Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | October 27, 2012

Le carnage de Jaffa

Le carnage de Jaffa 

Grüß Gott !

Les soldats français, en l’an 1799, dans la campagne d’Egypte, sabrent et violent les personnes musulmanes.

Relation historique et chirurgicale de l’expédition de l’armée d’Orient en Egypte et en Syrie / Dominique. J. Larrey / Paris / Demonville et Soeurs / An XI / 1803:

« Je me dispenserai de parler des suites horribles qu’entraîne ordinairement l’assaut d’une place. J’ai été le triste témoin de celui de Yâfa, où l’on entra le 17 ventôse, après un combat violent de plusieurs heures. »

Napoléon / Recueil par ordre chronologique / Campagne d’Egypte / Siège de Jaffa / Volume 1 / Kermoysan / Paris / 1853:

« A cinq heures, nous étions maîtres de la ville, qui, pendant vingt quatre heures, fut livrée au pillage et à toutes les horreurs de la guerre, qui jamais ne m’a paru si hideuse. »

« Quatre mille hommes des troupes de Djezzar, ont été passé au fil de l’épée. Il y avait huit cent canonniers : une partie des habitants a été massacrée. »

Histoire scientifique et militaire de l’expédition française en Egypte / Louis Reybaud / Tome IV / Paris / 1844:

« Alors ce fut un carnage horrible ; il n’y eut ni merci, ni grâce ; le sang coulait à ruisseaux dans chaque rue. Les Musulmans, voyant qu’il n’y avait point de quartier pour eux, se précipitaient sur nos soldats, et cherchaient à les étreindre corps à corps ; d’un côté, la soif de la vengeance, l’énivrement de la victoire ; de l’autre, la fureur du désespoir et la force de la gloire. Ce duel multiple se prolongea de maison en maison, il fallut les assiéger toutes, et y poursuivre les restes dispersés de la garnison. »

« Pendant que des prisonniers, sauvés pour mourir plus tard, capitulaient dans leur dernière retraite ; à l’intérieur de la ville, la brutalité victorieuse avait trouvé d’autres victimes. La lutte n’avait plus lieu alors de soldat à soldat, mais d’hommes armés à hommes sans armes, de sabreurs à citoyens. Chaque maison était à sac, chaque boutique au pillage. Le viol, le meurtre, l’incendie, couraient la ville au milieu de hourras de luxure et de cris d’effroi. Des femmes échevelées, des enfants à demi-nus, des vieillards mourans, se groupaient pêle-mêle sur les terrasses, et tordant les bras de désespoir. Dans chaque appartement, dans chaque cour intérieure, il y avait combat et carnage. La porte des harems était jonchée de cadavres, et les soldats violaient les filles et les femmes devant leurs pères et leur époux morts. Plus rien d’humain ne survivait dans ces têtes forcenées ; l’ivresse du sang, la frénésie du viol, la fièvre du butin, avaient anéanti tout sentiment de miséricorde et d’honneur. »

Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français / Charles Théodore Beauvais de Préau / Tome X / Panckoucke / 1818:

« Alors commenca l’épouvantable carnage des troupes de cette garnison et des habitans de Jaffa. Les soldats du général Lannes avaient à venger les pertes nombreuses que la division venait d’éprouver sur la brèche et dans la tour carrée ; de leur côté, ceux du général Bon étaient animés par le souvenir si récent de la mort de leurs camarades, massacrés dans la place. Dans ce désordre affreux, occasioné par la fureur des assaillans et le désespoir des assaillis, il devint impossible aux généraux français de faire entendre la voix de l’humanité, de faire respecter leur autorité. Les soldats ne s’arrêtèrent que lorsqu’ils furent las de tuer et épuisés par la fatigue. Les débris de la garnison, réfugiés dans les mosqués, mirent alors bas les armes en demandant quartier. Ces malheureux furent amenés devant le général en chef, qui s’entretenait avec le général Lannes, assis sur une petite pièce de 3, devant la principale brèche. Les Egyptiens furent soigneusement séparés des Maugrabins, Albanais, et autres soldats des nations que nous avons nommées plus haut, et ceux-ci furent confiés à la garde d’un fort détachement. »

« L’armée victorieuse bivouaqua dans la place, sur ces trophées de carnage qu’elle venait d’élever à sa vengeance. Le pillage des maisons fut continué pendant toute la nuit, et se prolongea jusqu’au 9 d’une manière vraiment effrayante. Peu de villes prises d’assaut ont présenté un spectable plus hideux des dévastations et de tristes résultats de la guerre. Des cris sourds et lamentables se faisaient entendre incessamment dans toutes les rues, dans toutes les maisons ; ils étaient poussés par ceux des habitants échappés aux premiers massacres, qui cherchaient à défendre leur propriété ; par des pères ou des époux qui s’efforçaient de soustraire à la violence des soldats leurs filles ou leurs femmes immobiles de terreur, et dont les yeux desséchés par la plus profonde affliction ne pouvaient plus répandre de larmes. »

Histoire militaire des Francais / Histoire de l’expédition d’Egypte et de Syrie / Jean-Joseph Ader / Paris / 1826:

« La garnison, refusant de mettre bas les armes, est passée au fil de l’épée, et la ville abandonnée au pillage. »

« Quel affreux tableau que celui du sac d’une ville, et comment les Français purent-ils oublier un instant les principes d’humanité qui les avaient fait admirer et chérir par les Egyptiens ? Les malheureux habitans de Jaffa eurent à subir tout ce qu’une vengeance effrénée inspire d’odieux, tout ce que la soif du sang à d’épouvantable. »

« Pendant trente six heures, malgré les efforts des officiers français, on ne cessa d’entendre dans toutes les maisons des cris, des sanglots étouffés par les imprécations de la fureur. Si nos guerriers eussent éprouvé une perte considérable, s’ils avaient eu à châtier une perfidie, peut-être seraient-ils excusables ; mais ils ne comptaient que trente hommes tués et deux cents blessés, mais ils avaient combattu des malheureux qui défendaient leur foyers contre des étrangers. Tirons un voile sur des scènes aussi lugubres : elles sont heureusement rares dans les annales militaires de la France, et nous n’aurons plus à gémir d’être obligés de remplir les devoirs imposés par l’impartialité historique que nous professons. »

« Mais que disons nous ? Il semble que la prise de Jaffa devait être le signal de toutes les horreurs que la guerre entraîne à  sa suite. »

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« Tirons un voile sur des scènes aussi lugubres : elles sont heureusement rares dans les annales militaires de la France. Mais que disons-nous ? … »

Claire GRUBE

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