Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | April 11, 2014

Jeanne Darc au bûcher

Jeanne Darc au bûcher

Grüß Gott !

L’Eglise catholique, en l’an 1431, livre Jeanne Darc, membre pourri, au bras séculier.   Et garde les mains propres.

Procès de condamnation de Jeanne Darc / Vallet de Viriville / Paris / Didot / 1867:

„ Par ces motifs, nous te déclarons retombée dans le sentence d’excommunication que tu as primitivement encourues, relapse et hérétique, et par cette sentence émanée de nous siégant au tribunal, nous te dénonçons et prononçons, par ces présentes, comme un membre pourri, qui doit être rejeté et retranché de l’unité ainsi que du corps de l’Eglise, pour que tu n’infectes pas les autres. Comme elle, nous te rejetons, retranchons et abandonnons à la puissance séculière, en priant cette puissance de modérer son jugement envers toi en deça de la mort et de la mutilation des membres*, priant aussi que le sacrement de penitence te soit administré si en toi apparaissent les vrais signes de repentir. ”

* Formule de style empruntée au droit canonique et puisée dans un principe éminemment louable et remarquable ; mais qui, devenue lettre morte, constituait un hypocrite et odieux non-sens.

„ Ecclesia abhorret a sanguine (L’Eglise a horreur du sang). A raison de ce précepte, les juges d’inquisition étaient censés ignorer ce qui advenait du condamné, une fois qu’ils l’avaient abandonné au bras séculier, c’est à dire au bourreau et au bûcher. Le procès s’arrête donc ici et se tait complètement sur l’exécution. ”

Une apologie de l’Inquisition / le R.P. Monsabré / Réfutation faite au cirque d’Hiver le 23 avril 1882 par Hyacinthe Loyson / Paris / Fischbacher / 1882:

« N’étaient-ce pas aussi des ruses de serpent, que ces distinctions puériles et odieuses, qui permettaient de faire étrangler et brûler des hommes, sans en porter la responsabilité ? Autrefois, messieurs, c’était sincèrement, profondément, saintement, que l’Eglise avait horreur du sang. Plus tard, ceux qui la gouvernent ont gardé la formule : Ecclesia abhorret à sanguine, mais ils ont perdu le sentiment qu’elle exprime : la lettre s’est subsituée à l’esprit. Ils frapperont l’hérétique d’une sentence qui, de par les lois de l’Etat chrétien, comme l’appelle le R.P. Monsabré et ses amis, entraîne la peine capitale. Ils frapperaient de la même sentence « le bras séculier », s’il hésitait à appliquer cette peine, et se rendait par la complice des hérétiques et des excommuniés. Puis ils seront en paix avec le droit canon comme avec l’Evangile : ce ne sont point leurs mains qui ont serré la corde, ou allumé le bûcher : L’Eglise, s’écrient-ils, a horreur du sang ! »

« Voyez-vous cet échafaud dressé sur la place du Vieux-Marché, à Rouen ? On l’a construit très haut et en plâtre, afin que la flamme soit plus lente à monter et que le supplice devienne plus atroce. C’est une héroïne qui va se tenir là, une sainte, et, comme l’appellent les voix célestes, une fille de Dieu. Ceux qui l’y envoient, ce sont les prêtres du Christ : l’Inquisition l’a déclarée relapse, excommuniée, hérétique. Jeanne d’Arc est debout devant le cardinal de Winchester, et, pour « implorer de la justice séculière la diminution de la peine », n’était-ce point là, d’après le R.P. Monsabré, l’une des plus charitables et des plus saintes fonctions des inquisiteurs ? – l’évêque Cauchon termine ainsi la lecture de la sentence : « Nous te retranchons comme un membre pourri de l’unité de l’Eglise et te délaissons à la puissance séculière, la priant d’adoucir son jugement envers toi quant à la mort et à la mutilation des membres. »

« Quelles paroles, Messieurs, en face de ce bûcher, qu’au prix de tant d’iniquités, leur haine a enfin élevé ! Les soldats s’impatientaient : Comment, prêtres ! S’écriaient-ils, nous ferez vous diner ici ? Ils arrachent Jeanne à ces formalités hypocrites et l’entraînent au supplice. Le juge séculier, le bailli de Rouen, n’essaye même pas de prononcer un arrêt inutile ; il se contente de dire, avec un geste de la main : « Menez ! Menez ! »

« Le matin de ce jour affreux, quand on était venu dans sa prison lui annoncer sa mort, Jeanne d’Arc, parlant en quelque sorte au nom de toutes les victimes de l’Inquisition, avait dit le mot des responsabilités véritables. Regardant Cauchon en face : Evêque, s’est-elle écriée, évêque, je meurs par toi ! »

***********************************

« l’Eglise a horreur du sang »

Claire GRUBE

 

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

Categories

%d bloggers like this: