre part, du Saint Esprit ou le Saint Esprit est-il de lui, on le montrera ci-après. Quant au Saint Esprit, nous dirons d’abord s’Il est, selon la conséquence susdite, du Père et de lui-même. Du Père, certes, il est nécessaire qu’Il soit, parce que nulle opposition n’y fait obstacle. Le Père, en effet, n’est pas de lui. Mais qu’Il soit de lui même, c’est impossible, parce que celui qui existe de quelqu’un ne peut être le même que celui de qui il existe. En tout cela, rien ne fait obstacle, à la conséquence de l’identité de l’Unique, si ce n’est quelqu’une des oppositions susdites. Et ce qui est ici connu advient nécessairement en tout ce qui est dit de Dieu immuablement.

„ Il faut maintenant rechercher, par les raisons irrécusables dites plus haut, si le Fils est de l’Esprit Saint ou l’Esprit Saint du Fils. Je dis : de même que, par la raison dite plus haut, ou bien le Père est du Fils ou bien le Fils du Père, et que, semblablement, ou bien le Père est de l’Esprit Saint ou bien l’Esprit Saint du Père, de même ou bien le Fils est de l’Esprit Saint ou bien l’Esprit Saint du Fils. Celui qui le nie, niera aussi qu’il est nécessaire que soit un unique et seul Dieu, ou que le Fils soit Dieu, ou que l’Esprit Saint soit Dieu, ou que Dieu soit de Dieu, parce que de tout cela suit ce que je dis. Plus encore. Le Fils et le Saint Esprit ne sont du Père qu’en étant de l’essence du Père, laquelle est pour Lui unique avec le Fils et le Saint Esprit. Quand donc il est dit que le Fils est de Dieu le Père, si le même Dieu est Père et de Saint Esprit, il s’ensuit, selon l’unité de la déité, qu’il est aussi de l’Esprit Saint. De la même manière, quand nous confessons que l’Esprit Saint est de Dieu le Père, si le même Dieu est Père et Fils, il s’ensuit, selon la même unité de la déité, qu’Il est aussi du Fils. A partir de quoi il est clairement connu qu’ou bien le Fils est de l’Esprit Saint ou bien l’Esprit Saint du Fils, puisque l’une et l’autre éventualités ne peut être vraies ou fausses ensemble.“

„ Il est donc nécessaire que l’Esprit Saint soit du Fils, si l’on peut montrer que le Fils n’est pas d’Esprit Saint. Car, si quelqu’un dit : que le Fils soit du Père et de l’Esprit Saint ne suit pas pas de ce qu’un unique Dieu soit Père et Esprit Saint, même si autre chose n’y est pas opposée, ou bien : que l’Esprit Saint soit du Père et du Fils, ne suit pas de ce qu’un unique Dieu soit Père et Fils, quoique le Fils ne soit pas de l’Esprit Saint ; qu’il considère, Dieu étant de Dieu, qu’ou bien Dieu tout entier est de Dieu tout entier, ou bien une partie d’une partie, ou bien Dieu tout entier d’une partie de Dieu, ou bien une partie de Dieu de Dieu tout entier. Mais Dieu n’a aucune partie. Il est donc impossible que Dieu soit de Dieu comme le tout d’une partie ou bien comme une partie du tout, ou bien comme une partie d’une partie. Et il est nécessaire, si Dieu est de Dieu, que Dieu tout entier soit de Dieu tout entier. Quand donc le Fils est dit être de Dieu, qui est Père et Esprit Saint, ou bien le Père sera un Dieu tout entier et l’Esprit Saint un autre Dieu tout entier, de sorte que le Fils soit du Père tout entier mais non du Saint Esprit tout entier ; ou bien, si le même Dieu tout entier est Père et Esprit Saint, et comme il est de Dieu tout entier, lequel Dieu unique tout entier est Père et Esprit Saint, Il est nécessairement et pareillement du Père et du Saint Esprit, si autre chose n’y contredit pas. De la même manière, quand le Saint Esprit est dit être de Dieu tout entier, qui est Père et Fils, ou bien le Père sera un Dieu tout entier et le Fils un autre Dieu tout entier, de sorte que l’Esprit Saint soit du Père tout entier mais non du Fils tout entier ; ou bien, comme l’Esprit Saint est du Père, Il ne peut pas ne pas être du Fils, si le Fils n’est pas de l’Esprit Saint. Par aucune autre raison, en effet, on ne peut nier que l’Esprit Saint soit du Fils.“

