Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | June 13, 2017

Féminisme: la foune et la flore

Féminisme : la foune et la flore

Grüß Gott !

Une féministe révolutionnaire, mais pas vulgaire, se penche sur un problème de fond.

Pourquoi je suis chienne de garde / Isabelle Alonso / Laffont / Paris / 2001:

« A vingt ans, j’avais une très belle vulve ; aujourd’hui, je me rends bien compte que les lèvres et lymphes sont un peu pendantes. »

„ A quel point de perversion faut-il parvenir pour que l’aspect éventuellement pendouillant d’un bas-ventre soit caractéristique d’un sexe… féminin ! Si quelqu’un pendouille de l’entrecuisse, c’est quand même pas nous ! Notre sexe était jusqu’à maintenant le seul spot de notre anatomie qui ne nous valait pas de complexes, inexistant comme on nous le décrivait (envie du pénis par manque d’organe, rappelez-vous). Et voilà que l’émergence de la chatte littéraire nous conduit directement à l’angoisse ! Quoi ? Ça pend ? On va finir par nous vendre des cosmétiques fermeté de la lèvre, des onguents souplesse du clitoris, des lotions netteté de la fente ! Et, pour finir, de la chirurgie esthétique lifting du minou, abricot siliconé, sourire vertical liposucé ! J’arrête, ça m’excite ! “ (…)

Même pas mâle / La révolution clandestine / Isabelle Alonso / Laffont / Paris / 2008:

« Slip en danger ! »

« Au début, on a du mal à saisir le propos. Les pandas sont en danger. Bon. La banquise est en danger. Ok. L’équilibre budgétaire est en danger. Nothing new. Mais le slip en danger ? En danger de quoi ? On sait pas au juste. Qu’est qui peut bien menacer un slip ? Quel est le risque de mener une vie de culotte ? Le slip est en contact soit avec l’air, quand on est en jupe, soit avec le pantalon quand on ne l’est pas. Le danger viendrait de la pollution atmosphérique. Faut pas exagérer, le slip est plutôt moins menacé que la cravate. Du frottement du pantalon ? Le slip est pas chochotte à ce point-là, même la dentelle est solide de nos jours… »

« Bon Dieu mais c’est bien sûr ! Suffit de retourner le problème ! La foufoune ! C’est elle qui menace ! Il y a péril en la culotte ! Plaqué contre une chatte toute la journée, un rêve pour beaucoup d’hommes, mais un cauchemar pour un slip de femme. Quelle angoisse. S’il avait su, il aurait fait napperon, ou col Claudine… Il était mal, le pauvre, branché direct sur le berlingot. Il crie au secours, le malheureux ! Il y a urgence ! Heeelp ! Déchirant, le cri du slip le soir au fond des bois… C’est comme ça qu’on a inventé le protège-slip. Il était temps. »

« Protéger contre quoi, au fait ? On croit le deviner. Le sourire vertical a sa façon à lui d’écumer, figurez-vous. C’est un milieu humide, émotif, vivant, et autonettoyant… Il dépose parfois quelques microgrammes irisés de nacre ou de désir au creux du textile. Rien que de très normal, ni plus ni moins incommodant que la salive… S’en « protéger », vexation lingère, mortification supplémentaire… Les plus naïves, déjà déstabilisées, déjà accros au déo à minou, n’ont qu’un petit pas à franchir… »

« Elles se fourbissent donc le calbute avec un protège-slip classique, de bon aloi. Always garnie, jamais prise au dépourvu. Son slip sera bien propre ce soir quand il arrivera dans le linge sale. Logique imparable. Et si elle met un string, pas de problème, ils ont pensé à tout ! Le protège-string, ça existe. Et même, version sexy, le protège-slip noir. Quel progrès ! C’est hallucinant ! Des siècles de civilisation pour en arriver à ce raffinement sublime, finesse ultime de l’Occident ! Qu’est -ce qu’on pourrait bien élaborer de plus subtile qu’un string noir ? Et bien, on peut. Le génie marketeur n’a pas de limite. Au-delà du miniprotège-string, au bout du raisonnement, on trouve le micro, encore plus petit, pour le micro string. Et pour celles qui ne portent pas de culotte ? Laisseraient-ils un segment de marché leur échapper ? Ils vont bien trouver le moyen de nous concocter un confetti autoadhésif, fluo ou translucide, à se coller sur la case trésor histoire de meubler, de mettre de l’ambiance… Ça pourrait clignoter, ou faire de la musique, un truc créatif, inattendu, enfin du nouveau du côté de la chatte. On commence à l’avoir beaucoup vue, elle va finir par lasser. »

