Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | November 11, 2011

1914-1918: l’émancipation des femmes

1914-1918 : l’émancipation des femmes

Grüß Gott !

Nous étudions, pendant la Grande Guerre première, l’activité des femmes françaises dans le devant (10 départements occupés) et aussi dans le derrière.

Françoise Thébaud / La femme au temps de la guerre de 14 /  Stock / Laurence Pernoud / 1986:

« La résistance d’un peuple dans une guerre étrangère est fonction de la résistance morale qu’opposent les femmes à l’envahisseur. (Léon Abensour. Les Vaillantes) »

« Courageuse, patriote et maternelle et par conséquent admirée de tous. La France sait reconnaître leur dévouement et leur héroïsme. »

« C’est la tâche sacrée des femmes de France de protéger les foyers quand les hommes versent leur sang pour la plus sainte des causes. Quel héroïsme, stoïcisme, abnégation, grandeur d’âme. »

« L’attentat aux mœurs contre les femmes constitue une monstrueuse insulte à la dignité de la femme, atteignant le cœur même de la société. »

………………………

« A côté des prostituées, il y a les maîtresses des Allemands haïes de la population, les femmes à boches, les culs à boches, et celles qui se donnent de temps en temps à leur locataire par besoin de tendresse ou au premier venu pour un peu de nourriture, pour un travail plus facile. Pourquoi ne pas imaginer aussi quelque affection possible entre des femmes célibataires ou seules et désorientées et des pauvres soldats qui ne font la guerre par plaisir, ou bien encore des moments de détente ou l’on mange et rit ensemble. »

« Mais la femme adultère ou complaisante est traître à sa patrie, traître à son mari qui se bat pour la libérer. Elle est, pour Barbusse, elle est celle qui démoralise et tue. »

« Cauchemar d’abandon et phobie de l’infidélité à des degrés divers tous les récits des combattants en témoignent. Il faut bien combattre et souffrir mais être trahis par les femmes est inacceptable, profondément injuste, surtout au profit d’embusqués propres et coquets. »

« La peur d’être cocu est surtout le grand fantasme des soldats. »

« Même s’ils n’apprennent pas l’infidélité de leurs épouses, d’autres ne retrouvent pas celles qu’ils ont quittées : elles leur paraissent frivoles ou si indépendantes, incapable de partager désarroi et souffrances ou bien encore moins intéressantes que les citadines rencontrées au passage. Si leurs propres épouses ne sont pas en cause, le sexe féminin est coupable de vivre et de se distraire dans une relative insouciance. »

« Partout les spectacles et les restaurants sont pleins de monde et la vie continue :

« Les poilus s’en vont, le cafard au front, trottinant parmi les cervelles. A l’arrière l’on voit la gaieté, la joie et la guerre nul ne s’en aperçoit. Concerts, cinéma, casino, tout plein de badauds qui ont la vie belle. Nos femmes s’offrent du plaisir. Elles peuvent s’offrir ce qui leur fait plaisir, elles rigolent des communiqués, les petites femmes des mobilisés. »

« Elles semblaient avoir le souci de plaire, de se faire remarquer, attirer le regard, aiguiser les désirs des passants, et cela au moment où l’angoisse étreignait tant de cœurs, où tant d’yeux pleuraient tant de sang, coulait ou se jouait le destin de la France de l’Europe et même du monde. »

« Tout cela n’est pas fait pour rassurer les soldats inquiets sur la fidélité de leurs épouses. »

« G. Gromaire évalue à 10.000 le nombre des naissances allemandes -chiffre élevé-, à 10.000 aussi le nombre des avortements, et donc à des dizaines de mille des femmes qui ont eu des rapports (pas seulement de viol) avec l’ennemi. »

Pierre Miquel: les femmes et la guerre de 14-18 / Curiosphere.tv / Video / Internet:

« Elles gardaient le moral du pays ! »

« Apollinaire : ” Sais-je, mon cher amour, si tu m’aimes encore ? ” »

