Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | January 10, 2016

Madagascar: pacification française

Madagascar : pacification française

Grüß Gott !

L’armée française, sauvagement et sanglantement, réprime les indépendantistes malgaches.

Youtube.com / L’insurrection à Madagascar / 1947-1948 / Jean Fremigacci / Video / 1 / Internet:

« C’était le 29 mars 1947, il y a 60 ans, le début d’une des révoltes les plus sanglantes de l’histoire de la colonisation, l’insurrection de Madagascar. »

« Les rebelles ont tous été éliminés ou capturés. Les autorités militaires ont repris la situation en main. Elles veillent sur votre sécurité. Des milliers de vos compatriotes sont morts pour une cause sans espoir. »

« Et personne n’avait pris au sérieux les députés malgaches, qui au lendemain de la Seconde guerre mondiale, avait réclamé l’indépendance de leur île, après 50 ans de colonisation française. »

« 6.000 soldats malgaches revenaient dans leur pays, aprés avoir participé à la libération de la France… une insurrection réprimée très brutalement par l’armée française à Madagascar » (…)

« Les conditions, vous le dites, étaient déjà remplies avant la Deuxième Guerre mondiale, pour qu’une révolte s’y déclenche. Vous évoquez, ce qui était d’ailleurs le cas aussi dans d’autres pays, d’autres colonies comme en Afrique, le travail forcé, le code de l’indigénat, le racisme aussi, ou le paternalisme des colons. (..) tout ça, évidemment, ça a fait fermenté un mouvement nationaliste » (…)

« Mes ancêtres sont morts pendant l’Occupation française, fusillés par les Sénégalais. A cause de cela, je devais venger mon père et lutter pour l’indépendance. J’étais en colère, je disais : nous sommes allés en France, nous avons combattu les Allemands, défendu la France – pourquoi ne défendrions pas notre patrie : Madagascar ? »

Youtube.com / L’insurrection à Madagascar / 1947-1948 / Jean Fremigacci / Video / 2 / Internet:

« Et puis alors, inversement, ca sert à justifier une répression qui est d’autant plus dure au début (…) et là, même, on peut parler de crimes de guerre dans un certain nombre de cas… » (…)

« Alors qu’inversement, il y a des crimes de guerre. On évoque Moramanga… on a parlé d’Oradour malgache, Mananjary aussi, avec des prisonniers qui sont jetés d’un avion. Et même l’utilisation de la torture » (…)

« En ce qui concerne les crimes de guerre de l’armée, là encore, ils sont réels… (…)

« Et une paix qui a coûté très cher. En tous cas, on a parlé (…) de 100.000 morts. (…)

« Les chiffres, plus précisément, sont les suivant : 1.000 à 2.000 morts par suite des crimes de guerre dus aux Français, environ 2.000 Malgaches tués par les insurgés, et 5 à 6.000 Malgaches tombés face aux militaires français, à l’occasion d’accrochages et de combats. » (…)

« Et 20 à 30.000 morts de misère physiologique, malnutrition, maladie. Donc, finalement, on aboutit à un bilan qui s’effectue entre 30.000 et un grand maximum de 40.000 morts. » (…)

« Il y a eu 173 condamnations à mort au total, par les tribunaux militaires et civils, et 24 ont été exécutés. » (…)

« Les Sénégalais avaient durement châtiés la population malgache. » (…)

« C’est pas nous, c’est eux. »

Massacres coloniaux / 1944-1950 / Yves Benot / La découverte / 1995:

« On admet généralement que la répression a fait 89.000 morts malgaches chez les insurgés, estimation qui était celle de l’état-major à la fin de 1948. En 1950, un chiffre de 11.342 plus « modéré » sera avancé officiellement. Inutile de s’engager plus avant dans une polémique dont l’allure de statistique objective cache mal le désir de minimiser les horreurs de cette guerre coloniale. Mais les horreurs demeurent. A celles qui ont déjà été évoquées, il faut ajouter un autre massacre à Moramanga : du 5 au 8 mai, 166 Malgaches arrêtés sont enfermés dans des wagons à bestiaux ; le train arrêté en gare de Moramanga, est mitraillé la nuit sur ordre, il y a 95 tués. Des 71 survivants, 70 seront exécutés le 8 mai, sur ordre du commandant supérieur des troupes. Le soixante et onzième qui révélera le scandale échappe par hasard à la mort, n’ayant été que blessé lors de l’exécution collective. »

« Ainsi s’expliquent des pratiques comme celles du prétendu juge Vergoz qui sévit à Madagascar. (…) De plus, Vergoz travaille la main dans la main avec la police dirigée par Baron [Marcel], à qui il renvoie les inculpés qui n’avouent pas, sachant fort bien que Baron emploie la torture pour obtenir des aveux. (…) Coups de nerf de boeuf, tête plongée dans un bidon d’urine, simulacre de tribunal militaire, enfermement dans des sortes de poulaillers. »

« Oradour malgache:

« Au petit jour, les Sénégalais furieux du massacre de leur marabout et de leurs camarades envahissent le gros village de Moramanga et exercent des représailles contre la population. Bientôt des centaines de cadavres jonchent les rues et les champs. Toutes les maisons sont incendiées et, en quelques jours, le bourg n’est plus qu’un amas de cendres. A midi, le haut commissaire arrive. Il ne trouve pas un survivant. »

« Le lendemain, les Sénégalais en fureur nettoient complètement la région, avec l’aide des renforts. Tout ce qui bouge est lardé de coups de baïonnettes. En trois jours, des milliers d’indigènes sont tués. »

« Ce n’est pas tout : « Les représailles sont effrayantes. Des prisonniers malgaches sont chargés en avion et lâchés vivants au-dessus des villages dissidents comme « bombes démonstratives ». A d’autres endroits, les rebelles, enfermés dans des cases, sont brûlés vifs. »

Conflits de mémoire / Véronique Bonnet / Editions Karthala / 2004:

« Selon les comptes de l’Etat-Major auxquels se fie J. Tronchon, la « pacification » a fait 89.000 morts, avec tortures, exécutions sommaires, regroupements forcés, mises à feu de villages. » (…)

« Bref, le travail des historiens se heurtent à la pétrification de la mémoire. (…) Avant d’aller plus loin, je noterai les chiffres qui sont encore aujourd’hui la vulgate que l’on répète : 89.000 victimes selon l’état major français ; de 100 à 200.000 selon certains analystes malgaches ou étrangers. Ce nombre de victimes comprend un certain nombre de Malgaches, tués au cours d’engagements militaires, fusillés avec ou sans procès lors de la répression, morts de privations dans les camps d’internement, et (les plus nombreux sans doute, avec femmes et enfants) morts d’épuisement et de faim pour avoir fui les villages et avoir cherché refuge dans la forêt. » (…)

« Plus que le nombre (…) ce qui a suscité un moment l’indignation, ce furent un certain nombre d’atrocités plus ou moins délibérées auxquelles s’était livrée l’armé française : mitraillage d’un train de prisonniers en gare de Moramanga, dont il n’y eut aucun survivant dans les wagons solidement fermés, quand le train arriva finalement à Tananarive ; largage d’avion de prisonniers (sans parachute) pour les transformer en bombes humaines au dessus de villages rebelles ; exécution sommaires ; etc. »

« Il y a évidemment un certain nombre de documents qui minimisent le plus possible la férocité de la répression. »

*******************************

« on peut parler de crimes de guerre »

Claire GRUBE

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