Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | October 11, 2015

1940: la course poursuite

1940 : la course poursuite

Grüß gott !

Les soldats allemands, pendant la campagne de France, courent vers le Sud. Et rattrapent les soldats français.

La Seconde Guerre mondiale / Pierre Miquel / Fayard / 1986:

« On parle beaucoup d’honneur sur les rives de la Loire pendant que les soldats en retraite s’épuisent dans une résistance désespérée. Les unités de l’armée, a dit Weygand, combattraient même sans espoir. » (…)

« Pour la Wehrmacht, l’heure de la poursuite a sonné. Les unités sillonnent les routes vers le sud, encombrées de réfugiés : devant l’avance de Rommel, 200.000 Rouennais (sur 250.000) ont fui leur ville incendiée. Les habitants du Havre ceux de Fécamp et de Dieppe ont pris le large, sur terre et sur mer. Le bateau-poubelle de la ville du Havre devient un bâtiment d’exode. Le moindre chaland est pris d’assaut. Gisors, Evreux, bombardées, sont assiégées par de longues colonnes de civils et par des fuyards sans armes. Vers l’ouest, la foule gagne Rennes et les ports bretons. Certains, de Saint-Malo, de Saint-Brieuc, cherchent à gagner l’Angleterre pour se mettre à l’abri. Les autres se laissent passivement doubler par les colonnes allemandes. »

« Ces millions de fugitifs gênent certes les Allemands dans leur progression, mais bien davantage les Français dans leur retraite. Sans ordres, souvent sans cadres, toujours sans liaisons, les soldats se rendent par milliers le long des routes. Le 15, von Kleist est à Bourges, le 17 à Dijon. Le 18, l’infanterie commence à franchir la Loire. Les Allemands sont surpris et dépassés par l’importance de leurs captures. Ils ne savent que faire de ces unités marchant sur les routes avec leurs officiers. Ils n’ont pas les moyens d’empêcher les évasions, qui ne sont d’ailleurs pas nombreuses, chacun étant convaincu que la paix va être signée sans tarder. Pour un Hautecloque, pour un Bénouville qui s’évadent dans l’indifférence générale, le grand troupeau de captifs attend la fin des combats, n’étant préoccupé que de dormir ou de trouver sa subsistance. »

Les généraux parlent / Basil H. Liddell Hart / Tempus / 2011:

« Grâce à la rapide percée de la 7e division blindée de Rommel, Kluge atteignit bientôt la Seine à Rouen et aux environs. Les Allemands traversèrent le fleuve sur les talons des troupes françaises, qui refluaient en désordre et n’essayèrent pas sérieusement de le défendre. »

« Les Français se retiraient en désordre ce qui nous permit de passer sans encombre de Dijon à Lyon par le vallée du Rhône. »

« En effet, à ce stade de la campagne, la dispersion et la confusion des Français étaient telles que les Allemands pouvaient impunément diviser leur effort. »

« Heinrici me dit avoir rompu la ligne Maginot en douze heures. Toutefois, au cours des entretiens suivants, il reconnut que cette victoire fut remportée sur des défenses affaiblies et pendant la retraite des Français. Le 14, mes troupes pénétrèrent en deux points, après de durs combats. J’avais donné l’ordre de continuer l’attaque le 15 lorsque, à minuit, nous interceptâmes un ordre adressé aux troupes françaises leur prescrivant d’évacuer. C’est ainsi que, le lendemain, notre opération fut plus une poursuite qu’un assaut. »

« Quand notre infanterie releva les chars et progressa au-delà de l’Oise, le problème des fortifications couvrant l’approche de Paris se posa. Le général von Reichenau hésitait sur le procédé à employer pour éviter cet obstacle; il décida, finalement, de le contourner par l’est. Toutefois, la retraite des Français nous épargna ce souci. »

« Les Français avaient fait sauter les ponts de Sully et de Gien, mais nous nous emparâmes de ceux d’Orléans par un coup de main. Il y eut peu de combats à livrer ; l’avance se borna à une poursuite depuis la Marne jusqu’au Cher, où elle se termina. »

« Sur beaucoup de routes nationales, nos blindés dépassaient sans encombre des colonnes de Français en retraite, qui marchaient dans la même direction. »

Comment perdre une bataille France / Mai-juin 1940 / Alistair Horne / Texto / 2010:

« Le cliquetis des chenilles, le grondement des moteurs, réveillaient les gens dans les maisons. Des troupes campaient près de la route, il y avait des véhicules militaires dans les cours de ferme et, à certains endroits, sur la route même. Civils et soldats, blêmes de terreur, s’entassaient dans les fossés, le long des haies, dans le moindre creux de terrain. Nous foncions d’une allure égale, vers notre objectif. »

« Véhicules militaires, chars, artillerie, charrettes de refugiés, bloquaient la route et nous les poussions sans cérémonie sur les côtés. Partout des soldats français étaient couchés sur le sol, partout les fermes étaient pleines de canons, de chars, de voitures… Toujours le même spectacle, troupes et civils fuyant éperdument des deux bords de la route. »

« Le tableau fut toujours le même, des colonnes de réfugiés et des troupes françaises complètement stupéfaites. Un des subordonnés de Rommel dit avoir simplement crié à ces soldats de déposer leurs armes. Beaucoup obéissaient, d’autres semblaient surpris, mais il n’y eut nulle part de résistance. »

« De lamentable convois de réfugiés affluant sur toutes les routes venant du nord. J’y vois, aussi, nombre de militaires désarmés. Ils appartiennent aux troupes que l’offensive des panzers a mises en débandade au cours des jours précédents. Rattrapés dans leur fuite par les détachements mécaniques de l’ennemi, ils en ont reçu l’ordre de jeter leurs fusils et de filer vers le sud pour ne pas encombrer les routes. Nous n’avons pas, leur a-t-on crié, le temps de vous faire prisonniers ! »

******************************

« l’avance se borna à une poursuite »

Claire GRUBE

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