Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | February 15, 2015

1914-1918: les grèves

 

1914-1918 : les grèves

Grüß Gott !

Les soldats français, pendant la Première Guerre mondiale, montent au front. Les civils descendent dans la rue.

Les grèves de la Grande Guerre / L’Humanité / Jean-Louis Robert / 2004 / Internet:

„ Pendant la guerre, les femmes font tout autant grève que les hommes, voire plus en certaines années comme en 1917. Les voici soudainement au premier rang du combat, menant des grèves vives, souvent victorieuses, plus revendicatives que politiques. Ce combat, il est aussi généralement spontané. C’est bien le cas du mouvement des midinettes de 1917. Le 11 mai, quelques jours après l’échec dramatique de l’offensive du Chemin des Dames, les couturières se mettent en grève pour la semaine anglaise.“ (…)

„ La deuxième grève que nous voudrions évoquer est celle des 100 000 métallos des usines de guerre de mai 1918. Là encore, rappelons rapidement le contexte. En quelques mois, la mobilisation industrielle a mis en place un système d’usines de guerre où il s’agit de produire massivement les armes à des rythmes de production inconnus jusqu’alors.“ (…)

„ Ces deux conflits ont toutefois des échos inégaux sur le syndicalisme. Jamais il ne faut oublier que la guerre est là et que le premier sacrifice est celui de ceux du front, ces centaines de milliers de tués, de blessés, de mutilés, gazés, gueules cassées, fous, amnésiques. Tout se regarde à ce prisme qui crée une latente opposition du front et de l’arrière – tous des embusqués. Et les femmes les premières. Voici Péricat, un des leaders des révolutionnaires, un des futurs fondateurs du PCF, qui s’écrie le 16 décembre 1917 devant les ouvriers :

” Allez les voir dans les faubourgs, couvertes de fourrures, avec des bottes qui leur montent aux genoux ! Au cinéma, au théâtre, toutes rient, toutes s’amusent. Elles n’ont rien dans le ventre, les femmes françaises. Ce ne sont ni des mères, ni des femmes, ni des fiancées. ”

Les poilus ont la parole / Lettres du front / 1917-1918 / Jean Nicot / Complex / 1998:

„ Je vais te dire une chose : ceux qui gagnent de l’argent, qui couchent dans un bon lit et qui se plaignent encore, et bien, qu’ils viennent à notre place manger ce que nous avons et puis la vie en danger… ils auront le caractère remis en place ; ils feraient bien mieux de travailler pour que nous ayons la victoire ou la bonne paix.“

„ Le gouverment fait, hélas, trop de concessions. Ne sont-ils donc pas mobilisés comme les poilus ? Pourquoi alors ce régime de faveur ? On a l’air de les craindre énormément. Il suffirait d’un peu d’énergie pour les remettre à leur place. Que vont dire alors ceux qui, depuis trois ans, vivent dans les tranchées ? Cela me met hors de moi.“

„ A chaque permission, il se confirme en nous ce que nous savions déjà : il existe deux France, une qui souffre et meurt, l’autre qui jouit et prospère, la seconde au détriment de la première et en se fichant d’elle d’une façon parfaite.“

„ Le pays ne vit plus à l’unisson des sentiments du front, il s’est égoïstement installé dans la guerre, et la force de l’habitude crée à l’égard du permissionnaire, qui n’est plus l’objet des attentions du début, un courant d’indifférence dont il souffre et dont il s’irrite.“

„ Pourquoi se mettre martel en tête quand on voit combien il y a d’indifférence à l’arrière ? On gagne beaucoup d’argent, on dépense sans compter, on ne se prive de rien, et quand on n’a pas de proches en danger, on se moque même un peu de ceux qui se font casser la gueule pour cinq sous.“

„ J’apprends que, de temps à autre, des ouvriers qui gagnent des journées de 10, 12 ou 15 francs se mettent en grève. Je ne reviendrai pas sur la question, cent fois traîtée, que les ouvriers qui ne risquent pas leur peau sont bien payés et que le poilu touche 0,25 par jour, plus 0,10 s’il a quatre ans de service, plus 1 franc dont moitié payée de monnaie de singe quand il est en première ligne. Cela semble de la jalousie, et c’est mal placé en ce moment. “

„ J’ai appris qu’à Lyon les métallurgistes étaient en grève. Je sais que la vie est dure, mais néanmoins ils peuvent être satisfaits de leur sort. Dans le cas contraire, il y a de la place dans les tranchées où ils pourront faire la comparaison.“

„ Cette bande de fumiers, d’embusqués de la grève, ils demandent de l’augmentation et non la fin de la guerre… pendant que l’on se fait crever la peau pour eux, nous les P.C.D.F.“

„ On oppose, en termes très vifs, aux fatigues et aux pertes cruelles des combattants, le sort enviable des grévistes qui reçoivent à l’abri du danger de gros salaires.“

1914-1918 / Combats de femmes / Les femmes, pilier de l’effort de guerre / Autrement / Evelyne Morin-Rotureau / 2004:

„ Impôts, sacrifices, devoirs. Mais nos Droits ! “

„ La femme étant plus faible, elle doit devenir forte et travailler non en dehors de l’homme mais en communion d’idées avec lui, aucun être ne parvenant à s’élever que s’il accomplit l’effort nécessaire. Elle doit donc faire tout ce qui convient à sa propre émancipation. L’homme a une presse quotidienne qui gouverne le monde. Il est le maître des parlements, des tribunaux, des assemblées. L’organisation sociale ainsi qu’économique est entre ses mains.“

„ Louise Bodin:

„ Vous n’avez donc pas vu le visage flétri, précocément vieilli de la plupart des femmes qui entrent à l’arsenal ou qui en sortent, et leur expression de lassitude ? Vous n’avez pas vu leurs bottines usées, leurs jupes et leurs corsages rapiécés, et le seul châle de laine qui couvre leurs épaules par les plus grands froids ? Vous ne vous êtes donc jamais informées de leurs salaires réels ? “

„ Grève revendicatrice, elle est une protestation contre la vie chère, les privations et les faibles salaires (en comparaison avec ceux des ouvrières de l’armement).“

„ Grève des midinettes ”

„ Devant les énormes profits des industriels, les ouvrières de la couture protestent contre la hause des prix et réclament le retour au tarifs d’avant guerre. En mai 1917, les couturières de la maison Jenny débrayent, entraînant 10.0000 ouvrières dans la rue. Au bout de quatorze jours de manifestations, elles obtiennent la „semaine anglaise“ : congé payé du samedi après-midi, augmentation et prime de vie chère. “

„ Les grèves féminines qui se sont multipliées en 1917 sur le thème des conditions de salaire et de travail et au nom de „l’égalité des souffrances“ ont frappé les esprits des contemporains. La grève en temps de guerre, surtout pour des ouvrières fabriquant des munitions, apparaît comme un coup de poignard dans le dos des poilus sur le front.“

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„ Vous n’avez donc pas vu le visage flétri… et leur expression de lassitude ? “

 

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Claire GRUBE

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