Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | May 29, 2012

1914-1918: trahison horizontale

1914-1918 : trahison horizontale

Grüß Gott !

Les femmes françaises, pendant la Première Guerre mondiale, s’amusent avec les soldats allemands. Et les soldats coloniaux.

Amazone.fr / Une histoire de l’intime / Catherine Valenti / 20 avril 2002 / Internet:

« Les enjeux moraux, pourtant au cœur du premier conflit mondial, ont longtemps fait défaut en effet aux réflexions historiques sur 14-18. Cette lacune est comblée de belle façon par l’ouvrage de Jean-Yves Le Naour. L’accent mis sur les évolutions de la morale lui permet de dégager une chronologie originale. Il montre comment, jusqu’en 1915, la guerre est perçue par les contemporains de tout bord comme une épreuve purificatrice, régénératrice, dont la France doit sortir grandie et débarrassée de ses « ennemis du dedans » : syphilis, prostitution, pornographie et néo-malthusianisme. Dès la deuxième moitié de l’année 1915 toutefois, les horreurs de la guerre industrielle, la pérennisation d’un conflit qui s’enlise, viennent mettre à bas le rêve premier de la régénération. »

« C’est au contraire une profonde démoralisation qui s’installe, entre frustrations croissantes des Poilus qui supportent de plus en plus mal leur statut de héros chastes et purs, et « libération » réelle ou supposée des femmes qui cèderaient alors à toutes les transgressions : adultère, relations amoureuses avec les soldats coloniaux, voire, dans les régions occupées du Nord de la France, avec l’ennemi allemand. »

Misères et tourments de la chair durant la Grande Guerre / 1914-1918 / Jean-Yves Le Naour / Internet:

« Aux femmes françaises, la guerre offre de nouvelles occasions de rencontre : tels les soldats américains ou les troupes coloniales (dont la fréquentation apparaît comme « un scandale politique et racial »). L’infidélité suscite les plaintes en justice des soldats dès le moment même. Or les épouses adultères sont plus sévèrement punies lorsque leur mari est aux armées. Pour les contemporains, le commerce amoureux, avec un Allemand, en territoire occupé, constitue une « transgression insoutenable du sentiment national »

Persée / Portail de revues de sciences humaines et sociales / Internet:

« Richard Cobb, grand historien des mentalités, se livre à une comparaison hardie, entre l’occupation du Nord de la France, en 1914-1918, et celle de l’ensemble du territoire, 30 ans plus tard. »

« La plupart du temps certes, les deux camps vivent dans une hostilité plus ou moins ouverte. Mais du fait de la longueur de l’occupation et de la nécessité de vivre tous les jours avec l’autre, des liens s’établissent. L’habitude est le premier ciment, surtout entre 1914 et 1918 : les diables verts deviennent familiers aux populations civiles, notamment celles qui sont loin du front ; tous partagent la même angoisse de la mort, de la faim, du froid, de l’éloignement d’un être cher. Une langue commune se forge, mixture de saxon, de bavarois, et chtimi. La sexualité joue le rôle d’un autre ciment : les soldats allemands sont loin de leurs femmes, les femmes francaises, de leurs maris, prisonniers ou au front. Ce qu’une seconde occupation, plus violente, appellera collaboration horizontale, se développe, selon Cobb, de manière plus ou moins tolérée en 1914. »

l’Enfant de l’Ennemi / Stéphane Audoin-Rouzeau / Paris / Aubier / 1995:

« A son insu peut-être, le médecin énonçait avec une franchise troublante les dessous de cette jalousie masculine si souvent mise en scène dans les récits de fiction, et ou se cache un des non-dits les plus ancres de la psychologie masculine du viol, transformée ici en un surcroît d’angoisse puisqu’il s’agit de l’ennemi : le plaisir que la femme est soupçonnée avoir tiré de l’agression dont elle a été victime. »

« Michel Provins, dans une nouvelle publiée par Le Journal, illustrait autrement le problème masculin, sous la forme d’une question décidément capitale pose ici par le mari de Jane, la victime : Qui peut répondre que, même sous la violence, même en pleine révolte, il n’y ait pas eu, de la nature si faible, un bref instant de consentement ? »

« On sait par ailleurs que la guerre de 1914 porte au paroxysme l’affrontement entre une germanité masculine et une France dont l’identité est féminine. »

« Dans même temps il est vrai, les combattants se plaignent des liaisons qui sont nouées entre les Françaises et l’occupant, et des naissances qui en ont procédé. »

« Ces liaisons indignaient Alfred Baudrillard, alors recteur de l’Institut catholique de Paris et futur cardinal, qui dès février 1916, redoute dans ses carnets que dans les territoires occupés, comme la Somme, la population devienne « à demi-allemande ».

Les victimes civiles de la guerre de 1914-1918 / Histoire-image.org / Sophie Delaporte / Internet:

Ma maman / Abel Faivre / Lithographie / 1916:

« A noter ici l’ambiguïté de la représentation : le « violeur » pourrait aussi avoir obtenu le consentement de sa « victime », ce que tendent à suggérer l’absence de désordre dans la pièce et l’enfermement du couple à huis clos dans la chambre. Il pourrait alors s’agir d’un de ces abus commis à la faveur de la constante promiscuité, dans les maisons, entre occupés et occupants. Cette ambiguïté traduit parfaitement l’angoisse qu’inspirent aux hommes les violences faites aux femmes en 14-18 : celle d’une possible trahison des victimes. »

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” une possible trahison des victimes. “

Claire GRUBE

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