Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | November 6, 2016

Inquisition: la délation

Inquisition : la délation

Grüß Gott !

Les inquisiteurs religieux, catholiques et diaboliques, encouragaient la dénonciation. Pour le triomphe de la foi.

Wikipedia.org / La délation / Internet:

« La délation désigne une dénonciation méprisable et honteuse. Elle consiste à fournir des informations concernant un individu, en général à l’insu de ce dernier, souvent inspiré par un motif contraire à la morale ou à l’éthique et donc honteux (subjectif) »

« Tournée contre un individu ou un groupe d’individus, la délation est faite par un délateur, individu ou groupe de personnes, pour son propre gain (s’enrichir et accaparer les biens d’autrui) ou pour lui nuire de manière malveillante (jalousie, envie, haine). La fonction de délateur peut être créée et rémunérée par un pouvoir qui cherche à obtenir des renseignements contre ses adversaires ou ses ennemis. »

« Cette forme de trahison et d’opportunisme se retrouve de manière récurrente dans l’histoire et dans un grand nombre de civilisations, par exemple à travers l’image de l’usurpateur romain et ses espions (agent secret). Du point de vue de la stratégie, elle appartient aux modes de corruption. Elle peut également se manifester sous forme de faux témoignage ou de calomnie. » (…)

Wikipedia.org / L’inquisition / Evolution de la procédure judiciaire / Internet:

« Avant le XIIIe siècle, le droit canonique n’admet en effet que la procédure accusatoire : le juge instruit les plaintes ; la charge de la preuve lui revient. Apparaît ensuite la procédure dénonciatoire, fondée sur une simple dénonciation et non plus une plainte en bonne et due forme. »

Historiquement correct / Jean Sévillia / Perrin / 2003:

« La mission de l’inquisiteur est ponctuelle. Arrivé dans une localité qui lui a été désignée, il commence par une prédication général, exposant la doctrine de l’Eglise avant d’énumérer les propositions hérétiques. L’inquisiteur publie ensuite deux édits. Le premier, l’édit de foi, oblige les fidèles, sous peine d’excommunication, à dénoncer les hérétiques et leurs complices. » (…)

L’Inquisition / Enquête historique / Didier le Fur / Tallandier / 2012:

« En effet, afin de prouver sa bonne foi et la sincérité de sa conversion, chaque pénitent était dans l’obligation de dénoncer ses semblabes et anciens complices en hérésie. »

« La poursuite commençait par une citation. Au moindre soupçon, né d’une rumeur, d’une accusation ou d’une dénonciation, même la plus vague, désignant un individu à l’inquisiteur, celui-ci, après une enquête secrète plus ou moins longue, le citait à comparaître devant lui. »

« Des exemples ? Un homme accusait une femme d’hérésie parce qu’elle n’avait invoqué ni le Christ, ni la Vierge, mais le Saint-Esprit alors qu’elle était dans les douleurs de l’accouchement. Le fils d’une femme hérétique était déclaré suspect, et obligé à ce titre de donner caution, parce qu’il rendait visite à sa mère et pourvoyait à ses besoins. L’époux dénonçait son épouse dont il souhaitait se séparer, ou inversement. Les enfants accusaient leurs parents sous mille sortes de prétextes… »

« La délation était un devoir pour tous les fidèles, au point qu’elle apparaissait dans plusieurs articles du serment de foi qui leur était imposé dès l’âge de la puberté. Il reste que le délateur risquait quand même beaucoup. S’il était connu comme tel par la population, il se retrouvait souvent victime de représailles parfois terriblement violentes : insultes, incendie de ses biens, voire assassinat. C’est pourquoi le nom du délateur n’était jamais divulgué par l’inquisiteur. »

Histoire de l’Inquisition au Moyen age / Inquisition / Tome 1 / Henri-Charles Lea / Picard / Paris / 1900:

« Non seulement on enseignait ainsi à tous les chrétiens que leur premier devoir était de contribuer à l’extermination des hérétiques, mais on les poussait sans scrupule à les dénoncer aux autorités, au mépris de toute considération humaine ou divine. Les liens du sang n’étaient pas une excuse pour celui qui dissimulait un hérétique : le fils devait dénoncer son père, le mari était coupable s’il ne livrait pas sa femme à une mort affreuse. » (…)

« Le concile de Narbonne, en 1227, prescrivit à tous les évêques d’instituer dans chaque paroisse des témoins synodaux pour rechercher les hérétiques et les autres délinquants et les dénoncer aux fonctionnaires épiscopaux. »

« Le 1er octobre 1234, Pierre Amiel, archevêque de Narbonne, fit jurer aux fidèles de dénoncer tous les hérétiques soit à lui-même, soit à ses subordonnés. »

« Aux termes du traité de Paris, tous les officiers publics étaient tenus d’aider l’Inquisition, d’arrêter les hérétiques ; tous les habitants mâles de plus de quatorze ans, toutes les filles et les femmes de plus de douze, devaient prêter le serment de dénoncer les coupables aux évêques. Le concile de Narbonne, en 1229, mit ces dispositions en vigueur. » (…)

« En 1387 encore, lorsque Frà Antonio Secco attaqua les hérétiques des vallées vaudoises, il commença par publier dan l’église de Pignerol une déclaration aux termes de laquelle quiconque se dénoncerait ou en dénoncerait d’autres dans les huit jours échapperait à tout châtiment public, sauf pour parjure commis devant l’Inquisition. Tous ceux qui ne se présentèrent pas furent excommuniés. »

« Bernard Gui nous affirme que ce procédé était très fécond, non seulement parce qu’il provoquait beaucoup de conversions heureuses, mais parce qu’il fournissait des informations sur beaucoup d’hérétiques qui seraient restés ignorés – chaque pénitent étant obligé de dénoncer tous ceux qu’il connaissait ou qu’il suspectait. » (…)

« Tous les auteurs de l’Inquisition sont aussi d’accord pour déclarer que la dénonciation des complices est l’indice indispensable d’une conversion sincère. L’hérétique repantant qui reculait devant cette trahison demandait en vain reconciliation et pitié, son refus de dénoncer ses amis et ses proches était la preuve qu’il ne se repentait pas et on le livrait immédiatement au bras séculier. »

« La délation était si indispensable à l’Inquisition qu’elle la provoquait par des promesses comme par des menaces. Bernard Gui nous dit que ceux qui se présentent spontanément et font preuve de zèle en dénonçant tous leurs complices ne doivent pas seulement bénéficier d’une grâce complète, mais être récompensés par les princes et les prélats. La dénonciation d’un seul Parfait assurait l’immunité et peut être, par surcroît, une récompense. »

***************************************

« La délation était un devoir pour tous les fidèles. »

Claire GRUBE

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

Categories

%d bloggers like this: