Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | May 10, 2012

Le maréchal de Saint-Arnaud: les pratiques

Le maréchal de Saint-Arnaud : les pratiques

Grüß Gott !

Il est un officier militaire français, percepteur-sabreur. Il traque, en Algérie, les tribus séditieuses et factieuses.

Lettres du maréchal de Saint-Arnaud / Tome premier / Paris / Michel Lévy Frères / 1855:

« Nous pouvons apprécier désormais, jusque dans la camaraderie du bivouac, cet homme de sentiment, d’impression, de ressort, d’élan, abattu vingt fois et se relevant toujours, se relevant en un clin d’œil comme le coursier généreux au son du clairon. Militaire français s’il en fut, esprit français, saillie française, il était fait pour conduire et enlever des soldats de notre nation. »

« Le résultat de sa campagne est complet. La puissance française s’est fait reconnaître et craindre en des contrées jusque-là hors d’atteinte, et où elle ne semblait ne pouvoir pénétrer. »

…………………

« Cher frère, la guerre, voici la guerre ! vive la gloire ! Nous sommes en pleine révolte d’Arabes. Les coups de fusil roulent comme en 1840 et 1842. »

« C’est une belle chose que la guerre, cher frère, mais seulement quand on se bat et quand il fait beau. »

Guerre d’Afrique 1837-1840

« Parle-moi des chasseurs d’Afrique : le commandant d’Erlon, avec quarante-huit chasseurs, a chargé quatre cent Bédouins et en a tué plus de cinquante. Les chasseurs revenaient avec une et deux têtes de Bédouins à l’arçon de la selle. »

« Le pillage, exercé d’abord par les soldats, s’étendit ensuite aux officiers, et quand on évacua Constantine, il s’est trouvé, comme toujours, que la part la plus riche et la plus abondante était échue à la tête de l’armée et aux officiers de l’état-major. »

« Je ne m’appesantirai pas davantage sur ces scènes de pillage et de désordre ; elles ont duré trois jours. Jetons un voile épais et ne ternissons pas notre gloire et nos souvenirs. »

« Du côté de la Casbah, côté opposé à celui par lequel nous étions entrés, un spectacle affreux s’offrait à nos yeux : environ deux cents femmes et enfants gisaient brisés sur les rochers qui ferme la ville sur cette face. »

« Pendant bien des jours, on trouvait des cadavres dans des maisons abandonnées. (…) Parmi nos soldats, nous reconnaissions bien des braves qui méritaient un meilleur sort. Le nombre s’élevait à environ cent cinquante. Les Arabes, beaucoup plus nombreux, se comptaient par cinq cents. »

Guerre d’Afrique 1841-1842

« Nous resterons jusqu’à la fin de juin à nous battre dans la province d’Oran et à y ruiner toutes les villes, toutes les possessions de l’émir. Partout il trouvera l’armée française, la flamme à la main. »

« Le 25, mon bataillon a été, par des chemins que rien ne peut décrire, dans des ravins, où l’homme descend, à quatre pattes, chercher des troupeaux que nous n’avons pas pris, des hommes que nous avons tués quand ils ne se sont pas sauvés, des femmes et des enfants que je laissais échapper le plus possible, parce que je n’aime pas cette marchandise. »

« Parti de Blidah à onze heures du soir avec quatre cents zouaves, cent soixante-dix chasseurs à pied et quatre-vingts indigènes, j’étais à la pointe du jour en vue des villages que je devais raser. (…) J’ai tué une quinzaine de Bédouins, fait cent sept prisonniers et pris cent bœufs, quatre cents chèvres et moutons. »

« Nous sommes dans le centre des montagnes, entre Milianah et Cherchell. Nous tirons peu de coups de fusil, nous brûlons tous les douairs, tous les villages, toutes les cahutes. L’ennemi fuit partout en emmenant ses troupeaux. »

« Le pays des Beni-Menasser est superbe et l’un des plus riches que j’aie jamais vus en Afrique. Les villages et les habitations sont très-rapprochés. Nous avons tout brûlé, tout détruit. Oh ! la guerre, la guerre ! Que de femmes et d’enfants, réfugiés dans les neiges de l’Atlas, y sont morts de froid et de misère ! »

