Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | July 19, 2015

Asile de Clermont : purification

Asile de Clermont : purification

Grüß Gott !

Les malades mentaux, en l’an 1940, sont oubliés et abandonnés, dans des asiles vétustes et insalubres.

Le train des fous / Le génocide des malades mentaux en France / Pierre Durand / Messidor / 1988:

„ Les rapports établis par les médecins responsables des divers services de l’H.P. de Clermont à la fin de la guerre témoignent du délabrement de l’établissement à divers égards. Le Dr. Letailleur, médecin-chef du service général des hommes, parle du quartier Ferrus „particulièrement déshérité du point de vue de l’hygiène“. Il évoque „la malpropreté, le manque de linge. “

„ Le Dr. R. Briau, dans un rapport particulier concernant les services d’admission des hommes, du pensionnat des femmes, des enfants anormaux, constate que, dès 1938, l’encombrement était anormal. Au pavillon Cotard, sévissait une entérite saisonnière meutrière pour les malades affaiblis et âgés. Cette affection épidémique était la conséquence de certaines fautes lourdes dont l’hygiène hospitalière. Je veux parler du voisinage du dépôt d’ordures et d’os à proximité du pavillon“. Il décrit le vieux quartiers asilaires vétustes et malpropres“. Les enfants évacués de Crèvecoeur ont été installés dans les vieux bâtiments du pensionnat des femmes, bâtiments humides et malsains : le manque de soleil et de lumière, le froid, l’humidité font autant pour détruire que la mauvaise qualité des aliments. “

„ Le rapport du Dr. J. Le Maux, médecin-chef du service des admissions des femmes de Clermont, note que la construction défectueuse du pavillon Trénel, aux fenêtres mal jointes, a aggravé les conséquences du manque de chauffage. Il souligne que „les malades gâteuses“ ne disposant pas de draps, „couchées toutes nues sur le varech, sans interposition d’aucune pièce de linge, étaient exposées à des complications graves : excoriations, infections cutanées, plaies, escarres. “

„ Le Dr. Hyvert, médecin-chef du service de l’annexe de Villers et du pavillon Bourneville, ne manque pas de mentionner que les pavillons Vian et Baillager concus pour hospitaliser cent soixante malades chacun (en 1938 déjà) en contenait plus du double (…) L’encombrement était considérable et le rassemblement de trois cents malades dans une seule salle de jour constituait une grave faute. “

„ Le Dr. Elisabeth Jacob, médecin-chef du service des Cinq Muids et Fitz-James Femmes, parle du pavillon Morel comme d’un „défi à l’hygiène : les w.c. étant insuffisants, les malades devaient utiliser pour leurs besoins des boîtes de conserves. Les parasites grouillaient, et les rats, en grand nombre, pouvaient, ainsi que cela est arrivé, ronger les doigts d’une malade catatonique. En 1941, les pavillons des Cinq Muids „équipés chacun pour cent malades ont pu en contenir jusqu’à deux cent vingt-deux. “

„ Le Dr. C. Pottier, médecin-chef du service des Cinq Muids et Fitz-James Hommes explique que le pavillon Laseque était tellement vétuste qu’il fallut l’abandonner le 4 avril 1945, mais qu’il aurait dû l’être bien avant. “

„ Quant au Dr. André Cellier, médecin-chef du service général des femmes de Clermont, il déclara qu’à son arrivée, le 7 juin 1941, il a trouvé une situation lamentable (…) ; locaux insalubres à tous les points de vue, sans lumière, sans air, sans aucun placard ou même simple tiroir individuel (de sorte que les malades portent dans leur corsage ou dans un baluchon leurs pauvres petits objets personnels), sans la moindre hygiène, sans lavabos (mais quelques robinet d’eau froide), sans w.-c. convenables (mais encore avec des tinettes préhistoriques qui existent encore), absence de tout papier hygiénique ou même simple journal, absence de serviettes hygiéniques (mais, par suite de la carence alimentaire, exceptionnelles étaient les femmes encore réglées). Beaucoup de malades couchaient entièrement nues, sans aucun drap, dans des dortoirs glacés où l’eau tombait goutte à goutte de stalactites de glace qui s’étaient formées au plafond. J’ai vu des infirmières obligées d’ouvrir leur parapluie dans des salles de malades. Presque toutes avaient des poux …“

(…)

„ Les mesures antisémites qui furent prises par le gouvernement de Vichy – avant même que l’occupant ne lui demande – avaient pour but officiellement proclamé la purification de la France. “

(…)

„ Ce racisme délibéré ne s’arrêtait pas à certaines catégories ethniques de la population ou aux adversaires politiques de la collaboration avec l’ennemi. Il avait des racines bien plus profondes. Il inspirait tout une idéologie qui avait pignon sur rue et qui imprégnait non seulement les dignitaires de Vichy, mais une fraction non négligable de l’ “élite française “. Rares sont ceux qui aujourd’hui ont gardé le souvenir des projets très concrets qui virent le jour à ce propos durant l’Occupation. Un voile épais de silence les a ensevelis. Encore ne s’agit-il pas seulement de projets. Ils eurent un début de réalisation. Les quarante mille aliénés qui moururent durant la guerre dans les hôpitaux psychiatriques français en ont été les victimes. Il faut enfin dire la vérité. Nous accusons. “

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„ une idéologie qui avait pignon sur rue “

Claire GRUBE

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