Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | May 30, 2013

Paul Reynaud: nous vaincrons !

Paul Reynaud : nous vaincrons ! 

Grüß Gott !

Un ministre de la guerre, en l’an 1940, croit en la victoire de l’armée française contre l’armée allemande. Et palabre et pérore.

Paul Reynaud / un homme d’Etat dans la tourmente / Septembre 1939-Juin 1940 / Jean-Pierre Guichard / Paris / L’Harmattan / 2008:

« La péroraison de l’intervention radiodiffusée du 10 septembre 1939, s’achève ainsi :

« Le 11 novembre 1918, l’Allemagne a succombé à la supériorité du potentiel de guerre des Alliés. Cette supériorité demeure. Elle est peut-être plus grande encore aujourd’hui. Le poids des deux plus puissants Empires du monde, celui de l’Angleterre et le nôtre, est jeté dans la balance. Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts. »

« Cette ultime phrase qui deviendra, en novembre 1939, le slogan d’une affiche appelant à la souscription aux bons d’armement et visualisant sur un planisfère les vastes empires français et britannique coalisés contre le IIIe Reich, sera l’objet du ressentiment des Français lors de la débâcle puis durant l’occupation, d’autant qu’elle sera flétrie par Vichy comme l’un de « ces  mensonges qui nous ont fait tant de mal ! »

« En ce début de guerre, par cette formule choc, Reynaud cherche avant tout à conforter le moral d’une population qui semble sceptique quant au chance de la France de l’emporter sur l’Allemagne. »

Comment-apprendre.com / Allocution du Président du Conseil / Paul Reynaud / Vaincre l’ennemi / Internet:

26 mars 1940

« L’objectif est resté le même : vaincre l’ennemi ! L’heure que nous vivons est décisive. Au cours des longs siècles de notre histoire, il y en a eu peu de semblables. La situation est claire et elle est simple : en mars 1936, la Reichswehr est entrée en Rhénanie ; en mars 1938, elle est entrée à Vienne ; en mars 1939, à Prague, puis à Memel ; en septembre 1939, à Varsovie, dépeçant la Pologne, avec la complicité des Soviets. Et comme le crime suscite le crime, ce fut l’agression soviétique contre l’héroïque Finlande et le traité d’oppression qui a suivi. A l’heure où je parle, tout est mis en oeuvre par monsieur Hitler pour s’attaquer à l’indépendance économique des Etats des Balkans. Bref, sous nos yeux, par tous les moyens, tend à s’établir sur une grande partie de l’Europe l’hégémonie du Reich. »

Paul Reynaud : un homme d’Etat dans la tourmente / Septembre 1939-Juin 1940 / Jean-Pierre Guichard / Paris / L’Harmattan / 2008:

18 mai 1940

« Le chef du gouverment prendra la parole à la radio, à 20h 30, pour annoncer à la nation ce remaniement, également marqué par l’attribution du ministère de l’Intérieur à Georges Mandel et la nomination de Philippe Pétain à la vice-présidence du Conseil. »

« La situation est grave, déclare-t-il, elle n’est nullement désespérée … Ce que le pays attend du gouvernement, ce ne sont pas des paroles. Il n’en a que trop entendu depuis quelques années. Ce sont des actes qu’il veut. »

« Voici les décisions que je viens de prendre : le vainqueur de Verdun, celui grâce à qui les assaillants de 1916 n’ont pas passé, celui grâce à qui le moral de l’armée française, en 1917, s’est ressaisi pour la victoire, le maréchal Pétain est revenu ce matin de Madrid où il a rendu tant de services à la France. (…) Chaque Français, qu’il soit aux armées ou à l’intérieur, doit faire ce soir avec moi le serment solennel de vaincre. »

« Notre foi dans la victoire est intacte. Les forces de chaque soldat, de chaque Français sont décuplées. Le malheur a toujours grandi la France. Jamais elle n’a été plus unanime qu’aujourd’hui. »

Dailymotion / La bataille de France / 1940 / Video 3-3 / Internet: 

6 juin 1940

« Ici radio-journal de France, monsieur Paul Reynaud, président du Conseil, ministre de la défense nationale et de la guerre, vous parle :

« Nous savions que des jours sombres viendraient, ils sont venus. La France a été envahie cent fois et jamais abattue. C’est à travers les épreuves qui nous attendent que se forgera l’âme nouvelle de la France, elle la fera plus grande que jamais. Notre foi dans la victoire est intacte. Les forces de chaque soldat, de chaque Français, de chaque Française sont décuplées. Le malheur a toujours grandi la France, jamais elle n’a été plus unanime qu’aujourd’hui. Pour la nouvelle ligne que vient d’établir notre grand chef Wegand, en plein accord avec le maréchal Pétain, sur la Somme et sur l’Aisne, nous tiendrons ! et parce que nous aurons tenu, nous vaincrons ! »

Ministère des affaires étrangères / Documents diplomatiques français / 1940 / Les armistices de juin 1940 / P.I.E-Peter Lang / 2003:

Tours, 13 juin 1940, 23h.30

« Dans le malheur qui s’abat sur la patrie, il faut avant tout qu’une chose soit dite. Au moment où le sort les accable, je veux crier au monde l’héroïsme des armées françaises, l’héroïsme de nos soldats, l’héroïsme de leurs chefs. J’ai vu, arrivant de la bataille, des hommes qui n’avaient pas dormi depuis dix (cinq) jours, harcelés par les avions, rompus par les marches et par les combats ; ces hommes, dont l’ennemi avait cru briser les nerfs, ne doutaient pas de l’issue finale de la guerre, ils ne doutaient pas du sort de la patrie. L’héroïsme des armées de Dunkerque a été dépassé dans les combats qui se livrent de la mer à l’Argonne. L’âme de la France n’est pas vaincue. Notre race ne se laisse pas abattre par une invasion ; le sol sur lequel elle vit en a tant vu au cours des siècles ! Elle a toujours refoulé ou dominé les envahisseurs. Tout cela, les souffrances et la fierté de la France, il faut que le monde le sache ; il faut que partout sur la terre, les hommes libres sachent ce qu’ils lui doivent. L’heure est venue pour eux de s’acquitter de leur dette. »

« L’armée française a été l’avant-garde de l’armée des démocraties. Elle s’est sacrifiée, mais, en perdant cette bataille, elle a porté des coups redoutables à l’ennemi commun. Les centaines de chars détruits, les avions abattus, les pertes en hommes, les usines d’essence synthétique en flammes, tout cela explique l’état présent du moral du peuple allemand, malgré ses victoires. (…) »

******************************

« Nous vaincrons …     la situation est grave …     en perdant cette bataille …  »

Claire GRUBE

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

Categories

%d bloggers like this: