Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | April 2, 2016

Vercingétorix: héros légendaire

Vercingétorix : héros légendaire

Grüß Gott !

Un auteur louange, après la déroute française, en l’an 1870, contre les Prussiens, un illustre aïeul gaulois.

Gaule et Rome / Légende nationale / Pertus Casimir / Mabille Emile / Editeur Lachaux / Paris / 1872:

« Après les cruels événements que nous venons de traverser, ces mots se trouvent dans toutes les bouches : « La France doit être régénérée ». Mais, si le sort des armes ne nous eût point été contraire ; si au lieu de voir les Prussiens à Paris, nous étions allés à Berlin, comme beaucoup se le promettaient en vociférant dans les rues ces cris irréfléchis et, disons le mot, insensés, que l’écho lointain nous renvoie ironiquement, à notre grande confusion ; si enfin la France eût, de son épée, forcé, comme tant de fois, la balance du destin à pencher de son côté, toutes les voix se seraient élevées, dans l’enthousiasme du triomphe et de l’orgueil, pour proclamer que nous étions toujours le grand peuple marchant à la tête des autres nations ; personne n’eût osé dire que notre pays courait à une pente fatale. » (…)

« L’auteur de ce livre comptait parmi les plus humbles de ces travailleurs qui méditaient en silence des oeuvres capables de réagir contre ces productions faciles, nous emportant si loin de nos grandes gloires littéraires ! Voilà pourquoi il a entrepris son poëme de Gaule et Rome, qui, par son caractère éminemment national, pourrait intéresser les lecteurs, en ressuscitant sous leurs yeux les gigantesques luttes des vieux Gaulois, nos pères, si passionnés par la liberté, contre les Romains, ces cruels ravisseurs de l’indépendance des peuples, et en ranimant cette belle et grande figure de Vercingétorix, que celle de César, son heureux vainqueur, a trop longtemps dérobé à nos regards. Les Allemands ont le célèbre Bardi d’Hermann, écrit par Klopstock en l’honneur de ce vieux Germain, connu dans l’antiquité sous le nom d’Arminius, qui est pour eux ce qu’est Vercingétorix, le héros légendaire ; et, dans notre pays, aucun poëme n’a encore dignement célébré la gloire du plus ancien de nos illustres aïeux. »

« Ce n’est pas que, ces derniers temps, plusieurs tentatives n’aient été faites ; l’Académie a même, il y a quelques années, proposée Vercingétorix comme sujet du concours de poésie ; mais aucune pièce n’a été jugée digne d’être couronnée ; et cela s’explique aisément : le cadre dans lequel devait se renfermer les poïtes était trop étroit pour le sujet qu’ils avaient à traîter ; un petit tableau ne pouvait suffir à la peinture des luttes homériques soutenues par notre héros ; il fallait une toile de grande dimension ; ce n’était pas dans un poïme de deux cents vers qu’il était possible de faire revivre dans toute sa splendeur l’intrépide adversaire de César : le vaste champ d’une épopée devait s’ouvrir devant les pas de ce sublime revenant de la gloire. »

Le chef gaulois… devant les chefs de sa cavalerie… s’écrit:

« L’heure est venue enfin de vaincre à tout jamais

« Les Romains, qui, voyant qu’autour d’eux je formais

« Un désert où la faim, même chez les plus braves,

« Enchaînerait l’ardeur de ses froides entraves

« Et joncherait le sol de leurs corps engourdis,

« Battent tous en retraite et marchent, interdits

« Vers la province, afin qu’elle les ravitaille

« Et les aide a venir nous offrir la bataille.

« Mais ne les laissons pas aller se renforcer ;

« Arrêtons-les, soyons prompts à les terrasser ;

« Attaquons sur le champ cette armée amoindrie ;

« Lançons sur ses soldats notre cavalerie,

« Alors qu’en leur dépit, déjà tout énervés

« Ils vont dans cette lutte être encore entravés

« Par l’énorme bagage et l’attirail qu’ils trainent.

« Prenons donc l’offensive avant qu’ils la reprennent,

« Et nous triompherons ! Nos vaillants fantassins,

« Tout prêts à seconder nos glorieux desseins,

« Se tiendront en réserve, et, s’il est nécessaire,

« Accourront achever ce superbe adversaire,

« Qui verra sous ses pas son orgueil s’engloutir,

« Et dans son propre sang Rome s’anéantir !

(…)

« Déja sombre, atterré d’avoir dû lâcher prise

« Dès les premiers succès de sa fière entreprise,

« Vercingétorix voit, d’un oeil stupéfié,

« Ce formidable échec qui l’a terrifié.

« A l’aspect de ce sang qui jusqu’à lui ruisselle,

« De ces corps étendus que le glaive amoncelle,

« Et de cette déroute où courent au hasard

« Ceux qui peuvent tromper la fureur de César,

« Ardente à ce massacre et jamais assouvie,

« Il sent en un instant le rêve de sa vie

« S’écrouler dans son sein, où semble s’arrêter

« Son coeur, qui pour l’espoir ne doit plus palpiter.

« Lorsque son regard morne autour de lui se porte,

« Il voit ses compagnons, que l’épouvante emporte,

« Cavaliers, fantassins mêlés et confondus,

« Se ruer vers la ville, frémissants, éperdus…

« Sans pouvoir l’arrêter de sa voix souveraine,

« Lui-même, il cède alors à ce flot qui l’entraîne.

(…)

« Et sous la tente ainsi tous deux arrivèrent.

« Ils ne s’étaient rien dit ; mais, lorsqu’ils se trouvèrent

« Seuls, face à face, avec leur horrible malheur,

« La prêtresse laissa déborder sa douleur :

« Plus d’espoir ! nous voilà vaincus, s’écria-t-elle ;

« Oui, nos dieux nous vouaient une haine mortelle,

« Puisqu’après nous avoir si longtemps ballottés

« A travers tant d’écueils et de calamités,

« Ils soulèvent enfin sur nos pas cet orage

« Sous lequel avec nous tout le pays naufrage !

(…)

************************************

« Nous triompherons…   ce formidable échec…   nous voilà vaincus. »

Claire GRUBE

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