« Quand les anglais débarquent, il faut redoubler de vigilance. Sécurité, protection, fuite, tout un vocabulaire pénitentiaire pour encadrer le phénomène… C’est plus une foune, c’est une prison. Faut du système d’alarme, de la surveillance, du contrôle pour endiguer ce flot impur qui nous abreuve le sillon. Malédiction, saleté, souillure irrémédiable qui fait tourner la mayonnaise, faner les fleurs et interdit d’aller à la piscine. A croire que la nature nous déteste, nous stigmatise, nous en veut. Pour un peu, on crierait à la persécution ! En vrai, y a pas de quoi en faire un pataquès. C’est du bon sang, pas du sang sale et encore moins du sang honteux, c’est le messager de l’oyygène, celui qui bout, celui qui ne fait qu’un tour, celui qui circule. C’est le sang de la vie. C’est le berceau initial du bébé qui ne naîtra pas. C’est du sang joli. Seules celles qui espèrent être enceintes peuvent légitimement y lire du négatif. Pas dans le sang lui-même, mais dans la déception qu’il signifie. Or une femme est plus souvent pas enceinte qu’enceinte, surtout dans nos contrées. C’est le seul sang écoulé qui ne vient pas d’une blessure, même si de très vieilles langues de vipères ont chanté le contraire et, comme Alfred de Vigny, maudit La Femme, enfant malade et douze fois impure. Le sang des règles, c’est juste la secrète correspondance entre la lune et nous, qui signale que tout va bien, qu’un jour, si on veut, quand on veut, une promesse de bébé gardera le sang à l’intérieur pour faire grandir l’enfant bien à l’abri… Ce n’est pas une malédiction, c’est, au contraire, la plus réconfortante des bénédictions… »

« Dans la rue, dans la foule, dans les files d’attente ou parmi les passagers d’un train, un individu féminin sur douze, y compris les bébés et les mamies, une femme sur quatre, entre puberté et ménopause, est frappée par l’inavouable anathème. Ça n’a rien de rare, rien d’exceptionnel. Mais faut que personne se doute. Faut pas que ça se sache, et surtout, surtout, faut pas que ça se voie. Gare à la tache qui trahirait. On se fourre des tampons super-plus que « s’ouvrent en corolle à l’intérieur du corps pour une absorption parfaite en un sentiment de propreté extrême », ouf… Extrême, la propreté, c’est promis. Soulagement. Mais on n’est jamais trop prudente, on en rajoute dans la protection du slip, plus en danger que jamais. Le souffle court, les sens en éveil, on se colmate l’entrejambe, en fixant, d’un geste sûr, un gadget réconfortant, merveille technologique, exprès pour, avec des ailettes sur les côtés ajustables par pression, qui assurent une sécurité tous azimuts, pas de fuite, pas de nuage radioactif, pas de guerre mondiale, rien ! Tranquille ! Ouf ! On l’a encore échappé belle, jusqu’à la prochaine fois… » (…)

« Nous savons tous qu’un corps humain privé d’hygiène ne met pas hyperlongtemps à émettre des signaux olfactifs parfaitement incommodants, c’est une évidence ! L’urbaine carcasse, pressée, stressée et habillée, glisse facile vers le nauséabond. Pour peu qu’on prenne une douche par jour, avec une intervention raisonnable de savon de Marseille, on reste dans l’olfactivement correct. Pour vingt-quatre heures et pour pas cher… Et si on fait une pause gymnase, on recommence, ça suffit amplement… Mais par ces temps de globalisation, mondialisation, marchandisation et tout libéral, il est urgent de dépenser plus pour sentir pareil ! Le matin, un petit pschitt de mousse dans les muqueuses, pour quelques centimes d’euros, et hop ! fraicheur assurée ! Enfin, temporairement ! Pour deux heures seulement… Au-delà de cette limite, votre ticket de métro secret émettra de nouveau. C’est qu’elle y met du sien, la case-trésor, c’est du non-stop… »

« Rassurez-vous. Vous n’aurez pas à rentrer précipitamment six fois par jour chevaucher votre bidet. Ils ont pensé à tout, les déchatiseurs d’ambiance. Ont inventé des lingettes que vous pouvez enfouir au fond de votre sac à main. Une toutes les deux heures, faites le compte, il faut prévoir un budget spécifique. Et penser à regarder sa montre, pas laisser le moment où ça se remet à fouetter. Que les gynécos assurent que le résultat de cette hyperhygiène est une fragilisation du terrain et une réceptivité accrue aux infections, labos et pharmaciens s’en foutent. » (…)

« Il est à noter que chaque femme possède sa propre odeur suivant son état d’excitation, de l’étape du cycle menstruel et de propreté. » (…)

« En tant que pratique sexuelle orale, le cunnilingus demande une bonne hygiène des deux partenaires. Si malgré une hygiène irréprochable le partenaire se sent rebuté par l’odeur de la vulve, l’utilisation de lubrifiants aromatisés peut être une solution. De plus, l’épilation partielle ou totale du pubis évite à celui ou à celle qui prodigue le cunnilingus d’ingérer des poils. » (…)

*****************************

« Heeelp ! »

Claire GRUBE

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