Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | February 28, 2012

Conquête de l’Algérie: casi belli

Conquête de l’Algérie : casi belli

Grüß Gott !

Les raisons qui donnent à la France, en l’an 1830, le droit de coloniser la terre du  peuple algérien, sont nombreuses.

Le Petit Robert / Dictionnaire illustré des noms propres / 1996:

« La France, prenant prétexte du « coup d’éventail » donné par le dey Hussein au consul Deval lors d’une audience officielle visant au réglement de créances litigieuses (1827), décida d’intervenir, poursuivant ainsi l’application d’une stratégie économique, politique et militaire planifiée bien avant l’incident. »

Histoire de France / Claude Augé / Maxime Petit / Larousse / 1894:

« Alger devint un nid de pirates sous l’influence des Barberousse. Les expéditions de Charles-Quint et de Louis XIV contre ces hardis corsaires, pas plus que celle des Anglais en 1816 n’eurent de résultat durable, et ce fut seulement en 1830 que nos troupes commencèrent la ruine d’un état de choses dont l’Europe souffrait depuis des siècles. »

« En 1827, notre consul à Alger eut avec le dey Hussein des explications très vives sur une affaire en litige entre les deux gouvernements. Le dey s’emporta, s’oublia jusqu’à frapper le consul au visage avec le chasse-mouches en plumes de paon qu’il portait à la main, et refusa toutes les satisfactions qui lui furent demandées. Une expédition fut décidé par le ministère Polignac. »

Histoire de France / Jean Carpentier / Jacques le Goff / Seuil / 1987:

« Dans la première moitié du 19e siècle, la France ne dispose que de quelques colonies éparses, héritage de l’Ancien Régime. En Afrique, quelques comptoirs côtiers au Sénégal n’intéressent guère que les commercants de Marseille et de Bordeaux. »

« La Restauration entreprit l’expéditon d’Alger pour des raisons de prestige, à des fins de politique intérieure, et pour mettre fin à la piraterie des corsaires. »

Histoire de la guerre d’Algérie / Bernard Droz / Evelyne Lever / 1982:

« A l’origine de l’expédition de 1830, il est traditionnel de distinguer le prétexte de la cause. Les quelques coups de chasse-mouches portés par le dey Hussein, le 27 avril 1827, sur la personne du consul Deval, après le refus du gouverment francais d’honorer une créance remontant au Directoire, ne constituait à vrai dire qu’une offense minime. »

« Le gouvernement Villele estima le cas suffisamment grave pour exiger des excuses qui lui furent refusées. Il réagit en soumettant Alger à un blocus maritime aussi onéreux qu’inefficace, auquel le dey répondit par la destruction des comptoirs de Bone et de la Calle. Deux ans plus tard, un vaisseau français venu en parlementaire, ayant été accueilli par une canonnade, le principe d’une action punitive fut retenu par le gouvernement Polignac. »

« Ce faisant, Charles X et ses ministres visaient surtout à donner aux Bourbons et au drapeau blanc le prestige extérieur qui lui avait toujours fait défaut et une popularité intérieure que la formation du ministère Polignac avait réduite à néant. Car la véritable cause de l’expédition d’Alger est bien politique. Ni la pression des négociants marseillais, ni l’appât du fameux trésor d’Alger ne peuvent être retenus comme des raisons déterminantes. A l’inverse, une victoire contre la Régence devait permettre de s’attirer la reconnaissance d’une Europe délivrée du péril barbaresque et d’affronter en position avantageuse les élections rendues inévitables par l’Adresse des 221. »

2000 ans d’histoire / La conquête de l’Algérie / Pierre Pean / Internet:

« L’existence du trésor d’Alger est un fait notoire. Alger sera prise et avec cette ville les richesses qu’elle renferme ». Général de Bourmont, commandant en chef de l’expédition d’Alger en 1830. »

« Tout aurait commencé, dit-on, par le fameux coup d’éventail que le Dey d’Alger a donné au consul de France, le 29 avril 1827. C’est en tout cas ce qu’on appris des générations d’écoliers persuadés que la conquête de l’Algérie n’est dû qu’à la volonté du roi de France Charles X de venger cet affront en ordonnant trois ans plus tard, une expédition militaire, contre ce qui était à l’époque une colonie turque en Afrique du Nord. »

Wikipedia / La Régence / Internet:

« Si l’Affaire de l’éventail est une première provocation qui a pour conséquence le blocus maritime d’Alger en 1827, c’est une seconde provocation en 1829 alors que la France lève le blocus et tente de négocier qui provoque la conquête d’Alger. »

