Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | September 4, 2016

Féminisme: les poils

Féminisme : les poils

Grüß Gott !

Pour les féministes de tout poil, l’épilation est un sujet sur lequel il est important de se pencher.

Dailymotion.com / La presse féminine et le féminisme / France Inter / Marie-Françoise Colombani / Video / Internet:

« – On trouve dans « Elle » des reportages (…) et, puis en même temps, on trouve une grande enquête : « Comment bien épiler sa foufoune ? » Et bien, je me posais justement la question, j’étais contente d’avoir la réponse. Est-ce que vous n’avez pas le sentiment parfois de faire le grand écart ? ce qui demande une certaine souplesse ! »

« Ben oui, bien sûr qu’on fait le grand écart. Mais, y a pas d’hypocrisie. Par exemple, ce fameux sujet sur la foufoune,… ça fait parler, mais en même temps, c’est incroyable, c’est une vraie réalité chez les jeunes femmes. Et on a assisté à un congrés sur la sexualité, et il y avait deux femmes chirurgiennes qui expliquaient, qu’effectivement, il y avait beaucoup beaucoup de jeunes femmes qui venaient consulter, parce qu’elles n’étaient pas très contentes de leur foufoune, pour appeler ça comme ça. (…) Alors, c’est vrai, c’est un grand écart. Et ben oui, comme les femmes le font. »

Chaque matin, je me lève pour changer le monde / Florence Montreynaud / Eyrolles / 2014:

« Les poils : un débat féministe »

« Autre sujet épineux : nos poils. N’est-il pas étrange que les poils des féministes déchaînent autant de passions, alors que la revendication si évidemment juste « à travail égal salaire égal » ne suscite pas le même intérêt, et semble presque ennuyeuse ? Nous demandons l’égalité, et on nous discrédite sous prétexte que nous aurions « du poil aux pattes » ! (…)

« Dans la panoplie de la féminité, les poils occupent une place de choix – ou plutôt leur nécessaire absence, vu l’injonction de s’en débarrasser, adressée aux femmes. Le féminisme m’a aidée à me libérer de cette contrainte. »

« Sous les bras »

« Par exemple, les poils des aisselles. A la puberté, quand les miens apparaissent, ma mère m’enseigne l’usage du rasoir. Fière d’accéder ainsi au statut d’adulte, j’accepte sa raison esthétique: « C’est plus joli », et l’obligation sociale de cette pratique, décrétée « obligatoire avec une robe sans manches ». Dans les années 1960, ce rasage est de règle pour les filles de mon entourage. »

« Bien plus tard, en étudiant le sujet pour mon livre « Appeler une chatte », je découvre que c’est seulement à partir des années 1950 que le rasage des aisselles féminines est devenu systématique en Occident dans les classes moyennes. » (…)

« Ms. change mon regard et m’aide à reprendre le pouvoir sur mon corps. Grâce à cet article sur ces poils prétendument superflus, je comprends ce qui se cache sous le prétexte (non démontré) de l’hygiène ou l’argument (subjectif) de l´élégance : la haine du corps féminin dans ce qu’il a de naturel. Devenir une « vraie femme » impose de se débarrasser de ce témoin de la fourrure animale ; cela représente aussi l’avantage de garder au corps féminin un caractère infantile. Une « vraie femme » est donc loin de la nature, loin de la maturité d’un corps d’adulte, et proche de l’enfant. »

« Cessant désormais de me raser les aisselles, je résiste aux pressions de mon entourage, aux diktats des magazines féminins – ces machines à fabriquer de l’angoisse avec leur obsession de l’apparence -, aux boniments martelés chaque printemps, comme « Un corps parfait commence par une épilation impeccable : jambes, aisselles, maillot ».» (…)

« Quant aux jambes… C’est par une fixation sur les poils des mollets que je m’explique la part croissante dans l’habillement des Occidentales, depuis trente ans, de pantalons ou de collants opaques qui cachent le problème. Tout est fait pour nous contraindre à voir dans les poils des femmes un signe d’animalité, à mépriser et à chasser sous peine de passer pour « moche, pas soignée, pas féminine », et même davantage, quand le racisme de classe complète ce jugement par une condamnation qui se veut définite : « vulgaire, populaire, pas chic ». » (…)

« Grâce au féminisme, je m’affirme comme sujet de mon propre corps – poilu. »

« Laisser mes poils croître et prospérer n’a en rien gâché la vie, au contraire ; me passer de rasoir ou de cire l’a plutôt facilité, m’évitant douleurs et rougeurs, coupures, irritations et infections, sans oublier soucis, perte de temps et dépenses. »

« J’ai continué à porter des robes sans manches, à montrer donc aisselles et mollets poilus à qui voulait les voir, à qui s’en offusquerait. » (…)

Même pas mâle / Isabelle Alonso / Laffont / 2008:

« Aujourd’hui, le conseil de révision, c’est pour les femmes, et il définit l’aptitude à la séduction. A poil ? Ah non, les femmes n’ont pas droit au poil. Pour elles, c’est sans poils. Il s’agit de correspondre aux diktats de la pub, de la mode, des magazines féminins. »

« Aujourd’hui, les images de sexes de femmes épilés, ouverts, offerts, sont tellement nombreuses, vulgarisées à l’extrême par la pornographie, que Linné n’aurait plus besoin de les décrire, tout le monde les voit. » (…)

« Calvitie pubienne »

« L’esthétique porno s’impose au grand public. Mon esthéticienne me confiait il y a peu que les clientes se faisant intégralement tonsurer le mont de Vénus sont de plus en plus nombreuses. Même celles qui ne sont ni stripteaseuses ni hardeuses trouvent du charme à l’arrachage pur et simple de cette touffe de noir Jésus chantée par Ferré en des temps immémoriaux où le sexe était savouré nature, avec frisettes d’origine. » (…)

« N’en déduisez pas point que je sois une adepte du bikini à moustache, non. L’épilation maillot, aussi nécessaire qu’une bonne coupe de cheveux, permet une rectitude de jardin à la française, une pelouse impeccable, tirée au cordeau en attendant mieux. » (…)

« La crinière isocèle, c’est comme une petite couette qui protège, isole, préserve. C’est l’emballage du cadeau, le papier du bonbon, l’écrin du bijou. Le cadre du tableau, l’auréole du saint, l’atmosphère de la planète. S’en amputer, c’est trahir le désir. » (…)

« L’offre des instituts de beauté a franchi des limites, de l’épilation maillot à la banlieue de la foune, jusqu’à la brésilienne, extermination de tout poil devant-derrière exigeant une étape à quatre pattes dite de la « levrette en cire chaude », fessier tendu vers la spatule tartinant l’oeil de Moscou jusqu’à éradication ultime de tout follicule pileux. » (…)

« On est encore passé à un poil de la libération sexuelle… »

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« diktats des magazines féminins »

Claire GRUBE

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