Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | November 27, 2016

1914-1918: rôle des femmes

1914-1918 : rôle des femmes

Grüß Gott !

Les femmes françaises, pendant la Grande Guerre, remplacent sur le champ de travail, les hommes qui sont sur le champ de bataille.

Cndp.fr / crdp-reims / mémoire / Les femmes et la Première Guerre mondiale / Internet:

« Pendant la 1ère guerre mondiale la contribution des femmes à l’effort de guerre a revêtu des formes multiples :

« courage des femmes d’agriculteurs qui, dans une France encore à dominante rurale et agricole, ont dû assumer à partir de l’été 1914 les durs travaux des champs ;

« dévouement des infirmières qui ont soigné les soldats blessés dans les hôpitaux de guerre et les maisons de convalescence ;

« compassion des « marraines de guerre » qui écrivaient et envoyaient des colis aux soldats du front, rendaient visite aux blessés dans les hopitaux ;

« courage aussi des femmes des villes qui ont dû pallier le manque de main d’oeuvre dans de nombreux secteurs d’activités, distribuant le courrier, conduisant les tramways, travaillant plus de 10 heures par jour dans les usines d’armement. » (…)

« L’ouvrière, toujours debout, saisit l’obus, le porte sur l’appareil dont elle soulève la partie supérieure. L’engin en place, elle abaisse cette partie, vérifie les dimensions ( c’est le but de l’opération), relève la cloche, prend l’obus et le dépose à gauche. Chaque obus pèse sept kilos. En temps de production normale, 2 500 obus passent en 11 heures entre ses mains. Comme elle doit soulever deux fois chaque engin, elle soupèse en un jour 35 000 kg. Au bout de 3/4 d’heure, je me suis avouée vaincue.“

« J’ai vu ma compagne toute frêle, toute jeune, toute gentille dans son grand tablier noir, poursuivre sa besogne. Elle est à la cloche depuis un an. 900 000 obus sont passés entre ses doigts. Elle a donc soulevé un fardeau de 7 millions de kilos. Arrivée fraîche et forte à l’usine, elle a perdu ses belles couleurs et n’est plus qu’une mince fillette épuisée. (…)

Le vote des femmes et la thèse antiféministe / J. Pernaud / Aubert éditeur / Saint-Brieux / 1928:

« Les femmes pendant la guerre »

« Le rôle des femmes a été admirable pendant la guerre, dit-on encore, et cela doit leur valoir, avec la confiance publique, le droit de prendre part au gouvernement et à l’administration du pays. »

« Nous en a-t-on assez parlé, en effet, du mérite et de l’héroïsme des femmes au cours de la grande guerre ! Partout, nous fait-on remarquer, au champ, à l’usine, au bureau, elles ont remplacé les hommes et rien n’en a par trop souffert. » (…)

« Pendant la guerre, les femmes ont travaillé la terre comme des hommes ; elles ont labouré, fauché, semé, récolté et il faut sans doute les en louer grandement. Mais y eut-il là un mérite si exceptionnel, quelque chose d’inattendu et d’héroïque comme on a l’air de le dire ? Elles faisaient déjà tout cela avant la guerre, ce me semble et n’ont guère fait alors, sous l’empire de la nécessité, que se multiplier et se dévouer davantage comme tout le monde. Il fallait bien vivre. (…)

« Et puis, pour ces pénibles travaux de la ferme, ne savons-nous pas que l’autorité militaire accorda de nombreuses permissions aux mobilisés ; ne fournit-elle pas des chevaux et même des prisonniers de guerre ? Alors quoi ? Il reste simplement qu’à la ferme les femmes ont eu, comme ailleurs tous les habitants, jeunes et vieux, beaucoup plus de fatigues et de soucis qu’à l’ordinaire. Mais quelqu’un pensait-il donc que les femmes n’auraient qu’à se croiser les bras pendant que tous les hommes valides seraient au front ? (…)

« Dans les bureaux, dans le commerce, la plupart des femmes étaient déjà, avant la guerre, les collaboratrices de leur mari. Le fait d’avoir maintenu et fait prospérer les affaires a-t-il quelque chose de si extraordinaire, étant donné que le commerce était facile et que le mari ne manquait pas, quoique aux armées, de donner les avis nécessires et de décider les achats, ventes et transactions opportune ? »

« On s’est extasié parce qu’à l’usine les femmes ont tourné des obus comme les hommes. La belle affaire vraiment ! Est-il travail moins fatiguant de corps et d’esprit que celui de l’ouvrier assis devant une machine qu’il n’y a qu’à servir et régler ? Car, bien entendu, les occupations les plus pénibles, les plus dangereuses ou les plus complexes, ainsi que les responsabilités et difficultés du commandement, étaient toujours réservées aux ingénieurs, contremaîtres et ouvriers specialisés. Cette situation bien payée d’ouvrière d’usine était si peu dépourvue d’attrait que, sans s’arrêter aux inconvénients d’ordre moral, quantité de femmes et jeunes filles ont demandé à la conserver après la guerre. » (…)

« Non, de grâce, n’exagérons rien, même sous le généreux prétexte de plaire ou d’élever les coeurs, car c’est le vrai moyen d’amener les gens à examiner les choses d’un peu près et à constater aussi, par exemple, les graves défaillances morales de trop de femmes pendant la guerre. N’est-ce pas à cette époque qu’elles ont jugé de raccourcir les jupes et de porter bas de soie ? Et combien n’ont pas su respecter leur foyer pour la défense duquel le mari et le fils versaient leur sang ? Combien ont vécu largement et sans s’en faire, avec les allocations, pécules et indemnités de toutes sortes que leur valurent la mobilisation, les blessures et la mort des hommes ! »

« Les femmes ont bien tenu pendant la guerre, c’est un fait, mais qui ne surprendra guère dans ces conditions. Beaucoup auraient tenu bien plus longtemps encore et il faut avouer qu’on n’en vit guère s’entremettre ou se concerter pour faire cesser l’horrible tuerie ! » (…)

« Aussi ont-elles bravement poussé les hommes aux tranchées, se contentant à leur mort, de verser d’abondantes larmes et d’afficher des regrets et éternels pour le glorieux héros. Larmes et regrets sincères pour beaucoup, ce n’est pas douteux, mais combien peu durables chez trop de veuves joyeuses bien nanties de pensions. Et combien de ces femmes si délicates et si sensibles n’ont pas eu honte de rechercher et d’accepter au plus tôt les consolations d’un autre homme à qui les apportaient en dot le prix du sang du premier. Quelle horreur et quel scandale, en vérité, malgré toutes les excuses plus ou moins hypocrites de l’âge et des sens ! » (…)

« Non, non, qu’on ne nous parle pas trop de l’héroïsme généralisé et du mérite exceptionnel des femmes pendant la guerre ; qu’on ne vienne pas surtout les comparer à ceux des hommes qui, eux, au moins, ont sacrifié leur santé pour leur vie. »

*****************************

« Non, de grâce, n’exagérons rien. »

 

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Claire GRUBE

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