Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | January 16, 2017

Algérie: répression française

Algérie : répression française

Grüß Gott !

La répression française, à Philippeville, pendant la guerre d’Algérie, dépasse la sauvagerie algérienne.

Youtube.com / Philippeville / 20 août 1955 / Roger Vétillard / Video / Internet:

„ 200, 1.200, 12.000 morts algériens : les chiffres valsent en une macabre comptabilité. La férocité de la répression dépasse en démesure la sauvagerie des massacres. Comme dix ans plus tôt à Sétif, la loi du talion est démultipliée : dix, cent Arabes sont exécutés pour un Européen assassiné.“

„ 71 Français d’Algérie sont enterrés à Philippeville. La stratégie de Zighoud Youcef, chef régional du F.L.N., a réussi. Désormais, entre les deux communautés, la fracture entre les deux communautés est irrémédiable. La guerre d’Algérie a dépassé un point de non-retour. “

Saint Michel et le Dragon / Souvenir d’un parachutiste / Pierre Leulliette / Editions de Minuit / Paris / 1961:

„ Philippeville “

„ Depuis plusieurs semaines le bruit courait que les rebelles allaient tenter un grand coup. Nous, on n’y croyait pas, ne les ayant jamais vus qu’en montagne “ (…)

„ On était donc bien tranquille, le matin du 20. Et nous dormions encore tous à la caserne – étant rentrés d’opération dans la nuit -, alors que les premiers groupes rebelles descendaient sur la ville, arme à la main ! A leur signal, tous les Arabes de Philippeville, qui les attendaient depuis des semaines, sortent en même temps de leur maison… “ (…)

„ Imagine-toi. C’est le matin : les casernes sont consignées. Il n’y a peut-être pas trois soldats dans les rues. Par contre, beaucoup de civils européens, comme tous les jours où il fait très chaud. Soudain, déchaînés par les cadres rebelles descendus de la montagne, tous les Arabes de la ville – tous, tu m’entends tous ! entreprennent le massacre général de tous les Européens, quels qu’ils soient : hommes, femmes, enfants !… A coups de fusil, de mitraillette, de grenade, de couteau, de pierre, de serpe et de bâton, complètement enragés, ils se mettent à tuer. Persuadés que la ville est à eux, ils vont massacrer à en perdre le souffle pendant plus d’une heure ! Tout ce temps, ils vont être, en effet, les seuls maîtres de Philippeville ! “

„ Nous, au fond de notre caserne, à l’écart du centre, on ne sait toujours rien. On dort. La foule est si bien prise en main par les rebelles qu’aucun civil ne peut nous atteindre… C’est au cours de cette heure que tombe le plus grand nombre de ceux qu’on retrouvera dans les rues l’après-midi, mitraillés, égorgés, poignardés, quelques-uns même mutilés au bas-ventre, à la faucille ! Très vite, les corps jonchent littéralement la ville qui s’éveillent. Les enfants arabes, transportés d’enthousiasme – pour eux, c’est une immense fête – courent en criant parmi les adultes. Ils achèvent les agonisants. Dans une ruelle, nous en surprendrons trois qui écrasaient la tête d’une vieille dame à coups de pied ! Oui, à coups de pied ! Il faudra les tuer sur place : des enragés !… Partout, sur la grand’place que tu as devant toi, dans les rues, dans les escaliers des maisons, dans les cours et jusqu’au fond des jardins, c’est le massacre aveugle, des cris de douleur, de fureur, d’hystérie et de rage. “ (…)

(…) Il n’y a plus que des morts dans la rue ! Je n’en avais jamais vu tant ! Il faut marcher là-dedans, enjamber des corps allongés pêle-mêle, qui saignent encore mais qui bourdonnent déjà de mouches ! Le premier cadavre que je vois est le gardien du marché. Son crâne a éclaté, probablement sous un coup de hache, tellement la blessure est large… Des cadavres de jeunes femmes à demi déshabillées traînent jusqu’au milieu de la chaussée qui monte vers le jardin public… Dans les maisons, c’est encore pire. Certaines femmes sont encore dans leur lit, toutes nues, tuées à coup de serpe, et de „douk-douk“, dans leurs draps. Il y aussi des enfants qu’on a étranglés, tout blancs. Aucun blessé. Rien que des morts ! Il ne reste de vivant dans les rues que des chiens qui lèchent tout le sang qu’ils peuvent, l’air effrayé. “ (…)

„ A cent mètres devant nous, les rebelles qui nous ont vu fondre sur eux se replient précipitamment : nous n’aurions dû normalement ne rentrer d’opération qu’à midi, et ils le savaient sûrement. Ils entraînent avec eux tous les civils qui, ayant participé au massacre, ne peuvent plus que prendre la fuite. Mais ces derniers ont peine à les suivre, empêtrés dans leur djellabah. “

„ Nous ouvrons le feu, dans la masse, au jugé. Puis, comme plus on va, plus on découvre de morts, les commandants de compagnie finissent par nous donner l’ordre d’abattre tous les Arabes qu’on rencontre. Tu aurais vu le travail !… La plupart des rebelles en uniforme ont le temps de se disperser. Ils ont trop d’avance sur nous. Par contre, ceux de la ville, sont vite rattrapés. Pendant deux heures, on ne va entendre que le crachement de nos mitraillettes, dans le tas !… En dehors d’une dizaine de fellaghas retardataires qu’on descend les armes à la main, il y a, là, au moins cent cinquante boukaks. Certains ont du sang frais plein leur robe. Leur compte est réglé sur place. “

„ Pendant que la moitié d’entre nous continue la chasse vers les montagnes avec l’appui de l’aviation, l’autre moitié redescend nettoyer la ville encore pleine d’Arabes, qui n’ont pas eu le temps de prendre la fuite et se cachent… On en trouve dans le fond des passages, dans les coins des mechtas, accroupis sous des tas de couvertures, soudain très peureux, même dans les haies de cactus, malgré les épines. „ C’est pas nous ! “ qu’ils crient en nous voyant arriver… Tu parles ! Tous à la casserole !… Le canon de mon F.M. en deviendra tellement chaud que je ne pourrai même plus mettre la main dessus !… “

„ A midi, nouvel ordre : faire des prisonniers ! Ça complique tout. Tant qu’il ne s’agit que de tuer, c’est facile. Mais prendre les gens un par un, et les attacher, c’est tout un travail ! Ça va durer jusqu’au soir… Par camions entiers, on les transporte dans la cour de la caserne de France. Vers dix-neuf heures, on se retrouve avec plusieurs centaines de prisonniers. Rien que des hommes, mais de tous les âges. Ils vont dormir sur place. Mais on ne leur donnera rien. Nous n’avons que deux jours de ration devant nous. De toute façon, ils doivent y passer : les aurait-on gardés trop longtemps, les Européens échappés au massacre ne nous l’auraient pas pardonné : ils ne nous pardonneront déjà pas d’être descendus les secourir trop tard… Ils seraient plutôt venus les abattre eux-mêmes.“

„ A six heures, le lendemain matin, tous les fusils-mitrailleurs et les mitrailleuses du régiment sont alignés devant la masse des prisonniers, qui commencent aussitôt à hurler. Mais on ouvre le feu : dix minutes après, c’est pratiquement fini !… Il y en a tant, qu’il faut les enterrer au bull-dozer ! “

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„ La loi du talion est démultipliée. “

Claire GRUBE

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