Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | December 21, 2013

La délation féminine

La délation féminine

Grüß Gott !

Trahison et délation, sous l’Occupation allemande, en France, sont les deux mamelles de la collaboration féminine.

La France à l’heure allemande 1940-1944 / Philippe Burrin / Edition Seuil / 1995:

« Alors qu’elles forment une petite minorité dans le total des épurés, les femmes sont surreprésentées dans les affaires de dénonciations. Dans le Finistère, sur 77 cas de dénonciation jugés par la cour de justice, 54 mettent en cause des femmes. Dans l’Eure, sur 225 affaires recensées, les deux tiers sont le fait de femmes ; elles sont encore en majorité dans les 63 dénonciations ayant une portée politique, par exemple la dénonciation de parachutistes alliés et de résistants. La délation est l’arme des faibles, et les dénonciatrices le sont doublement : en tant que femmes et parce qu’elles appartiennent à des catégories défavorisées. »

« La délation est l’arme des faibles qui ne résistent pas à la tentation de faire jouer en leur faveur la force d’un pouvoir d’exception. »

Europe 1 / Jacques Pradel / Patrick Buisson / Fabrice d’Almeida / Philippe Brenot / 31 mai 2008 / Internet:

J. Pradel

« Et certaines, vous dites, qui vont dénoncer le prisonnier aux autorités dans l’espoir qu’il ne revienne pas, que son séjour s’allonge un petit peu. »

P. Buisson

« Vous savez que la principale activité des Français, durant l’Occupation et à la Libération, c’est la lettre de délation. Et souvent, pour une femme qui n’a pas d’autres moyens, qui n’obtient pas, par exemple, de la justice française, avec un mari violent ou alcoolique, de se défaire de ce mari, quand il dépasse les bornes, qu’est-ce qu’on fait ? On le dénonce à la Feldkommandatur comme résistant, comme gaulliste, ou comme communiste. Et ça, ça a été des milliers de cas de lettres de dénonciation. On se débarrasse du type pour des raisons parfois qui pouvaient être justifiées, mais qui, en l’occurrence, font courir à l’homme en question un risque inouï. Et le nombre de pancartes de filles avec : « Elle a dénoncé son mari aux Allemands ou à la Gestapo », accrochées au cou des filles en 44, ça va beaucoup frapper l’imagination. »

Clio revues / La répression des femmes coupables d’avoir collaboré pendant l’Occupation / Françoise Leclerc / Michèle Weindling / Internet:

« La défaite, l’Occupation et surtout la politique de collaboration d’État menée par le maréchal Pétain à la tête du gouvernement de Vichy participent du brouillage des repères habituels. Des hommes sont prisonniers de guerre, d’autres requis pour le STO. Les demandes de l’occupant se font de plus en plus pressantes, le ravitaillement se fait rare, la propagande distille les valeurs de l’ordre nouveau. Les juifs, les communistes, les résistants, les réfractaires sont pourchassés. Les mouvements collaborationnistes recrutent, la Gestapo et la Milice opèrent, le marché noir prospère, la délation devient « monnaie courante ».

« Les femmes vivent tous ces bouleversements socio-politiques qui autorisent et légitiment de nouveaux appétits, la transgression des normes sociales et des valeurs morales. Certaines se firent délatrices, indicatrices, livrant aux forces de répression des hommes, des femmes qui furent ainsi arrêtés, emprisonnés, torturés, déportés. »

« Pour illustrer notre typologie qui émerge des dossiers d’archives, nous nous appuierons sur quelques exemples de femmes condamnées à de lourdes peines par la Cour de justice de la Seine. Sur les 901 femmes traduites devant cette cour, 687 soit 76 % l’ont été pour dénonciation dans le cadre de la sphère privée ou de la sphère publique. La dénonciation constitue bien le premier motif d’inculpation. »

« Mais l’histoire de la place tenue par les femmes, de leur degré de responsabilité dans la Gestapo, l’Abwehr et la Milice reste à faire. »

« En dehors des femmes appartenant à ces structures organisées, des femmes se livrèrent à la dénonciation en s’adressant directement ou par lettre anonyme à la Kommandantur, à la Gestapo, mais aussi à la police française ou au Commissariat aux Affaires Juives. »

« La répression des femmes coupables d’avoir collaboré pendant l’Occupation ne fut pas un fait mineur de l’épuration. Au 1er janvier 1946, 21% des détenus pour faits de collaboration sont des femmes, 68% d’entre elles seront condamnées, certaines à de lourdes peines dont la peine de mort. Les femmes traduites devant la Cour de justice de la Seine sont pour trois quarts d’entre elles, délatrices. »

« L’impact de la guerre et de l’occupation allemande sur la délinquance féminine fut considérable : 7 fois plus de femmes qu’avant-guerre sont détenues dans les prisons françaises, non seulement des femmes écrouées pour faits de collaboration, mais aussi des détenues de droit commun, alors que la population carcérale masculine quadruple pendant cette même période. »

Pourquoi des femmes sont-elles tondues à la Libération ? / Par Max Lagarrigue / Internet:

« Mieux encore, l’étude des registres d’écrou atteste que le motif d’internement des femmes tondues pour « relation sexuelle avec l’ennemi » fut notoirement insignifiant : l’intelligence avec l’occupant ou la trahison représentaient près des neuf dixièmes des motifs d’emprisonnement. Parmi ces femmes condamnées à la tonte, un nombre non négligeable furent de véritables informatrices, agents de la Milice ou de l’occupant. »

Les femmes de l’Ouest sous l’Occupation / Isabelle Soulard / Geste éditions / 2002:

Les délatrices

„ Les femmes de l’Ouest dénoncent, le plus souvent par lettre anonyme mais parfois ouvertement, des membres de leur famille, des voisins avec lesquels elles ont un contentieux, des gens qu’elles n’aiment pas ou qui les insultent, des réfractaires au STO et bien sûr, des résistants.“

„ D. travaille à la Kommandantur de Landernau et se livre à la débauche. Son mari la quitte. Mortifiée, elle le dénonce une première fois… En avril 1944, elle dénonce de nouveau son mari comme résistant et Saboteur. “

„ E. de Guéméné-Penfao se rend à la gendarmerie : “ Mon mari est communiste. Je désire qu’il soit fusillé.“

„ Par jalousie, F., une mère de deux enfants, dénonce son amant et sa rivale.“

„ G., écrit quatre lettres anonymes pour signaler que son mari est réfractaire au STO.“

„ Beaucoup de dénonciations mettent en cause les résistants qui, de ce fait, paient un lourd tribut à la médisance et à la méchanceté d’une poignet de femmes.“

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« La dénonciation constitue bien le premier motif d’inculpation. »

Claire GRUBE

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