Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | September 6, 2015

Inquisition: la justice

Inquisition : la justice

Grüß Gott !

Le tribunal ecclésiastique, contre la personne hérétique, applique une justice méthodique.

Historiquement correct / L’inquisition / Jean Sévillia / Perrin / 2003:

« L’image de l’Inquisition est si négative que tout un chacun s’imagine qu’elle constitue le règne de l’arbitraire. C’est exactement l’inverse : l’Inquisition est une justice méthodique, formaliste et paperassière, souvent beaucoup plus tempérée que la justice civile. Détenu en prison préventive ou restant libre, l’accusé à le droit de produire des témoins à décharge, de récuser ses juges et même, en cas d’appel, de récuser l’inquisiteur lui-même. Au cours de son procès il bénéficie d’un défenseur. Le premier interrogatoire a lieu en présence de prud’hommes, jury local constitué de clercs et de laïcs dont l’avis est entendu avant la sentence. »

Le blog de la procure / Le mythe de l’Inquisition / Jean Sévilla / Internet:

« L’Inquisition médiévale, qui luttait contre les hérésies, au XIIIe siècle, et qui ne doit pas être confondue avec l’Inquisition d’Espagne, phénomène politico-religieux né deux siècles plus tard, n’était pas une justice arbitraire : elle laissait aux accusés le droit de se défendre et même de récuser leurs juges, n’employait la « question », à une époque où la justice civile recourait à la torture, que dans des cas déterminés, distribuait des peines qui étaient le plus souvent religieuses (prières, pèlerinages), les condamnations au bûcher étant rares et jamais exécutées par l’Eglise. »

Jeansevillia.com / L’inquisition / L’histoire contre la légende / Internet:

« En Provence et dans le Languedoc, les tribunaux ecclésiastiques institués dans les années 1230 avaient pour but, eux, de réduire les hérésies, notamment celle des cathares. Refusant l’arbitraire, ils procédaient de façon formaliste et même paperassière (inquisition vient du latin inquisitio qui signifie « enquête »), interrogeaient des accusés qui avaient le droit de produire des témoins à décharge et de récuser leurs juges. »

« Il faut lire en contrepoint le livre de l’historien Didier Le Fur, qui remet la réalité en perspective. »

L’Inquisition / Enquête historique / Didier le Fur / Tallandier / 2012:

« Le nouveau pape [Grégoire IX] avait l’intention, comme son prédécesseur, de faire de la lutte antihérétique la prérogative exclusive de l’Eglise, et il s’y engagea totalement. »

« En février 1231, une constitution était publiée dans laquelle le pontife confirmait le droit exclusif de l’Eglise à condamner les hérétiques écartant ainsi officiellement les velléités des princes. Ce n’est qu’une fois jugés et condamnés par l’Eglise que les coupables seraient désormais livrés au bras séculier. De plus, le pape déclarait que les accusés qui voudraient revenir à l’unité de la foi seraient emprisonnés pour faire pénitence jusqu’à la mort. »

« Par ces décisions qui aggravaient considérablement le sort des hérétiques jugés par l’Eglise, Grégoire IX parvint donc à réduire la justice laïque en matière d’hérésie au rang de simple exécutant. Au même moment, le sénateur de Rome, Annibaldo, instruisait le procès de quelques cathares et publiait un statut contre les hérétiques où pour la première fois le mot « inquisition » ne signifiait plus « enquête ». Le sénateur décrêtait que tous les biens des hérétiques seraient confisqués et leurs demeures démolies. »

« Bientôt une bulle pontificale apporta une assise à cette institution que l’on allait appeler bientôt l’« inquisition pontificale ». Elle fournissait un personnel stable, investi de l’autorité papale, car il était devenu évident, que face au développement de l’hérésie à travers toute l’Europe chrétienne du Sud, il était nécessaire de répliquer par un organisme général de répression. »

(…)

« Son fonctionnement »

« Si l’on prenait à la lettre certains passages des manuels inquisitoriaux, seules sources que nous possédons pour écrire ces lignes, on pourrait croire que la procédure des tribunaux de l’Inquisition observait, hormis la comnunication des noms des témoins, toutes les formes du droit. En fait, cette procédure, progressivement élaborée maintes fois remaniée au cours des conciles ou par bulles pontificales pendant les XIIIe et XIVe siècles, s’affranchissait de la plupart de règles ordinaires : non seulement celles du procès accusatoire, qui normalement devait réunir les garanties d’un débat contradictoire fournissant le modèle parfait de l’ordre judiciaire en matière criminelle ; mais encore celles de la nouvelle procédure d’inquisiton de droit commun. En effet, différentes bulles pontificales, et notamment celles d’Innocent IV, apportèrent peu à peu aux inquisiteurs la possibilité de déroger aux clauses les plus essentielles de la procédure ordinaire.  »

« Le juge ne s’inquiétait plus aucun délai, ne prenait en considération ni défense ni preuve, dès lors qu’il les considérait inutiles. A part la citation de l’accusé, la communication des charges et les dépositions des témoins – dans des conditions plus ou moins rigoureuses -, tout, pour le juge, était devenu facultatif. En fait, deux caractères principaux définissaient désormais la procédure inquisitoriale pontificale : le secret et l’arbitraire. »

(…)

« Etant libre de toute juridiction, l’inquisiteur ne s’astraignait pas, sauf rares exceptions, à suivre les règles de la procédure de droit commun. Son pouvoir était discriminatoire et il jouissait de privilèges spéciaux qui l’autorisaient à procéder simplement, directement, sans clameur d’avocats, ni figure de jugement, ni présentation d’un libelle introductif par lequel le demandeur exposait d’ordinaire l’objet de sa demande. »

« Quant à l’accusé, il n’avait aucun moyen de récuser son juge, qui avait le droit d’entrer en relation avec des excommuniés sans risquer lui-même l’excommunication. »

(…)

« Officiellement, et contrairement au droit commun, le prévenu n’avait pas d’avocat : l’accusé présenté devant un tribunal inquisitorial ne pouvait recourir qu’à sa propre défense. Rien de plus compréhensible, puisque toute personne venant en aide à un hérétique, secours ou conseil, pouvait être considéré, de fait, comme l’auteur d’hérésie et devait être condamné à son tour. »

« Une seule circonstance autorisait le recours à un avocat : lorsque le prévenu était mort en état d’hérésie. »

Histoire de l’Inquisition au Moyen-Age / Tome 1 / Henri-Charles Lea / Paris / Picard / 1900:

« Pas de témoins à décharge »

« Dans les cas ordinaires, on ne permettait jamais à l’accusé d’invoquer des témoins à décharge, sauf pour établir l’inimitié d’un de ses accusateurs. En vertu d’une fiction légale, on supposait que l’inquisiteur examinait l’une et l’autre face de la question et veillait sur la défense non moins que sur l’accusation. En résumé, si un accusé ne parvenait pas à deviner les noms de ses ennemis et à disqualifier leurs témoignages, sa condamnation était certaine. »

**********************************

« le secret et l’arbitraire »

Claire GRUBE

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