Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | March 12, 2012

Une affaire de femmes

Une affaire de femmes 

Grüß Gott !

Une femme francaise, pendant l’Occupation allemande, est guillotinée, pour quelques avortements. Un homme aussi.

Persee.fr / Francis Szpiner / Une affaire de femmes / Paris / 1943 / Exécution d’une avorteuse / Jacques Houdaille / Internet:

« S. relate les antécédents de cette femme et montre comment elle fut conduite à pratiquer 27 avortements dont un provoqua la mort d’une fermière de la région de Cherbourg. Plusieurs de ces femmes étaient des femmes de prisonniers qui, s’étant consolées avec des soldats allemands bien ravitaillés, craignaient la colère de leur mari à leur retour. »

L’avortement de 1920 à aujourd’hui / Au début du XX siècle / Vichy et l’avortement / Samedi 7 mai 2005 / Internet:

« L’affaire de cette blanchisseuse faiseuse d’anges de Cherbourg a été exhumée et en 1956 par l’avocat Francis Spizner, avant de devenir deux ans plus tard un film de Claude Chabrol judicieusement intitulé « une affaire de femmes ». Si le récit de Spizner à tendance à extrapoler les sentiments de son héroïne, adoptant un style mi-historique mi-romanesque pas toujours convaincant, Chabrol au contraire, à travers son interprète Isabelle Huppert, montre bien en quoi Marie-Louise Giraud constitue le résumé de tout ce que l’idéologie de la Révolution nationale rejette chez la femme. Frivole, adultère, mauvaise mère, méprisant son mari, la femme Giraud ne se contente pas de pratiquer (26 avortements), elle sous-loue également des chambres à des prostituées. Sa condamnation serait ainsi « l’aboutissement logique d’un processus de démonisation de l’avortée, décrite comme responsable de la défaite, antithèse du modèle féminin que Vichy tente d’imposer ».

« Dénoncée à la police par une lettre anonyme, Marie-Louise Giraud est arrêtée à Cherbourg en octobre 1942 et traduite devant la section de Paris du tribunal d’Etat. Après un procès expéditif de deux jours, les sept et neuf juin 1943, elle est guillotinée « pour l’exemple ».

« Le cas de Marie-Louise Giraud est à la fois symptomatique et atypique : elle est la seule avorteuse à être exécutée sous Vichy. »

Femmes sous l’Occupation / Célia Bertin / Stock / 1993:

« L’avortement fut l’un des tourments les plus terribles des femmes sous l’Occupation. »

« Le 9 juin 1943, dans le Petit Parisien, on pouvait lire : « Une faiseuse d’anges condamnée à mort ». La veille, Marie-Louise Giraud, née Lempérière, avait comparu devant la section de Paris du tribunal d’Etat – procès à huis-clos, sous la présidence d’un magistrat qui fut déclaré « fou » à la Libération. Le 30 juillet 1943, dans la cour de prison de la Roquette à 5h 25 du matin, Pétain ayant refusé sa grâce, Marie-Louise Giraud, quarante ans, mère de famille, habitant Cherbourg, fut guillotinée. »

Peine de mort / Histoire / Evolution / Terra nova / Internet:

« Lorsqu’en 1942 on traduit devant les tribunaux Marie-Louise Giraud, accusée d’avoir pratiqué des avortements à Cherbourg, ce sont tous les maux et les frustrations de la France de l’Occupation qui reviennent à la surface. »

« Le procès de Marie-Louise Giraud est considéré comme exemplaire. A travers lui, le régime tente de manifester sa volonté de régénération morale du pays. La répression de l’avortement est ici poussée très loin, puisque l’avocat général peut requérir la peine de mort. »

« En tout, vingt-sept femmes ont eu recours aux bons offices de l’accusée. Les restrictions de la guerre, les infidélités rendues plus fréquentes par l’éloignement des maris ont rendu bon nombre de grossesses indésirables. »

« Le président insiste lourdement sur l’immoralité de l’accusée. Le vice conduit bien au crime : c’est le thème principal du procès, et il prépare le terrain à l’accusation. Le réquisitoire de l’avocat général est très dur. II reprend les thèmes distillés par la réglementation de Vichy, qui établit depuis septembre 1941 que l’avortement est nuisible à l’unité du pays, à l’État et au peuple français. La peine de mort est nécessaire dans ce cas-là, selon lui. La cour, après délibération, suit le réquisitoire. Marie-Louise Giraud est condamnée à avoir la tête tranchée. »

« Seule la grâce présidentielle peut sauver la vie de l’accusée. Mais le maréchal Pétain refuse de commuer la peine. Le 30 juillet 1943, Marie-Louise Giraud est exécutée. »

La mémoire des femmes / Paulette Bascou-Bance / Internet:

