Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | October 1, 2014

Glières: 26 mars 1944

Glières : 26 mars 1944

Grüß Gott !

Un auteur méconnu, soucieux de la vérité, décrit heure par heure, une journée épique. Et imaginaire.

Les Glières / 26 mars 1944 / François Musard / Laffont / 1965:

« Dans son ouvrage sur les Glières, François Musard a cerné au plus près le déroulement des opérations, mais il ne s’est pas limité à celles du Plateau. Il a évoqué avec le même souci de vérité celles qui non loin de ce haut lieu, avaient une signification propre. Sa confrontation des témoignages écrits ou verbaux a été constante et il a su rester insensible à tout ce qui ne lui paraissait pas conforme à la réalité. Certains des acteurs d’un épisode, en effet, n’en ont eu qu’une vue partielle. Insensiblement avec le temps, en toute bonne foi, d’ailleurs, ils en arrivent à déformer les faits ou à grossir leur action. Or, le rôle de l’historien consiste justement à recueillir tous les éléments d’information, puis à les passer au crible pour éliminer toutes les inexactitudes. »

« H. Romans-Petit. Chef des maquis de l’Ain et de la Haute-Savoie. »

« 26 mars : Une armée de fantomes monte à l’assaut des Glières. »

10 heures : Manoeuvre de diversion

« Accroupi derrière un fusil mitrailleur, le sergent-chef Becker les a accueillis par un feu nourri. Six des assaillants sont touchés. Les autres se replient… (…) Le petit groupe qui entoure Becker ne cède pas un pouce de terrain. Couchés à plat ventre dans la neige, les hommes ripostent coup pour coup. »

11 heures : La marée blanche 

« Que pourront les maigres formations d’Anjot contre cette marée humaine qui déferle inexorablement, déborde les obstacles sans se soucier de ses propres pertes et accentue sa pression avec une lenteur calculée de machine ? A ces vagues qui se superposent comme les rouleaux d’acier d’un laminoir géant, » (…)

11 h 30 : Rendez-vous ! Merde !

« A vingt mètres, l’officier allemand fait arrêter sa troupe et harangue les réfractaires :

– Nous sommes plus de mille, leur crie-t-il. Toute résistance est inutile. Rendez-vous !

« Un seul mot jaillit du faible rempart, le même qui fut lancé cent trente ans plus tôt par un général français sur un autre champ de bataille:

– Merde !

« Un geste de l’oberleutnant et une salve puissante part des premiers rangs allemands cependant que le gros de la colonne se scinde pour contourner l’obstacle. Les défenseurs opposent une résistance farouche et leurs mitraillettes causent des pertes sévères à l’assaillant. »

Midi : Pris entre deux feux

« A quelques cinq cents mètres de là, André Guy et Baratier, commandants des deux sections qui encadrent Monthiévret, ont dressé l’oreille au bruit de la fusillade. Ils dégringolent en direction de l’avant-poste, entraînant une dizaine d’hommes à leur suite. » (…)

« Les autre se jettent à plat ventre sans trouver, sur cette plate-forme enneigée, le moindre tertre qui les protègent. Ils ripostent cependant et les bandes défilent dans les deux fusils mitrailleurs qu’ils ont, tant bien que mal, mis en batterie, … » (…)

12 h 20 : Les deux F.M. enrayés

« Après un quart d’heure de ce duel inégal, le premier F.M. se tait, enrayé. Baratier l’abandonne et charge son fusil à répétition. Cinq minutes plus tard, le servant du deuxième engin automatique tombe, blessé à mort, sur sa pièce qui, à son tour, est mis hors d’usage. »

12 h 35 : Baratier reste seul

« Les maquisards se battent furieusement. Ils entendent au-dessous d’eux, leurs camarades de l’avant-poste qui défendent avec rage leur position. » (…)

14 heures : Fin de Baratier

« Il réussit à se glisser entre les deux colonnes et atteint un éboulis de rochers sur lequel il va prendre appui et tirer, tirer jusqu’à épuisement de ses munitions. » (…)

14 h 30 : A la grenade !

« Bientôt débordées par ce flot, les unités maquisardes luttent contre des forces quarante fois supérieures. (…) Toute liaison est devenue impossible à travers la masse des troupes ennemies qui bloquent toutes les issues. Les réfractaires tirent leurs dernières cartouches. A quatorze heures trente, presque simultanément, Nollin et Valazza lancent le même ordre :

– A la grenade !