„ Quelqu’un dira : s’il suit – un unique Dieu étant Père et Esprit Saint, et le Fils étant du Père – que le Fils est de l’Esprit Saint, ou bien – l’Esprit Saint étant du Père et le même Dieu étant Père et Fils – que l’Esprit Saint étant du Père et le même Dieu étant Père et Fils – que l’Esprit Saint est aussi du fils ; quand le Père engendre le Fils, il est nécessaire qu’il engendre aussi l’Esprit Saint ; et, quand le Saint Esprit procède du Père, le Fils, en raison de la même unité de la déité du Fils et du Saint Esprit, procède aussi du Père, de la même manière que l’Esprit Saint. Mais, si l’unité de Dieu dans le Fils et le Saint Esprit n’a pas cette force de consécution telle que l’un et l’autre soit semblablement engendré et procédant, on voit que ce n’est point parce qu’un unique Dieu est Père et Saint Esprit, que le Fils est du Saint Esprit, ni parce que le même Dieu est Père et Fils, que l’Esprit Saint est du Fils, comme tu le dis.“

„ A quoi je réponds : c’est de toute façon par le Père que le Fils et l’Esprit Saint tiennent l’être, mais de diverses manières, l’un en naissant, l’autre en procédant, de sorte qu’Ils sont par là autres l’un par rapport à l’autre, comme il a été dit. Pour cette raison, quand l’un naît, avec lui ne peut naître celui qui est autre par rapport à lui du fait qu’Il ne naît pas de semblable manière, mais procède ; et, quand l’un procède, ne peut en même temps procéder celui qui est autre par rapport à lui du fait qu’il ne procède pas de semblable manière, mais naît. Et, si l’unité n’a pas ici cette force de consécution, c’est que fait obstacle la pluralité qui nait de la nativité et de la procession. Car, même si le Fils et l’Esprit Saint n’étaient pas plusieurs en raison d’autre chose, par cela seul Ils seraient différents. Or, quand je dis : du fait que le Père est un unique Dieu avec le Fils ou avec le Saint Esprit, il suit que le Fils est du Saint Esprit ou le Saint Esprit du Fils, n’est ici engendrée aucune pluralité qui ferait obstacle à la conséquence de l’unité, parce que je ne dis pas que l’une et l’autre éventualités soient vraies, mais seulement une.“

„ Par une nécessité tout à fait invincible, on conclut donc, si les affirmations que j’ai dites plus haut et que nous croyons pareillement avec les Grecs sont vraies : ou bien le Fils est de l’Esprit Saint, ou bien l’Esprit Saint est du Fils. Or, que l’Esprit Saint ne soit pas du Fils, c’est clairement de foi catholique. Car Dieu n’est de Dieu qu’ou bien en naissant comme Fils, ou bien en procédant comme Esprit Saint. Mais le Fils ne naît pas de l’Esprit Saint. S’il naît, en effet, de lui, il est le fils de l’Esprit Saint et l’Esprit Saint est son Père. Mais l’un n’est ni le père ni le fils de l’autre. Donc le Fils ne naît pas de l’Esprit Saint. Et il n’est pas moins clair qu’Il ne procède pas de lui, car Il serait l’esprit du même Esprit Saint, ce qui est clairement nié quand l’Esprit Saint est dit et cru Esprit du Fils. Aussi le Fils ne procède-t-Il pas de l’Esprit Saint. Dès lors, le Fils n’étant d’aucune manière de l’Esprit Saint, il suit, par une raison inexpugnable, que l’Esprit Saint est du Fils, tout comme Il est du Père.“

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„ Par une nécessité tout à fait invincible, on conclut donc… “

Claire GRUBE

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