Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | July 27, 2015

Vichy: plein emploi

Vichy : plein emploi

Grüß Gott !

Les ouvriers français, pendant la Seconde Guerre mondiale, sont très occupés. Ils travaillent pour l’Allemagne.

Youtube.com / L’oeil de Vichy / Vidéo / Internet:

„ Français, souvenez-vous ! (…) malgré un an de guerre, en 1940, il y avait encore en France 1.074.188 chômeurs. En 1941, il en reste seulement 181.768. Cette énorme diminution a été obtenue en un an seulement. En 1942, le nombre des chômeurs en France est descendu à 59.262. En 1943, on n’en comptait plus que 10.583. Aujourd’hui, il n’y a plus un seul chômeur en France. Pourquoi ? Parce que l’Allemagne a passé des commandes nombreuses… “ (…)

La France dans l’Europe de Hitler / Eberhard Jäckel / Fayard / 1968:

« Auparavant les conditions n’étaient pas mauvaises en France. Au début, l’administration militaire s’était trouvée devant le problème d’un chômage massif. En octobre 1940, il y avait encore dans la seule Z.O. 800.000 sans travail. Mais en août 1941, ils n’étaient plus que 80.000 car, de plus en plus, l’industrie et la main-d’oeuvre françaises étaient utilisées pour les besoins de l’Allemagne. Au printemps de 1942, 170.000 Français travaillaient sur place dans les services de la Wehrmacht, ses ateliers, etc., 275.000 à la construction d’aérodromes et de fortifications comme le mur de l’Atlantique, 400.000 enfin à la fabrication d’armements, toujours pour l’Allemagne. Des commandes atteignant une valeur de 4,5 milliards de marks avaient été passées. Les usines de locomotives françaises, par exemple, produisaient exclusivement pour l’Allemagne, celles de machines-outils à 95 %. Les chantiers navals étaient à la disposition de la Marine allemande. » (…)

« Il ne faut pas oublier non plus qu’en 1942 plus d’un million de Français étaient toujours prisonniers de guerre en Allemagne où la majorité d’entre eux avait été embauchée dans l’agriculture et l’industrie des armements. Enfin, à la date du 31 mai 1942, près de 185.000 volontaires travaillaient également dans le Reich. La France apportait donc déjà indiscutablement une contribution très appréciable à l’effort de guerre allemand, contribution qu’elle finançait en grande partie par elle-même par le moyen de frais d’occupation. »

Travailler dans les entreprises sous l’Occupation / Christian Chevandier / Jean-Claude Daumas / Presses universitaires de Franche-Comté / 2007:

« Les maires sont invités à recenser les sans-travail. Les autorités sont convaincues que les campagnes offrent des ressources importantes. La production agricole est un enjeu majeur pour assurer le ravitaillement. Or, la campagne de France de mai-juin 1940 a déstabilisé l’agriculture. De nombreux paysans se trouvent parmi les prisonniers de guerre. La main-d’oeuvre est insuffisante. »

« Le 14 octobre [1940], les autorités allemandes font paraître une affiche qui offre du travail en Allemagne aux chômeurs français et étrangers. (…) Les autorités recherchent avant tout des ouvriers spécialistes de la métallurgie et du bâtiment. Des offres concernent également les ouvriers agricoles et les femmes. Des salaires très supérieurs à ceux en vigueur en France sont annoncés des conditions de travail et de vie très favorable sont mises en avant par les autorités dans un but de propagande. »

« Le 5 mars 1941, une circulaire du directeur de l’office stipule que les chômeurs secourus âgés de 21 à 50 ans doivent être dirigés vers les chantiers allemands. (…) Les allocataires qui sans motif auront refusé d’accepter le travail verront leur allocation supprimée. »

« Une circulaire préfectorale du 15 novembre prévoit notamment des travaux de voirie, de nettoyage et pour les femmes, des travaux divers dans les ouvroirs. »

« Alors que les débuts de l’Occupation avaient d’abord désorganisé l’économie, des besoins de main-d’oeuvre se font sentir dès 1941. (…) Puis ils augmentent de manière importante et expliquent la résorption progressive du chômage. »

« La baisse du chômage est réelle et significative. »

« En avril 1942 le chômage est résorbé. Sans doute l’est-il dès l’automne 1941. »

