Posted by: secondeguerremondialeclairegrube | March 14, 2012

1940-1945: années érotiques

1940-1945 : années érotiques

Grüß Gott !

Les femmes françaises, après la débandade des soldats français, en l’an 1940, ouvrent les bras aux vainqueurs allemands. Puis aux libérateurs américains.

Années érotiques / 1940-1945 / Patrick Buisson / Albin Michel / 2009:

« Pour une majorité de Françaises, la défaite de juin 1940 a été perçue sinon interprétée comme une défaillance des hommes. »

« la mode est à l’aryen blond et brutal, au guerrier parfumé sang et poudre. »

« le choc est ailleurs : dans le corps de l’ennemi, musclé, bronzé, athlétique, incroyablement séduisant et désirable. »

« Je n’étais pas habituée à cette race d’hommes, et d’instinct je la jugeais supérieure … Ah, un beau soldat discipliné et idéaliste, voila le rêve que j’ai pour un homme. » La nuit, elle rêve aux défilés de troupes colossales, à ces grappes de sains garçons se baignant dans l’océan : « toute ma peinture criera le national-socialisme, ses hommes pleins de forces et remplis de noblesse. »

« Hormis les très jeunes filles, une autre catégorie se distingue par l’intérêt qu’elle porte à la troupe allemande : ce sont les femmes d’âge mûr, veuves ou célibataires, chastes par principe, ou vierges par défaut. Autant de laissées-pour-compte de la sexualité que l’allure et la plastique de l’occupant impressionnent au point de les réconcilier momentanément avec la gent masculine. »

« Ernst déboule avec son billet de logement au domicile de l’esseulée. Ernst et sa chair vivante, ses épaules musclées, pétries de lumière, son dos bruni qui se creuse tendrement en descendant vers la ceinture. »

« Très jeunes filles ou femmes d’âge mûr, la sociologie de la Collaboration horizontale est pour partie la sociologie des besoins sexuels refoulés ou non assouvis en temps de paix. En fait, dans les premiers mois, aucune catégorie de la population féminine n’échappe à la séduction de l’ennemi. »

« durant les premiers mois de l’Occupation, le prestige qui entoure le vainqueur est inversement proportionnel au discrédit qui frappe, souvent injustement, les combattants français du printemps 1940. La crise du masculin amorcée dès avant-guerre entre dans une phase aigüe. Après avoir été consommée par les armes, la faillite du « sexe fort » se propage jusque dans l’espace privé, dans l’univers de la représentation féminine, là où se forgent les images qui commandent les affects et la sexualité .”

« J’aime mieux embrasser les Allemands que les Français », « Je me fiche de toi, j’aime mieux coucher avec les Allemands », « Au moins les Chleuhs, ils en ont … », « Je préfère encore un Fridolin à des eunuques », « Tant qu’à faire, vaut mieux un Frisou qu’une moitié d’homme ».

” Tout un florilège de l’invective infamante ou savoureuse, incriminant la virilité des vaincus et vantant la « qualité » des occupants (…) Rude langage qui dit, rétrospectivement, la décôte du mâle gaulois. »

« Ces pères, ces maris, ces frères, comme ils font pâles figures, comparés aux fringants vainqueurs de la Wehrmacht. Présents ou absents, ils doivent composer avec l’affirmation de la virilité supérieure de l’ennemi. »

« Je me souviens de ces SS, tout en noir, si jeunes, si beaux, souvent d’une intelligence extraordinaire, qui parlaient parfaitement le français et l’anglais. De penser que, dans un avenir proche, ces types superbes risquaient de devenir des cadavres parmi tant d’autres, cela me paraissait absurde. »

« Annick, 15 ans : « Quand je les voyais, je vibrais des pieds à la tête et je perdais l’esprit dans le vertige de leurs baisers passionnés. »

…………………

« De si beaux Alliés. »

« Qu’importe si ces mâles guerriers que l’on fête, ces nouvelles effigies de la virilité pour lesquels battent désormais les coeurs de tant de jeunes Françaises portent, une fois de plus, l’uniforme d’une armée étrangère. »

« Pour ces filles, le choc de la beauté américaine est une secousse nerveuse à laquelle il est difficile de résister. La cérébrale Benoite, si exigeante d’ordinaire au chapitre de ses fréquentations, n’est pas la dernière à s’émouvoir de la beauté costaude de ces animaux blonds qu’on dirait venus d’une autre planète. La découverte de cette espèce jusque-là inconnue ébranle chez elle bien des préjugés et transforme au fil des jours son journal intime en un véritable précis d’anatomie masculine : « dents de réclame de dentifrice, des épaules double portion, une démarche souple et sportive, bref l’emballage est merveilleux, la peau hâlée par la stratosphère, de fortes mains, des épaules d’orang-outan, des hanches parfaites étroites … »

