Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | March 19, 2011

1940-1944: la mode sous l’Occupation

1940-1944 : la mode sous l’Occupation

Grüß Gott !

Les femmes françaises, pendant l’Occupation, défient et provoquent les soldats allemands. Par leur élégance.      

La mode sous l’Occupation / Dominique Veillon / Payot / 2001:

« Parfois synonyme de courage, elle [la mode] est aussi le sursaut d’une dignité blessée qui ne veut pas abdiquer. Parfois provocatrice, la mode peut devenir un moyen de révolte face à l’occupant. En certain cas, une mise soignée et inventive, la coquetterie, voire la séduction, deviennent des armes psychologiques contre les agressions extérieures. »

« L’été, le ruban et la paille servent à composer des frais modèles [les sacs] se relevant à l’usage peu résistants et il n’est pas rare de voir sous les yeux de l’occupant ébahi d’insolentes Françaises arborer fièrement un des ces fragiles et minuscules chefs-d’œuvre comme si elles voulaient prouver à la face du monde que malgré les difficultés de l’heure le goût français demeurait intact. »

« Le chapeau console d’une époque sans sourire, à moins qu’ayant choisi d’être une farce, il n’ait été un moyen de se moquer de l’occupant, une sorte de provocation au nez et à la face du monde, « le maître de l’heure », c’est lui. Bien des avis sont unanimes, « les femmes trop jolies ont l’air de vouloir narguer les Allemands avec leurs toilettes évaporées dont l’instrument numéro un est le chapeau. »

« Désir inconscient de provoquer l’occupant, c’est cela qui pousse certaines jeunes filles ou jeunes femmes, au lendemain de la défaite, à adopter l’écossais ; agir ainsi est pour quelques-unes une façon détournée d’afficher ses préférences pour l’Angleterre, le rappel indirect de la présence d’un pays en guerre contre les Allemands. »

Le costume / La haute couture / 1945-1995 / Madeleine Delpierre / Flammarion / 1997:

« De 1940 à 1946, les Françaises, en jaquette longue aux épaules larges, jupe étroite et courte, jupe campagnarde froncée ou jupe-culotte pratique pour monter à bicyclette, haut turban ou sorte de capote, chaussures à semelles compensées en bois et sac en forme de sacoche, porté en bandoulière, défient l’occupant et supportent le régime des tickets d’étoffe dû à la guerre. »

Histoire de la mode au XX siècle / Yvonne Deslandres / Florence Müller / Somogy / 1986:

« Et dans l’attente du jour où la France serait libérée, elles s’efforcèrent toutes de rassembler des étoffes bleues, blanches et rouges afin de se constituer une triomphante petite robe. »

« Pendant la guerre en effet, les Françaises adoptèrent une silhouette extraordinaire dont elles renforçaient intentionnellement les disproportions : elles cherchaient par là à afficher ce sentiment de liberté, de fierté et d’honneur national que les occupants foulaient aux pieds. »

« Les jupes se portaient très courtes ; entre les chaussures montées sur de très hautes semelles compensées et les énormes chapeaux qui ressemblaient parfois à de véritables pièces montées, le corps se tassait, transformant cet écrasement symbolique en une affirmation de liberté qui se voulait indirectement provocatrice. »

Histoire du costume / François-Marie Grau / Que sais-je / Puf / 1999:

« Les Zazous, apparus en 1942 et disparus après la Libération, refusent l’ordre moral vichyssois. Volontiers adeptes du marché noir, férus de swing, bravant le rationnement des matières et les vexations collaborationnistes… ils portent des pantalons très larges, des vestes longues, légèrement cintrées, un haut col dur avec cravate, des chaussures à épaisses semelles de cuir. »

Modes XIX-XXe siècles / Catherine Ormen / Hazan / 2000:

« Les Zazous, par leur comportement proche de l’insubordination et leur apparence vestimentaire, contestent la société de l’Occupation. Ces nouveaux dandys ne songent qu’à écouter de la musique et à danser, et en pleine période de restriction, ils font montre d’une opulence plus que douteuse : les cheveux sont longs, les vestes s’allongent, les pantalons sont flottants… »

« Et les femmes ont, dans l’adversité, mis un point d’honneur à demeurer élégantes. »

Les Français au quotidien / 1939-1949 / Eric Alary / Perrin / 2006:

« Avec les Zazous, le vêtement est donc un signe envoyé aux autorités par une petite partie de la population citadine jeune. … En tout cas, ils offrent un exemple original et unique de réaction à l’occupant ; ils montrent que le divertissement est possible malgré les quelques risques encourus. »

Christian Dior / Marie-France Pochna / Flammarion / 1994:

« Chacun s’y prend comme il peut pour se rebeller contre les méchancetés qu’il vous inflige sous la botte de l’occupant. Excédés par les restrictions – lumières occultées le soir, magasins sinistres le jour – les Parisiennes se vengent en arborant d’énormes chapeaux ornés de fruits, d’oiseaux, de bizarreries diverses et font exprès de porter sur la tête ce qu’elles ne trouvent plus dans leur assiette. »

« Offensé par le vilain décor fléchant Paris dans toutes les directions de grosses lettres gothiques sur fond jaune, « Kommandantur », « Lazaret », « Ober-Kommando », Christian Dior affiche un brin de bravoure britannique à la plume de son chapeau (il porte un petit chapeau marron, rond, à bord plat, dont le ruban est piqué d’une plume de geai, un bleuet à la boutonnière de son costume de flanelle grise). »

La guerre sépare ceux qui s’aiment / Dominique Missika / Grasset / 2001:

« En dehors d’une poignée de femmes qui grâce à leur fortune familiale ou à cause du marché noir continuent d’être élégantes, la majorité des Françaises luttent pour rester coquettes. C’est une forme de résistance, une sorte de rempart psychologique contre l’agression. »

La vie parisienne sous l’Occupation / Hervé le Boterf / France Empire / 1974:

« Elle [la Parisienne] recourt aux artifices de chapeaux démesurés, de grands déploiements de tulle et de violettes, de jaquettes strictes mais amplement rembourrées aux épaules et de jupes multicolores à plis étroits ou évasées comme des corolles de tulipes renversées. Telle est son image qu’il convient de compléter par l’adjonction d’un parapluie en toutes saisons et d’un sac porté en longue bandoulière. Ainsi parée, elle manifeste sa façon ostensible de réagir contre les restrictions qu’on lui impose et peut-être de narguer l’occupant dont le regard s’allume d’admiration quand le bas de sa robe est soulevé par le vent. »

Europe 1 / La mode sous l’Occupation / Frédéric Mitterrand / Dominique Veillon / 13 mai 2001: 

Frédéric Mitterrand: (de mémoire)

” Les Zazous s’habillaient de façon provocatrice : c’était une forme de résistance !”

” Les femmes portaient des jupes courtes : c’était une forme de résistance !”

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Chapeau ! Dans une France battue à plate couture, des résistants de cette étoffe, tous prêts à en découdre, ont dû donner bien du fil à retordre aux Allemands qui devaient être dans leurs petits souliers.

P1050250

Claire GRUBE

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