« Le bâtiment de la marine royale française La Provence monté par l’amiral de la Bretonnière, commandant les forces navales du roi dans ces parages, et battant pavillon parlementaire arrive dans la rade d’Alger le 30 juillet 1829 précédé du brick l’Alerte. Le 3 août 1829, les négociations entre les parlementaires et le dey d’Alger échouent, la Bretonnière quitte le port quand son navire est bombardé par les batteries d’Alger. (…) L’insulte faite à la France constitua un échelon supplémentaire vers l’opération de représailles terrestres qui eut lieu en 1830 avec le débarquement de Sidi-Ferruch. »

« La même année, le turcologue et secrétaire-interprète du roi Thomas Xavier Bianchi conclut son – Relation de l’arrivée dans la Rade d’Alger du vaisseau de S.M. La Provence et Détails précis de l’insulte faite au pavillon du roi par les Algériens, le 3 août 1829 – par:

« Si, depuis longtemps, la cause de l’humanité, celle de la civilisation et l’honneur de la France réclamaient impérieusement l’exécution de la grande entreprise qui vient d’être confiée à la bravoure de notre armée, c’était surtout à ceux qui comme nous furent les témoins et presque les victimes de l’insulte faite au pavillon du roi dans des parages ennemis, qu’il appartenait de faire des vœux ardents pour le succès de notre expédition. Mais après avoir vu et admiré la fécondité et les immenses ressources de la plus belle partie de l’Afrique septentrionale, nos désirs les plus chers seraient remplis, si, pour prix du sang de ses braves et des sacrifices qu’elle s’impose, la France pouvait un jour s’ouvrir dans ces contrées un long avenir de gloire, de richesse et de prospérité. »

Video.ina.fr / La guerre d’Algérie / Pivot / Rachid Boudjedra / Internet:

« N’oublions pas que 1830 a été un prétexte, en fait, parce que l’Algérie vendait du blé à la France, et que la France n’ayant pas payé sa dette, il y a eu le fameux coup de l’éventail. Le coup de l’éventail est une histoire de vente de blé de l’Algérie à la France qui a été impayé. »

Annales algériennes / E. Pellissier de Reynaud / Tome premier / 1854 :

« Il y avait mille manières de dire la chose ; mais il paraît que M. Deval choisit la plus offensante pour le Dey. Ce prince, quoique circonspect et poli, ne put maîtriser un mouvement de colère, et il frappa M. Deval d’un chasse-mouche en plumes de paon qu’il avait à la main. Pour son malheur, il accompagna son action de propos injurieux pour le Roi de France, et qui étaient de nature à ne pouvoir être tolérés, quand même notre gouvernement aurait été disposé à passer sous silence l’insulte faite au consul, en considération de la provocation déplacée de cet agent. »

« Comme l’expédition en elle-même était commandée par l’honneur national, qu’elle pouvait être utile pour le commerce et glorieuse pour nos armes, … »

Comte d’Hérisson / La chasse à l’homme / open library / Internet:

« Le mouvement irrésistible qui entraîne, à l’heure actuelle, Français, Allemands, Anglais, Belges et Italiens, vers le continent noir, et dans lequel se précipitera bientôt forcément l’Espagne, à la suite des signes de prochaine dissolution dont l’Empire du Maroc est menacé par de formidables révoltes, ce mouvement a son point de départ, son idée géniale dans notre magnifique développement sur les plus belles régions du nord de l’Afrique. »

« Il est né autant d’un peu de jalousie que du besoin qu’éprouvent les nations de s’étendre et de s’agrandir, pour créér des déversoirs au trop plein de leurs populations, détourner leurs émigrants de l’Amérique, et détruire la concurrence écrasante que fait celle-ci aux produits de plus en plus restreints de leur sol, au moyen de vastes cultures dans des colonies leur appartenant. »

« nous avons certainement la meilleure part à notre porte, et que le Transsaharien, en nous mettant en communication directe avec nos possessions lointaines, nous fera co-participants aux avantages des pays que nous ne posséderons pas. »

« Alger, qui tient Tunis, sera donc la véritable capitale de l’Afrique française, de la Méditerrannée au lac Tchad, à l’océan Atlantique et au Congo. De là rayonnera notre influence, et de là aussi partiront, il ne faut pas se le dissimuler, des troupes expéditionnaires. »

**********************************

Les prétextes furent donc :

a.  le trésor d’Alger

b.  le plumeau du Dey

c.  la fin de la piraterie

d.  le prestige extérieur

e.  la fin de l’esclavage

f.   le besoin de colonies

g.  la politique intérieure

h.  la cause de l’humanité

i.   la vente de blé impayé

j.   les négociants marseillais

k.  la fin de l’occupation turque

l.   le bombardement de la Provence

m. l’extension et l’agrandissement du pays

n.  le déversoir au trop plein de la population

o.  les propos injurieux pour le Roi de France

p.  la stratégie politique, économique, militaire

Claire GRUBE

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

Categories

%d bloggers like this: