Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | April 12, 2015

Coupe-coupe au Tonkin

Coupe-coupe au Tonkin  

Grüß Gott !

Les soldats français, au Tonkin, achèvent les blessés, exécutent les prisonniers, tranchent les têtes.

A la conquête du Tonkin / Journal de marche d’un Turco / 1885-1887 / Emile Deguine / L’Harmattan / 2009:

« 19-21 août 1883 : Bataille de Hué. La marine de Courbet écrase les défenses de la citadelle. Pierre Loti, qui assiste au combat, dénonce le massacre des soldats annamites dans un article que publie le Figaro le 17 octobre 1883 : « On s’amusait à compter les morts, 50 à gauche, 80 à droite. Avec ceux qui avaient dû tomber dans les forts du Sud, cela pouvait bien faire 800 ou 1000. Les matelots discutaient là-dessus, établissant même des paris ; après la fin du combat les matelots sortaient du fort et descendaient se jeter sur les blessés […]. Ils les achevaient en les crevant à coups de baïonnettes, en leur cassant la tête à coup de crosse… »

« 13 Septembre – J’étais curieux de voir une exécution qui devait avoir lieu ce jour au pied des fortifications de Sontay. Je courus pour assister à la sortie des condamnés. Le cortège se forma et partit silencieusement. En tête, marchaient huit pirates, les mains liés derrière le dos, la cangue au cou. Ces asiatiques étaient de beaux hommes, bien musclés. »

« Arrivé au lieu d’exécution, le directeur de la prison planta une planchette portant l’arrêt de mort de chacun. »

« Les condamnés regardent, impassibles. Le bourreau enfonce dans le sol un pieu solide, y noue la corde qui les bras du condamné, fait tomber le misérable à genoux. Puis, marquant de sa salive, noircie par le bétel, une trace sur le cou du patient, comme pour donner une direction au couperet, il fait décrire à son sabre un grand cercle et la tête roule sur le gazon, le chignon défait, teint de sang. La tête avait l’air d’une boule dans l’herbe. Il y avait quatre soldats-bourreaux pour ces huit condamnés, de sorte qu’une partie de ces derniers restaient amarrés vivants à leur poteau, attendant leur tour, sans que cette cruelle attente trahisse leur secrète angoisse. »

« La tête ne tombe pas toujours du premier coup : ainsi, pour l’une des victimes, le bourreau abattit son coupe-coupe deux, trois, quatre fois. Honteux de son échec, il nous montra son sabre : la lame était tordue, courbée en cerceau. Puis il ramassa deux pierres, redressa son arme, et relevant le bras furieusement, arqua deux moulinets. La tête alors roula, arrosée par deux ruisseaux de sang. »

« 17 Février – Vers deux heures du matin, deux Turcos placés en sentinelle avancées, sur une des digues à environ deux cent mètres du poste, sont surpris par des pirates qui avaient réussi à se glisser dans les rizières sans attirer leur attention. »

« Aux cris poussés par les sentinelles, le petit poste, placé au pied du mamelon, prend les armes et court en toute hâte vers la digue, mais ne peut que constater leur mort. Les corps de ces deux Turcos gisaient, décapités, à quelques mètres l’un de l’autre. »

« La pacification du Tonkin est loin d’être complète, quoique le pays soit constamment sillonné par des colonnes. Mais les pirates fuient devant nous, et, quand nous tournons le dos, ils reviennent piller les villages, couper les moissons et massacrer les populations qui nous ont bien accueillis. »

Au Tonkin / Journal d’un sous-officier d’infanterie de marine / A. Badier & H. Badier / Libraire Furne / Paris / 1898-1900:

« Trois pirates faits prisonniers sont amenés au commandant qui décide leur mort chacun d’eux doit recevoir une balle tirée par un indigène. A cet effet on les attache à un piquet par une corde qui leur passe par la poitrine et les bras et on les laisse pendant un certain temps dans cette posture. Ce fut un tort, les malheureux sentant leur fin prochaine et mus par l’instinct puissant de la conservation ont l’idée de fuir. Cela semble folie. Et cependant, à un moment donné, ils secouent les pieux avec une telle force que mal enfoncés, ils cèdent sous l’effort et voilà ces pauvres diables qui courent vers la forêt. »

