Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | February 12, 2012

Pacification en Algérie

Pacification en Algérie  

Grüß Gott !

Le pays des droits de l’Homme, pacifie la colonie algérienne, contre les rebelles indépendantistes.

Wikipedia / Pacification / Internet:

« La pacification est un terme du vocabulaire militaire et colonial. »

« Après la conquête d’un territoire, ou la déclaration de cette conquête, les rébellions peuvent remettre en cause l’ordre du conquérant. Elles nécessitent l’intervention des militaires pour assurer l’ordre et la maîtrise de la rébellion. »

« La pacification de l’Algérie française au XIXe et XXe a consisté en la répression des mouvements indépendantistes organisés en guérilla, par les moyens de la guerre non conventionnelle comme l’usage de la torture ou encore des enfumades. »

Histoire de la guerre d’Algérie / 1954-1962 / Bernard Droz / Evelyne Lever / Seuil / 1982:

« Les visages de la pacification »

« La reconquête militaire du terrain, la reprise en main des populations et la destruction de l’OPA adverse, constituent dès lors les trois objectifs fondamentaux de la pacification. »

« Dans cette tâche, l’armée va s’engager avec une conviction profonde et une détermination qui la rendra peu regardante sur le choix des moyens. Encouragée par un pouvoir civil qui, surtout depuis le vote des pleins pouvoirs spéciaux, s’est à peu près totalement déchargé sur elle de ses responsablilités, la grande muette va faire de l’Algérie une affaire personnelle. »

« Dans l’entreprise de pacification, l’armée française doit d’abord montrer sa force. »

« Le contrôle de populations est l’autre tâche élémentaire de l’armée. Chaque douar, chaque mechta pouvant abriter des maquisards ou des complices, il est procédé à des perquisitions périodiques. Bouclage du village, contrôle des identités, fouille des maisons et des gourbis sont menés le plus souvent sans ménagements, assortis parfois, à des fins d’intimidation, d’une vigoureuse démonstration aérienne ou, mieux encore, à l’exposition de quelques cadavres de rebelles pris les armes à la main. Ces humiliantes et brutales opérations de ratissage, qui ont donné lieu à d’innombrables exactions et ne sont pas sans rappeler les méthodes de Bugeaud, n’ont cessé de constituer le principal pourvoyeur de la rébellion. Et le traitement des suspects, le déplacement de villages entiers, le parcage de la population dans d’ignobles camps de regroupement ont plus fait pour la propagande de FLN que toutes les émissions venues du Caire ou de Tunis. »

« L’arbitraire de la répression a pourtant pris d’autres formes, qui s’agisse de l’exécution « pour l’exemple » de fuyards ou de simples suspects, de l’achèvement de blessés, des prisonniers discrètement abattus au détour d’un chemin (la corvée de bois) ou carrément largués dans le vide par avion. L’opinion ne pouvait pas non plus rester indifférente à la violation ouverte des conventions de Genève de 1949 que constituait la déportation de près de deux millions de personnes que l’on prétendait soustraire à l’influence de FLN par leur concentration dans des camps de transit, d’hébergement et de regroupement. »

« Quant aux techniques, elles ne variaient guère, recourant tour à tour à la suspension du corps, aux coups, aux brûlures par cigarette ou chalumeau et, surtout, aux supplices de la baignoire et de l’électricité. »

« Ainsi la torture est-elle largement pratiquée dans toute l’Algérie, dans les petits comme dans les grands centres. Plusieurs officiers du Dop estiment d’ailleurs qu’il faudrait tuer tous ceux qui ont été torturés, pour les empêcher de raconter les sévices qu’ils ont subis. … Pourquoi laisse-t-on des journées entières d’autres prisonniers dans des cages à chiens en plein soleil, pourquoi d’autres encore sont-ils abandonnés dans des réservoirs métalliques ? Ces atrocités qui sont généralisées dans l’armée, sont acceptées, considérées comme normales. Tout le monde en parle ouvertement. »

Les crimes de l’armée française / Algérie 1954-1962 / Pierre Vidal-Naquet / La Découverte / 2001:

1. Jacques Pucheu / Un an dans les Aurès / 1956-1957:

« X… m’explique qu’il vient de passer un mois comme greffier à la P.J. d’Edgard-Quinet, où il était bras droit de l’officier de renseignements. Lorsqu’il a été affecté à cette place de greffier, le maintenu qu’il remplaçait lui a dit : Au début, ça me donnait envie de dégueuler, maintenant je les étrangle pour voir leurs grimaces : tu t’habitueras. P… s’est habitué lui aussi ; il admire beaucoup le lieutenant C… : Chic type … Pas question de pacification avec lui. C…, c’est le mec vachement sympa, quand il abat un crouille, il rigole ; quand il a un nouveau pétard à essayer… corvée de bois. »

« Bien souvent, des civils ramenés de patrouille étaient tabassés par les hommes (engagés ou appelés), avant ou après les interrogatoires. Ceux qui parlaient sous la torture livraient en général des renseignements d’intérêt très secondaire, portant exclusivement sur les livraisons de vivres aux rebelles. Les prisonniers qui paraissaient détenir des renseignements plus importants et être réellement suspects résistaient le plus souvent aux tortures et ne disaient rien. On ne savait plus quoi faire pour les faire parler, et les inventions les plus atroces étaient mises à contribution (en plus du traitement électrique, les moyens les plus répondus étaient le supplice de l’eau, les brûlures, et la pendaison par les pieds; certains perdaient toutes leurs dents sous les coups; j’ai vu un homme perdre beaucoup de sang à la suite de coups reçus au ventre … »

