Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | June 26, 2012

Algérie: les égorgeurs

Algérie : les égorgeurs

Grüß Gott !

Les soldats français, en Algérie, tranchent les têtes et coupent les gorges. Et imitent les méthodes locales.

Lettres du maréchal de Saint-Arnaud / Tome premier / Guerre d’Afrique 1837-1840 / Paris / Michel Lévy Frères / 1855:

« Parle-moi des chasseurs d’Afrique : le commandant d’Erlon, avec quarante-huit chasseurs, a chargé quatre cent Bédouins et en a tué plus de cinquante. Les chasseurs revenaient avec une et deux têtes de Bédouins à l’arçon de la selle. »

« Le 4, les Bédouins ont surpris vingt faucheurs à une demi-lieue du camp… Nous avons retrouvé dix-neuf troncs. »

« Un homme qui allait chercher de l’eau la nuit a eu la tête coupée par les Arabes à cent pas de mon bivouac. J’ai entendu ses cris, je me suis précipité le sabre à la main. Il n’était plus temps, le cadavre n’avait plus de tête. »

Memoro.org / Algérie 59-60 (2) / Ramasser les morceaux / Benoist Rey / Vidéo / Internet:

„ J’arrivais pas à imaginer qu’on puisse arriver à un tel degré de saloperie, aussi vite. Que ça soit de la part d’une armée de carrière, oui, on le comprend. D’abord, on était encadré par des gens qui arrivaient d’Indochine, qui s’étaient pris une pâté monstrueuse, et qui voulaient se rembourser sur la peau des Arabes. Ils le disaient comme ça, crument. Mais à côté de ça, qu’une partie du contingent ait joué ce jeu-là, ça, je ne pouvais pas l’admettre…“

„ … je m’aperçois que les prisonniers, qu’on emmène avec nous, soit disant pour nous montrer le chemin, comme on disait élégamment : „ Celui-là, il a pris un aller simple ! “ C’est-à-dire qu’il fallait pas le ramener au camp. Donc, la façon de l’éliminer la plus simple, c’était pas une balle, parce que ça faisait du bruit et que ça nous faisait repérer, c’était : on l’égorgeait sur place. Et que là, c’était vraiment, c’était devenu une manie, quoi. C’est pas pour rien que mon livre s’appelle : Les Egorgeurs … “

Les Egorgeurs / Benoist Rey / Editions du Monde Libertaire / 1999:

« Cette région est zone interdite, c’est-à-dire que les gens n’ont pas le droit d’y habiter ni d’y travailler : c’est un moyen pour l’armée de la contrôler. Chaque habitant qu’on y trouve est suspecté d’appartenir au F.L.N. Mais les gens sont trop attachés à leur maison, à leurs bêtes, à leur lopin de terre, à leurs morts, au paysage qui les entoure, pour gagner les postes français. »

« L’ordre nous est donné de tout cramer. Bientôt toute la vallée est en feu. Un vieil homme est resté à la porte de sa maison. Un soldat l’égorge. Un autre pend le corps à la poutre maîtresse du toit. Quelques instants après tout flambe. »

« J’eus souvent l’occasion, par la suite, d’aller dans les locaux de l’O.R., [Office de renseigments] pour soigner les malades ou y chercher des porteurs. Les hommes sont entassés dans une pièce de trois mètres sur cinq. Un trou sert de latrine. Une odeur moite d’excréments, de vermine et de sueur se dégage de là. Certains de ces hommes ont la fièvre (le paludisme) et grelottent malgré la chaleur torride. Chaque fois que s’ouvre la porte bardée de cadenas et de serrures, la peur tenaille ces hommes. Combien d’entre eux ont été appelés un matin ou la nuit, qui ne sont jamais revenus : la gorge ouverte ou le corps criblés de balles, ils ont été la proie de chacals, au bord des pistes ou dans la forêt ! »

« Dans la nuit, nous sommes sortis. Un prisonnier est avec nous, mains liés dans le dos. L’aspirant P… s’éloigne avec lui et l’abat d’une rafale dans le dos. L’aspirant se retourne et nous jette, avec un large sourire : « Il a de la chance, celui-là, je lui ai tourné la tête vers la Mecque ! »

« … nous trouvons un des deux hommes, mort, le ventre criblé de balles, les bras en croix. Autour de lui, des chevreaux sont égorgés, éventrés : les parachutistes viennent de passer. Quelqu’un urine et crache sur le mort, … »

« Le sergent A… dit, après avoir égorgé un prisonnier : « Ça faisait longtemps que ça me démangeait : il fallait que je lui fasse un « grand sourire » d’une oreille à l’autre. »

« Un parachutiste à Philippeville : « Là où nous passons, il ne reste plus rien. Pas de prisonniers. On dépouille les cadavres : dents en or, montres, argent, chaussures, vêtements… Un jour, on a découvert un hôpital rebelle souterrain. On a achevé tous les blessés et les malades. C’était marrant. »

