Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | March 2, 2012

Klaus Barbie: le boucher de Lyon

Klaus Barbie : le “bouché” de Lyon

Grüß Gott !

Klaus Barbie, pendant l’Occupation, chasse les Juifs et les résistants. Pourtant, il est un policier dilettante.

D-D. Natanson pagesperso.orange / Mémoire juive et éducation / Internet:

« Il organise la chasse aux Juifs dans Lyon, mais aussi la chasse aux résistants, qu’il torture, après l’arrestation. »

« Quand on la conduit dans la salle de torture, elle [Lise Lesevre] croise d’autres malheureux, couchés à terre, ensanglantés. « Barbie prenait un plaisir bouleversant. Au retour des interrogatoires, personne ne pouvait tenir sur une chaise. On nous faisait allonger à terre. Barbie retournait les visages avec la pointe de sa botte et écrasait la tête du torturé lorsqu’il croyait reconnaître un juif. »

Où la mémoire s’attarde / Raymond Aubrac (1914-   ) / Editions Odile Jacob / 1996:

« Cependant, la réflexion critique à laquelle je me livrais souvent débouchait sur quelques conclusions positives. Si Barbie avait découvert qu’Ermelin était en réalité Vallet, il n’était pas allé au-delà de cette identification bien partielle. On ne m’avait pas déshabillé pour constater que je pouvais bien être juif. Contrairement aux apparences, le déroulement des interrogatoires comportait aussi des aspects encourageants. Je n’avais pas affaire loin de là, à un policier subtil, avec ce bonhomme qui répétait sans fin les mêmes questions et qui prenait un plaisir manifeste à manier avec mépris, du bout de son gourdin, un prisonnier entravé. La présence de la fille dénotait du sadisme, mais point de finesse, d’efficacité moins encore. »

Special Aubrac / Libération / Chapitre 4 / juillet-septembre 1943 / première partie / Internet:

Jean-Pierre Azema:

„ Vous êtes percé, Aubrac. Barbie, qui est le policier brutal que l’on sait, n’est pas pour autant un sot. Il sait, après avoir été incapable de faire parler Moulin, qu’il a entre les mains un homme clé de la Résistance non communiste. Comment comprendre qu’il n’ait cherché, tout au long des quatre mois pendant lesquels vous êtes détenu à Montluc, à vous interroger seulement cinq ou six fois ? “

Raymond Aubrac:

« Il est dommage que Klaus Barbie ne soit pas présent car il aurait mieux répondu que moi. Tout ce que je peux vous dire est que je n’en sais rien. J’ai été interrogé, pendant une période courte, par Barbie personnellement et non par un Floreck (adjoint de Barbie, NDLR) que je n’ai jamais vu. »

” Quelques semaines après, j’ai été transféré de Montluc au siège de la Gestapo et je me suis trouvé en face d’un officier allemand qui m’a lu un texte en allemand. Après quoi, dans un mauvais français, il m’a déclaré que j’avais été condamné à mort par un tribunal siégeant à Paris. Ensuite, j’ai été ramené dans ma cellule. Il ne s’est rien passé d’autre.”

” Vous me demandez ce que Barbie voulait faire de moi, je n’en sais rien. Il avait peut-être des projets que, malheureusement pour lui, Lucie a interrompus le 21 octobre. ”

” Je n’ai aucune raison d’imaginer quoi que ce soit par rapport à ce que Barbie aurait voulu faire de moi. Il ne m’a pas promené pour reconnaître des gens dans la rue, dans une Traction avant ou une quelconque voiture. Il ne m’a fait reconnaître personne. Il ne m’a confronté avec aucune personne concernée par cette arrestation ou une autre. J’étais au fond de ma cellule, c’est tout. Je ne sais rien d’autre et ne peux rien vous dire d’autre.”

Jean-Pierre Azema:

« Pendant ces trois interrogatoires, que vous a-t-il demandé ? »

Raymond Aubrac:

« Il me demandait où étaient l’argent, les armes, untel ou untel, ce qui se passait dans telle région, etc. Il me posait des questions probablement tirées de l’interrogatoire d’Aubry, je suppose. Je répondais le moins possible. Je disais, de toutes les personnes dont il me citait les noms, qu’elles étaient à Londres, – j’en étais débarrassé ! »

Special Aubrac / Libération / Chapitre 4 / juillet-septembre 1943 / deuxième partie / Internet:

François Bedarida:

« A ce propos, je ne comprends pas très bien deux phrases de vos mémoires:

“On ne m’avait pas fait déshabiller pour constater que je pouvais bien être juif.”

“Contrairement aux apparences, le déroulement des interrogatoires comportait aussi des aspects encourageants.”

« Qu’avez-vous voulu dire par là ? »

Raymond Aubrac:

« J’ai voulu dire que je me rendais compte qu’il ne savait pas tout. Une chose était essentielle pour moi. Je ne voulais pas qu’il découvre ma véritable identité, à savoir que j’étais Raymond Samuel et que j’étais juif, car cela aurait eu une série de conséquences dramatiques sur Lucie, les enfants, mes camarades, mes parents, etc. »

« Par ailleurs, on ne m’avait pas pris mes empreintes digitales, on ne m’avait pas photographié. Barbie était peut être le bon policier que vous dites, mais c’était une police dont certains aspects étaient très sommaires. Il est assez étrange, en effet, de détenir quelqu’un qui n’est pas, comme vous le dites, un n° 2, mais qui a des responsabilités dans l’Armée secrète, et de ne pas le photographier, de ne pas le confronter et de ne pas prendre ses empreintes digitales. Les aspects encourageants étaient ce qui me semblait être les insuffisances des interrogatoires de Barbie. »

« Il est en tout cas certain, cela a été mon obsession pendant toute cette période, que je ne voulais pas qu’il connaisse mon identité réelle de Samuel. »

Aubrac / Lyon 1943 / Gérard Chauvy / Albin Michel / 1997:

” Raymond Aubrac précise encore sur l’attitude de Barbie:

« Barbie ne m’a pas donné l’impression d’être intelligent. Il n’était pas doué de beaucoup d’esprit de finesse. D’ailleurs, il n’a jamais remarqué que j’étais juif. »

« Raymond Aubrac persiste, en dépit de ce qu’il a pu reconnaître précédemment, à affirmer que les Allemands, peu perspicaces, n’ont pas deviné sa fonction au sein de la Résistance. Lucie Aubrac insiste dans Ils partiront dans l’ivresse (p.190 de l’édition de 1984) sur le fait que François Vallet est la seule obsession du piètre policier Barbie. Elle prête ces mots à son mari : « Si on t’a bluffé une fois, mon salaud, je pourrai bien réussir une seconde fois ! Et si tu crois que je m’appelle Vallet, tu n’iras pas imaginer que je suis juif ! »

**********************************

Le Professeur a dit:

« Barbie n’était pas un fin limier. Et pas toujours physionomiste. »

Claire GRUBE

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