« On ravage, on brûle, on pille, on détruit les moissons et les arbres. (…) Demain nous rentrerons dans la plaine de Mitidja, et la nouvelle jonction des deux armées aura lieu au col de Mouzaia. Là on se séparera et pour le bouquet on ravagera les Mouzaia, les Soumata et toutes les tribus entre Médéah et Blidah. »

Guerres d’Afrique 1842-1843

« Avec les Arabes, hésitation c’est faiblesse, nullité. Il faut donc penser vite et bien, frapper fort, mais juste : c’est à quoi je m’attache, et je me flatte que les Arabes de Milianah m’aiment autant que les Français.  »

« L’abondance des melons et des figues est pour beaucoup dans les maladies qui nous rongent, et cependant j’en ai fait détruire de quoi rafraîchir une armée impériale. »

« Entre les Beni-Rached et les Beni-Romerian ; c’est là que je suis avec ma petite armée, brûlant les douairs et les gourbis des insoumis, rasant leurs troupeaux, vidant leurs silos et dirigeant sur Milianah l’orge et le blé que j’y puise. »

« Moi, avec quatre bataillons et trois cents chevaux, je descends le Chélif jusque chez les Sindgès en ravageant, brûlant tout devant moi. Tels sont les ordres que je reçois du général Changarnier, et ils seront ponctuellement exécutés. »

« Le lendemain 4, je descendais à Haïmda, je brûlais tout sur mon passage et détruisais ce beau village, … »

« Je me mets en route et à peine avais-je fait quelques centaines de mêtres, quel spectacle, frère, et que la guerre m’a semblé hideuse ! Des tas de cadavres pressés les uns contre les autres et morts gelés pendant la nuit ! C’étaient la malheureuse population des Beni-Naâsseur, c’étaient ceux dont je brûlais les villages, les gourbis et que je chassais devant moi. »

Guerre d’Afrique 1844

« Le bassin de la Nissa, qui méne près de Bougie, dont nous ne sommes éloignés que de quinze lieues, est magnifique. Les beaux orangers que mon vandalisme va abattre ! (…) Je brûle aujourd’hui les propriétés et les villages de Ben-Salem et de Bel-Cassem-ou-Kassi, qui remueront longtemps encore les brouillons et les voleurs. »

« J’ai brûlé plus de dix villages magnifiques. Ce pays est riche et peuplé ; toutes les maisons sont en pierre, recouvertes en tuiles. »

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Lettres du maréchal de Saint-Arnaud / Tome second / Paris / Michel Lévy Frères / 1855:

« Je prends mes dispositions, j’attaque partout, je pousse les Kabyles, je leur envoie quelques obus à propos et je les jette dans un ravin où je les suis à la baïonette. Il fallait les entendre crier et les voir se sauver. Je suis revenu tranquillement à mon bivouac après avoir tué de cent à cent cinquante Kabyles. »

« Les journaux te donneront les tristes détails des extrémités où Pelissier a été obligé d’en venir  pour soumettre les Ouled-Riah qui s’étaient réfugiés dans leurs cavernes. Terrible, mais indispensable résolution ! »

« Le même jour, 8, je poussais une reconnaissance sur les grottes ou plutôt cavernes, deux cents mètres de développement, cinq entrées. Nous sommes reçus à coups de fusil, et j’ai été si surpris que j’ai salué respectueusement quelques balles, ce qui n’est pas mon habitude. Le soir même, investissement par le 53e sous le feu ennemi, un seul homme blessé, mesures bien prises. Le 9, commencement des travaux de siège, blocus, mines, pétards, sommations, instances, prières de sortir et de se rendre. Réponse : injures, blasphèmes, coups de fusil… feu allumé. 10, 11, même répétition. Un Arabe sort le 11, engage ses compatriotes à sortir ; ils refusent. Le 12, onze Arabes sortent, les autres tirent des coups de fusil. Alors je fais hermétiquement boucher toutes les issues et je fais un vaste cimetière. La terre couvrira à jamais les cadavres de ces fanatiques. Personne n’est descendu dans les cavernes ; personne… que moi ne sait qu’il y a là-dessous cinq cents brigands qui n’égorgeront plus les Français. Un rapport confidentiel a tout dit au maréchal, simplement, sans poésie terrible ni image. Frère, personne n’est bon par goût ou par nature comme moi. Du 8 au 12, j’ai été malade, mais ma conscience ne me reproche rien. J’ai fait mon devoir de chef, et demain je recommencerais ; mais j’ai pris l’Afrique en dégoût »