« Dorgelès, qui était amoureux d’une fille qui s’appelait Mado. Mado allait courir dans les bals clandestins. Il était mitrailleur aux Eparges. Quand il revient à l’arrière, au front, et qu’il ne retrouve plus Mado, il est désespéré. »

« Ils sont très inquiéts pour l’arrière du front. Et quant aux femmes, qui étaient à l’arrière du front, il ne faut pas oublier qu’il y a dix départements français envahis, les femmes restent là. »

Stéphane Audoin-Rouzeau / L’enfant de l’ennemi / Aubier / 1995:

« A l’issue du recul allemand du début 1917 et de l’entrée des troupes françaises dans les villages occupés depuis 1914, les soldats français de la IIIe armée mentionnent, dans leurs lettres de la fin du mois de mars 1917, les viols qui se sont produits lors des deux années et demie d’occupation, auxquels s’ajoutent, semble-t-il, ceux qui se sont produits au moment de l’évacuation et des destructions qui l’ont accompagnée : tout se passe alors comme si une dynamique de la violence s’était enclenchée de nouveau, faisant du viol un acte de vengeance contre l’obligation du repli stratégique, peut-être perçu comme une défaite par les simples combattants. »

« Dans le même temps, il est vrai, les combattants se plaignent des liaisons qui se sont nouées entre les Françaises et l’occupant, et des naissances qui en ont procédé. »

« Ces liaisons indignaient Alfred Baudrillart, alors recteur de l’Institut catholique de Paris et futur cardinal, qui, dès février 1916, redoute dans ses carnets que dans les territoires occupés, comme dans la Somme, la population devienne à demi-allemande. »

Carnet de campagne de Victor Pierrard / Internet:

Février 1915 :

« Toujours sans nouvelles de notre pauvre pays. Que peuvent bien devenir nos aimés. C’est le sujet angoissant de chacune de nos journées. »

« Une autre angoisse nous étreint depuis quelques jours. Tous ensemble en avons discuté et notre manière de voir a été unanime. Mais comment la faire connaître aux nôtres : c’est les violences qui ont pu être exercées sur nos malheureuses femmes. Depuis 8 jours, tous les journaux roulent sur ce point : beaucoup de femmes et filles disent-ils, seront enceintes des Allemands. »

« Des journaux racontent que l’avortement ne peut être encouragé, d’autres que le crime à la naissance ne doit être toléré. Souhaitons que chez nous, il n’y aura pas des ces choses. Si, malheureusement le mal était fait, le meilleur serait comme proposé par plusieurs journaux, remettre à l’assistance publique l’enfant aussitôt sa naissance. Que dieu ait protégé les nôtres, surtout ma petite Marie, elle qui a déjà souffert l’an dernier à pareille époque pour notre petit René. Perspective affreuse pour les malheureuses qui seront prises. Qu’elles seront à plaindre ces martyres et que vite le bon époux aille serrer sur son cœur la pauvre épouse désemparée. »

Gaston Ducloux / Témoignages / Internet:

Villemoustaussou, 5 mai 1915 :

« Les Allemands n’auraient pas commis trop d’exactions; polis avec les femmes; certaines même leur ont accordé leurs faveurs, et les réfugiés me les citaient. On les aurait obligées à aller à la visite sanitaire, car la police allemande est très sévère. »

La Première Guerre mondiale en Artois / Internet:

« L’accoutumance se transforme en tolérance puis en sympathie. Il n’est jamais indifférent. Les femmes ne craignent pas à Méricourt les débonnaires Bavarois et leur font sans arrêt des plaisanteries pas toujours innocentes … Mais il faut dire que de tout temps et en tout lieu le militaire attire toujours les talents d’une certaine gent féminine et ceci même en période de guerre. »

Histoire comparée / M.I.R.E.C / Epuration / Yves Le Naour / Internet:

« Parler de la libération de 1918, celle des dix départements occupés pour partie ou entièrement par les Allemands à partir de 1914. »

« La collaboration passive, l’accommodement, la compromission sexuelle, voire l’amour. »