« Il s’agit de briser l’étreinte ennemie, de forcer le passage et de gagner, si possible, une nouvelle position. La manoeuvre est partiellement couronné de succès. Mais une vingtaine d’hommes manquent à l’appel quand leurs compagnons, regroupés dans une dépression rocheuse des Frettes, font mouvement vers le nord-ouest pour tenter de rejoindre la section Le Chamois. »

15 h 15 : Une trêve illusoire

« Les officiers allemands sont visiblement déconcertés par cette résistance inattendue. Les « terroristes » se battent, décidement, comme de vrais soldats. Ils font preuve d’une détermination, d’un mordant surprenants. Si nombre d’entre eux ont été mis hors de combat, bien plus nombreux sont les hommes de la Wehrmacht couchés sur la neige, inertes, drapés dans leur houppelande blanche, et qui interrogent le ciel de leurs yeux vitreux. »

« A 15 h 15, surprise chez les maquisards. La pression ennemie, soudain, se ralentit. (…) Le maquis aura-t-il eu raison, une fois encore, de ses agresseurs ? (…) L’ennemi va-t-il renoncer à la lutte, ou prépare-t-il un nouveau traquenard ? »

15 h 25 : La Luftwaffe revient

« La réponse est apportée dix minutes plus tard par un Heinkel qui fonce droit sur la commanderie où, avec un sifflement lugubre, il lâche la première bombe. »

« Presque au même moment, les 77 de l’artillerie de montagne se déchaînent. »

16 h 30 : Nouvel assaut

« Mais les maquisards ont été rendus furieux par le pilonnage intensif et, plus que jamais, semblent résolus à défendre pied à pied ce qui reste du réduit où ils ont rêvé de liberté. »

« Il est clair, désormais, que les Allemands sont pressés d’en finir, surpris et irrités par une résistance qu’ils n’attendaient pas. En face, le mot d’ordre du P.C. a été commnuniqué aux sections : « Tenir par tous les moyens jusqu’à la nuit. » On se cramponnera donc au terrain. »

19 h 15 : Cessez-le-feu

« Un affrontement de fauves. »

« Pendant trois heures encore, les armes crépitent autour du dernier carré où les maquisards défendent ce qui restent de leurs installations, un tas de ruines fumantes au-dessus desquelles flottent les trois couleurs hissées au sommet du mât central. »

« Bayard et les commandants des quatre compagnies ont ramassé là tous ceux de leurs hommes qui ont pu se couler à travers les détachements ennemis et dont ils ont fait une digue sur laquelle viennent se briser les lames de l’assaillant. » (…)

« Quand ils n’ont plus de cartouches pour alimenter leurs mitraillettes, c’est à la grenade qu’ils ouvrent des brèches dans les rangs de l’adversaire. »

« Et quand les grenades viennent à manquer, ce sont les poignards qui sortent de leur gaine. Des combats s’engagent ainsi, au corps à corps, où les protagonistes mettent toute leur force et leur science du meurtre, … » (…)

« Ainsi s’achève cette journée du 26 mars aux Glières, tandis que l’ombre descend déjà sur la montagne. Quelles que soient sa supérioté numérique et la qualité de son équipement, l’armée allemande n’est pas encore en mesure de chanter victoire. (…) Au centre, le maquis oppose une résistance qu’il ne sera pas facile de réduire. Sur de nombreux points encore, le passage est verrouillé par des unités squelettiques, deux ou trois hommes parfois, qui tiennent en échec les unités nazies. »

« Le soir qui tombe force donc les chefs de la Wehrmacht à modifier leur plan de bataille. Poursuivre la lutte dans la nuit imposerait des sacrifices inutiles, ferait courir de nouveaux risques aux soldats, les exposerait à tomber dans des embuscades sur ce terrain qu’ils connaissent mal et dont les « terroristes », au contraire, utilisent chaque repli, chaque buison, avec succès. » (…)

« Les Allemands s’emploient maintenant à relever leurs blessés et à ensevelir leurs morts. » (…)

22 heures : Mission terminée

« Là-haut, le capitaine Anjot a réuni un conseil de guerre sous un bouquet de chênes noircis par le feu. (…):

– L’ennemi a peur de la nuit, (…) Nos hommes ont été magnifiques, (…) Je crois pouvoir affirmer que l’honneur est sauf. Est-ce bien votre avis ?

– L’honneur est sauf, répètent tour à tour les protagonistes de cette étrange conférence. » (…)

« Ecumant de rage après les pertes qu’il a subies sur le Plateau – plus de trois cents hommes de la Wehrmacht contre deux cents maquisards hors de combat – le commandant allemand organise dans toute la région une véritable chasse à l’homme. »

**********************************

« Or, le rôle de l’historien … »

Claire GRUBE

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