Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | August 16, 2014

Paris: insurrection populaire

Paris : insurrection populaire

Grüß Gott !

La peuple parisien, en août de l’an 1944, outragé et martyrisé, se soulève contre l’occupant allemand. Tout entier.

Pierre Mansat.com / Maurice Kriegel-Valrimont / L’esprit de résistance / samedi 25 août 2007 / Internet:

« L’insurrection de Paris en août 1944 se déroula en neuf journées du 17 au 25 août. Ce soulèvement populaire, ce rassemblement de tous les patriotes permet alors à la France d’échapper au protectorat américain pour au moins dix ans et de ne pas être administrée par l’AMGOT comme l’avaient annoncé les alliés. La bataille de Paris a permis de faire entrer la France dans le cercle des alliés. C’est ce qu’affirme De Gaulle dans son discours de Paris libéré : « Paris libéré par lui-même, Paris libéré par son peuple… avec l’appui des forces alliées. »

« Cette insurrection a été préparée de longue date par la résistance intérieure, son succès se joue entre le débarquement et le 25 août. Il faut se souvenir qu’à Paris en 1944, l’occupation est apparente et pesante, la répression partout présente, la vie difficile, les journées épuisantes pour les Parisiens. »

Insurrection de Paris / Paris 1944 / Humanité / André Carrel / Jérôme-Alexandre Nielsberg / 25 août 2004 / Internet:

« 1944 : depuis des mois, nous pensions à l’éventualité d’une insurrection de Paris. Nous menions, à ce propos, nombre de réunions dans lesquelles nos informateurs, membres du bureau, décrivaient ce qu’ils percevaient localement, c’est-à-dire sur leur lieu de travail, dans leur quartier, etc. Après le débarquement, la situation a rapidement évolué. Nous sentions de plus en plus d’agitation dans la population, des manifestations étaient organisées ou avaient spontanément lieu dans les rues, dans les cafés, dans les entreprises. Le mouvement était tel que nous avons fini par pousser – surtout le Front national et le Parti communiste – les structures de la Résistance à organiser la mobilisation populaire. Il va sans dire que, dès ce moment, nous étions tous acquis à l’idée d’une insurrection de Paris. Au sein du CPL, nous avions même envisagé la représentation nouvelle de Paris : préfet de police et préfet de région. Nous avons proposé des noms au CNR, afin qu’il les transmette à de Gaulle. »

« Enfin, nous nous sommes réunis, avec les membres du CNR, le 19 août, rue de Bellechasse : était-il temps de lancer l’insurrection de Paris ? Il y a eu discussion, mais tout le monde sentait qu’il y avait un fort mouvement populaire dans ce sens. À preuve, le peuple de Paris reprenait ses mairies, les unes après les autres. Les cheminots, les policiers faisaient grève. Nous avons donc décidé de lancer “officiellement” cette insurrection. Rol auprès des FFI, nous auprès des milices patriotiques et de la population parisienne. Bref, l’insurrection de Paris n’était pas de notre fait, du fait de quelques individus, qu’ils soient du CPL ou du CNR. Ça a été une véritable insurrection populaire. »

…………………………

Joies et douleurs du peuple libéré / Henri Amouroux / Laffont / 1988:

« L’armée allemande s’en va et voilà les Parisiens goguenards, illuminés d’une joie oubliée, écrira Claude Mauriac, sur le pas de la porte, sur les bancs des boulevards, aux terrasses des cafés. »

« Galtier-Boissière a noté dans son journal, à la date du 17 août, la grande fuite des Fritz. Sur toutes les voies, des dizaines, des centaines de camions, de cars bondés, de canons portés, d’ambulances chargées de blessés couchés, se suivent, se dépassent, se croisent. »

« Rue Lafayette, venant des somptueux hôtels du quartier de l’Etoile, ce sont des généraux qui filent, accompagnés de femmes blondes, élégamment habillées, qui semblent partir pour quelques plages à la mode. Ailleurs passent des soldats très vieux, très fatigués, très crasseux… »

« La population boit des yeux la déroute allemande. (…) Et il est vrai que pendant des années, ne pas les regarder, ne pas les voir, avait été une forme subtile de résistance. »

„ A Paris, dans la matinée du 15 août [1944], le Front national de la police, Police et Patrie, Honneur de la Police ont lancé un ordre de grève générale.“

« Voici des extraits du journal, inédit, de M. Ferdinand Billat, receveur des contributions indirectes:

« 14 août : On ne sort plus. Plus de métro, plus d’autobus. Nous lisons. »

