Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | June 17, 2012

La prostitution sous l’Occupation

Prostitution clandestine sous l’Occupation

Grüß Gott !

Les femmes françaises, pendant l’Occupation allemande, sont libres et indépendantes.

Années érotiques de la Grande Prostituée à la revanche des mâles / 1940-1945 / Patrick Buisson / Albin Michel / 2009:

« La France du Maréchal se met peu à peu à ressembler au Lupanar de l’Europe. »

« … développement massif d’une prostitution clandestine, difficile voire impossible à contrôler en raison même de sa surabondance et de sa mobilité. Les restrictions qui frappent d’abord les femmes, la paupérisation d’une grande partie d’entre elles, la détresse matérielle des épouses de prisonniers de guerre les jettent sur le pavé par dizaines de milliers et les métamorphosent en intermittentes du coït tarifé. »

« La guerre brouille les repères et rompt les normes. Plus que d’autres, les conduites sexuelles s’en trouvent profondément modifiées. »

« Pour la population féminine fragilisée, le soldat allemand représente une source inépuisable d’argent facile, une tentation permanente de se transformer en marchandes d’amour face à laquelle il faut une singulière force de caractère pour ne pas céder. »

« Les femmes mariées constituent par exemple les deux tiers effectif des insoumises admises à l’hospice général de Lille. »

« Elles justifient le recours à la prostitution par la nécessité de nourrir leurs enfants, faute de secours appropriés. »

« Il y a celles pour lesquelles la prostitution est un complément de revenus qui vient s’ajouter à ce que leur procure une activité honorable, celles qui la pratiquent sous le couvert d’autres occupations, celles qui s’y livrent entre deux emplois plus ou moins stables, celles qui s’y adonnent à plein temps et y trouvent le succédané avantageux d’une vie solitaire ou misérable. »

« Cependant, les bourgoises et singulièrement les jeunes filles issues des classes aisées ne sont pas absentes de cette catégorie, signe parmi d’autres du dérèglement social qui affecte tous les milieux et efface la conscience de la transgression là où prévalait, avant-guerre, l’attachement aux normes. »

« Il n’en reste pas moins que le contexte contribue largement à désinhiber les conduites sexuelles. La prostitution n’est plus seulement un moyen de survie, c’est aussi le chemin de traverse qu’empruntent les femmes qui veulent à tout prix maintenir un certain train de vie. »

« De même que l’absence des maris prisonniers, avec ce que cela comporte de difficultés matérielles et d’abstinence sexuelle, libère les comportements des femmes isolées, l’absence du père accélère-t-elle chez certaines jeunes filles une tendance à l’émancipation, voire au dévergondage … »

« Aussi la prostitution des mineures, soustraites au contrôle des adultes, acculées par la nécessité financière et l’existence d’un vaste marché, est-elle également symptomatique du renouvellement et de l’élargissement de l’offre prostitutionnelle. »

« A côté des fugueuses, des filles en état de vagabondage, il n’est pas rare de rencontrer parmi ces insoumises des adolescentes poussées à se prostituer sous l’influence de leur entourage familial. »

« Majoritairement, ce sont des mères qui, en l’absence physique du chef de famille, incitent leur progéniture au racolage ou bien arrangent des rencontres avec des soldats allemands dans le but d’améliorer l’ordinaire d’une vie qui n’a pas toujours l’excuse d’être vraiment misérable. »

« Pour l’ensemble de la France le chiffre de cinq cent mille clandestines sera avancé »

« A Paris et dans le département de la Seine, (…) les autorités d’occupation font état d’une estimation comprise entre quatre-vingt mille et cent mille prostituées occasionnelles. »

« Il existe une corrélation notoire entre l’expansion de l’offre, la densité de la présence militaire allemande et la durée de cette présence dans chaque département. »

« … les sources administratives de l’époque s’accorde à estimer qu’il y a cinq à six fois plus d’insoumises et sept à huit fois plus de prostituées mineures qu’avant guerre. »

« … à la prostituée occasionelle qui, en sus du revenu que lui procure un travail salarié au service des Allemands, n’hésite pas à arrondir ses fins de mois par des prestations particulières auprès de ses employeurs. »

« Les non-professionnelles, les toutes jeunes qui affluent ici depuis la ville entière, modistes, couturières. C’est du moins ce qu’elles disent, qu’elles n’ont plus de travail … « pas mon métier … mais pour pas crever de faim … » »

« La prostitution existe dans toutes les localités où sont stationnées des troupes d’occupation, observe le préfet de Vendée. Ce sont, en général, les femmes de prisonniers requis et les jeunes filles qui s’y livrent clandestinement. »

« Là où la présence de l’occupant est forte, il n’est guère de villages sans un réseau de débauche où se côtoient filles vénales, proxénètes en jupons et faiseuses d’anges liées par un même souci de récolter directement ou indirectement la manne de l’argent allemand. »

« A n’en pas douter, les clandestines, parfois désignées sous le vocable malicieux de Francs-tireuses, constituent l’un des vecteurs privilégiés de la propagation du mal vénérien. »

« Elle venait frapper aux vitres de la chambre occupé par des soldats allemands. Je lui ai fait des observations sur sa conduite lamentable. Elle m’a dit qu’elle venait chercher les soldats pour qu’ils fassent des piqûres à son père malade. J’ai demandé aux militaires si c’était exact. Ils m’ont répondu en riant : « Non, madame, piqûre à Paulette. » »

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Les raisons de la prostitution clandestine étaient donc:

  • La détresse matérielle des épouses de prisonniers
  • Les restrictions qui frappent les femmes
  • La paupérisation d’une partie d’entr’elles
  • La nécessité de nourrir les enfants
  • La prétendue faim
  • L’acculement aux nécessités financières
  • La faute des secours appropriés
  • Les ressources insuffisantes
  • Les difficultés matérielles
  • Le prétexte du chômage
  • L’arrondissement des fins de mois
  • Le maintien d’un train de vie
  • L’amélioration de l’ordinaire
  • Le complément de revenu
  • La faiblesse de caractère
  • La récolte de la manne de l’argent allemand
  • La fragilisation de la population féminine
  • La densité de la présence militaire
  • L’existence d’un vaste marché
  • La source d’un argent facile
  • La transformation en marchandes d’amour
  • L’influence de l’entourage familial
  • La succombation à la tentation
  • Le proxénétisme familial
  • L’incitation au racolage
  • L’effacement de la conscience de transgression
  • Le brouillage des repères
  • Le contexte désinhibant
  • La rupture des normes
  • Le dérèglement social
  • La soustraction au contrôle des adultes
  • La libération des comportements
  • L’absence des maris prisonniers
  • Le succédané d’une vie solitaire
  • L’absence de l’autorité du père
  • La modification des conduites sexuelles
  • L’émancipation des femmes mariées
  • Le dévergondage des jeunes filles
  • La longue abstinence sexuelle
  • La piqûre à Paulette

Claire GRUBE

 

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