« Plusieurs fois on demanda l’aide des appelés ou maintenus pour participer à ces tortures : certains refusèrent, d’autres acceptèrent. Le capitaine S.A.S. était moralement opposé à ces méthodes, mais à Menaa on ne lui avait laissé aucun pouvoir et il servait de couverture à ce genre de pacification. »

2. Jean-Philippe Talbo-Bernigaud / Rouleau compresseur en petite Kabylie / 1959-1961:

« Une autre fois, j’étais détaché auprès du sous-groupement qui ratissait le terrain derrière des unités de bérets verts (parachutistes de la Légion) passés la veille ; il n’y avait pas eu d’accrochage, mais le terrain était parsemé de fuyards abattus, surtout des très jeunes gens, presque des enfants. J’en vis trois en une seule journée. Certains avaient déjà été enterrés. Nous trouvâmes dans la soirée un vieillard prostré au bord d’une piste à coté d’un petit tas de pierres. Il semblait incapable de dire un mot, malgré les encouragements et la bonne volonté de l’interprète. Les hommes creusèrent et trouvèrent le cadavre d’un jeune garçon. On réussit enfin à comprendre que c’était son petit-fils ; le père était déjà mort -les avions-, il ne savait pas où étaient les autres membres de sa famille ; il répondit à peine, par monosyllabes. Un homme lui ouvrit une boite de corned-beef, qu’il mangea ; un autre offrit une cigarette, qu’il fuma, abîme dans le silence et immobilité. Dira-t-on aussi qu’il manifestait son fatalisme séculaire ? Quelques heures après, l’unité repartait et ce gênant survivant était relâché au milieu de l’opération : il avait probablement reçu tout ce que la pacification pouvait lui apporter, mais peut-être y manquait-il sa propre mort. »

3. Benoît Rey / Scène de l’activité d’un commando de chasse / 1959-1961:

« Nous approchons d’un autre village. J’entends alors l’aspirant Prévost crier à sa section :

« Vous pouvez violer, mais faites ça discrètement. » Même déroulement : on incendie les maisons ; les mulets ne sont pas comestibles, on les abat ; on ne peut emmener les cruches de terre cuite et ornées de motifs grossiers, on les casse. L’aspirant Prévost, qui a dû voir mon trouble, me lance : « C’est ça, la pacification. De toute façon, les Arabes ne sont bons qu’à être descendus. » Le soir, en rentrant, j’ai appris qu’une jeune musulmane de quinze ans avait été violée par sept soldats, une autre de treize ans par trois autres hommes. »

4. Extrait d’un discours de René Coty / 17 juin 1956 / Verdun:

« Parmi bien des démentis que la France d’aujourd’hui peut opposer à ses contempteurs, je n’en veux retenir qu’un seul en cette cité de Verdun : c’est le spectacle de tous les citoyens qui à son appel viennent de quitter et leur travail et le foyer où beaucoup ont laissé femmes et enfants. Tous les rapports, tous les échos directs et indirects qui me parviennent nombreux sont unanimes : nos gens font là-bas l’admiration de tous par leur vaillance comme par leur discipline et aussi par cette humaine gentillesse qui de ces guerriers fait vraiment des pacificateurs. »

Communiqué du ministère de la défense nationale / Maurice Bourges-Maunoury / 14 mars 1957 / Internet:

« Au moment où d’importants foyers d’insurrection et de terrorisme viennent d’être détruits en Algérie, épargnant ainsi la vie de beaucoup d’innocentes victimes, au moment aussi où apparaissent nettement les progrès de la pacification, une campagne de dénigrement systématique contre l’action menée par l’armée s’intensifie depuis quelques jours dans une certaine presse et dans diverses publications. »

« L’opinion publique doit savoir que l’attention du commandement a été constamment appelée sur la nécessité de contrôler rigoureusement les opérations du maintien de l’ordre et qu’en fait il n’a jamais toléré, mais au contraire réprimé, les quelques exactions dès qu’elles lui étaient signalées et qu’elles étaient établies par une rigoureuse vérification. »

« Toutes les enquêtes ont démontré que les faits étaient inexistants ou considérablement grossis ou déformés. »

Hommage du général de Gaulle à l’armée / 23 novembre 1961 / Extrait du discours de Strasbourg / Internet:

« En outre, et pour susciter, parmi les Algériens, à l’égard de notre pays, des sentiments qui puissent servir à la future coopération, tout fut fait pour que notre armée protégeât la population, l’aidât à vivre et à se développer, multipliât avec elle les contacts de bon aloi. Qu’il se soit agi de combat ou de pacification, je dis ici, bien haut, qu’au total, en Algérie, l’armée francaise a rempli sa tâche avec courage et avec honneur, et que notre avenir, sur place, à l’intérieur de nous-mêmes et vis à vis de l’univers, en aura finalement dépendu. »

Leweb2zero / Karlzero.tv / Pacification en Algérie / Vidéo 2 / Internet:

« Au plus fort de la bataille d’Alger, Guy Mollet s’adresse aux Français pour couper court aux allégations de torture :

« S’il était vrai qu’il y ait des brutalités organisées par un individu ou deux, le calme rétabli, dans les deux jours ou trois jours qui suivent une arrestation, que pour faire parler un coupable, une fois, torturer, ça serait intolérable. C’est pas concevable, même si ça se produit qu’une fois. Il y a des méthodes que les autres emploient, que nos adversaires emploient, mais même dans ce cas là, on n’a pas le droit de leur répondre par la même méthode. »

« La France, c’est, c’est dans le monde, le pays des Droits de l’Homme. »

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Quant à l’honnêteté de ces personnalités politiques, faut pas s’y fier

Claire GRUBE

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