Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | May 25, 2015

Djamila Boupacha: défloration

Djamila Boupacha : défloration

Grüß Gott !

Djamila, résistante algérienne, est soumise à la question, par les militaires français. Puis déshabillée et déshonorée.

Djamila Boupacha / Simone de Beauvoir / Gisèle Halimi / Gallimard / 1962:

« Une Algérienne de vingt-trois ans, agent de liaison du F.L.N. a été sequestrée, torturée, violée avec une bouteille par des militaires français : c’est banal. Depuis 1954, nous sommes tous complices d’un génocide qui, sous le nom de répression, puis de pacification, a fait plus d’un million de victimes : hommes, femmes, viellards, enfants mitraillés au cours des ratissages, brûlés vifs dans leurs villages, abattus, égorgés, éventrés, martyrisés à mort ; des tribus entières livrées à la faim, au froid, aux coups, aux épidémies, dans ces « centres de regroupement » qui sont en fait des camps d’extermination – servant accessoirement de bordels au corps d’élite – et où agonisent actuellement plus de cinq cent mille Algériens. Au cours de ces derniers mois, la presse, même la plus prudente, a déversé sur nous l’horreur : assassinats, lynchages, ratonnades, chasses à l’homme dans les rues d’Oran ; à Paris, au fil de la Seine, pendus aux arbres du bois de Boulogne, des cadavres par dizaines, des mains brisées ; des crânes éclatés ; la Toussaint rouge d’Alger. Pouvons-nous encore être émus par le sang d’une jeune fille ? Après tout, – comme l’a insinué finement M. Patin, Président de la Commission de Sauvegarde, au cours d’un entretien auquel j’assistais – Djamila Boupacha est vivante : ce qu’elle a subi n’était donc pas terrible. »

« (M. Patin faisait allusion au supplice de la bouteille infligé à Djamila : « J’avais craint », dit-il, « qu’on ne l’eût assise sur une bouteille, … » ) »

……

« Le supplice »

« Le 17 février, deux inspecteurs de police, T… et G…, emmènent Djamila au Centre d’Hussein Dey.

Le soir de son arrivée, elle est conduite dans une salle du rez-de-chaussée : elle y remarque un grand fauteuil, incliné en arrière, comme les fauteuils de dentiste, avec des accoudoirs et des lanières.

Les inspecteurs T… et G… sont présents, ainsi qu’un autre policier à la peau blanche et à la figure poupine.

Trois « bleus » – dont l’un est très jeune, dix-huit à dix-neuf ans. Les deux autres ont déjà aidé à l’interrogatoire subi par Djamila au Centre d’El Biar.

Elle les reconnaît.

Nouvelles questions. Djamila ne sait pas où est « Si Djamal ». L’un des « bleus » lui ordonnne de se déshabiller et, devant son refus, il lui ôte lui-même tous ses vêtements.

Avec l’aide d’un de ses complices, il l’attache sur le fauteuil de dentiste : un autre lui met un baîllon sur la bouche.

Sur une table de bois trône la « gégène », comme l’appellent familièrement ses usagers.

A Djamila qui la lui décrira – petite machine haute de 20 centimètres, longue de 20 centimètres, avec une manivelle sur le côté d’où sortent des fils électriques, le Juge d’Instruction fait remarquer que l’on dit dynamo.

Djamila est attachée complètement nue sur le fauteuil.

Ses geôliers échangent des obscénités et boivent de la bière qu’ils recrachent sur elle.

Son corps est tout mouillé.

Ils essaient alors d’enrouler les fils électriques autour de chaque sein. Mais les fils glissent sur la peau mouillée.

Ils les font tenir avec du scotch.

L’un des « bleus » tourne la manivelle de la dynamo tantôt lentement, et Djamila est secouée par saccades, tantôt très vite, et elle est alors agitée d’un tremblement continue.

Les fils sont placés à l’aine, au sexe, sur tout le corps, par deux des hommes présents.

Un autre enlève et remet le baîllon chaque fois qu’on attend d’elle une réponse.

Un inspecteur fume, flegmatiquement. Et par touches rapides, il lui appuie le bout incandescent de sa cigarette sur la poitrine et sur les épaules.

Ayant fini de fumer, il éteint sa cigarette en l’appuyant sur la cuisse droite de la jeune fille.

Ces traces de brûlures, j’avais pu les constater sur son corps le jour de mon arrivée à la prison d’Alger, le 17 mai.

Combien de temps a duré ce supplice ?

« J’ai eu l’impression que ces tortures ont duré trés longtemps. On voulait me faire dire le refuge de mes frères », dit Djamila dans sa déposition.

Le lendemain, on vient la prende dans sa cellule. Mêmes supplices, à la différence que la torture électrique n’est plus dispensée par la « gégêne-dynamo » mais par le « tire-boulette » qui lui est promené sur le visage.

Les participants sont les mêmes.

Trois ou quatre jours après son arrivée à Hussein Dey, dans la nuit, elle est brusquement réveillée et conduite dans une petite cour voisine.

– Tu vas voir ce que tu vas passer avec les paras de Zeralda.

Le capitaine parachutiste qui s’adressait ainsi à elle est de petite taille, épais, quarante à quarante cinq ans. Il est vêtu de l’uniforme léopard et porte un béret.

Avec les « bleus », les inspecteurs de police et deux autres militaires, le groupe qui s’acharne cette nuit-là sur Djamila comprend neuf hommes.

Tous la frappe à coups de pied, à coups de poing, la font plusieurs fois rouler par terre.

Le capitaine disparaît alors. Tous les autres hommes la traînent dans une salle.

Ce n’est pas celle où Djamila a été précédemment torturée. Celle-ci comprend principalement pour mobilier une baignoire et une table ; Djamila est attachée aux poignets et aux jambes : un bâton de la taille d’un manche à balai lui est passé entre les coudes et les genoux. Ce bâton repose sur chaque côté de la baignoire : Djamila y est suspendue comme une proie de chasse.

Elle est nue.

Le jeu de bascule commence : dans la baignoire pleine d’eau, Djamila étouffe.

Un homme appuie alors sur les genoux : elle remonte à la surface, pour y recevoir les gifles d’un autre.

Les inspecteurs veulent savoir où sont ses « frères » du maquis. Ils lui reprochent d’avoir tué des femmes et des enfants en déposant des bombes dans les cafés.

Djamila est à bout.

Au fur et à mesure que ses tortionnaires évoquent les attentats les plus récents commis dans les lieux publics d’Alger, elle avoue.

Elle avoue avoir déposé la bombe à la brasserie des Facultés, au Coq Hardi, dans d’autres établissements, partout…

Les inspecteurs sont fous de colère

Djamila semble les tourner en dérision : elle s’accuse de crime dont les coupables ont déjà été condamnés.

Malheur à elle !

C’est alors le deuxième degré…

Ils la jettent par terre, la ligotent avec une ceinture au-dessus de la taille.

Ses jambes sont libres.

L’inspecteur qui l’avait giflée et le « bleu » qui la faisait basculer dans la baignoire lui écartent les jambes.

Ils lui introduisent dans le vagin une brosse à dents, du côté du manche.

Puis ils prennent une de ces bouteilles de bière qu’ils venaient de vider, et lui enfoncent le goulot.

Djamila s’évanouit dans son sang.

Elle était vierge.

– Ils voulaient que j’avoue avoir posé une bombe à Alger. »

**********************************

« par des militaires français : c’est banal. »

Claire GRUBE

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