Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | February 13, 2017

Féminisme: imbroglio conceptuel

Féminisme : imbroglio conceptuel

Grüß Gott !

Priscille, féministe anthropologue, rigoureuse et vigoureuse, pense la question du concept du Sexe et du Genre.

Sup-numerique.gouv.fr / Colloque / Jeunes chercheuses / Femmes, féminisme, recherches / CNRS / Priscille Touraille / Vidéo / 2012 / Internet:

„ (…) Sexe et Genre, aujourd’hui, des concepts à clarifier, à repenser, et je vais m’adresser, tout d’abord, à Priscille Touraille qui a souhaité intervenir prioritairement sur cette question, puisqu’elle mène un travail d’épistémologie critique qui porte sur l’usage des concepts de Sexe et de Genre en sciences sociales, mais aussi en sciences du vivant, et donc on a pu l’entendre, à l’occasion des ateliers, prôner une redéfinition plus rigoureuse des concepts, et donc on va discuter avec elle de la manière dont on peut sortir de ce qu’elle a appelé, je cite un titre d’un de vos articles : l’imbroglio conceptuel.“

„ Merci Thérèse. Euh, effectivement, moi, je, euh, je vais principalement parler de cette, euh, enfin, premières trois questions, je vais, je vais, peut-être un peu plus longuement, donc, c’est, c’est pour moi la question prioritaire, et je vais essayer de répondre, euh, à la fois, à cette, euh, à cette question sur les notions de sexe et genre, est-ce qu’on doit, euh, les utiliser, euh, l’un pour l’autre, ou l’un avec l’autre, ou que l’un doit disparaitre au profit de l’autre ; et, et en même temps, j’ai envie de traîter de la question, euh, de la Table ronde, de la question générale qui est, euh, le genre, et après, et, et voilà, et de, d’essayer à travers, enfin, de, de montrer quelles, quelles seraient pour moi les questions qui manquent un petit peu dans le champ des études de genre actuellement ; et j’ai, j’ai envie de rebondir sur ce qui a été dit ce matin, dans la première Table ronde, à propos de, euh, ce, de cet, de ce problème avec le concept de genre, notamment l’idée qu’il effacerait les rapports de, les rapports de pouvoir, hein, et moi la question que, euh, bien évidemment, moi j’suis très très sensible à cette question, hein, je viens du féminisme, enfin, j’ai été formée au féminisme matérialiste, mais, euh, je me demande euh, de plus en plus, si c’est les rapports de pouvoir qu’il faut penser en priorité, ou est-ce, est-ce que c’est les moyens de, de ces rapports de pouvoir qu’il faut penser, à savoir la catégorisation elle-même, c’est-à-dire, euh, l’idée que, euh, qu’il y a des hommes et des femmes, des filles et des garçons, des fils et des filles, des pères et des mères, et cetera ; et, parce que pour moi penser la catégorisation, c’est penser, euh, l’obligation, euh, à se définir, euh, par son sexe, hein, l’obligation à se définir par sa fonction de reproduction, et là je dis – obligation, donc je marque, je marque, euh, le problème, donc, qui se pose, à mon avis, dans les sciences sociales, par rapport à la pensée commune, qui, euh, qui affirme que, justement, ce n’est pas une obligation, et que ce serait donc une catégorie nécessaire, issue, issue de la nature, et cetera ; et donc, pour moi, penser le, penser le genre, c’est, euh, en priorité, penser le biologique, donc penser le sexe ; qu’est-ce qui est, euh, qu’est-ce c’est que cet, euh, que ce biologique qui rend, justement, pour la pensée commune, les catégories, euh, homme ou femme, euh, nécessaire ; alors bon, moi je me suis intéressée à des questions, euh, à des questions sur, effectivement, questions dont j’ai parlées hier sur les caractères, très sexués, mais là, je pense de plus en plus que le biologique important dans la question pour la pensée commune, c’est, euh, c’est la question comme il a été évoqué tout-à-l’heure dans la table ronde, euh, sur l’atelier, dans l’atelier-école primaire à l’école du genre, c’est la question de l’origine biologique des comportements, c’est-à-dire que pour la plupart des gens, euh, l’hétérosexualité, euh, c’est quelque chose de normal, parce que les gens sont naturellement, euh, les hommes sont naturellement attirés par les femmes et inversement, à cause justement du phénomène de la reproduction, et, et donc, les catégories homme-femme, je pense que le coeur de la, le coeur de la catégorisation du genre, c’est que, c’est que les hommes et les femmes sont légitimés par la, par le fait qu’il faut se reproduire, et ça c’est une question qui est, euh, qui est pas posée dans les sciences sociales, la question de la reproduction, pourquoi il faut se reproduire ?