Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | March 6, 2016

Opéra Garnier: théâtre de résistance

Opéra Garnier : théâtre de résistance

Grüß Gott !

Des musiciens français, pendant l’Occupation, de concert avec les machinistes, orchestrent un mouvement de résistance contre l’Opéra.

Libeptt.org / Un air de résistance à l’Opéra / Projection du documentaire / Internet:

„ Au lendemain de l’armistice, l’Opéra Garnier est le premier bâtiment qu’Hitler visite à Paris. Pourtant, au même moment, dans les coulisses, la résistance s’organise. Des carnets de correspondance écrits durant cette période ont été récemment découverts. Filières d’évasions, rédaction et distribution de tracts, caisse de solidarité pour les prisonniers de guerre ou le personnel juif, organisation de concerts de musiques interdites, collectes d’armes, création d’un groupe armé qui participera à la libération de Paris… Les carnets établissent de façon irréfutable la diversité des actes courageux qu’ont osé accomplir les artistes et techniciens de l’Opéra Garnier.“

“ « Un air de résistance à l’Opéra » raconte cette histoire oubliée. En ces années sombres de l’Occupation, l’Opéra de Paris a été le théâtre d’une étonnante et dramatique histoire qui s’est jouée en huis clos au coeur d’une institution prestigieuse située juste en face de la Kommandantur allemande.”

Wikipedia.org / Front national des musiciens / Internet:

« La contrebande musicale était encouragée : il s’agissait de jouer devant les Allemands des fragments d’airs patriotiques insérés dans d’autres œuvres. Poulenc inséra un passage de Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine dans la partition des Animaux modèles ; un musicien de l’Opéra Garnier fit entendre quelques notes de la Marseillaise lors d’une représentation de Carmen. »

« On comptait en outre parmi ses membres au moins : Francis Poulenc, Georges Auric, Arthur Honegger (son attitude paraissant ambiguë, il fut radié en 1943), Irène Joachim, (Alexis) Roland-Manuel, Claude Delvincourt (entouré de l’organiste Marie-Louise Boëllmann et de Jacques Chailley il créa l’Orchestre des Cadets du Conservatoire pour sauver les jeunes musiciens du STO), Manuel Rosenthal, Charles Munch et Paul Paray. »

« Plusieurs œuvres patriotiques furent composées durant cette période, notamment sur des oeuvres de poètes interdits : Georges Auric composa Six poèmes de Paul Éluard (1940-41), et Quatre Chants de la France malheureuse, sur des textes de Jules Supervielle (en exil), Eluard et Louis Aragon. Poulenc composa la cantate Figure humaine, comprenant huit poèmes d’Éluard (dont “Liberté”) en 1943, Un soir de neige (1944) et deux poèmes d’Aragon, C et Fêtes galantes (1943). Elsa Barraine mit en musique l’œuvre d’Eluard : Avis, pour chœur mixte et orchestre (1944). Henri Dutilleux rejoignit le Front national des Musiciens en 1942 : c’est ainsi qu’il put découvrir les (Trente-trois sonnets, de Jean Cassou : il mit le poème La Geôle en musique. »

« A l’opéra Garnier, des groupes de résistants se constituèrent : celui des musiciens, et celui des machinistes autour de Jean Rieussec et Eugène Germain, issus de la CGT (interdite). Ce dernier groupe fut très actif, multipliant la diffusion de tracts, l’aide aux juifs, aux réfractaires au STO, aux familles de prisonniers (à l’épouse de Jean Hugues, membre de ce groupe arrêté le 28 avril 1942, déporté vers Auschwitz le 6 juillet 1942, et mort à Birkenau le 16 janvier 1943), enregistrement de chansons appelant à la lutte, participation aux combats pour la Libération de Paris. »

Dailymotion.com / Un air de résistance à l’Opéra Garnier / France 5 / Video / Internet:

“ De 1940 à 1944, de dramatiques événements se sont déroulés en huit clos dans l’enceinte de l’Opéra de Paris. Tandis qu’au lendemain de l’armistice l’institution se met aux ordres des Nazis et de Vichy, dans l’ombre, une poignée d’employés refusent de s’y soumettre. Le combat de ces anonymes nous plonge au coeur des heures les plus sombres de l’Occupation. Leurs actes nous invitent à réfléchir au sens du mot “ résistance ”. ” (…)

“ L’Opéra a été un haut-lieu de la Collaboration. Aujourd’hui, des documents exceptionnels révèlent une autre réalité. ” (…)