« II y avait encore des groupes nombreux d’ennemis sur les pitons, j’espérais un second combat. Ils ne sont pas descendus et j’ai commencé à couper de beaux vergers et à brûler de superbes villages sous les yeux de l’ennemi. »

« Je suis revenu hier de mon expédition de chez les Cheurfas. En trois jours je leur ai fait trois razzias, tué trente-six hommes, pris une quarantaine, brûlé les gourbis, vidé les silos. »

Afrique 1848-1849

« Pour nous, l’histoire des chefs français en Afrique sera pure, belle, instructive et bien intéressante à connaître. »

« Je viens aujourd’hui de terminer à ma satisfaction, et je suis difficile, ma petite expédition. J’ai rudement châtié les bandes révoltées des Cheurfas, Ouled-Jounès et Ouled-Abdallah. J’en ai tué une quarantaine, pris leurs troupeaux, coupé et fait mangé leurs orges à mes chevaux. »

« Je suis ici depuis le 13, frère, et j’ai déjà fait une rude visite aux Beni-Séliman. Je leur ai tué une trentaine d’hommes et brûlé un village. »

« Les Kabyles ont perdu deux cent hommes, on a brûlé leurs villages. »

Afrique 1850-1851

« Les gens d’Oueldja, comptant sans doute sur les palmiers, leurs murs et leurs jardins, ont refusé l’impôt, et, par voie de passe-temps, ils m’ont assassiné deux soldats du 20e qui s’en allaient pêchant. (…) Cette nuit, à deux heures du matin, j’ai fait investir la ville barricadée, (…) j’ai passé brûlant tout et laissant, dans les rues d’Oueldja, cinquante cadavres. »

« J’ai passé partout, brûlant les villages ennemis sur mon passage.

« Le 12, je suis resté à El-Aroussa pour faire reposer mes troupes et répandre autour de moi la terreur. »

« L’ennemi culbuté, acculé à un ravin, ne pouvait trouver d’issue que par la plaine, où la cavalerie le sabrait sans pitié. Plus de trois cents ennemis ont mordu la poussière. C’a été une brillante affaire. »

« J’ai laissé sur mon passage un immense incendie. Tous les villages, environ deux cents, ont été brûlés, tous les jardins saccagés, les oliviers coupés. »

« Le 19 mai, j’ai poursuivi les Kabyles pendant deux lieues, en leur tuant cent vingt hommes, mais la journée du lendemain devait leur coûter bien plus cher. (…) La cavalerie a été couper la retraite aux Kabyles à plus de deux kilomètres et les a rejeté dans le ravin et sur les baïonettes des Zouaves. Alors ça n’a plus été qu’une déroute et un massacre. Quatre cent trente et un Kabyles comptés sont restés sur le terrain. »

« Le combat a duré jusqu’à cinq heures du soir. L’ennemi a perdu beaucoup de monde et nos soldats ont fait un butin immense. (…) Nous leur avons fait bien du mal, brûlé plus de cent maisons couvertes de tuiles, coupé plus de mille oliviers. »

« On a jeté les Kabyles dans les ravins et on leur a tué plus de deux cents hommes, brûlé de superbes villages, et maintenant on coupe leurs oliviers. »

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« Pour nous, l’histoire des chefs français en Afrique sera pure, belle, instructive et bien intéressante à connaître. »

Claire GRUBE

 

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