… voilà, et c’est un peu, euh, (rire) … oui, on la trouve jamais cette question, hein ? on pense, ah ben, c’est l’espèce, c’est machin, enfin, on a des raisonnements finalement très, très, dans les sciences sociales et dans les études de genre, qui sont quand même à la pointe du raisonnement critique, euh, on n’a pas, euh, on n’a pas, on ne pose pas cette question, et, et, je, je pense donc qu’il faut, euh, remettre cette, euh, cette heu, cette croyance en question avec un, une, une étude et puis un dialogue avec les sciences de la vie qui pensent aussi ces questions, c’est-à-dire qu’il faut voir ce que la pensée commune pense que ce que c’est que le biologique, et ce que c’est que les sciences de la vie pensent ce que c’est que le biologique, et, et notamment le rapport entre sexualité et procréation, quelles sont les théories des sciences de la vie sur ces questions, et c’est, cest pas du tout ce qu’on en dit, euh, enfin, dans, par exemple, dans le manuel des études de genre, c’est beaucoup plus compliqué que ça, et je pense qu’il y a des leviers à l’intérieur même des sciences de la vie pour penser ces questions ; et, heu, et une question qui est, qui est aussi singulièrement absente du questionnement dans les études de genre ; moi j’ai travaillé sur le dimorphisme sexuel, donc les différences de couleurs, enfin, dans le monde vivant, et une question qui m’apparaît, euh, très, enfin, qui moi me taraude, et qui, qui là non plus, n’est pas, euh, n’est pas posée par, par les études du genre, c’est : qu’est-ce que c’est, pourquoi il y a cette différence d’apparence, euh, pourquoi on construit cette apparence différenciée entre les hommes et les femmes, ne serait-ce qu’au niveau du vêtement ? alors, bon, on va répondre, oui, c’est pour marquer le sexe, hein, mais est-ce que c’est pas plus compliqué que ça ? est-ce que c’est pas, justement, pour, euh, enfin, ça c’est la question que je me pose en ce moment, est-ce que ce serait pas pour, justement, créer des érotiques différenciés, donc créer finalement cette attirance entre les hommes et les femmes ? donc, on, on dit, effectivement, euh, euh… (soupir) … je perds un peu le … , oui, parce qu’il y avait, je voulais parler de Godelier, euh, un problème de, de, de la, de le, la, le, le, l’intervention, euh, écrite de, de Maurice Godelier, bon, qui est un grand patron dans l’anthropologie, dont j’admire beaucoup les premiers travaux, enfin ce qu’il a dit, quand même, hier, dans sa communication, c’était pour moi, quand même assez énorme, il a dit : oh, ben, les différences entre les hommes et les femmes, c’est très bien ; donc, qu’elle est sa critique de, qu’elle est sa critique de, de, de, du dispositif de genre comme dispositif d’obligation à la procréation, et donc qui passe évidemment par l’hétérosexualité, et euh, et euh, dans un, dans une émission de, de radio le jour d’avant que que, où il parlait, il disait que l’hétérosexualité, mais bon, c’est une stratégie argumentative pour lui, évidemment, pour soutenir quand même les, les projets de loi actuels, mais, euh, il dit que l’hétérosexualité va durer, enfin ce sera toujours là… (rire)… donc, oui, il disait ça à la radio ; donc, voilà, les, je vais m’arrêter là, parce que, évidemment, je prends du temps aux autres, mais je pense que, voilà, l’une des questions, l’une des questions je pense cruciales dans les études, euh, que toutes les sciences sociales – sociologie, anthropologie, science de l’éducation, histoire, enfin, tous, prendre à bras-le-corps, et, euh, avoir beaucoup d’interdisciplinarités dessus, c’est cette question de : comment on construit, euh, comment on construit le, les érotiques différenciés, et donc, c’est un moyen pour contrer justement les sciences de la vie, euh, pour que, qu’on le, qu’on le montre de manière très fine et très rigoureuse, comment ça se construit, et là il y avait des ateliers magnifiques sur la construction dans la France, et, et c’est, c’est, je pense, en, en montrant très finement, comment, comment ça se fait qu’on peut contrer justement l’argument biologique de l’attirance, entre guillemets naturelle, entre les hommes et les femmes. Voilà, excusez moi, j’suis un p’tit peu, euh… “

***********************************

„ merci beaucoup “

Claire GRUBE

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

Categories

%d bloggers like this: