Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | August 14, 2015

Djamila Bouhired: électrocution

Djamila Bouhired : électrocution

Grüß Gott !

Djamila, résistante algérienne, est soumise à la question, par les militaires français. Puis déshabillée et électrocutée.

Wikipedia.org / Djamila Bouhired / Internet:

« En avril 1957, elle est blessée dans une fusillade et capturée par la 4e compagnie du 9e régiment de Zouaves (cantonnée dans le palais Klein Basse Casbah). Elle est soupçonnée d’être une militante de la cause algérienne. Elle est torturée, inculpée et condamnée à mort pour attentat. Son exécution est stoppée par une campagne médiatique menée par Jacques Vergès et Georges Arnaud. Ils écrivent un manifeste, Pour Djamila Bouhired, publié la même année aux Éditions de Minuit. C’est, avec la Question d’Henri Alleg, l’un des manifestes qui alerteront l’opinion publique sur les mauvais traitements et les tortures infligées par l’armée aux combattants algériens. Devant le tollé international soulevé par sa condamnation, elle est finalement graciée et libérée en 1962. »

Dailymotion.com / Jacques Verges / Djamila Bouhired / Vidéo / Internet:

« Journal »

« L’officier « para » et le chirurgien de l’affaire Djemila Bouhired témoignent. »

« Le capitaine Graziani : je lui ai donné trois paires de gifles. »

Jacques Verges:

« Je vivais dans l’obsession de cette affaire, puisque on m’avait signalé qu’elle était à l’hôpital Maillot, qu’elle avait été torturée sur son lit d’hôpital, qu’ensuite elle avait été livrée aux parachutistes. »

« (…) elle sort des mains des officiers français qui l’on torturée. »

Pour Djamila Bouhired / Georges Arnaud / Jacques Verges / Editions de minuit / Paris / 1957:

« Le 26 avril, l’omoplate brisée par une balle, alors qu’elle fuyait devant une patrouille dans la Casbah, Djamila Bouhired, vingt-deux ans, fut trouvée porteuse d’une importante correspondance F.L.N., destinée principalement à Yacef Saadi et à Ali la Pointe. »

« Relevée, portée à l’hôpital et pansée, elle subit son premier interrogatoire alors qu’elle se trouvait encore sur la table d’opération où les médecins l’avaient laissée. »

« Ici et là, à travers la ville et sa banlieue, cet interrogatoire se poursuivit dix-sept jours durant, à l’issue desquels, de la prison où elle avait été, enfin, régulièrement écrouée, elle porta plainte contre les militaires qui l’avaient ainsi retenue, et à qui elle reprochait des tortures dont la description fait horreur. »

« Un mois passa. Enfin, un médecin fut commis, qui retrouva sur le corps de Djamila Bouhired les traces de divers sévices. On noterait avec soulagement que son rapport ne mentionne pas les brûlures à l’intérieur du sexe et à la pointe des seins dont il est fait état dans la plainte ; n’était un détail qui porte tort à la créance qu’on eut aimé attacher à se document. S’étant constamment rouvert – suite de coups, affirme Djamila Bouhired – l’orifice de la sortie du projectile qui l’avait blessée, quarante-cinq jours plus tôt, avait formé au sein une plaie suppurante. Moins sensible à la douleur, le muscle dorsal où la balle était entrée n’avait pas été pareillement maltraité. La blessure en était cicatrisée. »

« Or, l’expert diagnostique, pour la plaie infectée : « fistule d’origine tuberculeuse » et pour la plaie déja fermée : « fistule tuberculeuse ancienne, guérie et cicatrisée ».

« Incapicité ou aveuglement : l’une ou l’autre hypothèse condamne également de façon radicale l’ensemble du rapport ; de sorte que, sur les traitements qui lui furent infligées, la seule déclaration qui reste croyable est celle de la victime:

« J’ai été, du 9 au 26 avril sans interruption interrogée et torturée, à l’hôpital militaire Maillot et dans deux villas où les parachutistes m’ont sequestrée… Trois jours durant, les 17, 18 et 18 avril, j’ai subi le supplice de l’électricité. Des électrodes m’ont été placées dans le sexe, les narines, les oreilles, la bouche, sous les aisselles, sur le bout de mes seins qui sont encore brûlés, sur mes cuisses qui portent encore des marques. La première séance, dans la nuit du 17 au 18 avril, a duré de 21 heures à 3 heures, jusqu’à ce que je m’évanouisse et délire. » (1)

« Et Djamila ajoute, c’est son seul commentaire:

« Ceux qui m’ont torturée n’avaient pas le droit d’humilier l’être humain comme ils l’ont fait, physiquement sur ma personne, et moralement sur eux-mêmes. (…)

(1) « On trouvera en annexe l’énoncé des constatations faites à la même époque, sur la personne de Djamila Bouhired, par sa co-détenue, Mme Janine Belkodja, docteur en médecine de la Faculté d’Alger. »

« J’ai examiné Djamila Bouhired à la prison civile d’Alger dès la levée des mesures de secret la concermant (premiers jours de mai 1957) (16 mai exactement) »

« J’ai constaté:

(…)

« 6° un piqueté brunâtre autour des régions aréolaires des deux seins, paraissant dû à des brûlures ;

« 7° des marques brunâtres, allongées, de 4 à 5 centimètres sur 1, siégant à la hanche droite et à la face externe de la cuisse droite, pouvant relever de la même cause ;

« 8° une petite zone blanchâtre et indurée située à la face interne de la petite lèvre gauche. »

(…)

« Ces déclarations appellent quelques remarques:

(…)

« 3° Il semble que la plaie sus-mamaire ait fait l’objet de complications secondaires, car on n’y relève pas de marques de sutures, elle est anormalement étendue et infectée. »

(…)

« Djamila m’a déclaré avoir été blessée par une balle lors de son arrestation, ce qui coïncide avec les constatations effectuées. »

« Par ailleurs, elle m’a affirmé avoir été frappée et brûlée à l’électricité au niveau de la plaie thoracique antérieure. Des électrodes lui auraient été également appliqués sur les seins, la hanche droite et la face externe de la cuisse droite, ainsi qu’à l’orifice vaginal. »

« L’aspect des diverses lésions que j’ai examinées permet d’envisager sérieusement les causes invoquées par l’intéressée. »

« Djamila Bouhired m’a également déclaré qu’elle était réglée lors des sévices qu’elle aurait subis le 17 avril 1957, elle aurait présenté une forte hémorragie, suivie d’un arrêt de ses règles et de l’apparition de pertes infectées durant quinze jours. »

« L’état général de Djamila Bouhired m’a semblé altéré, ses traits tirés et son corps amaigri. »

« L’impotence fonctionnelle du bras gauche doit être totale pour une durée de deux mois environ sauf complications. »

« Une incapacité définitive devant être précisée éventuellement à une date ultérieure. »

« Janine Belkhodja »

« Docteur en Médecine »

**************************************

« Ceux qui m’ont torturée n’avaient pas le droit… »

Claire GRUBE

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