Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | May 20, 2017

Excision: acceptation matriarcale

Excision : acceptation matriarcale

Grüß Gott !

Des mères excisées et résignées, victimes puis bourreaux, mutilent leurs filles, terrorisées et forcées.

Le viol des viols / Pierre Leulliette / Laffont / Paris / 1980:

„ Car cette acceptation féminine de l’infibulation et de l’excision est en fait massif, étant bien entendu que c’est aussi pour les infliger à ses enfants qu’on les entérine et même qu’on les souhaite – et qu’eux, les enfants, ils n’ont évidemment pas droit à la parole, ce „détail“ n’est pas négligeable.“ (…)

„ Le phénomène est universel. La question des mutilations sexuelles féminines ayant été évoquée en octobre 1978 au Congrès de Berlin de „ l’Association internationale des femmes médecins“, savez-vous, me dira le Dr El Sayed Mirghani, qui s’est opposé massivement à ce qu’elle soit portée à l’ordre du jour ? Et bien. Le groupe des femmes. Mais oui… des femmes noires. Toutes médecins ! “ (…)

„ Et pourquoi ce véto radical des Africaines ? La clitoridectomie, dirent-elles, relève de pratiques rituelles. (…) Comment peut-on couvrir, étant femme, du voile du „rite“, l’agression et la torture de ses propres congénères ? Mystère de „l’âme“ féminine ? “

„ Cet extraordinaire masochisme féminin est multiforme. Il s’extériorise jusqu’au cours de „l’opération“ même. “

„ Qu’on en juge :

„“ Les autres néophytes, debout, attendent leur tour, raconte Boris de Rachewiltz, tandis qu’une femme agée se tient debout à côté de la patiente, un fouet à la main. Chaque fois qu’un clitoris est tranché, les femmes les plus âgées crient leur joie, la mère et les soeurs de l’initiée s’approchent d’elle en hurlant et la poussent à danser, malgré l’abondante hémorragie…“

„ Un fouet. Tenu par les femmes.“

„ Des cris de joie !“ (…)

„ Annie de Villeneuve, la première africaniste avec Jacques Lantier à avoir osé parler clairement de ces horreurs, souligne de la même façon le rôle actif des femmes. Et ce sont des êtres comme ivres d’un instinct de cruauté que leur tête ne paraît pas avoir pu refouler qu’elle nous décrit:

„“La gedda ou matrone, qui vient d’aiguiser son couteau sur le rebord du tabouret, s’accroupit à la turque devant l’enfant. Aucune nervosité n’animera ses mains, aucume émotion ne précipitera son ouvrage barbare. Il faut du temps. Elle le sait et ne se pressera pas. L’excision décidée, elle incise, suivant une courbe, le capuchon du clitoris qu’elle détache soigneusement ! Fouillant ensuite dans cette plaie avec ses doigts et détachant les parties adhérentes, elle tire sur le clitoris jusqu’à ce qu’ apparaissent la fourche et la racine de l’organe.““ (…)

„ L’excision terminée, la gedda marque un temps d’arrêt, durant lequel les femmes ont le droit de s’assurer que tout est bien enlevé – ce qu’elles ne manquent pas de faire, tirant sur la plaie, la palpant de leurs doigts sales et se tachant les mains de sang. “

„ La mère, qui assiste à cette torture, a plus qu’une autre naturellement le droit de le faire et de donner son avis. Sur un geste d’elle, la gedda reprend son travail.“ (…)

„ Leur cruauté envers leur propre fille ne paraît-elle pas être sans défaillance et comme venue du fond des temps ? “

„ Femmes somalies, répondra l’une d’elles, toujours souffrir. Souffrir pour fermer, souffrir pour ouvrir, souffrir pour gagner petit.“ (Mettre au monde). Mais pourquoi toujours aussi… faire souffrir ? La lancinante question se pose d’elle-même. Même si, quand on est si malheureux on a quelques excuses à être bizarre. “

„ Forcenées qu’elles sont à perpétuer ces rites écoeurants, serait-ce pour se protéger que ces femmes décevantes et déçues tuent délibérément en elles, puis en leurs filles, toute sensibilité.“ (…)

„ N’empêche ! On les verra tout de même défendre ces „traditions“ destructives avec acharnement – certaines visiblement incapables de saisir de quelles abominations elles en arrivent à être simultanément coupables et victimes ! Et elles trouvent ça naturel, normal. C’est ça leur „culture“ ancestrale ! Elles y tiennent. Incapables qu’elles sont devenues de se torcher le cerveau d’une aussi cruelle imbécillité, elles sont alors sous l’empire de ce „sommeil du jugement“ (…) Pour eux, la seule chose qui compte, c’est l’accomplissement de certains actes traditionnels, le contact gardé avec le passé. “

„ Pour être tout à fait complet, il faut aussi se poser la question : cet acharnement à perpétrer le pire ne serait-ce pas également de leur part une sorte de vengeance, une rancune, la crainte subconsciente que la nouvelle génération échappe au destin tellement cruel qu’on a soit-même subi ? “

„ C’est ainsi que si vous demandez aux traditionnalistes qui, parmi ces femmes, sont pour le maintien total des mutilations, pourquoi elles y tiennent tant, elles répondent d’abord : „ Je le fais sans chercher à comprendre. Si on le fait, c’est que c’est bien pour la femme.“ (…) Puis, si vous insistez, elles ajoutent : „ Mutilée, je l’ai été moi-même. Et je ne m’en porte pas plus mal. Je ferai donc exciser mes filles.““

„ Awa Thiam (…) après avoir aussi démontré, du bout des lèvres, la férocité des mères africaines, fanatiquement attachées à ces mutilations auxquelles elles immolent, l’âme sereine, leurs enfants hurlant de terreur, ajoute sans sourciller : „ Mais c’est surtout par les femmes que certaines coutumes ont été maintenues. Rendons-leur hommage. En effet, étant les éducatrices de leurs enfants, nos aînées, nos mères ont été et sont encore de nos jours amenées à véhiculer et inculquer à leurs enfants non seulement certaines croyances et mythes mais aussi un esprit d’adhésion aux coutumes…“

Bioéthique et excision en Afrique / Sciences sociales / Marcel Kouassi / Editions Connaissances et Savoirs / 2016:

„ Le désir de domination est propre à la nature humaine et non à un genre. Car dans le cas de l’excision, il est apparu que des sociétés traditionnellement matriarcales ou matrilinéaires au sein desquelles les pouvoirs, sources de multiples formes d’oppressions et de dominations, sont détenus par les femmes, l’excision persiste encore. “

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„ Mystère de „l’âme“ féminine. “

Claire GRUBE

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