« Un père, déjà vieux, soutient son fils, vingt ans à peine, tuberculeux. Tous deux marchent difficilement. A l’heure  de « décrocher », de rentrer au camp, les hommes nous accompagnent jusqu’à T…, pour un contrôle d’identité. Le père et son fils ont du mal à suivre. Comme nous marchons vite, ils nous retardent. Ils sont égorgés sur place, dans la forêt, … »

„ Pour ces neuf suspects dont il est question, tout s’est très bien passé jusqu’au moment où, les huit premiers étant morts, le neuvième est parti, courant en zigzag, menottes au poignet. Il a été blessé aux jambes. Les soldats ne l’ont pas achevé. L’un d’eux – et je l’ai entendu de sa bouche – a trouvé l’idée merveilleuse de lui mettre un pain de T.N.T. sur le ventre et d’allumer la mèche. „ Tu aurais vu ça quand il a sauté „ , me dit-il, c’était marrant. Les morceaux se baladaient partout, y avait même un bras dans un arbre ! “.

„ A F…, près de la mer, à l’est de T…, dix soldats français ont été tués en embuscade, deux ont été égorgés par les rebelles. “

„ Embuscade pendant deux jours. Trois hommes du service social rebelle passent, près de nous. Deux sont blessés, le troisième s’enfuit. L’un des blessés agonise. Le sous-lieutenant P… lui tire une balle dans l’oeil. L’homme vit encore. Le sous-lieutenant ordonne successivement à deux F.S.N.A. de l’égorger. Tous deux refusent. C’est un Européen qui l’égorge.“

„ La pancarte est devenue souvent l’emblème de la mort. L’armée française a camouflée bien des crimes en accrochant aux cous des égorgés des pancartes ainsi conçues : „ Traitre aux F.L.N. “

„ Deux prisonniers nous servent de porteurs. Chacun sait que les prisonniers sont „ consommables “, c’est-à-dire qu’il faut les égorger ou les tuer d’une manière quelconque avant de rentrer au camp. Nous marchons comme des fous. Pas d’eau, le soleil. Le premier porteur flanche et s’écroule. Je prépare une piqure, quand un harki, souriant de toutes ses dents, me dit : “ C’est pas la peine, il ne sentira plus rien, je viens de lui faire une piqûre. “ Et il me montre son couteau. Le capitaine fait signe aux harkis qui se précipitent sur Motkar – c’est le nom du second porteur. (…) Les harkis ont égorgé Motkar, l’un d’eux lui a cassé sa crosse de fusil sur le crane. „

„ Nous faisons, quelques jours après notre embuscade, une opération punitive. Nous emmenons trois prisonniers, dont un que j’ai soigné. Je n’ose les regarder, car je sais qu’ils sont condamnés. Les prisonniers ont les mains liées dans le dos. (…) Le caporal-chef B… prend le premier, l’assomme d’un coup de bâton et l’égorge. Il en fait de même avec le deuxième. Le troisième, qui doit avoir dix-huit ans à peine, a compris. Au lieu d’essayer de se défendre, il tend la gorge au bourreau, lequel n’hésite pas et l’égorge avec la même sauvagerie.“

„ Pendant la nuit, les rebelles coupent les poteaux électriques … En réponse à ce sabotage, le commandant B… ordonne que cinq suspects (qui étaient déjà en prison la nuit du sabotage) soient égorgés au pied des poteaux.“

„ Arrivée à l’oued. L’aspirant M… assomme à coups de pierre le premier suspect et l’égorge. Les grognements de l’homme sont étouffés par les remous de l’eau sur les rochers. Le deuxième suspect se défend, malgré ses mains attachées. Il est égorgé, mais vit encore. On lui écrase la tête avec des pierres. L’eau et les cailloux se teinteront de sang.“

„ Nous avons tué un homme, en avons blessé un autre. Le caporal-chef B… l’a égorgé, pendant que le capitaine B… riait aux éclats, d’un rire hystérique. „

„ Le 2e bureau nous a amené un prisonnier, ancien rebelle, qu’il faut faire parler. (…) Chaque matin, le caporal-chef B…, qui en assure la garde, va lui „ dire bonjour “, c’est-à-dire qu’il le roue de coups. Le treizième jour, quand il sort, le prisonnier s’écroule, aveuglé par le soleil, affaibli, incapable d’un geste. Il sera traîné hors du camp et égorgé par l’aspirant M …, l’Algérois.“

„ Un homme, pris dans la montagne, possédait trois chiens (et les chiens donnent l’alerte, c’est bien connu!) L’homme, presqu’un vieillard, est égorgé.“

„ Journée longue ; quand se couche le soleil derrière la montagne, le caporal-chef B… égorge un prisonnier. La gorge est ouverte, le sang bouillonne, mais le caporal-chef, les yeux fous, donne encore des coups de couteau dans le dos, la nuque, et envoie rouler le corps sur la pente. Quelqu’un veut conserver les oreilles du mort. Le caporal-chef les coupe et les offre.“

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„ Au royaume de l’absurde, les salauds sont les rois.“

Claire GRUBE

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