Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | November 9, 2013

La France dans l’Europe

La France dans l’Europe 

Grüß Gott !

Les vainqueurs allemands, en l’an 1940, considèrent la France, comme un Etat de second plan. Un Etat-croupion.

La France dans l’Europe de Hitler / Eberhard Jäckel / Fayard / 1968:

« L’étude qui va suivre se propose d’exposer la politique que Hitler suivit dans ce dessein, les conceptions élaborées par les dirigeants allemands, en bref la place prévue pour la France dans l’Europe hitlérienne. »

« Otto Abetz a cru (ou s’est efforcé de croire) que le Führer désirait créer une Europe alors qu’il voulait simplement créer un grand Reich disposant de nations-esclaves pour son ravitallement et ses plaisirs. « En Europe, l’Allemagne seule décide. » Dès le 7 juillet 1940, les instructions gouvernementales à la presse allemande précisent que rien ne sera accepté qui restaure les forces de la France. Celle-ci est destinée à devenir un pays de tourisme et de mode. »

« Hitler n’a jamais cru à la « collaboration » : Il a toujours considéré la France dans la perspective d’une stratégie globale, que ce soit avant ou après novembre 1942. »

« Lorsque la France s’écroula en 1940, elle se trouva entraînée dans l’orbite maléfique des tentatives faites par Hitler pour édifier le plus grand Reich allemand de l’histoire et pendant plus de quatre ans les rapports entre les deux pays furent déterminés par cette situation. »

« Contrairement à la plupart des autres Etats occupés par l’Allemagne, elle possèda pendant toute cette période un gouvernement propre, résidant en territoire national et jouissant, jusqu’au mois de novembre 1942, d’une certaine liberté d’action. A cette égard et dans cette mesure, elle constituait non pas un simple pion sur l’échiquier hitlérien mais une partenaire politique, d’où entre les deux nations des rapports plus complexes que s’il se fût agit d’une domination ennemi intégrale. »

« L’Allemagne ne considère pas la France comme une alliée, mais comme un Etat avec lequel les comptes seront réglés lors du traité de paix. A l’avenir, la France jouera en Europe le rôle d’une « Suisse agrandie » et deviendra un pays de tourisme, pouvant éventuellement assurer certaines productions dans le domaine de la mode. (…) En Europe, seule l’Allemagne commande. »

« L’intérêt de l’Allemagne était donc sans aucun doute de ne pas accorder de traité de paix à la France jusqu’à nouvel ordre et de maintenir le régime créé par l’armistice. C’est dans ce cadre qu’allait se développer la politique du Reich au cours des années suivantes. »

« Dans l’Europe de 1940 telle qu’ils la concevaient, la France devait occuper une place honorable et en accord avec son génie, mais de second plan. Leur devise était « Pas d’association, une direction » et cette direction devait être assumée par l’Allemagne. Celle-ci aurait la prééminence politique, militaire et économique l’industrie lourde française serait sévèrement contingentée, en compensation de quoi les Français pourraient, comme Abetz le suggéra un jour, développer sans contrainte la viticulture ainsi que les productions de luxe et les articles de mode. Un Français a dit que cette conception faisait de son pays le potager et le Luna Park de l’Europe hitlérienne. Ces paroles amères ne sont pas dénuées de justesse. »

« En effet un des principaux intérêts que le pays vaincu offrait pour l’Allemagne c’était son industrie qui pouvait servir l’effort de guerre du Reich. Aussi Hitler avait-il décidé d’orienter les fabrications de celle-ci non pas directement vers les matériels militaires mais bien plutôt vers les produits dont l’Allemagne avait un besoin urgent. »

« Selon les vues de Hitler, tous les avantages que pouvait espérer la France se situaient dans l’avenir : il fallait qu’elle commence par apporter quelque chose, qu’elle se montre digne pour alléger l’hypothèque pesant sur elle du fait de son attaque contre l’Allemagne et peut-être améliorer sa situation par une collaboration énergique. »

« Il ne s’agissait nullement d’en faire un partenaire au plein sens du terme. »

« Hitler était désormais aux prises avec le vrai problème de sa vie, la conquête de nouveaux espaces de peuplement de l’est, et dans ces perspectivre gigantesques la France ne pouvait tenir qu’une place tout-à-fait subalterne. »

« Or l’écrasement définitif de la France, sa mise en tutelle, l’impossibilité pour l’Allemagne d’admettre l’existence d’une seconde puissance militaire sur le continent sont les thèmes qui reviennent le plus fréquemment sous la plume de l’auteur de Mein Kampf. »

« Jusque-là, il estimait que la France devrait certes soutenir l’effort de guerre allemand mais non pas en qualité de partenaire ; bien plutôt comme fournisseur. »

La Seconde Guerre mondiale / Pierre Miquel / Fayard / 1986:  

« En Europe, seule la France avait conclu un armistice avec les Allemands. Elle conservait une « zone libre » et un gouvernement légal, installé à Vichy. Le 10 juillet 1940, l’Assemblée nationale (chambres des députés et sénat réunis) avait voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain à un large majorité (80 opposants seulement). Pétain avait la possibilité d’instaurer une nouvelle Constitution, c’est-à-dire de changer de régime. Il disposait d’une armée réduite, d’une flotte désarmée, du droit de représentation diplomatique et des colonies. »

« Mais cette France en apparence indépendante n’est qu’un Etat-Croupion dominé par les Allemands. Elle n’a pas la liberté de ses échanges et doit payer 400 millions de francs par jour d’indemnité d’occupation. Les occupants ont ainsi les moyens financiers d’acheter en France les valeurs et les biens, et de s’approprier sans bourse délier la plus grande partie de l’économie. Le commerce extérieur, presque entièrement tourné vers l’Allemagne, prend vite un tour désastreux, les Allemands n’exportant presque rien en France. Le gouvernement de Vichy, à peine né, a perdu toute indépendance économique. »

« Il ne gère en fait que la France la plus pauvre, celle du Centre et du Midi. Les départements houilliers du Nord et du Pas-de-Calais ont été rattachés à la Belgique et ne fournissent plus le reste du pays. (…) On ne peut ni correspondre, ni voyager, ni commercer librement du sud au nord. Le général von Stülpnagel, commandant militaire, donne des ordres aux préfets et à la police, contrôle la presse et la radio. Il a pouvoir de passer commande aux industries et de réquisitionner les produits agricoles ou la main-d’oeuvre. Le délégué de Vichy ne peut exprimer que des voeux. »

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« En Europe, seule l’Allemagne commande. »

Claire GRUBE

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