« Benoîte n’en démordra plus : le seuil qualificatif à partir duquel elle consentira dorénavant à regarder un homme ne saurait être inférieur à six feet. Cette fascination pour la force physique des Américains bien nourris, bien portants, bien vêtus se double d’un sentiment de commisération envers les soldats français exprime en des termes voisins de ceux qui avaient cours, quatre ans plus tôt, par comparaison avec les troupes du Reich : « Brusquement, tous les Français me paraissent crochus, noirauds, dénutris. »

« La vérité est que sur le marché du sexe, le mâle français est une nouvelle fois supplanté par le soldat étranger. »

Europe 1 / Et si les années Vichy avaient été les plus érotiques ? / J. Pradel / Patrick Buisson / Fabrice d’Almeida / Philippe Brenot / 2008/ Internet:

« Le problème du mâle français, c’est qu’il voit arriver les Allemands, qui se comportent en prédateurs sexuels, comme tous les vainqueurs, encore qu’il y eu moins de viols qu’en 1914-18 dans les territoires occupés. Et puis donc les Allemands le supplantent, en partie, parce que le phénomène de la Collaboration horizontale … »

« y compris dans les petites communes, les villages, ça va dans la France profonde. Donc, il est supplanté une première fois, et en 44 il voit arriver les Américains qui finalement remplacent les Allemands, c’est-à-dire qu’il n’est jamais vainqueur, il n’a jamais le prestige du vainqueur, le prestige de l’uniforme victorieux ; et j’ai le sentiment, là, que se noue quelque chose de fondamental dans la déconstruction de la société patriarcale, … »

« crise de l’identité masculine française ; alors il y a des raisons à cela … »

« alors que les Allemands, en face, c’était l’image qu’on a, le mythe de l’idéologie nazie, les garçons blonds aux yeux bleus, avec des tablettes de chocolat, et qui faisaient du sport toute la journée. »

« Et le spectacle que vont voir les femmes, sur les routes de l’exode, de la débâcle ; ce sont de longues colonnes de prisonniers français, espèce de gibier, dociles, soumis, encadrés par quelques soldats allemands ; et là se noue vraiment la perte de prestige masculin qui est à l’origine d’une crise identitaire très forte. La fonction de l’homme dans la société des années trente, c’est de protéger la nation, de protéger les femmes et les enfants. Et bien, ils ont failli, ils ont failli, ils sont faits prisonniers, et ils ne songent d’ailleurs même pas à s’évader durant cette période où on les conduit vers les stalags, … »

« Très tôt il y a une espèce de contrepèterie qui circule et qui dit que : « Les femmes garderont toujours leur cœur pour les vaincus ». Et, évidemment, c’est tout le contraire qui va se passer. »

« Maintenant, on va parler du camp d’en face, de ces Allemands qui arrivent en France, troupes d’occupation, qui représentent, qui sont l’emblème aussi d’un régime totalitaire, régime d’Hitler qui a, vous le rappelez dans votre livre, Patrick Buisson, le culte du corps, et vous dites, hein, le culte du corps, c’est ce qui représente la jeunesse et tout ce qui alimente aussi les conversations de la société française en se disant : finalement, on est un vieux pays, regardez ces grandes manifestations sportives ; et puis ces soldats, vous les décrivez aussi rentrant à la garnison, torses nus, après avoir faits des exercices de culture physique, par tous les temps ; quelque part, on les admire, après en avoir eu peur, … »

« et il y a cette espèce d’exhibition, défilés des troupes dans toutes les villes et les villages conquis, et là, c’est un choc érotique, l’érosman de l’occupant joue à plein. »

« Simone Kaminker (Signoret) les trouve beaux. »

« Ils montent à cru, de véritables centaures, et ils ont le torse nu ; alors là, les filles sont sur la plage, et sont totalement effectivement sidérées, parce que les Français prennent une douche, allez, par an, peut être par mois, alors que les Allemands tous les jours. Ils sont nus pour manger, nus pour faire la gymnastique, nus pour monter à cheval. C’est un choc culturel inimaginable dans les campagnes françaises. Alors, évidemment, ça perturbe pas mal de libido et ça donne matière à beaucoup de fantasmes. »

…………………

« Les Gi’s, après, sont venus, ce soldat viril, vainqueur, pour le coup, est venu un peu remplacer l’Allemand. On se dit, mais alors, certains retours de prisonniers ont dû être très difficiles. ».

« C’est un homme dévalué, c’est le vaincu de 40 qui rentre. A peine libéré, il doit subir la concurrence des Américains, qui sont arrivés avec leur magnifique matériel, leur jeep, instrument de drague fabuleux, leur Battle Dress, leurs Rangers, leurs cigarettes, leur ration de quart, leurs chewing-gum, leur coca-cola, et – certains éléments de séduction – qui remplacent ceux qu’utilisaient les Allemands, finalement aux mêmes fins. »

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Quels étaient, pour le coup, ces éléments de séduction ?

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Claire GRUBE

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