Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | June 26, 2017

1914-1918: combat à la baïonnette

1914-1918: combat à la baïonnette

Grüß Gott !

Les braves poilus français, aiment à rougir leur arme blanche, du sang des soldats allemands.

Les principes du combat à la baïonnette dans les lignes de repos / André Gaucher / Berger-Levrault / 1915:

„ Le caractère scientifique de cette guerre ne saurait nous faire oublier son caractère héroïque. Ce n’est pas seulement le terrible génie de l’humanité, c’est aussi son âme qui grandit et qui s’élève. Au centre des prodigieux moyens de destruction dont il dispose, le courage de l’homme s’est exalté, justifiant le vers stoïcien et montrant la volonté humaine supérieure à toutes les forces du monde. Seule, sous l’ouragan meurtrier, sous le vent mortel de la bataille, notre nature physique semble d’abord amoindrie. Mais laissez passer la foudroyante rafale, attendez l’accalmie de la tempête d’acier et, de nouveau, l’homme est debout. Regardez-le. Il s’élance. Car cette victoire que la formidable voix du canon appelle pendant des heures, pendant des jours, il sait qu’il la devra saisir de ses mains, sur le corps sanglant et meurtri de l’ennemi, dans cet instant bref et décisif où la guerre moderne rejoint l’épopée et où la baïonnette de nos fantassins s’incline comme la lance des héros de l’Illiade et reflète le même éclair. “

« Qu’on nous pardonne ces formes imagées ; mais elles peignent, avec exactitude, la réalité. En effet, la puissance de notre artillerie, la force de nos explosifs, ne sont que des moyens qui permettent de « déclancher » – c’est le terme militaire – la course rapide du héros, le bond victorieux d’Achille. Que ce soit au pied des Balkans, dans les plaines de Mandchourie ou sur les bords de la Marne, l’expérience de la guerre a mis en évidence le rôle décisif de l’arme blanche. Le canon, la mitrailleuse, le fusil préparent la victoire. Mais c’est la baïonnette qui la décide. A l’heure actuelle on ne conquiert pas un pouce de terrain, on ne prend pas une tranchée, sans qu’on ait fait appel à cette ultima ratio de l’infanterie demeurée la reine des batailles. »

« N’y a-t-il pas là de quoi réjouir des Français ? Nous considérons avec raison la baïonnette comme une arme nationale. Notre instinct nous le dit qui n’est que le sentiment plus ou moins clair de nos merveilleuses aptitudes offensives. Et si ce n’était notre instinct, n’y aurait-il pas l’histoire, en particulier l’histoire des guerres de la Révolution et de l’Empire, qui montre l’éclatante supériorité de nos troupes dans l’emploi de l’arme blanche, l’arme redoutable entre toutes, l’armée des braves ? » (…)

„ Et ce qui est merveilleux pour les esprits qui savent lire dans cette psychologie du combat énigmatique aux profanes, c’est qu’à chacun de ces moments de l’action, correspondent d’admirables qualités du soldats français. Seulement, les unes sont spontanées et les autres ont besoin d’être éduquées.“

„ Ce qui est spontané, c’est ce goût, c’est cet instinct de l’offensive en commun, tout à fait spécial à notre race. La furia francese, vieille comme le sang gaulois, n’est pas un vain mot. C’est un phénomène ethnique d’énergie collective. « Mes hommes, lancés en avant, me disait un des plus glorieux héros de l’Argonne, le général Malterre, partaient comme des fous et revenaient grisés, les baïonnettes rouges jusqu’au quillon, racontant des choses extraordinaires ».“ (…)

„ Et il paraissait impossible de combler cette grave lacune de notre entraînement à l’arme blanche. Car, enfin, la plus grande partie de nos soldats se trouvait sur le front. Ils se servaient tous les jours de la baïonnette. S’en servaient-ils bien ? Oh ! cela ne faisait pas de doute. Il suffit pour répondre à la question, de connaître la popularité de «Rosalie». Mais, ne pouvaient-ils s’en servir mieux ?

Ceci, c’est autre chose. Quelques-uns de nos lecteurs, sans doute, ont visité le champ de bataille de la Marne. Aucun d’eux n’a-t-il rencontré, sur l’immense charnier, un de ces couples terriblement fixés dans le geste réciproque de la mort. Ils sont nombreux, trop nombreux ces « coups doubles » dont la fréquence souligne l’élan, la fougue, le courage, et prouve aussi, hélas, l’inexpérience. “

„ D’autres échos parvenaient du front. Nous n’ignorions pas quelle curiosité des multiples secrets du combat poursuivaient nos braves dans ces lignes de repos où il n’est pas si facile, tous les poilus le disent, de s’affranchir de l’obsession de la bataille. Ici, on étudiait la parade du coup d’assommoir familier des Boches avec la crosse.“

„ Là, on s’entraînait, au moyen de sacs de son, à acquérir cette détente sèche, appuyée par le poids du corps, qui crève d’un seul coup la peau, cette peau humaine dont l’incroyable résistance surprend toujours les novices. Ailleurs – car ce n’est pas tout d’entrer, il faut ressortir – on s’évertuait à trouver le tour de main indispensable pour retirer brusquement la terrible lame quadrangulaire sur laquelle, paraît-il, les lèvres de la blessure coïncent très souvent, forment ventouse. Des parades, des bottes, des procèdes particuliers, des trucs employés dans le corps-à-corps, voilà certainement ce qui intéressait, ce qui passionnait nos « poilus », pendant leurs heures de loisir, au moins autant que la manille. “

„ Et nous en avions la preuve, lorsque, parfois, dans ces milieux parisiens où des éducateurs passionnés préparaient nos « Marie-Louise » la jeune classe 1915, à ces charges à la baïonnette, qu’elle vient d’exécuter si brillamment sur le front, nous voyions paraître quelque blessé convalescent. Il s’intéressait au travail, posait des questions : « Que feriez-vous dans tel cas ? Dans tel autre ? Voyons, par exemple, comment se débarrasse-t-on de deux adversaires ? » Et, c’était toujours l’invariable réponse : « Prenez donc le fusil d’étude, le masque, tenez, vous allez voir ! » Il repartait, ravi, en possession de quelques coups, absolument sûr de lui-même. Et nous songions avec tristesse : « Oui, mais les autres., tous les autres, comment font-ils ? Comment peuvent-ils s’entraîner ? Ah ! si nous pouvions y aller ! Si nous obtenions l’autorisation d’apporter aux hommes les outils nécessaires avec la manière de s’en servir. Après, cela irait tout seul. Nos gars sauraient bien se débrouiller. » “

„ C’est ainsi, qu’est né l’idée du Comité du « Combat à la Baïonnette ». Elle consiste à mettre à la disposition des soldats dans les « lignes de repos » où ils se reposent et où ils louent les éléments d’un jeu nouveau, d’un sport à la fois passionnant et utile qui, tout en distrayant les hommes, multiplie rapidement leur valeur combative. Nos soldats, jouent aux quilles, au foot-ball, aux barres. Et bien, pourquoi ne joueraient-ils pas à La baïonnette ? “

„ Cette idée très simple, qui n’est pas, comme on le voit, une grande pensée, mais qui, inspirée par la sollicitude pour nos soldats, par le souci de ménager leur vie, a ceci de commun avec les grandes pensées chez nous, c’est qu’elle vient du cœur… (…) “

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« N’y a-t-il pas là de quoi réjouir des Français ? »

Claire GRUBE

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