Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | October 28, 2012

Le massacre de Jaffa

Le massacre de Jaffa

Grüß Gott !

Le général Bonaparte, en l’an 1799, pendant le siège de Jaffa, élimine des prisonniers encombrants.

Wikipedia.org  / Le siège de Jaffa / Internet:

« Le mauvais traitement infligé au messager porteur de l’ultimatum, la résistance opiniâtre des assiégés, a provoqué la fureur des soldats français. Des hommes sont exécutés à la baïonnette, de nombreux habitants sont massacrés. Certains en profitent pour piller et violer. Envoyés pour rétablir un peu d’ordre et faire cesser les massacres, les aides de camps Beauharnais et Croisier apprennent qu’un nombre important de troupes ottomanes se sont repliées dans un ensemble de bâtiment et n’acceptent de se rendre que contre la promesse d’avoir la vie sauve. Les deux officiers accèdent à leur demande. Apercevant les quelque 3 000 prisonniers, Bonaparte se serait écrié :

« Que veulent-ils que je fasse de tant de prisonniers ? Ai-je des vivres pour les nourrir, des bâtiments pour les déporter ? Que diable m’ont-ils fait là ? »

„ Pendant deux jours et deux nuits, les massacres, le pillage et les viols se poursuivent.“

« Le 10 mars, malgré la promesse de les épargner lors de leur reddition, les 3.000 prisonniers sont exécutés. Plus tard, Napoléon tentera de se justifier en expliquant qu’il eut fallu détacher trop de soldats pour garder un nombre aussi important de prisonniers, ce qui aurait d’autant amoindri ses effectifs et que relâcher les prisonniers n’aurait pas été raisonnable, car ceux-ci seraient immédiatement allés grossir les rangs de Djezzar Pacha. »

Histoire militaire des Français / Histoire de l’expédition d’Egypte et de Syrie / Jean-Joseph Ader / Paris / 1826:

« Des prisonniers nombreux avaient été faits pendant la route ; leur garde aurait employé des bras que les combats réclamaient impérieusement ; ils consommaient des vivres précieux ; les mettre en liberté c’était envoyer du renfort à l’ennemi … ils furent exterminés. »

Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français / Charles Théodore Beauvais de Préau / Tome X / Panckoucke / 1818:

« Trop peu nombreuses pour être morcelées, les troupes françaises devaient encore garder et traîner avec elles les prisonniers faits à Gaza, à Ramleh, et en dernier lieu à Jaffa. »

« On savait par expérience qu’il était imprudent de se fier à la parole donnée par ces défenseurs de Syrie. Ils ne pouvaient être renvoyés sans qu’on eût à craindre qu’ils ne profitassent de leur liberté pour se jeter dans l’armée des Naplousains, des pachas de Damas ou d’Alep, et qu’ils n’augmentassent ainsi le nombre déjà supérieur des ennemis que les Français avaient à combattre. »

« D’un autre côté, la rareté des subsistances, la difficulté de s’en procurer dans un pays ennemi, et d’en faire venir à travers le désert, augmentait encore la difficulté du transport de ces prisonniers sous les murs de Saint-Jean d’Acre. »

« La guerre a des extrémités atroces, et c’est surtout dans le développement de ce fléau, que la terrible maxime : nécessité contraint la loi, reçoit son application. On prit donc la barbare résolution de se défaire, par le fer et par le feu, des malheureux prisonniers qu’on ne pouvait nourrir, ni renvoyer libres, sans compromettre également le salut de l’armée. »

Mémoires pour servir à l’histoire des expéditions de l’Egypte /Jacques Miot / Paris /1804:

« Rien ne nous sauvait de la mort, la garnison devait s’attendre à la recevoir, et sa résignation fut noble et fière. Points de larmes, point de cris ; un vieillard se fit enterrer vif dans les sables de la mer. Chacun se lavait avant de mourir, et l’oeil sec, donnant et recevant l’adieu éternel, semblait défier la mort, et dire : «  Je quitte ce monde pour aller jouir, « auprès de Mahomet d’un bonheur durable ». C’est ici que l’on voit la force que peut donner, dans les derniers moments, la religion ou le fanatisme. Ainsi ce bien-être après la vie, qui nous promet notre croyance, soutenait le mahométan vaincu, mais fier dans son malheur. »

