Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | March 11, 2017

Villa Susini: torture des femmes

Villa Susini : torture des femmes

Grüß Gott !

Les militaires français, pendant la guerre d’Algérie, interrogent les prisonnières. Collectivement.

Youtube.com / Les viols pendant la guerre d’Algérie / Aussaresses / Vidéo / Internet:

« Les femmes arrêtées pendant la guerre d’Algérie étaient traîtées de la même façon que les hommes, madame ! »

« Est-ce que ça veut dire qu’elles étaient torturées de la même manière que certains hommes ont pu être torturés ? »

« Certainement, madame ! »

« Les femmes étaient-elles violées au cours de ces interrogatoires ? »

« Jamais, madame, jamais ! »

Youtube.com / Algérie / Torture et viol / Vidéo / Internet:

« Ça a commencé par des gifles, des coups de poing, et puis des grossièretés, avec que des noms d’oiseaux. Mais, et puis après, monsieur a débordé, il a, il a, il commettait l’innommable… le viol, c’est tout, d’une façon très violente, c’est tout, c’est beaucoup. C’est pour cela, je ne lui pardonnerai pas, c’est de l’humiliation, c’est pire ça (…) je m’attendais à tout cela, mais pas au viol. »

Youtube.com / Maurice Audin / Mémoire et vérité / Vidéo / Internet:

« Albert Nallet, enseignant:

« Moi, je me souviens avoir assisté à des tortures, à des tortures de femmes, hein… tortures à l’eau, et aussi au viol des filles. »

La villa Susini / Tortures en Algérie / juin 1961-mars 1962 / Editions Tiresias / Henri Pouillot / 2001:

« Il y avait généralement moins de femmes retenues, mais leur traitement était identique à ce sujet, et très souvent elles étaient dans des cellules avec les hommes. »

„ Mais à la Villa Susini, pour les femmes qui y étaient amenées (…) le traitement était très différent en fonction de l’âge et des circonstances dans lesquelles elles avaient franchi le portail. Si elles arrivaient simplement à la suite d’une rafle de routine, après un attentat, tout dépendait de leur âge et de leur physique. Si, en gros, elles avaient dépassé la quarantaine, elles pouvaient espérer ressortir relativement rapidement et sans trop d’agressions sexuelles. Les menaces simplement étaient employées. Il pouvait arriver que l’une d’elles soit violée, mais c’était assez rare, et généralement pas de façon collective.“

„ Si une femme arrêtée était soupçonnée sérieusement d’intelligence avec le FLN, par le lien familial, voisinage… les interrogatoires commençaient, dans un premier temps, par les menaces limitées à ces agressions. Dans un second temps ils continuaient devant des hommes, leur mari, d’autres détenus, jusqu’à ce qu’elle parle, donne les informations qu’elle connaissait. Si cette phase d’interrogatoire avait été infructueuse, elle assistait, en direct, à une séance de torture sur un homme. “

„ Dès que la table avait été libérée, progressivement, elle commençait à se trouver dévêtue, menacée de subir le même traitement, devant les détenus qui pouvaient la voir par les interstices des portes des cellules. Et l’enchaînement démarrait. Et les tortures étaient aussi systématiques que pour les hommes : coups, électricité, eau, couteau, viols… Les viols par l’anus étaient rares. Surtout avec l’électricité, les seins étaient trés visés. Le second fils sur le téton déclenchait des convulsions, des cris vraiment insoutenables. J’ai vu aussi „ dessiner “ des fleurs en pratiquant des brûlures autour du mamelon. Le sexe, avec le vagin et le clitoris, était également très souvent la cible de traitement odieux, avec certainement des séquelles physiques très sérieuses, en plus du traumatisme des ces viols.“

„ Par contre dès qu’une femme était arrêtée, si elle avait entre seize et trente ans, mariée ou non, et en plus, surtout si elle avait un joli corps, elle avait toutes les chances d’être violée par presque tous les militaires de la Villa. Le plus souvent ces femmes passaient la journée dans la cave et quelques nuits dans des chambrées avec les militaires. Nombre d’entre elles n’étaient amenées à la Villa que pour cela. Souvent elles restaient plusieurs jours, deux ou trois, parfois même plus, et elles pouvaient être obligées de subir jusqu’à une trentaine de rapports consécutifs.“

„ Rares étaient les semaines où il n’y avait pas eu une ou plusieurs femmes pensionnaires seulement pour assouvir les besoins sexuels de la troupe. Il arrivait même que des soldats basés dans un autre cantonnement, et qui venaient pour une raison quelconque nous voir, profitent du défoulement. Pour la majorité des appelés, on peut dire que c’était le moment de distraction de très loin le plus attendu. C’était la satisfaction sexuelle, et très souvent l’enjeu de paris.“

« Le commandement savait très bien que cette pratique se déroulait, il l’encourageait, de fait. Il considérait que cela comportait deux avantages, la satisfaction des hommes, et l’humiliation de ces femmes. C’est donc entre une soixantaine et une centaine de femmes qui ont dû subir ces viols collectifs, seulement pendant les dix mois où j’ai séjourné dans cette Villa. Ces pratiques, le plaisir qu’ont pu prendre certains appelés, font qu’il leur était difficile de parler de cela dans leur entourage en rentrant après ce séjour. »

La torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie / 1954-1962 / Raphaëlle Branche / Gallimard / 2001:

« Toutefois les violences faites aux femmes présentent des caractéristiques sexuelles évidentes et le viol est une technique de torture répandue. Il s’agit surtout de pénétration réalisée au moyen d’objets, morceau de bois ou bouteille de verre. Le viol apparaît ici sous son vrai visage : le vagin des femmes est un nouveau lieu pour appliquer la douleur, une porte par laquelle la violence peut faire effraction. Avocate des premières heures des nationalistes algériens Gisèle Halimi a défendu beaucoup de femmes engagées dans cette lutte. Questionnée sur la pratique du viol, elle précise : « Je m’imagine pas une femme arrêtée, qu’on ait questionnée, qu’on n’ait pas violée. Je n’en ai pas vue une… toutes celles que je défendais l’on été. » (…)

« Les tortures électriques ont déjà abimé ses parties génitales quand elle [Djamila Boupacha] est jetée à terre, nue, « les bras relevés et maintenus au sol ; une bande de toile la serrant à la ceinture » tandis qu’on lui « introduit successivement dans le vagin le goulot d’une bouteille de bière et une brosse à dent ». » (…)

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« Jamais, madame, jamais ! »

Claire GRUBE

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