Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | April 26, 2014

Le mythe de l’Inquisition

Le mythe de l’Inquisition

 

Grüß Gott !

Les inquisiteurs, au Moyen-Age, utilisent la torture et le bûcher, contre les délinquants. Avec modération.

Le blog de la Procure / Le mythe de l’Inquisition / Jean Sévillia / Internet:

« Inquisition, le seul mot fait peur. Il signifie le viol des consciences, l’intolérance, la violence, le fanatisme, la superstition. L’évocation des tribunaux d’Inquisition, dans le même sens, fait surgir des images de moines cruels et bornés, interrogeant de pauvres hères sortis de leurs cachots pour être torturés avant de finir sur le bûcher… »

« C’est contre ce genre de falsifications que s’insurge Didier Le Fur. »

L’inquisition / Enquête historique / France XIIIe- XVe siècle / Didier Le Fur / Tallandier / 2012:

La question

„ Le régime pénitentiaire comprenait plusieurs degrés. Il impliquait tantôt le jeûne, tantôt les entraves aux pieds et les chaînes aux mains, tantôt la privation de sommeil, d’eau ou de nourriture. Généralement, ces épreuves suffisaient à obtenir les aveux souhaités. En cas de nécessité, il pouvait aussi être plus violent ; le corps de l’hérétique était à la merci de l’Eglise. Si la tribulation la plus douloureuse de la chair pouvait le contraindre à reconnaître ses erreurs, on n’éprouvait aucune réticence à le faire souffrir pour sauver son âme.”

„ A l’origine, pourtant, l’Eglise rejetait ces mauvais traitements, puisqu’un clerc avait interdiction de verser le sang ou d’occasionner la réduction d’un membre, sous peine d’irrégularité dans le procès. Toutefois, depuis saint Augustin, la torture fut considérée comme un mal nécessaire, même si, en la pratiquant, il était possible de punir des innocents.”

„ Thomas d’Aquin avait totalement assimilé le fait et affirmait, à la même époque, que la torture se voulait un moyen d’investigation de la preuve et ne devait pas être considérée comme une punition. Dans la logique eschatologique de Paul, pour qui la foi se renforce dans la torture, Thomas d’Aquin soutenait que, même imméritée, la souffrance était bonne. Elle ouvrait l’esprit.” (…)

„ La torture ne manquait pas de paraître cruelle à certains, et même à ceux qui la pratiquaient. D’ailleurs, l’ordre était d’éviter les mutilations et d’arrêter les tourments s’il y avait danger de mort, afin d’éviter à l’inquisiteur un reproche d’irrégularités canoniques. Les excès furent toutefois nombreux.”

Les peines temporelles

„ Face au relaps ou à l’hérétique qui refusait opiniâtrement de retracter ses erreurs, l’Eglise restait désarmée. (…) Mais laisser un hérétique en liberté, c’était favoriser la survie de l’hérésie. La solution était donc la mort.”

„ En théorie, l’Inquisition ne connaissait pas la peine de mort et n’avait pas le droit de la pratiquer directement. C’est pourquoi il ne lui restait d’autre ressource que d’abandonner le fautif au bras séculier, obliger d’exécuter l’ordre de l’inquisiteur.”

„ L’hérésie est un péché par lequel on mérite non seulement d’être séparé de l’Eglise par l’excommunication, mais encore d’être exclus du monde par la mort.” (Saint Thomas d’Aquin)

„ Pour l’Eglise, la peine par le feu était l’anéantissement du corps, peine de piété, acte de salut dont on devait se réjouir. La piété ne pouvait en rien céder à la pitié.”

„ Si l’accusé, amené au lieu de son supplice, déclarait vouloir se repentir et renier ses erreurs, la cour laïque était dans l’obligation de le rendre à l’inquisiteur. (…) Outre le fait qu’il devait avouer humblement, une à une, toutes ses anciennes erreurs, les détester et les abjurer, se condamnant lui-même à la prison à perpétuité – souvent au murus strictissimus -, il était exigé de lui la dénonciation volontaire et immédiate de tous ses complices.” (…)

„ Le murus strictissimus était la condition la plus dure : le prévenu, convaincu d’hérésie et condamné à vie, portait les fers aux mains et aux pieds, dans un isolement complet, jusqu’à son trépas.”

„ Toutefois, ces conversions apparaissaient généralement feintes ou simulées, et n’apportaient pas ou peu de renseignements supplémentaires à l’inquisiteur, qui ne manquait pas de rendre rapidement le condamné à son bourreau afin que la sentence primitive soit exécutée. Mais, par égard pour son désir exprimé de conversion, il autorisait le supplicié à mourir en chrétien, et avant de périr dans les flammes du bûcher, à recevoir les sacrements de pénitence et d’Eucharistie.”

„ Quoique prévue et rigoureusement réglementaire, comme on vient de le voir, il faut signaler que la mort restait exceptionnelle. En tous cas, après la fin de XIIIe siècle, elle le fut de plus en plus. Pour preuve, le registre des sentences de Bernard Gui couvrant la période de 1308 à 1322, soit quatorze années. L’inquisiteur prononça durant cette période 636 condamnations. Si 300 étaient des peines d’emprisonnement, seulement 40 individus furent livrés au bras séculier, soit trois par an. ”

” On est loin de l’image d’holocauste véhiculée par la littérature depuis des décennies. C’est sans doute que la mort d’un hérétique n’était pas si utile pour l’inquisiteur, qui se préoccupait bien plus d’obtenir des conversions, accompagnées des dénonciations et confiscations susbséquentes, que d’augmenter la liste des martyrs. Un bûcher allumé de temps en temps suffisait à maintenir parmi la population une terreur jugée salutaire. ”

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„ piété n’est pas pitié ”

Claire GRUBE

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