“ l’Occupation, ils ne peuvent l’accepter, et donc, sur des bases de refus, d’une régression, d’une réaction sociale, ils vont coordonner, penser, en petits groupes, une stratégie d’éveil, de propagande auprès, donc, des camarades, des collègues. Et c’est sur cette base là, et c’est ces mêmes qui, durant toute la guerre, vont structurer et organiser les différentes formes et structures des résistances des personnels à l’Opéra.” (…)

“ Dès septembre 1940, les machinistes résistants rédigent des dizaines de tracts pour dénoncer les conditions de vie liées à l’Occupation.” (…)

“ Les tracts ont d’abord et avant tout pour but de sensibiliser la population, de déclencher une prise de conscience, puis de créer un ralliement autour de causes justes, légitimes, et parfois extrêmement simples : on a découvert de tout petits papillons où la revendication était une indemnité pour pouvoir manger, ou pour pouvoir se chauffer, pour des besoins essentiels de la vie. Et ces tracts permettent à ceux qui souffrent de se rendre compte qu’ils sont plusieurs à souffrir et à partager ce besoin de plus de dignité. ” (…)

“ Dès le mois de janvier, le nouveau secrétaire général lance une offensive pour contester les lois de Vichy. La situation précaire des machinistes lui sert de prétexte pour déclencher une véritable guérilla administrative contre la direction de l’Opéra, le valet de l’occupant. ” (…)

“ Le 21 janvier 1941, ils demandent une augmentation de salaire (…) inlassablement, les machinistes repartent à la charge et harcèlent la direction pour de nouvelles embauches, des cartes d’alimentation, pour des indemnités de vie chère. ” (…)

“ Ils vont arracher des acquis : en 43, ils obtiennent 15 % d’augmentation (…) et ils repartent à l’action pour exiger 30 %. Jusqu’en mai-avril 44, en permanence, ils mènent l’action là-dessus. (…)

“ Pour ne plus se compromettre, ils décident de réagir, encouragés par l’appel d’un groupe d’artistes. (…) Quelques mois plus tôt, des chefs d’orchestre et des compositeurs ont déclaré qu’ils refusaient de continuer à trahir. ” (…)

“ L’activité du Front National de la Musique commence par la rédaction de tracts virulents : ils dénoncent l’indécence des salaires de certains artistes comme Serge Lifar. Ils critiquent aussi violemment le principe de neutralité de l’art encouragé par Vichy.” (…)

“ Les musiciens résistants répondent : “ Certes, l’art n’a pas de patrie, mais les artistes en ont une ! ” (…)

“ Claude Debussy, le symbole du libérateur, la référence des “Musiciens d’aujourd’hui.” Cette feuille clandestine est créée par le Front national de la musique au printemps 1942. Pour atteindre son objectif, – la dénazification de l’art -, l’organisation appelle tous les musiciens de l’orchestre de l’Opéra à les rejoindre. Comment ? en pratiquant entre autres la contrebande musicale.”

“ La contrebande musicale, c’est une forme non contestable de résistance, de résistance intellectuelle et artistique. Ça consiste à distiller un message, de manière subtile, mais explicite, à travers le discours musical. Très concrètement, la contrebande musicale, sous Vichy et l’Occupation, pour un musicien du rang, dans l’orchestre, consiste à insérer des fragments de la Marseillaise dans Carmen, à insérer des fragments d’un chant patriotique “Alsace Lorraine”, et à en insérer le refrain, refrain dont les paroles sont : “ Non, non, vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine”, et malgré vous, nos coeurs resteront français, dans un fragment d’un ballet, présenté à l’Opéra de Paris, en plein mois d’août 1942.”

“ Ce ballet en un acte est présenté le 8 août. Son titre : “ Les animaux modèles ” (…) ”

“ Le soir de la Première, toutes les oreilles attentives peuvent y entendre la chanson patriotique composé en 1871. Pourtant, ni Jacques Rouché, ni Serge Lifar ne réagissent : parce qu’ils soutiennent cette provocation ? ou parce qu’ils craignent des représailles ? ” (…)

“ Ils enregistrent des chansons qui appellent à la lutte armée. Les paroles de certaines d’entre elles ont été écrites par Paul Eluard. Dans l’ombre, ils gravent une centaine d’heures de musiques interdites pour le jour J, le jour de la Libération qui approche enfin.”

“ 18 août 1944, à la suite des directives reçues ; nous faisons la grève patriotique. ”

(…)

*****************************

« leurs actes nous invitent à réfléchir au sens du mot “ résistance ” »

Claire GRUBE

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