Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | April 4, 2015

Vichy: femmes au travail

Vichy : femmes au travail

Grüß Gott !

Les femmes françaises, pendant l’Occupation, répondent aux offres allemandes. Et turbinent et tapinent.

Travailler dans les entreprises sous l’Occupation / Christian Chevandier, Jean-Claude Daumas / Presses universitaires de Franche-Comté / 2007:

« Afin de fournir de la main-d’oeuvre de remplacement aux entreprises touchées par les réquisitions, les autorités allemandes ont multiplié les expédients – emploi de détenus des prisons françaises à des travaux forestiers, (…) développement du travail féminin… » 

« En troisième lieu, les Allemands et Vichy s’efforcèrent de développer le travail féminin dans l’industrie… »

« Le développement du travail des femmes a évidemment conduit à les employer à des postes ordinairement occupés par des hommes. »

« Enfin, pour combler les vides laissés dans les rangs des manoeuvres par les réquisitions, le MPI recommandait en septembre 1943 de faire appel aux employés du commerce et de l’hôtellerie ainsi qu’aux employés de l’industrie pouvant être remplacés par des femmes. »

« Ce qui signifie que les femmes occupaient un nombre croissant de postes d’ouvriers qualifiés. Du reste, on peut penser qu’avec la poursuite des prélèvements touchant les ouvriers qualifiés et la multiplication du recrutement de travailleurs sans véritable qualification, la proportion de femmes et de manoeuvres dans le personnel des entreprises de la DIME n’a pu que continuer à s’accroître jusqu’à la fin de la guerre. »

« Cependant réquisitions et mesures de reconstitution ont profondément transformé la consistance du personnel des usines relevant de la DIME. En effet, à la fin de la guerre, les femmes et les ouvriers sans qualification y étaient sensiblement plus nombreux qu’en 1938. »

« 1940. Des mesures de licenciement sont encouragées pour les femmes et pour les ouvriers issus de communes rurales… tandis que les mesures pour éloigner les femmes du marché du travail relèvent autant du modèle familial traditionnel prôné par la Révolution nationale que de la lutte contre le chômage.*

(* Il faut noter que cette recommandation de licenciement des femmes prévoit des exceptions pour : les veuves de guerre, les femmes de soldats non démobilisés, les femmes soutiens de famille, les célibataires privées de ressources, les femmes employées dans les industries qui utilisent traditionnellement de la main-d’oeuvre féminine.)

« L’embauche des femmes, phénomène universel de l’économie de guerre, est mise en oeuvre dans une proportion relativement importante. »

« Vichy renie aussi sa politique initiale de liquidation de l’emploi féminin. Les femmes affluent à nouveau en entreprise. Ainsi les milliers d’auxiliaires des PTT, que l’on se hâte ultérieurement de limoger sous prétexte de l’épuration. A la SNCF, elles occupent 45.000 emplois en 1943, dont 22.594 auxiliaires (+ 57 % en un an). »

Entre 50 à 70.000 Françaises travaillèrent en Allemagne pendant la guerre. »

« Qui étaient donc ces travailleuses volontaires en Allemagne ? Dès l’ouverture par les Allemands, en novembre 1940, d’offices de placement, des femmes répondirent aux offres proposées. Elles constituaient alors, avec la main-d’oeuvre immigrée, une part importante des travailleurs volontaires vers l’Allemagne : 23,4 % des départs de janvier 1941 à septembre 1942. Bien que proportionnellement moins nombreuses par la suite, des femmes furent recrutées jusqu’à la fin de l’Occupation. (…) Toutes ou presque étaient considérées comme volontaires, ce qu’elles étaient en effet du point de vue réglementaire. » (…)

« Trouver un emploi fut sans contexte une des principales raisons de ces engagements. Les mesures restrictives quant à l’emploi féminin prises par Vichy, les promesses de meilleurs salaires et conditions de travail ont poussé de nombreuses femmes, tout comme les hommes, à travailler pour les Allemands. En France, bien que l’on ignore précisément combien il y avait de femmes parmi les 750.000 personnes employées par les autorités d’occupation, elles furent nombreuses comme serveuses, femmes de ménage, cuisinières, blanchisseuses. »

« Mais la mise en avant de la conjugalité concernait, avant tout, la proposition offerte, à partir d’octobre 1942, aux femmes de prisonniers transformés de venir les rejoindre. L’effet fut immédiat puisque 6.000 femmes s’engagent à cette date, ce qui constitue un record sur toute la période de la guerre. »

« Enfin, il ne faut pas oublier les départs tardifs de l’été 1944, lorsqu’un certain nombre impossible à évaluer, de Françaises, firent le choix de suivre leur amant allemand lors de la retraite. Une fois en Allemagne, elles travaillèrent également. » 

Les femmes actrices de l’histoire / Yannick Ripa / Campus / Paris / 1999:

„ L’état français est forcé de composé avec la réalité, qu’il contribue aussi à façonner. Après avoir favorisé le retour au foyer des femmes, lesquelles représentent en 1940   26 % des chômeurs, Vichy doit accepter dès 1941 le recours à la main-d’oeuvre féminine, conséquence de la politique de l’occupant ; le travail de certaines dans les usines françaises profitant à l’économie du Reich. Ainsi, paradoxalement, le régime de Vichy, opposé au travail des femmes, contribue à augmenter leur emploi.“ (…)

„ Par ailleurs, le STO masculin prive l’économie de 1.500.000 travailleurs, il contraint à remplacer les absents par des femmes, dans le secteur privé comme dans le secteur public (SNCF, PTT, Education nationale) et à suspendre en 1942 la loi d’octobre 1940.“

Videos.arte.tv / France und Histodoc / Serge de Sampigny / Vidéo (2/2) / 2012 / Internet.de:

„ En France, plusieurs dizaines de milliers de femmes entretiennent des liaisons avec l’occupant. Pour beaucoup, un moyen de survie.“

„ Elles étaient dans la détresse : des hommes, y’ en avait pas beaucoup, c’était des vieux, ben, … les jeunes, ben, ils étaient partis à la guerre, y en avait beaucoup de prisonniers, énormément. “

„ Une passe, ou de petites attentions, de l’aide, un soutien dans les moments difficiles. On ne se prostitue pas forcément, mais on profite des maîtres du jour.“

„ Des femmes qu’avaient des enfants à nourrir, et qu’avaient plus de maris… le mari était prisonnier… y avait pas de boulot… fallait qu’ils aient des sous… une passe… ben oui, ben oui ! “

***********************************

„ y avait pas de boulot “   ?

Claire GRUBE

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