« La tache la plus noire de la soumission et de la collaboration, l’humiliante dégradation des „ femmes à Boches “. »

« Dans chaque commune, surtout dans la population ouvrière et, on doit le dire, malheureusement dans toutes les classes de la société, on compte des femmes et des jeunes filles qui, bénévolement, se livrent à l’ennemi, reconnaît un rapport du deuxième bureau, sur la situation économique et morale des régions envahies en 1916. »

« Certains, écœurés, se demandent pourquoi ils ont combattu. Les habitants de ces régions les rejoignent dans leur discours moralisateur. « C’est tout de la saloperie » lit-on dans une lettre saisie en provenance de Lille en novembre 1918. »

Charles Barberon / La représentation du soldat pendant la grande guerre / Secteur de Roye, Somme, mars 1917 / CRDP / Académie d’Amiens / Internet:

Village d’Omencourt:

« Y a-t-il eu des femmes d’ici qui se sont mal conduites ?

« Oui, mais il n’y pas eu de violence. Ce qui est le plus fort, c’est que les enfants nés dans ces conditions meurent tous. Comprenez-vous ? On leur donne à boire chaud. Cela leur brûle la langue. Ils ne peuvent plus avaler et meurent. Une jeune fille d’ici a eu un enfant avec un vétérinaire allemand. Elle pensait se marier avec lui. Elle peut toujours courir maintenant ! »

Village d’Estouilly:

« Est-ce qu’il n’y pas eu des femmes qui se sont mal conduites ?

« Oui, il y a eu des jeunes filles qui ont cru que les Boches allaient se marier avec elles. Il y en a une qui fréquentait un vaguemestre. Elle en était fière. Ce n’est pas rien un vaguemestre. Et lui revenait la voir tous les dimanches, de bien loin quelques fois. »

Guerre 14-18 de Georges Triaud-1915 / Internet:

« Pour les permissions, cela n’ira certainement pas vite pour moi, car la 2e fournée vient d’être décommandé aujourd’hui, jour où elle devait partir. Nous n’avons aucuns tuyaux. Est-ce pour toujours que les permissions sont supprimées ? Est-ce dans toute la France ou seulement dans le secteur, nous n’en savons rien. Il parait que pendant cette 1e période, il y a eu beaucoup d’assassinats : les maris s’étant aperçus que leurs femmes les trompaient. Il parait que cela se fait sur une grande échelle et que, à l’arrière, la débauche va grand train. »

« Le fait est qu’un homme de la 22e compagnie vient d’être avisé que sa femme a mis au monde 2 petits nègres et qu’elle a quitté le domicile conjugal. Le pauvre homme en est presque fou ! »

Les carnets de guerre d’Edmond Tondelier  / Index / HTML / Internet:

14 décembre 1915 :

« L’après-midi, je suis quand même allé à Paris car il y avait une réunion rue Cadet, où Détienne nous a donné des détails sur la vie dans le Nord. Il paraît que la conduite des femmes n’y est pas exemplaire. »

20 décembre 1915 :

« Une chose m’étonne toujours – et, de plus en plus, je constate qu’elle paraît toute naturelle à la masse – c’est la facilité avec laquelle les femmes jettent leur bonnet par-dessus le moulin. J’ai vu des veuves en bonne fortune dont les maris sont victimes de la guerre, d’autres dont les maris sont au front et qui ne se refusent rien du plaisir. Je connais, entre autres, quatre sœurs. Deux sont veuves de guerre, ayant perdus leurs maris au front, la troisième y a un mari, la quatrième est une jeune fille, vingt trois ans. Et tout cela s’amuse, a des amants militaires du Neuvième d’Artillerie, découche ou reçoit à domicile. L’un de nous y couche quotidiennement, est chez lui en un mot. »

Misères et tourments de la chair durant la Grande Guerre / Jean-Yves le Naour / Critique / Daniel Bernard / Internet:

« Dans l’incertitude d’un lendemain dont rien ne dit qu’il le vivra jusqu’au bout, il ne cesse sur le front, de penser à l’arrière. Que font donc les femmes ? Déconsidéré comme citoyen et maintenant désavoué dans sa condition de mâle, il en est réduit à se contenter de plaisirs à la sauvette, ceux que lui procurent les bordels militaires ou les prostituées en faction dans les halls de gare. Et en 1918, malgré les flonflons de la victoire, il fait triste figure. La guerre, qui l’a blessé dans sa chair et dans sa tête, a émancipé sa compagne, laquelle, en son absence, s’est prise au jeu de la liberté. Tout avait changé et il l’ignorait. »

Etude de la correspondance censurée au début de 1917 / Lionel Lemarchand / Georgia Institute of Technology / Internet:

« Le soupçon ou l’angoisse d’être trompé est un des éléments que l’on peut trouver dans ces journaux et qui apparaît à plusieurs reprises chez Dorgelès : ” Tas de dégoûtantes, grommela-t-il … Encore des femmes qu’on a arrêtées, au camp des Anglais. Et pas des catins, tu peux en être sûr : des femmes mariées … On m’a dit comme ça qu’on affichait leur nom à la mairie. Tu parles d’un coup pour leur mari, quand il apprendra ça … ” . Cet élément est visiblement absent de la correspondance consultée. On sent pourtant qu’il y a une certaine inquiétude reflétée dans les sentiments envers les gens de l’arrière qui n’appartiennent pas à la famille ou aux connaissances. »

« Mon impression, l’impression de tous ceux qui reviennent de permission est que les poilus sont maintenant à l’arrière considérés comme des poires, c’est à dire des imbéciles. Par devant on nous salue; par derrière on se f… de nous. Je ne vous ai pas raconté ce que j’ai entendu à la gare de l’Est en repartant pour le front ? Je vous le donne en cent. Sur le quai où partait mon train, il y avait sur l’autre rebord un train de banlieue en partance. A une portière une jeune femme causait avec un civil qui était debout sur le quai. La jeune femme dit à son … type : “ Avant la guerre le train des cocus était sur l’Ouest, mais il est sur l’Est. ” Je n’ajoute aucun commentaire. »

Marc Hillel / Vie et mœurs des G.I’S en Europe / Baland / 1981:

« Daté du 25 octobre 1918, ce rapport du commissaire central de la ville de Nantes s’ajoutait à un autre, établi celui-la par des médecins militaires français enquêtant sur la propagation des maladies vénériennes et l’augmentation de la prostitution de par la seule présence des soldats américains. Un certain nombre d’ouvrières ne travaillent plus et fréquentent les Américains, quel que soit le mobile sentimental, physique, de paresse ou de cupidité qui les pousse et leur fait abandonner le travail. Il ne s’agit pas de prostituées mais de femmes, de filles attirées hors de leur famille et au détriment de la famille (fait plus grave que la prostitution puisqu’il touche les milieux plus élevés, plus dignes d’intérêt). »

Arts / Spectacles / Au Musée de l’Armée / L’amour et la guerre / Internet:

« A travers une exposition passionnante, le Musée de l’Armée explore un continent tabou résumé en trois mots, dont la juxtaposition, il y a peu, aurait paru obscène :       « Amours, guerres et sexualité 1914-1945 »

« Sur une étonnante affiche satirique de la Grande Guerre intitulée « L’assaut », quatre Parisiennes accortes se ruent sur un tirailleur sénégalais : voici, en un dessin, les fantasmes suscités à l’arrière par l’arrivée au front de la « force noire » chère au général Mangin. »

« Surtout, l’exposition raconte comment les deux grandes boucheries du siècle ont mis littéralement cul par-dessus tête les identités sexuelles. On sait que les femmes y gagnèrent un peu de leur émancipation. On a moins analysé les blessures faites au sexe qui se croyait fort. »

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Notre Professeur a donné le devoir de maison qui suit :

« Poilus et cocus, ou, l’homme au poteau, la femme au pieu ! »   Commentez !

Claire GRUBE

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