Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | September 2, 2012

Policiers français sous l’Occupation

Achtung, fonctionnaires !

Grüß Gott !

Les policiers français, pendant l’Occupation allemande, obéissent aux ordres. Et arrêtent les personnes.

Henri Amouroux / Cassettes Radio France:

« La police parisienne compte 22.000 hommes. Le rôle d’une police n’a jamais été de faire des révolutions, bien entendu, et pendant quatre ans, la police parisienne a obéi aux ordres, des ordres qui exigeaient souvent qu’elle soit impitoyable, et qui la faisait aux yeux de beaucoup passer pour pro-allemand, alors qu’en réalité, et l’on rejoint là un des problèmes essentiels qui se posent au début de toute occupation, alors qu’en réalité la police parisienne a servi, en partie, les Français et les Parisiens. »

« C’est le problème qui se pose au début de toute occupation : faut-il que l’administration reste en place ? est­-il plus utile qu’elle reste en place ou bien doit-elle s’effacer totalement et laisser tous les pouvoirs à l’occupant ? »

« En tout cas, la police parisienne était composée, en minorité de collaborateurs, en minorité de résistants, et entre ces deux minorités, il y avait, comme dans toute foule, et 22.000 hommes c’est une foule, la masse, le marais des attentistes. »

Procès Papon / Gilles Perrault / Michel Slitinsky / l’Aube / 1997:

« Un fonctionnaire, Vichy ou non, est fait pour fonctionner. Nous déplorons que la police française en tant que telle ait, – quatre ans durant -, raflé les Juifs pour le compte des nazis. Nous savons bien que le flicard de base, s’il refusait les ordres, se portait candidat à l’héroïsme. Il apparaît que le nombre de secrétaires généraux de préfectures héroïques fut, entre 1940 et 1944, extrêmement réduit. La plupart accomplirent machinalement leur sale besogne. »

Drancy / Maurice Rajsfus / Le cherche midi / 1996:

« On ne touche pas à la police. Elle est l’honneur d’un pays démocratique. Prêtre à servir un régime puis un autre, surtout s’il s’agit d’un régime fort. En l’occurrence, les policiers et les gendarmes, qui ne font jamais de politique, s’étaient mis au service des nazis et les démissions ont été très rares durant ces années tragiques. Mieux, jamais l’embauche n’avait été aussi forte. »

« Outre ce rôle de chiens de chasse, les gendarmes serviront surtout de gardes-chiourme et les dizaines de camps de concentration ouverts dans les deux zones seront sévèrement gardés par ces braves pandores qui obéissaient à la consigne, selon la formule consacrée. »

Policiers français sous l’Occupation / Jean-Marc Berlière / Tempus / 2001:

« Tièdeur ne veut pas dire inactivité. Il faut bien manger, et la peur qu’inspirent les sanctions de Vichy et plus encore les arrestations et déportations qui ont touché très tôt des collègues, expliquent que, avec molesse et sans enthousiasme, avec humanité et compassion quand ils le pouvaient, sans doute à contrecoeur pour une grande partie d’entre eux, les policiers comme les juges, les employés de préfecture, les gendarmes – ont fait leur métier et appliqué la loi. »

« Par vice, par fanatisme, par discipline, par aveuglement, par indifférence, par peur des collègues, des chefs, des délateurs ou des provocations, part intérêt aussi, certains l’ont fait avec zèle et efficacité. »

« Quelles que soient leurs motivations, le problème tient au fait que les pouvoirs des policiers, leurs prérogatives, leur savoir-faire professionnel ont donné aux ordres qu’ils recevaient une efficacité, des conséquences dramatiques. Un postier résistant, un instituteur indifférent, un épicier collaborateur, l’ouvrier d’une usine travaillant pour les Allemands n’ont pas eu autant de prise sur le destin de leurs contemporains. Toute action des policiers, même accomplie avec répugnance, leur a fait alimenter la machine à broyer. Dans un tel domaine, il suffisait de quelques dizaines de fanatiques, de quelques centaines de policiers respectueux de la sacro-sainte « consigne » pour accomplir des milliers d’arrestations, comme ce fut le cas dans la région parisienne qui rassemblait la plus grande partie des juives que comptait la France en 1940.»

« Quant à la police municipale qui joua un rôle essentiel dans les rafles dont elle assura la réalisation  pratique, elle ne négligea pas pour autant les infractions « ordinaires » à la législation antisémite. Pour non-respect des « heures légales » de sortie, non conformité ou dissimulation d’étoile jaune, papiers d’identité « lavés » du tampon « juif » ou périmés, fréquentation de lieux publics – café, théatre, restaurant, cinéma, cabine téléphonique  – désormais interdits aux juifs, possession, d’un poste de radio, etc., certains gardiens de la paix, certaines Brigades spéciales d’intervention,  notamment dans les 4e et 11e arrondissements, contribuèrent à remplir les cars de Police Secours qui conduisaient tous les soirs à Drancy le résultat de la chasse quotidienne menée conjointement avec les antisémites de la PQJ. »

« Mais il est une autre dimension qui caractérisa leur position sous l’Occupation que les policiers ont totalement oubliée à la Libération. Placés par les circonstances et la politique de Vichy dans une position comparable à celle de « supplétifs indigènes », ils n’ont pas toujours – contrairement à leurs affirmations – vécu douloureusement une situation qui comportait aussi quelques avantages et privilèges dont ils n’ont que tardivement perçu les contradictions, l’inconfort et les dangers. »

« Ainsi, à l’échelle de la France occupée, les policiers français ont, nolens volens, appartenu pendant quatre ans à cette zone grise que Primo Levi évoque pour les camps : cette zone d’ambiguité, cet espace qui sépare les victimes de leurs persécuteurs et qui fit de tout déporté détenteur d’une parcelle d’autorité un rouage de la machine, un privilégié, voire un aide-bourreau. »

« Les policiers français ont rarement exercé de façon totalement désintéressée, totalement innocente, cette délégation de pouvoir qui comportait des avantages enviés. »

« D’autant que tout à concouru à ce que les policiers fassent leur métier … A commencer par les routines, les reflexes, les qualités et les « vertus » que la IIIe République avait cherché à inculquer à des fonctionnaires qu’on voulait « professionnels », obéissants et disciplinés, esclaves de la loi, soumis au gouvernement, indifférents aux alternances politiques. »

« Finalement, les policiers furent tels qu’on les avait choisis, recrutés, formés. Ils eurent des attitudes conformes à ce qu’on avait toujours attendu d’eux. Ni la formation reçue, ni la routine quotidienne, ni l’évaluation professionnelle, ni les valeurs qu’on leur avait inculquées ne les avaient préparés à l’idée même d’un « devoir de désobéissance. »

Dailymotion.com / A propos des camps français / 1938-1946  / Mediapart / Vidéo 3 / Internet:

« L’expérience française, de 40-44, est exceptionnelle ; on est quand même le seul pays, avec le Danemark, mais dans des conditions différentes, qui ait officiellement collaboré, c’est quand même une spécifité française »

« Il y a quand même des policiers qui vont arrêter et qui vont même montrer un zèle évident dans cette politique de rafles. Et puis d’autres qui vont alerter les Juifs. Et puis d’autres qui vont faire leur boulot. Parce que, pour la plupart, entre guillemets, ils ont quand même fait leur boulot. »

*******************************

« Ils ont quand même fait leur boulot »

Claire GRUBE

 

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