« Sans en avoir nécessairement conscience  les femmes sont soumises par le régime pétainiste à un statut discriminatoire niant leurs droits et libertés. »

« La répression de l’avortement se durcit de façon assez cruelle pour amener entre1940 et 1944 15.000 condamnations ou mesures judiciaires, qui ne restent pas toujours virtuelles. »

« Le 7 octobre 1942, une infirmière d’Arcachon est condamnée à 20 ans de travaux forcés. Le 14 novembre de la même année, une sage femme de Montauban se voit infliger la peine de travaux forcés à perpétuité. »

« A Paris, deux condamnations à mort seront prononcées : celle de Mme G. blanchisseuse est exécutée le 30 juillet 1943. »

…………………………………………

Cairn.info / Chercher, repérer, avancer / Comptes rendus / Internet:

« Marc Boninchi revient sur le « symbole » de cette répression : la condamnation à mort et l’exécution d’une blanchisseuse de Cherbourg en 1943. Il rétablit ce faisant une vérité méconnue – un homme a été également condamné à mort et exécuté pour les mêmes faits, sauf que l’on distingue presque entre les lignes, l’idée d’un rattrapage de l’équilibre entre les sexes : une femme et un homme exécutés pour les mêmes faits alors qu’une « historiographie partisane » aurait créé le simulacre d’une répression exclusivement tournée vers les femmes. Or, on notera que l’un et l’autre ne sont pas condamnés dans les mêmes termes. Il suffit de parcourir le dossier de Marie-Louise G. pour comprendre qu’elle n’est pas uniquement exécutée pour la vingtaine d’avortements avoués : elle est une anti-France faite femme, tour à tour avorteuse, prostituée, adultère, avortée, atteinte de maladie vénérienne, mauvaise mère vivant dans l’oisiveté. D’autres avorteuses par habitude, bien plus « assidues » que cette dernière, n’ont pas été déférées au Tribunal d’État, étant condamnées en correctionnelle à des peines inférieures aux prévisions de la loi, sans même que le Parquet ne fasse appel. »

Clio Revue / Jean-Yves Le Naour / Catherine Valenti / Cyril Olivier / Internet:

« Le discours atteint une virulence inédite, les avorteurs devenant des criminels contre l’État, passibles du Tribunal d’État et de la peine de mort : Marie-Louise Giraud et Désiré Pioge sont exécutés en 1943. »

« Né en 1897, Désiré Pioge, hongreur à Saint-Ouent-en-Belin (Sarthe) l’homme doit répondre de trois avortements le 12 août 1943 devant le Tribunal d’État. Condamné à mort, sa demande de grâce est rejetée par le cabinet civil du Maréchal le 11 octobre. Il est exécuté le 22 du même mois »

Books.google.fr / La France sous Vichy / Sarah Fishman, Jean-Pierre Azéma, Robert Owen Paxton / Miranda Pollard / Internet:

« Le 30 juillet 1943, à 5 heures 25 du matin, Marie-Louise Giraud, blanchisseuse de son état, âgée de 39 ans, originaire de Cherbourg, a été guillotinée dans la cour de la prison de la Roquette à Paris. Son corps n’ayant été revendiqué ni par la famille ni par l’Académie de médecine a été inhumé dans un caveau appartenant à la prison. Son cercueil a été acquis pour la somme de 44 francs selon les archives. »

« Son crime: avoir pratiqué 27 avortements dont 22 après la promulgation de la loi n° 300 »

« Le vendredi 22 octobre 1943, à 5 heures 45 du matin, P., 46 ans, originaire de la Sarthe, a été décapité à la prison de la Santé à Paris. P. a appris apparemment avec calme et courage que son appel avait été rejeté et a simplement été surpris que l’on puisse avoir la tête coupé pour avortement. Il a reçu la communion et s’est dirigé vers l’échafaud. Enterré au cimetière d’Ivry. P. a eu droit lui aussi a un cercueil fourni par l’Etat pour la somme de 44 francs. »

« Son crime : avoir pratiqué 3 avortements. »

Marie-Louise Giraud / Autour de Robert O. Paxton / Fishman / Miranda Pollard / Internet:

« Si l’affaire Giraud a donné lieu à de nombreux commentaires, celle de Monsieur P. a laissé peu de traces dans les archives, les livres d’histoire ou le cinéma. Agé de 46 ans, divorcé, père de deux enfants, P. avait déjà été reconnu coupable par le tribunal correctionnel d’avoir pratiqué des avortements, en 1935 et 1939. La dernière condamnation, pour homicide involontaire, suite à la mort d’une femme enceinte, lui avait valu une peine de 18 mois de prison. P. fut accusé par Vichy, en août 1943, d’avoir pratiqué 3 avortements. »

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Une femme et un homme sont guillotinés pour avortements:

Elle pour 27, lui pour 3.

Claire GRUBE

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