Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | January 2, 2017

1940: le pillage français

1940 : le pillage français

Grüß Gott !

Les soldats français, en l’an 1940, devant les troupes allemandes, plient, se replient.  Et pillent.

La Seconde Guerre mondiale / Pierre Miquel / Fayard / 1986:

“ Les soldats ont évité les barrages en fuyant à travers champs. Ils se retrouvent nombreux dans Vouziers abandonnée par ses autorités. Ils campent dans la ville, pillent les maisons avant de repartir vers le sud parmi le flux des civils. Comment le général Huntziger pourrait-il faire parvenir des renforts en première ligne alors que les routes sont désormais noires de réfugiés.”

“ Après Vouziers, la foule des refugiés gagne Rethel ou Saint-Menehould, qui est abandonnée et pillée de fond en comble. Ils arrivent à Reims, où les commerçants font déjà leur bagages pour partir vers la Bretagne. Les réfugiés pillent les magasins afin de trouver des vivres. ”

Clio-cr.clionautes.org / La cliothèque / Exode / Un drame oublié / Eric Alary / Internet:

„ Les normes morales ont éclaté le temps d’un voyage, au rythme des aiguillages et des changements de train. L’exode permet à certains individus noyés dans la masse d’acquérir un anonymat inespéré autorisant le « débraillement des sens ». Certains habitants se mettent à tout vendre : l’eau, l’essence, le lait pour les enfants. Des dizaines de milliers de pillages et de vols sont alors effectués. Les pillards sont visibles et nombreux : ce sont les réfugiés eux-mêmes ou simplement des voisins qui profitent de leur absence. Des trains bloqués ou abandonnés en pleine voie sont pillés.“

L‘impardonnable défaite / 1918-1940 / Claude Quetel / JC Lattes / 2010:

« Livrés à eux-mêmes, épuisés, révoltés par cette guerre qui ne ressembe à rien et surtout pas à celle d’avant, dans une atmosphère de sauve-qui-peut, des dizaines de milliers et bientôt des centaines de milliers de soldats cheminent sans but. Des soldats sortent du village, prennent la route vers le Sud devant nous. Il arrivent par petits paquets ou isolés. On dirait l’évacuation d’un dépôt d’éclopés. Sans armes, sans casques, s’appuyant à des bâtons, pas de sacs, mais des musettes. Certains ont quitté leurs godillots, et les porte attachés autour du cou par les lacets. Ils marchent en savates, les ceinturons défaits, la vareuse déboutonnée, poussiéreux et suants. Mais leurs visages étonnent plus encore que leur tenue. Des faces flétries, élimées, ahuries par la fatigue. »

« De telles cohortes ne se privent pas de piller. Les mises à sac sont de toutes les guerres, mais là, ce sont des Français qui pillent des Français. (…) Le pillage, qui commence par un entrepôt de vins et spiritueux, dure toute la journée. Tout ce qui ne put être bu ou emporté est saccagé, les maisons sont fouillées, les meubles fracassés. (…) Des réfugiés pillent de leur côté, sans réfléchir ou peut-être justement en pensant qu’au même moment leur maison abandonnée subit le même sort. »

Youtube.com / L’exode de juin 1940 / Pillage / Mézilles / Ardennes / Internet:

« (…) et quand il est arrivé à Mézilles, y avait des gens qui étaient en train de, avec des charrettes, qui étaient en train de charger tout notre mobilier. Alors les gens, ils avaient habité dans notre maison, ils avaient bu tout ce qu’on avait dans la cave, ils avaient pris tout ce qu’on avait… et là ils terminaient en emmenant tout, tous les meubles,… et c’était ça à peu près le 30 juin… » (…)

« et bon, ben, quand je voulais mettre une robe, ah ! y avait plus de robe. Enfin, ils avaient pris tout ce qu’ils avaient pu emporter. On a trouvé des choses mélangées. Y a eu des gens, par exemple au châlet saint Hubert, (…) ça a été complètement saccagé. Nous, la maison n’a pas été saccagée. Enfin on a été complètement pillé de ce qu’on avait, mais ça n’a pas été saccagé. »

Youtube.com / Exode 1939-1940 / Pillage / Nouart / Yonne / Internet:

“ (…) et puis après, on est revenu à pied. On a retrouvé la maison, mais sans carreaux, sans rien du tout, hein. Sans lit, sans rien. Les premiers gens du village qui étaient rentrés, ben, ils allaient piller dans les autres maisons, hein. Alors, ils enlevaient matelas, couvertures et meubles, et ce que vous voulez. Que nous, on a rien retrouvé, au bout d’un an et demi. Il a fallut racheter comme on a pu, hein. On s’est débrouillé, oui.”

Chtimiste.com / Carnets de guerre 39-40 / Ferdinand Gillette / Internet:

Mercredi 12 juin 1940

„ Je passe le reste de la nuit dans la chapelle d’Ornes dont un angle a été abattu par une bombe. Les Allemands ont passé la Seine et sont à Vernon. Toute la nuit sur la route Gremilly – Ornes – Bezonvaux, ce n’est qu’un défilé ininterrompu de troupes de toutes armes qui se replient en toute hâte (infanterie, artillerie,…) On sent que c’est la débâcle ; c’est à qui fuira le plus vite.“

Jeudi 13 juin

„ Dans la soirée, le repli des troupes s’accélère encore, c’est la fuite précipitée, la débâcle. Il paraîtrait que les Allemands se trouvent à moins de 5 km d’ici. Nous allons donc nous trouver demain matin en 1ère ligne et cela à peu près sans armement. Quelle honte ! Comme le commandement de l’armée s’est montré incapable ! “

Samedi 15 juin

„ Arrivée à Troyon à 21h. Repas, puis repos. À 23h ½, on vient nous prévenir qu’il faut de nouveau partir à 24h. Quelle cohue dans la route ! La fuite continue. Quelle triste chose que cette débâcle ! “

Dimanche 16 juin

„ Retour à Lavignéville 7h ½. Je suis écœuré par le pillage systématique de Saint-Mihiel par les soldats français. Quelle honte ! Vu à Lavignéville, capitaines Lhuillier et Bodenan du 132ème que j’ai connus à Vezon.“

Lundi 17 juin

„ Après le départ de la forêt d’Âprement nous empruntons la grande route de (*) à (*) route encombrée par les troupes qui fuient et les habitants des localités voisines qui abandonnent leurs demeures.“

Mardi 25 juin

„ Je crois que dans l’histoire du monde jamais un peuple n’avait subi une défaite aussi humiliante. Quelle tristesse et quelle honte pour notre pauvre pays !! (…)

„ Voilà la France à bas pour longtemps et je crains bien que jamais nous n’assisterons à son relèvement. “ (…)

Jeudi 27 juin

„ C’est un armistice honteux pour notre malheureux pays, mais dans les circonstances actuelles ce Maréchal Pétain était bien forcé de se soumettre. Pauvre France ! Quelle chute ! Adieu le prestige de notre pays dans le monde !“

„ La France va être réduite à l’état de pays secondaire. Ah ! si nos dirigeants ont une conscience, quel remords ils doivent avoir !! Ce sont nos maudits politiciens qui ont ainsi conduit la France à sa ruine. Quelle responsabilité ! “

Vendredi 5 juillet

„ Nous n’avons toujours aucun tuyau sur ce qui se passe en France et à l’étranger. Pauvre France ! Jamais dans le cours de l’histoire elle n’a subi une pareille défaite. Quelle humiliation pour tous ceux qui ont encore dans le cœur l’amour de la Patrie.“

*********************************

„ Quelle tristesse et quelle honte “

Claire GRUBE

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