Féminisme : objectification
Grüß Gott !
Noémie, militante antisexiste, réfléchit à une notion, centrale dans la théorie féministe.
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« Donc, d’abord, avant, avant toute chose, on peut entrer, euh, on peut réfléchir à ce que c’est l’objectification sexuelle et essayer de la définir. Alors, c’qui faut, ce qu’il faut savoir, c’est que la notion d’objectification sexuelle, elle est vraiment, euh, centrale dans la théorie féministe. C’est, euh, une notion qui a été, euh, réfléchie, analysée et discutée par de nombreuses, euh, théoriciennes féministes, notamment les féministes, euh, qui luttent, qui luttaient contre la pornographie. Donc, en fait, on pourrait passer, enfin, j’pourrais passer toute la conférence à vous donner, euh, toutes les, euh, définitions par toutes les féministes mais, euh, voilà, j’vais pas faire ça… voilà, j’vais pas faire ça. (…) Alors, comment, euh, qu’est-ce que signifie, euh, cette définition ? Alors, ça veut dire qu’on sépare, on a par exemple une femme, on sépare d’un côté son corps et sa personnalité, et on oublie un peu sa personnalité pour se consacrer uniquement sur son corps. Et en fait, donc, on considère, comme on la réduit à son corps, on considère que son corps, euh, suffit pour la représenter, et plus souvent ce corps, on s’y intéresse, parce qu’il peut être source de plaisirs pour, euh, pour autrui. Donc, euh, si on peut dire les choses plus simplement, donc là, j’ai, j’ai, j’ai, y a, j’vais donner une définition qui, qui est peut-être un petit peu plus simple, qui est : l’objectification sexuelle survient quand une personne est considérée, évaluée, réduite et traitée comme un simple corps, et en particulier, comme un corps qui existe pour le plaisir d’autrui. (…) Donc, le fait que l’apparence physique soit considérée comme plus centrale pour les femmes que pour les hommes, c’est aussi une manifestation de l’objectification sexuelle. Donc, un autre exemple, euh, concret, bon, un autre exemple concret, selon moi, de l’objectification sexuelle, c’est la façon dont les, euh, dont les vidéos, euh, pornographiques, sont catégorisées sur, euh, sur les sites porno. Parce que, très souvent, enfin, ces catégories, en tout cas, une partie de ces catégories correspondent, euh, à, correspondent en fait, à des, à des critères, à des caractéristiques physiques, des femmes qui paraissent, euh, dans ces vidéos. Donc, par exemple, on va avoir la catégorie : gros seins, matures, blacks, beurettes, asiatiques, poilues… (…) Mais, bon, en gros, euh, ces femmes, on les réduit à certaines, euh, à certaines à, à, à certaines parties de leur corps, à certaines caractéristiques physiques. Concrêtement, là, sur ces sites, euh, les femmes sont considérées comme un type d’objet qui peut prendre des formes, euh, différentes, enfin, qui peut avoir des caractéristiques variables, et, euh, et en fait, ces, ces caractéristiques, ces caractéristiques physiques qui sont variables, sont considérées comme, euh, comme des plaisirs, euh, comme des sources, euh, diverses de plaisirs, euh, des sources de plaisirs, euh, de plaisirs divers, euh, pour les hommes, en fait, euh, donc, voilà. (…) J’ai un troisième exemple. Les violence sexuelles, c’est aussi une forme d’objectification, euh, sexuelle. Donc, voilà, ça, c’est un troisième d’objectification sexuelle… (…) Donc, euh, voilà, j’espère, euh, j’espère avoir, euh, vous avoir donné une définition claire… (…) Et, il y a aussi une fragmentation, puisque, en fait, l’objectification consiste, en fait, à séparer le corps de la personne. Donc, ça, c’est une première fragmentation. (…) L’objectification sexuelle est vraiment très mauvais pour la santé mentale des femmes. Donc, notamment, y a des troubles mentaux comme la dépression, les troubles du comportement alimentaire ou l’anxiété, euh, par rapport à son apparence physique qui, euh, qui en fait, en fait, sont en partie, au moins, euh, dû au fait que, euh, les femmes sont confrontées à des images, euh, d’autres femmes, euh, représentées en objets sexuels. On dit plus simplement, ça crée des complexes, mais, euh, c’est pas, euh, les complexes, c’est un terme un petit peu, euh, que n’utilisent pas les chercheurs en psychologie sociale, mais euh, mais en fait, voilà, on dit souvent les complexes, de manière, un peu comme si c’était pas des choses de manières importantes, mais, en fait, ça a des effets assez sérieux sur la santé mentale, quoi, euh, enfin je veux dire, les troubles du comportement alimentaire, euh, boulimie, anorexie, c’est des troubles sérieux. Euh, et bon, là, je parle des femmes, mais, en fait, ça a été montré aussi que les hommes, quand ils sont confrontés à des images d’hommes réduits, euh, à l’état d’objet sexuel, et ben, ça a aussi un effet négatif sur leur santé mental à eux, puisque ça crée aussi une, une forme d’anxiété, des complexes, et cetera. Euh, voilà. Donc là, euh, je vais passer à la deuxième partie, euh, non, à la troisième partie plutôt, euh, qui est plus, qui porte plus, euh, concrêtement sur, euh, les images, euh, d’objectification sexuelle. Et en fait, vous allez voir que quand on parle d’objet sexuel, ce n’est pas une métaphore ou une vue de l’esprit, euh, c’est un phénomène qui a pu vraiment être mis en évidence par les études en psychologie sociale, euh, donc, pour commencer, euh, et pour, enfin, pour, euh, poser une base, ce qu’il faut savoir, c’est qu’en fait, dans le cerveau, le traitement visuel des objets et des personnes n’est pas le même. En fait, les objets, c’est ce que j’ai écrit, je ne sais pas si vous voyez bien, mais en fait les objets, euh, sont regardés comme un ensemble de parties indépendantes, c’est-à-dire que, par exemple, que si vous regardez, euh, une maison, euh, vous allez regardez d’abord la porte, les fenêtres, euh, le toit, la cheminée. Donc, en fait, chaque élément, vous allez regarder chaque élément individuel. Et donc, on parle de traitement visuel analytique. Et, euh, alors, ça fait que, euh, si, euh, vous avez l’image d’une maison et que, on retourne l’image de cette maison, si vous regardez une photo d’une maison à l’envers, en fait, le traitement visuel ne va pas être trop perturbé, parce qu’en fait, ce qui est important, c’est vraiment les éléments pris un par un, donc, bon, euh, vous allez pas avoir trop de difficultés à reconnaître une maison, ça va pas, ça pas changer au niveau du cerveau. Je dis ça, parce qu’en fait, euh, parce que du fait, cet effet d’inversion, le fait que, euh, on regarde, euh, un objet de la même façon à l’endroit qu’à l’envers, c’est important dans les études de psychologie sociale, on dit qu’y a pas d’effets d’inversion. Voilà, y a pas d’effets, euh, y pas de changements au niveau du traitement visuel, que cet objet soit regardé à l’endroit ou à l’envers. A l’inverse, les personnes sont regardées comme un tout, euh, c’est-à-dire, par exemple, alors quand je dis les personnes, ça peut être les visages, mais c’est aussi, euh, les personnes en entier, c’est-à-dire un corps entier avec la tête, euh, donc, quand on dit qu’elles sont regardées comme un tout, c’est-à-dire, si vous regardez un visage, vous allez pas d’abord regarder l’oeil gauche, l’oeil droit, la bouche, le nez, indépendamment les uns des autres, vous allez regarder, en fait, la distance, comment sont placés chaque élément du visage par rapport aux autres. Vous allez regarder si les yeux, euh, sont très éloignés les uns des autres ou pas, vous allez regarder la distance entre l’oeil et le nez, et cetera. Donc, vous allez faire attention aux distances et aux angles entre les éléments. Donc, on parle de traitement visuel configural, et là, du coup, en fait, si vous avez une image, euh, d’un visage, et que cette image est inversée, ça va perturber le traîtement visuel, euh, ça va, le cerveau ne va, ne va pas réussir à analyser, à voir vraiment, euh, enfin, y va y avoir une perturbation au niveau de la configuration. Et ça, ça peut se mesurer, et donc on dit qu’y a un effet d’inversion, et ça, donc, c’est très important, l’effet d’inversion quand on regarde une version, quand on regarde une personne, et l’absence d’effet d’inversion, quand on regarde un objet, c’est très important, parce que il y a beaucoup d’études de psychologie sociale qui se fondent là-dessus, pour dire si on regarde une image comme si c’était un objet, ou si c’est comme une personne. Voilà, bon, j’espère que ça a été, c’est peut être un peu compliqué, j’espère que j’ai été claire et que j’ai bien expliqué. Euh, voilà, donc, euh, donc, voilà, là on peut, ah oui, ce qui est important, enfin, du coup, ce qui est important, ce qui est intéressant aussi là-dedans, c’est qu’avant, j’ai parlé de fragmentation, mais ce qui est, est intéressant, c’est que du coup, quand on regarde les objets, y a une fragmentation littérale, puisque les objets, on les regarde vraiment un, enfin, élément par élément, alors que les personnes, on les regarde comme un tout, donc cette fragmentation, euh, pareil, c’est pas une vue de l’esprit, y a une réalité quand on dit que l’objectification revient à une fragmentation. Voilà. »
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« J’espère que j’ai été claire. »
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Claire GRUBE
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