Campagne de Bonaparte en Egypte et en Syrie, écrite sous la dictée d’un officier de la 32e brigade / Chanut J. / Paris / 1834:

«  Le général en chef avait bravé trois jours les plaintes et les murmures de l’armée. Il se rendit avec douleur à la nécessité terrible qu’imposaient les circonstances graves où il était placé. Ces trois mille prisonniers furent fusillés sur le rivage de la mer. Les ennemis de Bonaparte lui ont fait depuis un crime de cette exécution. Les faits sont aujourd’hui bien éclaircis. Tous les juges de bonne foi ont reconnu que chef de l’armée, le salut de cette armée était pour lui un devoir sacré, impérieux, et qu’il fut un de ceux qui virent le massacre avec le plus de douleur. »

Histoire scientifique et militaire de l’expédition française en Egypte / Louis Reybaud / Tome IV / Paris / 1844:

« Les victimes, au nombre de 3.000 environ, furent conduites sur les dunes mouvantes qui bordent la mer. Deux bataillons de la 32e, et une partie de la 18e, aux ordres de l’adjudant Grezieu, les cernèrent en silence, jusqu’à ce que partît l’ordre de faire feu. »

« Alors commença cette horrible boucherie ; comme les prisonniers étaient trop nombreux pour une exécution générale, on les divisa par petits pelotons qui furent tour à tour fusillés. »

« Ces malheureux avaient compris le sort qui les attendait ; le plus grand nombre s’y résigna avec cette sorte de dignité qu’inspire le fanatisme. L’oeil sec, la prière aux lèvres, ils faisaient, faute d’eau, leur ablution dernière avec le sable du rivage ; puis échangeant entre eux un adieu grave, ils mouraient en répétant : il n’est pas d’autre Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète. On en vit qui, au milieu des balles sifflantes, le visage tourné vers les bataillons, fumaient tranquillement leur longue pipe orientale. D’autres, moins résignés, éprouvèrent toutes les angoisses de la fureur et du désespoir ; acculés sur les bords de la mer, entourés d’une ceinture de fusils, ils s’élancaient sur les baionnettes, et mouraient percés de coups. »

« Ailleurs, au milieu de cris lamentables, ces malheureux s’abritaient les uns derrière les autres, et vivans se jetaient pêle-mêle aux milieu des morts. Il fallut les achever sur les monceaux de cadavres. Enfin, et comme refuge dernier, un petit groupe de Mogrebins était parvenu à gagner en nageant des rescifs assez éloignés du rivage pour la fusillade ne pût les atteindre. On ne leur fit pas même la grâce de les laisser périr là d’insomnie et de faim. Les soldats posèrent leurs armes, et leur firent entendre, avec les signes usités en Egypte, qu’on leur accordait le pardon. Ils s’y fièrent, ils revinrent l’un après l’autre sur la plage, et périrent tous victimes de leur crédule confiance. »

« Ce massacre, de quelque manière qu’on l’envisage, est une tache bien grave au nom de ceux qui pouvaient l’empêcher, et qui se crurent forcés de ne pas le faire. Il faut croire que les chefs de division et les officiers supérieurs appelés dans le fatal conseil rendirent leur arrêt de mort comme des jurés et la main sur la conscience. Mais, dans cette occasion, il n’y avait pas seulement lieu à délibérer : une capitulation avait été consentie ; la violer, même en présence de l’intérêt le plus puissant et des divers motifs allégués, était un manque de foi, un oubli des lois de la guerre. Les nécessités du moment se fussent-elles révélées encore plus impérieuses, il n’était pas impossible, suivant quelques avis, de concilier la sûreté de l’armée avec le contrat passé sur le champ de bataille. »

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Mémoires d’outre-tombe / Volume 2 / Chateaubriand / Livre de poche / 1984:

« S’il s’agissait de droit, quel droit les Français avaient-ils eu d’envahir l’Egypte ? Pourquoi égorgeaient-ils des hommes qui n’usaient que du droit de la défense ? Enfin Bonaparte ne pouvait invoquer les lois de la guerre, puisque les prisonniers de la garnison de Jaffa avaient mis bas les armes et que leur soumission avait été acceptée. »

Claire GRUBE

 

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