Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | September 10, 2012

La fourragère rouge

La fourragère rouge

Grüß Gott !

Les policiers français, en août de l’an 1944, valeureux et courageux, bravent l’occupant. Et font la grêve.

Wikipédia.org / La fourragère / Internet:

« La fourragère est une décoration récompensant une unité militaire ou civile pour faits de guerre ou de bravoure exemplaires. »

« Rouge, aux couleurs de la Légion d’honneur : cette fourragère est portée par les unités citées de 6 à 8 occasions à l’ordre de l’armée. »

« La préfecture de police de Paris a été décorée de la Légion d’honneur par le général de Gaulle le 12 octobre 1944, suite à l’insurrection d’une partie de ses agents, le 19 août 1944, dans la caserne de la Cité. C’est la raison pour laquelle ses agents en tenue d’honneur portent la cordelière rouge, à l’épaule gauche, les jours de cérémonie. »

Allocution  de M. Dominique de Villepin, à l’occasion de la cérémonie du 19 août 2004 à la Préfecture de police / Internet:

« C’est avec une profonde émotion que je m’adresse à vous aujourd’hui. Ici, dans cette Cour de la Préfecture de Police, au cœur de Paris, le 19 août 1944, une page de notre histoire s’est tournée, une page parmi les plus sombres qu’ait connu notre pays. Ici les policiers parisiens ont su dire non, au nom de la France, de la République, au nom de l’homme. Leur courage et leur détermination resteront à jamais le symbole du refus de l’occupation, de la dictature et de la barbarie. »

Les discours.vie publique.fr / Michelle Alliot-Marie / Commémoration Libération de Paris / 2007 / Internet:

„ Policiers parisiens, vous pouvez porter fièrement la fourragère rouge, symbolisant la Légion d’Honneur que le général de Gaulle remettait le 12 octobre 1944 à la Préfecture de Police. Cette distinction est le témoignage de l’engagement sans faille de vos aînés, qui ont, si bien rendu honneur aux valeurs de la République et de la France. Continuez à vous montrer digne de leur exemplaire Courage ! “

Policiers français sous l’occupation / Jean-Marc Berlière / Tempus / Perrin / 2001:

« Été 1944: la police héroïque »

« Dans la matinée du samedi 19 août 1944, les Parisiens incrédules découvrent le drapeau tricolore flottant sur la préfecture de police. Beaucoup s’étonnent : la police n’a-t-elle pas été pendant quatre ans l’auxiliaire fidèle d’un occupant qu’elle a protégé et dont elle a pris en charge une partie des tâches ? »

F. Dupuy, La libération de Paris vue d’un commissariat de police:

« Les policiers parisiens dont le patriotisme n’est plus à mettre en doute ont suivi à 99,7 % le mot d’ordre de gréve générale… Bravo policiers ! Nous avons répondu courageusement à la provocation des Boches… Qui a dit que la police parisienne était collaborationniste ? … Je me suis toujours élevé contre cette opinion… en affirmant que, dans la proportion de 95 %, les gardiens de la paix détestaient les Boches et sauraient un jour le prouver. »

« Dans l’esprit du général de Gaulle… il importait de célébrer les vertus patriotiques de la police et de mettre entre parenthèses le rôle moins glorieux qu’elle avait joué sous l’Occupation. C’est le but de la citation, d’octobre 1944, de la Préfecture de Police de l’ordre de la Nation portant attribution de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre :

(« A l’origine de cette fourragère rouge que portent les gardiens de la paix parisiens et qui a le don de scandaliser beaucoup d’acteurs survivants. »)

« Bravant l’occupant dès le 15 août [1944], déclenchant la lutte dès le 19 et la poursuivant jusqu’au 26, les courageux gardiens de la police parisienne ont donné à toute la Nation un bel exemple de patriotisme et de solidarité qui fut l’un des premiers facteurs du succès des combats pour la libération de la capitale. »

Le crime et la mémoire / Alfred Grosser / Flammarion / 1989:

« Comme en Allemagne, il a fallu une relève des générations pour qu’on parle plus franchement de ces défaillances au sein de la magistrature. Afin que la police accepte aussi sa mise en cause pour son comportement sous l’Occupation. Dans les années soixante-dix, on choquait, mais dans les années quatre-vingt on obtient l’approbation quand on dit à des hauts fonctionnaires de police, réunis en stage de formation continue, que la fourragère rouge remise à la police parisienne à la Libération, devrait scandaliser, puisque la même police avait rendu possible et mis en oeuvre la grande rafle du 16 juillet 1942. »

Serons-nous vivantes le 2 janvier 1950 / Extrait de Françoise Verny / Paris / Grasset / 2005: 

« Avons-nous été, nous Français, les complices actifs de la Shoah ? Certains dénoncent par esprit de vengeance, par cupidité, ou par pure méchanceté. Des policiers français procèdent aux arrestations, qui plus tard se verront décerner la fourragère rouge pour leur action en faveur de la libération de Paris. Le camp de Drancy est gardé par des gendarmes. De hauts fonctionnaires français, en zone libre aussi bien qu’en zone occupée, ordonnent des déportations. »

C’était un temps déraisonnable / Les premiers résistants racontent / Georges-Marc Benamou / Laffont / 1999:

Pierre Messmer:

« J’ai eu un accrochage sévère avec le Général Koenig à propos de la fourragère rouge de la police parisienne. Les règles militaires sont formelles:  une unité ne peut la porter qu’après avoir été citée sept fois à l’ordre de l’armée. La police parisienne n’avait qu’une seule citation, gagnée au surlendemain de la Libération. Des gredins de la police parisienne, peu résistants, quoi qu’ils en aient dit par la suite, étaient allés rafler des fourragères, et, le lendemain, tous les policiers se baladaient avec. Mon sang de légionnaire n’a fait qu’un tour. Je suis monté  dans le burau du général Koenig : « Les policiers parisiens portent la fourragère rouge, ils n’y ont aucun droit, vous le savez, j’ai préparé une note. » Il a refusé de signer. Le plus important pour lui, même si j’avais raison, était la cohésion de la police parisienne. Il préférait fermer les yeux. Donner la fourragère à des gens qui se sont battus quarante-huit heures, et encore pas tous, alors que, pour une unite militaire, il faut des années de combats et des milliers de morts, est scandaleux ! Cette décision du général Koenig fut approuvée par le général de Gaulle. Ils avaient raison de leur point de vue. La police parisienne la porte toujours sans y avoir droit. »

***********************

« La police parisienne la porte toujours sans y avoir droit. »

Claire GRUBE

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