« La suppression du chômage masculin résulte donc bien du recrutement d’ouvriers par les autorités allemandes. Les autorités françaises de Vichy ont, par ailleurs, servi les exigences allemandes en matière de main-d’oeuvre. » (…)

« L’embauche de réfractaires au STO a été fort répandue, surtout celle de jeunes gens des quatre classes d’âge 1920 à 1923 menacées par la loi du 16 février 1943. »

« L’absence cumulée des prisonniers, des déportés, des requis civils et des réfractaires ampute la France d’un homme actif sur sept. Dès lors, l’occupant et Vichy déploient des efforts désespérés pour recompléter les effectifs en puisant partout où ils peuvent. De plus en plus de requis effectuent ainsi leur STO en France. »

« Vichy renie aussi sa politique initiale de liquidation de l’emploi féminin. Les femmes affluent à nouveau en entreprise. Ainsi les milliers d’auxiliaires des PTT, que l’on se hâte ultérieurement de limoger sous prétexte de l’épuration. A la SNCF, elles occupent 45.000 emplois en 1943, dont 22.594 auxiliaires (+ 57 % en un an). »

« Les chemins de fer réduisent aussi les départs en retraite, passés de 1.300 à 300 par mois après 1942, et rappellent les retraités, légalement requérables cinq ans après leur départ. »

« De leur côté, plus efficace sans doute que ces expérience autoritaires, les industries accomplissent un vaste effort de réadaption, de recrutement et de formation ou rééducation accélérée de jeunes souvent adolescents, de femmes, d’infirmes, ou encore de travailleurs âgés de plus de 50 ans. »

« Tout panorama serait bien sûr incomplet sans les centaines de milliers d’ouvriers des usines Sperr (S), et leur afflux massif de candidats à l’automne 1943. Albert Speer mise sur elles pour disperser une industrie trop dangereusement concentrée dans le Reich bombardé, pour produire les articles de consommation courante que l’industrie allemande entrée en guerre totale ne peut plus assumer. Il part du présupposé que les vaincus, en produisant sur place, ont un rendement supérieur aux requis transplantés et sont moins susceptibles de rejoindre le maquis. Les réfractaires du STO peuvent donc s’y embaucher sans crainte et être ainsi régularisés. Parfois, c’est pour eux un simple retour au bercail. Le retour de la saison hivernale, la lassitude en l’absence de débarquement allié, le désir de sortir de la clandestinité à moindre risque, les salaires avantageux, tout se conjuge pour drainer une importante quantité de main-d’oeuvre vers les firmes S. » (…)

« La France a compté en tout plus de 14.000 usines S regroupant près d’un million d’hommes, préservés du séjour outre-Rhin, mais produisant de 80 à 100 % pour l’occupant. » (…)

Guerre et paix et societé / 1911-1946 / Antoine Prost / Les Editions de l’Atelier / 2003:

„ Dans tous les cas le point essentiel est le travail pour les Allemands qui est le facteur premier de la croissance de la main-d’oeuvre. Une étude précise dans le département de la Vienne montre que toutes les entreprises qui ont connu une progression de leur main-d’oeuvre entre 1938 et 1943 travaillent pour les Allemands à plus de 50 %. Dans les Côtes-du-Nord, ce sont le chantiers contrôlés le plus souvent par l’organisation Todt qui attirent une main-d’oeuvre croissante : 2.000 en mars 1941, 4.000 en août 1942, 7.000 en juillet 1943 et 8.000 en juin 1944.“

„ Nous sommes là au coeur d’une première grave question : trouver un emploi pour un ouvrier pendant l’Occupation, c’est de plus en plus souvent accepter de travailler pour l’Allemagne. Une forme latente de collaboration qui ne peut être entièrement résorbé dans le sabotage ou le freinage ? “ (…)

„ Parmi les trois millions d’ouvriers qui travaillaient pour l’Allemagne (près d’un million dans les entreprises allemandes en France : Todt, Wehrmacht, usines allemandes d’armements, 800.000 dans les usines S, 200.000 à la S.N.C.F. sur les lignes controlées par les Allemands…), il faut faire une part particulière à ceux qui ont travaillé en Allemagne. Les estimations tournent autour de 700.000 à 750.000.“ ( …)

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« Nous sommes là au coeur d’une première grave question … »

Claire GRUBE

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