Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | April 17, 2013

Ils partiront dans l’ivresse

Ils partiront dans l’ivresse 

Grüß Gott !

Une résistante française, pendant l’Occupation, veut libérer le mari prisonnier. Alors, elle soudoie et amadoue les soldats allemands.

 Aubrac / Lyon 1943 / Gérard Chauvy / Albin Michel / 1997:

„ Lucie Aubrac décide alors de recommencer son histoire de mariage devant un autre Allemand, peut-être un certain Floreck, qui se laissera amadouer avec ce qu’il faut d’argent, de cigarettes, de champagne et de coupons de soie. „ Ils acceptaient tout cela sans jamais avoir l’impression de trahir l’Allemagne“, soupire Mme Aubrac.“  (Ladislas de Hoyos, Barbie.)

Ils partiront dans l’ivresse / Lucie Aubrac / Seuil / 1984:

Mercredi 11 août 1943

« Je continue de voir Pierre-des-faux-papiers. Parmi ses amis, une jeune femme juive, réfugiée de Paris. Elle connaît un colonel de l’Abwehr, déjà dans la Réserve, spécialiste de problèmes économiques. Sa famille avait jadis été liée à celle de cette jeune femme, et quand il est devenu chef des services économiques de la région lyonnaise, elle a renoué avec lui. »

« Il m’a fait connaître la jeune femme. Elle accepte de me présenter à son colonel. »

Mardi 17 août 1943

« Je retrouve Jacqueline pour la visite au colonel. Il a ses bureaux et son appartement au quatrième étage de l’hôtel Carlton réquisitionné. »

« En arrivant, ma compagne avait un paquet ; elle ne la plus. On n’a rien sans rien, me dit-elle, il est très sensible aux cadeaux. »

« Les Allemands ont leur bons Juifs. Ça peut être un paratonnerre un jour », ricane Maurice. »

« Le lendemain, il m’apporte à la maison un foulard de soie : « Tiens, si tu revois ton Boche, tu lui offriras pour sa femme. »

Mardi 24 août 1943

« Nouvelle visite au Carlton. J’ai apporté le foulard dans un joli paquet. »

« Il part dans trois semaines pour un voyage de quelques jours en Allemagne pour voir sa famille : une femme et deux filles. »

« Merci pour le foulard. »

« Si vous voulez colonel, je peux vous apporter la semaine prochaine une pièce de soie pour vos filles. »

« Nous nous quittons sur cette proposition qu’il n’a pas refusée. »

Lundi 30 août 1943

« Maurice, qui trouve toujours tout pour moi, me donne six mètres d’un superbe satin broché. Un peu trop vert, un peu trop brillant. « Il n’est pas courant, dit Maurice, il devrait plaire au colonel. »

« Herein ! Il est là. »

« Je lui montre la lourde soie. Il est ravi. »

« Venez me voir la veille de mon départ. Si vous me trouvez quelques cigares, je serai très heureux. »

Mercredi 8 septembre 1943

« Me voilà de nouveau au Carlton, chez le colonel allemand. Il nous accueille, moi et mes cigares, avec le sourire. »

« Il a vu son ami et celui-ci accepte de me recevoir vendredi après-midi à trois heures. Il me donne son nom, ses coordonnés et me conseille d’atteindre directement son bureau sans demander mon chemin en bas et sans laisser de fiche à mon nom. »

Mardi 25 septembre 1943

« Retour au Carlton. Le colonel est là, très heureux de son séjour en Allemagne, pas du tout optismiste quant à l’issue de la guerre. (…) Je lui relate mes visites à son ami de la Gestapo, lui demande conseil : comment le remercier d’avoir permis une rencontre et d’autoriser mon mariage ? »

« Je m’en chargerai, dit-il. Si vous pouvez me procurer un carton de bouteilles de cognac, je le lui remettrai discrètement. »

„ Je m’engage à trouver deux caisses, il aura la sienne lui aussi. “

Jeudi 14 octobre 1943

„ Me voilà de nouveau dans le bureau du lieutenant allemand. Nous sommes de vieilles connaissances. Il me fait asseoir, ne dit pas un mot au sujet du carton de cognac. Cette fripouille de colonel l’aurait-il gardé pour lui ? “

” Je vais tout de suite au Carlton voir le colonel. (…) Quand je lui dis que je me propose de faire envoyer une caisse de champagne à son ami, ses yeux brillent si manifestement d’envie que je lui promets le même envoi.“

Il était des femmes dans la résistance / Ania Francos / Stock / 1978:

„ Il n’y a qu’une solution, lui disent ses copains. Tu vas arroser les gens ; on te donne de l’argent et tu essaies d’acheter des flics pour pouvoir entrer en contact avec Raymond.“

„ Une amie institutrice lui présente un commissaire de police qui accepte une grosse somme, mais ne bouge pas. Puis, la jeune femme apprend par hasard qu’une jeune fille juive (qui lui voue une reconnaissance éternelle depuis qu’elle a fait transiter ses bijoux à travers la ligne de démarcation) est devenue la maîtresse du général allemand commandant la police économique de Lyon. On dit de celui-ci qu’il n’est pas mauvaise homme car ce n’est pas un membre de la Gestapo. La jeune juive accepte de présenter son amant à Lucie qui lui joue son numéro de jeune fille séduite et abandonnée.“

« Le général est d’autant plus « apitoyé » qu’il repart, dit-il, en vacances en Allemagne pour une huitaine de jours et souhaite vivement rapporter à son épouse quelques caisses de champagne et une cinquantaine de coupons de cette belle soie lyonnaise dont elle raffole. »

« Je me débrouillerai », promet Lucie. Et elle se débrouille. »

« Deuxième rendez-vous : le général s’est entremis auprès d’un de ses amis, capitaine de la Gestapo ; ce dernier veut bien, par « humanisme », en échange d’une cinquantaine de boites de cigares, de quelques tapis, d’une dizaine de tableaux et d’un gros paquet de billets, changer Raymond de cellule – car il est à Montluc – afin qu’il ne soit ni parmi les otages ni parmi les hommes en instance de départ pour l’Allemagne. »

„ Mystérieux rendez-vous dans un café avec le capitaine, dont Lucie ne connaîtra jamais le nom. C’est un militaire de carrière d’une cinquantaine d’années, d’une courtoisie extrême.“

„ Ecoutez, explique Lucie. Moi, je me moque que ce garçon soit fusillé. Mais auparavant je veux qu’il m’épouse. Je dois assurer l’avenir de mon enfant. Il me faut une signature au bas d’un contrat de mariage. ” L’allemand compatit :

„ Matemoizelle. Nous ferons ce ke nous poufons faire. Faites brebarer un kontrat te bariache chez un notaire et nous essaierons t’orkaniser une renkontre bour ke ce mariage ait lieu.“

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„ Ils acceptaient tout … “

Claire GRUBE

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