Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | May 8, 2016

Résistance: femmes héroïques

Résistance : femmes héroïques

Grüß Gott !

Des femmes patriotes, pendant la Seconde Guerre mondiale, bravant la faim et le froid, luttent courageusement contre les soldats allemands.

Femmes dans la guerre / 1939-1945 / Claude Quetel / Larousse / 2004:

„ Les combattantes soviétiques “

„ Le principe révolutionnaire et politique de la femme dans ses droits et ses devoirs ayant été affirmé par la révolution bolchévique, il ne s’agit que de le réactiver quand d’aventure on avait commencé à l’oublier. “

„ Cette mobilisation des femmes dans l’URSS en guerre a été tellement massive, dans l’effort de guerre comme dans le combat, tellement évidente, que, à la différence des pays démocratiques, elle n’a pas fait l’objet d’une intense propagande ni même d’une abondante historiographie après la guerre. “ (…)

„ Les femmes soviétiques occupent en fait à peu près tous les postes de combat des hommes. Elles constituent même – cas tout à fait unique dans cette guerre -, trois régiments d’aviation exclusivement féminins, de la mécanicienne à la pilote de bombardier ou de chasseur. “ (…)

„ Elles en ont été massivement les auxiliaires, 500.000 au bas mot, peut-être un million à la fin de la guerre. “ (…) Mais l’autre différence – et la plus importante – c’est que des dizaines de milliers de femmes soviétiques, loin d’être „interdites de front“, sont souvent en première ligne. “ (…)

„ Ces femmes sont avant tout, comme doit l’être tout citoyen soviétique, des combattantes. De même, celles qui travaillent dans les usines de munitions de Leningrad, ou encore celles plus âgées qui, dans une ville où près d’un million de personnes vont mourir de faim, cultivent collectivement des légumes dans les moindres recoins de la ville, sont également des combattantes.

„ Cette psychologie collective fait qu’il n’est pas choquant comme en Occident qu’une femme ait une arme et s’en serve. “ (…)

Femmes dans la guerre / 1939-1945 / Guylaine Guidez / Lavauzelle / 2006:

„ Le combat des femmes soviétiques “

„ C’est en Union soviétique que les femmes ont le plus transcendé leur condition féminine pour se mettre au service de la guerre et de la Résistance. Mais laissons parler sur ce sujet l’historienne Héléna Zamoyska:

„ Les hostilités terminées, le bilan était effroyable : 20 millions de mort en tout, comme l’indiquait Brejnev au 23e congrés du parti, en 1966. Parmi eux, au moins 8 millions de civils avaient péri, fusillés ou déportés par les Allemands. Dans Stalingrad assiégée pendant un an et demi, le tiers de la population était mort de faim et de froid, soit un million de gens… Ces chiffres hallucinants ne tiennent pas compte des blessés, des millions de personnes à jamais amoindries. Proportionnellement au nombre d’habitants, aucun autre pays, Pologne exceptée, n’a autant souffert de la guerre. Pas une famille où l’on ait eu à déplorer un mort. Les femmes payèrent un lourd tribut à la guerre, par leur santé, leur travail et souvent, leur sang.“

„ Elles furent nombreuses en effet à aller volontairement au front, souvent comme infirmières, mais beaucoup prirent une part directe aux combats ; en territoire occupé, elles rejoignaient les partisans. Femmes modestes que la guerre transformaient en héroïnes. Parmi elles beaucoup de toutes jeunes. Les principes austères inculqués à la jeunesse pendant les années 1930 portaient leurs fruits : dans l’épreuve, elle donnait la mesure de sa bravoure et de sa fermeté. “ (…)

„ En fait, au pays de Dostoïesvki, on ne sait pas ce qu’est la tiédeur. On y est passion, ou rien du tout ! L’intrépidité des jeunes femmes russes dans la guerre est un phénomène quasi unique que les dirigeants du pays ont su utiliser chaque fois que possible. Une école d’aviation féminine s’était ouverte dans la région de Moscou, qui forma plus d’un millier de pilotes de chasse. Une autre s’ouvrit près de Sébastopol, où Vera Lomako fit ses débuts. (…)

„Vera Lomako, c’est peut-être celle que le pilote de chasse Costia Felzer a croisée dans le ciel soviétique en 1945. Ce héros franco-russe de Normandie-Niemen a pulié ses mémoires en 1987 sous le titre On y va. On y lit ce récit:

„ Une douzaine de Stormovick, vers 2.000 mètres d’altitude, se dirigent sur Vitebsk, attaqué par les nôtres depuis ce matin, qui se trouve à 16 kilomètres de là. Les premiers passent sur la ville, ou ce qu’il en reste : des ruines, du feu, de la fumée, de la poussière. Mais une DCA du feu de Dieu qui tire à tous crins. Ils passent et ils dérouillent. Rien n’est tombé. La DCA réajuste son tir. Au deuxième passage, ils piquent, et nous, dans nos avions, on suit… Un Stormovick a la moitié de son train sorti, un autre, un bout de ferraille qui se détache… mais rien ne tombe. “

„ – C’est le bouquet, je me dis. Ils sont dingues, ou ils se foutent du monde. Nous, on n’est pas candidats au suicide ! Troisième passage, on reste dans le soleil vers 1.200 mètres. Les Stormovick, eux, doivent être à 200 mètres, en plein dans le feu d’artifice. Sur l’avion de tête, la gerbe est telle que l’on croit qu’il pique vers une meule émeri qui affûte son burin. S’ils veulent mourir ! …

„ Premier chapelet, second et troisiéme, le tiers de la DCA la ferme. Un Stormovick qui fume file vers l’est, un second lâche deux parachutes. “

„ Quatrième passage, toujours imperturbables comme au 14 juillet. C’est pas possible, me dis-je, c’est pas des hommes qui sont là-dedans, c’est des mécaniques sans corps, sans âme et sans sang. J’en vois encore un qui fume, un autre qui perd un bout de ferraille, un dizaine de chapelets tombent. De la fumée, du feu. Au sol, la DCA tire beaucoup moins. Enfin, c’est fini, ils vont pouvoir rentrer. Ils n’ont rien perdu de l’essentiel. Je vois un convoi, en bas, qui roule vers l’ouest. Je me dis que les Stormovick vont se le farcir au Katioucha, les uns après les autres, les éclopés compris. Et effectivement, les Stormovick crachent de leurs quatre Katioucha sur le convoi arrêté, dont la moitié des chars est déjà dans le fossé et la plupart des autres, en feu. “

„ – Qui sont ces hommes ? Mais qui sont ces hommes sans nerfs ? “

„ Les voilà enfin qui mettent le cap vers l’est, en rase motte total, sautant les obstacles avec leurs taxis éclopés. Les lignes sont franchies, on baigne dans la sueur en voyant „les gars“ qui rentrent, qui passent notre terrain. Le premier fait une chandelle, bat des ailes. Nous entendons alors une frêle voix de jeune fille dans notre casque :

„ – Porchtchai frantzouzik, zpassibo ! (salut les Français ! ça va !) “

„ Je n’en crois pas mes oreilles. Ces Stormovick étaient ceux d’un régiment entièrement féminin. Ces hommes d’acier étaient des filles ! “

************************************************

„ Salut les Français ! ça va ? “

Claire GRUBE

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