« Les exécuteurs, voyant leurs victimes s’échapper, tirent leur coupe-coupe et commencent une véritable chasse à l’homme où les pirates doivent nécessairement succomber, car si les piquets ont cédés, les cordes tiennent toujours, leur entravant les bras. On les rejoint en effet, et, au lieu de les reprendre et de les ramener pour l’exécution on tombe sur eux à coups de coupe-coupe. On frappe, on fauche au hasard, ce n’est que lorsqu’ils sont à terre qu’on leur octroie la balle de miséricorde. Un de ces malheureux a reçu un coup de coupe-coupe si formidable que son épaule est presque entièrement détachée, et que, par l’ouverture béante, on aperçoit les organes intérieurs ; un deuxième coup dans l’abdomen avait mis les entrailles à nu ; enfin, le coup de grâce lui fait sauter complètement la boîte crânienne. Les deux autres étaient à peu près dans le même état. »

Journal d’un marsouin au Tonkin / 1883-1886 / Louis Sarrat / France-Empire / Paris / 1987:

« Les Pavillons Jaunes du capitaine Georges reçoivent les Pavillons-Noirs à grands coups de coupe-coupe (grands sabres à large lame), et tranchent les têtes. C’est une véritable tuerie. Le corps à corps est désespéré. »

« Le capitaine Georges revient avec ses soldats auprès du général en chef Bouet. Ils lui apportent une dizaine de têtes de Pavillons-Noirs décapités au moment du corps à corps. Leur coupe-coupe sont rouges de sang de l’ennemi. »

” Prise de Santay ”

« Un spectacle horrible attendait les premiers de nos soldats qui occupèrent le retranchement de Phu-Sa, et tournèrent les canons abandonnés par l’ennemi dans la direction de la ville. Ils y trouvèrent, sans tête, affreusement mutilés, les cadavres de neuf turcos et de trois soldats d’infanterie de marine, tombés morts ou blessés au premier assaut. Un turco, attaché à des pieux par des rotins, avait eu les mains et les pieds coupés. Ses bourreaux ne s’étaient pas contentés de ces atrocités. Ils avaient également versé sur les plaies du malheureux des matières inflammables et l’avaient ainsi brûlé à petit feu … »

« Boum ! Boum ! Boum ! Des Pavillons-Noirs s’avancent en rampant, saisissent nos tués, nos blessés et les traînent jusqu’au pied de la pyramide où ils les décapitent. A la vue de cette barbarie, un nuage rouge passe devant les yeux de tous nos soldats. Un hurlement rauque de colére retentit. Une tempête humaine s’engouffre dans la porte, enfoncant les barricades, coupant les bambous et renversant tous les obstacles occupés par l’ennemi. Un horrible massacre a lieu. Pas de quartier ! Enfin, le combat cesse. Nos soldats s’arrêtent, haletants, le front en sueur, la baïonnette rouge jusqu’à la garde. Plus un seul ennemi ne se trouve devant eux. Tous sont couchés à terre dans des mares de sang. Un légionnaire est debout sur le rempart, agitant un pavillon tricolore en signe de victoire. Santay est à nous ! Vive la France ! »

« Durant la prise des maisons par nos soldats, un caporal du 143e de ligne chassant les Chinois à la baïonnette a vu un des soldats de l’armée du Quang-Si se cacher sous un lit de camp. Le caporal s’approche de lui et veut le chatouiller avec sa baïonnette fixée au canon de son fusil, quand il entend ces quelques mots en langue française : « Cochons de Français, que venez-vous faire ici ?… » Le caporal lui répond en lui plongeant sa baïonnette à travers le corps : « Cochon de Chinois, je viens ici pour t’embrocher ! »

« Nos pertes s’élèvent à 150 hommes, tant tués que blessés. Les Chinois ont perdu plus de 2.000 hommes. Deux pyramides sont édifiées par les tirailleurs tonkinois avec les têtes des Chinois trouvés dans le village de Kep et les environs. On évalue à 600 le nombre des têtes coupées par les tirailleurs tonkinois. »

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P1060333 (2)

” Têtes de trois pirates chinois, Nord-Tonkin, 1908. ”

Claire GRUBE

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