« 15 août. On se lève tard, on tourne le bouton, rien de plus. A midi et demi, nouvelle du débarquement dans le Sud ; apéritif d’honneur, on suppute, on tire des plans. Puis promenade sur les bords de la Marne. Les plages regorgent de corps nus préparés en vue des bains de soleil et des bains tout court. Sur un panneau, une affiche des F.F.I. décrète la mobilisation générale. Par intervalles, on entend le canon. Personne ne bouge, les jeux continuent, les rires fusent, et il en sera ainsi jusqu’à la nuit. A voir cette foule, jamais on ne s’imaginerait les queues aux boulangeries et le ravitaillement si réduit. Le moral est excellent, on attend avec confiance et enthousiasme la libération prochaine. »

Journal de M. Joseph Pot:

« 18 août. Etant donné tout ce qu’on avait vu la veille, on s’attendait à ce que les Boches décampent pendant la nuit. Des gens étaient même restés jusqu’au couvre-feu, assis sur des dépliants le long des boulevards, et aux portes de Paris, pour assister au dernier départ, et le lendemain matin, ils avaient encore vu des Boches… »

Libération de Paris / Gilles Primout.fr / Témoignages Françoise / Roger / Internet:

Vendredi 18 août 1944

« 15h00 : Nous partons en bicyclette, Madame Reuter, Monsieur Decamps et moi-même en quête de pain ; Faubourg Montmartre nous réussissons à acheter deux pains de fantaisie ; nous continuons sur Châteaudun ; une atmosphère extraordinaire règne dans Paris, foule due à l’absence de métro regardant la retraite allemande qui commence. En effet les boches s’en vont, les camions défilent qui nous rappellent ceux de notre armée en juin 1940 ; sur les boulevards il passe des camions hippomobiles porteurs de troupes … curieux spectacle. »

« Mais nous voici rue de Provence, le spectacle devient alors inouï : de longues théories de fourragères de ferme, remplies de boches fatigués et sales, se dirigent vers la gare de l’Est par la rue La Fayette … triste caricature de l’orgueilleuse armée motorisée que nous étions accoutumés de voir. Et la foule dense et goguenarde les regarde passer. Au carrefour Châteaudun l’immeuble de la Milice est fermé, il n’y a plus de garde. Mais voici qu’à Saint Georges nous assistons au déménagement de la L.V.F (Légion des Volontaires Français) qui entasse ses bagages dans des camions hâtivement réquisitionnés, sous la protection de légionnaires rageurs qui braquent sur la foule les canons de leurs mitraillettes. »

« Notre trio, pratique, récolte trois pains à la boulangerie Syda. Nous traversons le boulevard Haussmann où règne la plus indescriptible cohue ; la foule le long des trottoirs, sur trois ou quatre rangs, regarde l’enchevêtrement des véhicules allemands de toutes sortes qu’un service de la Feld Gendarmerie n’arrive point à canaliser. Nous rentrons Porte d’Orléans et observons au long du chemin cette mue d’une ville qui se dépouille d’une gangue d’oppression. A Denfert-Rochereau nous voyons le spectacle étonnant d’un officier de la Luftwaffe conduisant lui-même un tracteur agricole qui remorque un plateau où ses hommes sont entassés. »

Mercredi 23 août 1944

« Impossible de gagner la gare de Lyon où la fusillade fait rage ; d’ailleurs les voies d’accès sont fortement barricadées. Nous prenons le boulevard de la Bastille et remarquons, pas très rassurés, qu’en cas de danger subit, il n’y a que fort peu d’abris possibles. Cependant tout est calme sur la place et nous pédalons bientôt sur le boulevard Richard Lenoir, calme lui aussi et dégagé, tandis que toutes les rues adjacentes sont barricadées. Avenue de la République, nous faisons un petit crochet vers la place dont l’accès est interdit par des barbelés. De-ci de-là, un coup de feu déchire le silence oppressant. »

« Quai de Jemmapes, nous tombons sur un extraordinaire spectacle, un gag qui détend l’atmosphère de la tragédie : trois cents personnes sont massées qui regardent un match de water-polo auquel se livrent des jeunes gens dans le canal Saint-Martin ! On s’égorge partout dans Paris, le sang coule, le canon gronde… et il se trouve des petits bourgeois très dignes pour compter gravement les buts d’un match de water-polo, se désintéressant momentanément de la soute aux poudres sur laquelle ils se meuvent en toute quiétude ! J’avoue que cela me fait éclater d’un rire énorme ! »

*******************************

„ mais Paris libéré, libéré par lui-même, libéré par son peuple…“

Claire GRUBE

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

Categories

%d bloggers like this: