Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | April 29, 2012

Comte d’Hérisson: les traditions

Comte d’Hérisson : les traditions

Grüß Gott !

La France, colonisatrice et civilisatrice, en Algérie, pacifie les peuples nomades et sauvages.

Comte d’Hérisson / La chasse à l’homme / Guerres d’Algérie / Paul Ollendorff / 1891 :

« Nous souviendrons-nous que les puits artésiens d’un simple ingénieur dans l’Oued-Rhir ont plus fait pour nous attacher les hommes du Souf que nos généraux, suivis d’interminables colonnes. Ou, reprenant des traditions moins semeuses de progrès et d’idées, commencerons-nous par tuer une partie des gens et ruiner le reste, pour essayer de les civiliser après ? »

« Ce sont ces traditions néfastes, qui ne forent pas de puits, mais ouvrent entre les peuples d’infranchissables abîmes. »

« Il n’y avait pas d’ailleurs à se le dissimuler, on se battait contre une nation toute entière animée par le double fanatisme de la patrie et de la religion. La guerre en acquérait un caractère plus violent et plus sombre, et donnait lieu à des répressions atroces, commandées peut-être par la nécessité, mais qui répudient le droit des gens et l’honneur d’une grande nation. Nos soldats glissaient peu à peu sur la pente insensible qui ramène si vite l’homme civilisé à l’état barbare. Ils tuaient sans pitié, ils frappaient sans nécessité, ils mutilaient pour châtier. »

« Un des épisodes les plus affreusement célèbres de cette impitoyable répression avait été celui des grottes du Dahra où, de la puissante et nombreuse tribu des Oulad-Riad, une quarantaine d’individus survécurent seuls à l’incendie. »

« Le vengeur de ces massacres n’était pas loin, et aux fagots enflammés du colonel Pelissier allait répondre le plus cruel événement de nos guerres africaines : le massacre de Sidi-Brahim, et une douloureuse humiliation : la capture de deux cents Français à Aïn-Témouchent. »

« Généraux et soldats versèrent tous dans une aberration fatale : le mépris de l’ennemi. »

« Il ne faut pas se le dissimuler : il y avait là une réminiscence des douze colonnes infernales que le général Turreau lanca, en 1794, sur la malheureuse Vendée. »

« Les colonnes, tantôt concertant leurs opérations, tantôt agissant séparément, sillonnèrent le pays, accablant les populations soulevées, portant partout le fer, la flamme et la dévastation. Chaque jour fut marqué par un combat, par un incendie, par un massacre, et il ne se fit aucun quartier de part ni d’autre. »

« Le 31, nous revoyons la colonne Yusuf. Elle ramène trois mille moutons, cent bœufs et, coupées à des prisonniers, une douzaine de paire d’oreilles. »

« J’assiste à une décollation. J’avais vu le 9 fusiller trois Arabes, coupables d’avoir fait des silos de biscuit pour leur propre compte à la suite d’une razzia. Aujourd’hui ce fut plus hideux. »

« On avait pris quatre Arabes la nuit dernière. L’un d’eux, coupable d’avoir tenté de s’évader, est jugé par Jusuf et condamné à mort. »

« Vers les quatre heures, un piquet, composé de spahis et d’un brigadier indigène faisant fonctions de chaouch ou de bourreau, conduisit le malheureux sur le lieu du supplice, à vingt pas de la grand’garde. »

« Il avait les mains liées derrière le dos ; on le fit asseoir ou s’accroupir sur les genoux, le cou baissé ; puis le brigadier frappa.  »

« Le sabre s’enfonca d’un pouce et demi ; l’Arabe tomba, le cou entr’ouvert, le sang jaillissant à flots. Il chantait toujours son chant de mort et répétait : Allah illah Allah Mohammed rassoul Allah. »

« Un deuxième coup, puis un troisième, ne parvinrent pas à séparer la tête du tronc. Alors le spahi prit par la barbe cette tête à moitié coupée et scia avec son sabre ce qui restait du cou. Le sabre ne coupait pas »

« Le brigadier releva la tête et demanda en français un couteau aux assistants. La peau fut coupée, le corps tomba et la tête resta entre les mains de chaouch. »

« Cette tête, jetée par terre, roula près du corps. Un soldat du 32e, un Corse, lui coupa les deux oreilles, pour recevoir la prime. »

« Tout sert aux Arabes pour dissimuler leur argent. (…) Mais rien n’échappe à l’avidité du soldat, chez lequel le flair s’est développé et qui s’est vite mis au courant des plus insoupçonnables ruses. Il fouille impitoyablement ces malheureux et les femmes mêmes n’évitent pas ses recherches indiscrètes. »

« Il est vrai que nous rapportons un plein baril d’oreilles, récoltées paire à paire sur les prisonniers, amis ou ennemis. Il contient même celles d’un de nos cinquante-huit gendarmes, mort de maladie. Deux pièces de cent sous de plus ne sont pas à dédaigner. »

« On ajoute des cruautés inouies, des exécutions froidement ordonnées, froidement exécutées, à coups de fusil, à coups de sabre, sur des malheureux dont le plus grand crime était quelquefois de nous avoir indiqués des silos vides, on comprendra que ce ne sont pas seulement l’argent et le sang français qui ont été prodigués mais la dignité et l’honneur de notre nation. »

« Les villages que nous avons rencontrés abandonnés par leurs habitants, ont été brûlés et saccagés ; les provisions de dattes, trésors que ces pauvres gens étaient hors d’état de remplacer, ont été gaspillées ; on a coupé leurs palmiers, leurs abricotiers. »

« Singuliers moyens de nous faire aimer et de civiliser ! Les haines s’enveniment et grandissent. »

« Les soldats du général Bugeaud coupant les quatre membres aux femmes, qui n’étaient pas toujours des cadavres, pour s’emparer des cercles d’argent rivés à leurs jambes et à leurs bras, et leur arrachant les oreilles pour avoir plus tôt fait, afin de leur prendre leurs anneaux, etc., etc. »

« En 1851, toujours l’insurrection kabyle. Camou et Bosquet brûlent plus de trois cents villages – trente dans un seul jour – et des milliers d’oliviers. Ils ne se reconnaissent plus au milieu du massacre : des tribus amies sont égorgées et les habitants d’un village, restés tranquillement chez eux, fusillés sur un soupçon. »

« En 1857, le maréchal Randon, que les lauriers de Saint-Arnaud empêchaient de dormir, monte à l’assaut de la Kabylie pour exercer ses vingt-cinq mille hommes, et y recommence les incendies de ses prédécesseurs. »

« Depuis que l’Algérie est en notre possession, trois moyens ont été proposé pour asseoir définitivement notre conquête :

– L’assimilation, c’est-à-dire la civilisation des Arabes dont nous venons de voir la difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité absolue ;

– Leur refoulement dans le désert ;

– Leur destruction complète. »

« Ces deux dernières façons d’agir, qui ont eu de chauds partisans et tendent, toutes les deux au même résultat, ne nous paraissent pas dignes de discussion. Les dénoncer suffit pour qu’une nation comme la France les repousse. »

********************************

« L’Arabe doit être convaincu de notre force invincible, de l’impossibilité matérielle de nous chasser jamais et, en même temps, appelé par nous à jouir de tout le bien-être que comportent notre civilisation plus avancée que la sienne, notre science et nos arts. »

Claire GRUBE

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

Categories

%d bloggers like this: